Taroudant

ville au Maroc

Taroudannt
Taroudant / تارودانت / ⵜⴰⵔⵓⴷⴰⵏⵜ
Taroudant
Remparts de Taroudannt
Administration
Pays Drapeau du Maroc Maroc
Région Souss-Massa
Province Taroudannt
Démographie
Population 80 149 hab. (2014)
Densité 4 858 hab./km2
Géographie
Coordonnées 30° 28′ 45″ nord, 8° 52′ 34″ ouest
Altitude 238 m
Superficie 16,500 km2
Divers
La capitale historique du Souss
Localisation
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Taroudannt
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Taroudannt
Liens
Site web taroudannt-province.com

Taroudannt (forme française officielle[1] / en berbère : ⵜⴰⵔⵓⴷⴰⵏⵜ / Talatint: Tarudant / en arabe : تارودانت), couramment écrit Taroudant, est une ville du Sud-Ouest du Maroc située dans la plaine du Souss, chef-lieu de la province du même nom. En 2014, elle comptait 80 149 habitants.

GéographieModifier

 
Les remparts de Taroudannt

La ville se trouve à 80 km à l'est d'Agadir (et à 60 km à l'est de l'aéroport international Agadir Al Massira via la voie nationale Express P1714), et à environ 250 km au sud-ouest de Marrakech, le long de l'oued (ou assif) Souss.

Taroudannt (ou Taroudant, prononcer « Taroudannte ») est située dans le coeur de la vallée du Souss, entourée par deux chaînes de montagnes, le Haut-Atlas au nord et à l'est, l'Anti-Atlas au sud, à l'ouest, la plaine s'ouvre sur l'Atlantique. Cette vallée fertile est traversée par l'oued Souss qui longe la ville. La province de Taroudannt a, sur son territoire, la plus haute montagne d'Afrique du Nord, le Mont Toubkal, en arabe djebel Toubkal (Talatint: Adrar N'Dern), qui culmine à 4 167 mètres.

HistoireModifier

Certains chercheurs situent la date de fondation de Taroudant à la période qui précède l’Islam voir même avant J.C. D’autres la situent dans l’ère de l’occupation Romaine de l’Afrique du Nord, c’est-à-dire entre le premier siècle avant J.C et le cinquième siècle de notre ère. Il est possible également de se référer à quelques hypothèses qui rattachent cette fondation à la présence phénicienne/carthaginoise en Afrique du Nord ou peut-être même avant que leur pouvoir économique (commercial) ait atteint un nombre considérable de centres sur le littoral du Souss. Ils auraient pu ainsi se prolonger jusqu’à des centres internes parmi lesquels Taroudant. Elle aurait ainsi largement participé à ce commerce. En effet, elle se situe au centre de la plaine du Souss et représente le point de rencontre des axes routiers reliant le Nord de l’Atlas au sud du Sahara.

Le désaccord des historiens à propos de la date de sa fondation, la plupart d’entre eux approuvent que la ville fût fondée par les Emirs des tribus Hachtouka et Jazoula.

Cette citation d’ Abou lkacem Zayani a été appréciée grâce à ses fondements sur des données historiques.

C’est ainsi que Taroudant, et depuis des siècles avant l’Islam, est restée la capitale des Emirs de Hachtouka et Jazoula et un pôle d’attraction de l’activité politique et commerciale pour les tribus Soussies.


Taroudannt est au XIe siècle la capitale d'un petit royaume chiite (royaume des Bajjalis)[2] théoriquement soumis aux califes fatimides. Annexée par les Almoravides en 1056, pratiquement indépendante sous les Almohades, elle fut notamment la capitale des princes rebelles Ben Yedder qui régnèrent sur le Souss de 1252 à 1334[3].

La ville est détruite par les Mérinides en 1306 mais renaît aussitôt et connaît son apogée au XVIe siècle sous l'influence de Mohammed ech-Cheikh Sâadi, fondateur de la dynastie sâadienne, qui en fait la première capitale sâadienne avant Marrakech et une base pour ses offensives contre les Portugais installés à Agadir (nommée, à l'époque, Santa Cruz de Cap de Gué). Elle devient alors un centre caravanier important, célèbre pour l'abondance et la qualité de ses marchandises : sucre, coton, riz, etc.

À la suite de la déliquescence de l'État sâadien, Taroudannt se trouve sous la domination du royaume du Tazeroualt, et à ce titre, est la cible privilégiée des expéditions militaires menées par les sultans alaouites. Les Alaouites n'avaient pas oublié l'humiliation infligée par Abi Hassoun Semlali, prince de Tazeroualt et cheikh de la zaouïa Semlalia, qui avait emprisonné le fondateur de la dynastie alaouite Moulay Ali Cherif à Iligh (Talatint: Iliɣ). Malgré une soumission théorique, le Souss pouvait encore manifester des signes d'insoumission contre le makhzen.

Ainsi le sultan Moulay Ismaïl fit massacrer en représailles une grande partie de la population de Taroudannt pour avoir soutenu son neveu, le prétendant Ahmed Ben Mehrez, en 1687.

Comme toute la région, Taroudannt a souffert de la fermeture du port d’Agadir, à partir de 1760. Elle s'est repliée derrière ses remparts jusqu'en 1912, date à laquelle le leader des tribus Reguibat, Ahmed al-Hiba, fit de la ville le centre de sa résistance à l’armée du Protectorat français au Maroc jusqu'en 1914.

Les rempartsModifier

La ville fut une capitale de la dynastie Sâadienne. Elle accueille par ailleurs des tombeaux saints pour les Juifs.

La ville de Taroudannt est défendue par 6 km de remparts édifiés par Mohammed Echeikh Sâadi ainsi que la grande mosquée vers 1523. Dans ces murailles s'imbriquent 130 tours et 19 bastions d'angle reliés les uns aux autres par un chemin de ronde, ce qui fit de cette ville une citadelle imprenable.

Les remparts permettent le passage par neuf portes voûtées d'architecture mauresque, disposées principalement aux points cardinaux. La muraille compte cinq portes anciennes et de nouvelles ont été bâties récemment pour faciliter la circulation dans la ville.

Les cinq portes historiques sont: Ces portes se nomment :

  1. Bab al-Khemis, porte ancienne
  2. Bab Zorgan, porte ancienne
  3. Bab Oulad Bounouna, porte ancienne
  4. Bab Targhount, porte ancienne
  5. Bab El Kasbah, porte ancienne

Les autres portes, plus au moins récentes sont:

  1. Bab al-silsila, porte ancienne. La plus importante, reliant le quartier administratif avec le centre ville. Des fois aussi appelée Bab al-Kasbah, mais la porte du Kasbah se trouve juste à côté, et ne constitue pas une ouverture dans les remparts.
  2. Bab Leblalia
  3. Bab BenYara
  4. Bab Agafay
  5. Bab Izamaren, la plus nouvelle
  6. Bab al-Hajr ou Bab Jdid

DémographieModifier

De 2004 à 2014, la population de Taroudannt est passée de 69 489[4] à 80 149 habitants[1].

ÉconomieModifier

AgricultureModifier

La région de Taroudannt regorge de plantations d'agrumes (essentiellement oranges et clémentines). Elle est renommée pour l'huile d'argane spécifique à la région et l'huile d'olive, pour l'artisanat (très varié, le travail du cuir, tannerie, la poterie, etc.) et ses paysages magnifiques.

IndustrieModifier

Taroudannt est dotée d'une zone industrielle à environ 10 km à l'est de la ville, sur la commune urbaine Aït I'azza. Elle abrite, entre autres, l'une des plus grandes coopératives agricoles au Maroc. La ville a besoin de séduire plus d'investisseurs industriels et doit donc créer davantage de zones industrielles, notamment dans l'agroalimentaire mais aussi dans d'autre secteurs industriels car la région souffre du chômage.

InfrastructureModifier

La ville est située à 60 km via la voie express P1714 de l'aéroport international d'Agadir (aéroport d'Al Massira). Une autre voie rapide, en projet, permettra de la relier à l'autoroute A7 Agadir-Marrakech au niveau de l'échangeur d'Amskroud (Talatint : Amskruḍ), ce qui devrait réduire le trajet vers Marrakech à 3 h au lieu des 3 h 30 actuelles. La ville dispose aussi d'un Aérodrome.

Les souksModifier

Le souk artisanalModifier

Situé dans les ruelles de la ville, entre les places Asarag et Talmeqlat. 1 000 commerçants y vendent babouches, cuirs, poteries, céramiques, bijoux, tapis, épices, fer forgé, objets artisanaux. Certains commerçants sont installés dans d'anciens caravansérails (composé d'une cour et d'une quarantaine de « chambres » louées aux marchands de passage 3 dhs/mois jusqu'aux années 1960).

Le souk berbère (Talatint : Jnan Jamɛ)Modifier

L'entrée se fait par la place Talmeqlat. Ce souk est le plus fréquenté par les Marocains. On y trouve denrées alimentaires, tissus, vaisselle, jouets, tapis, luminaires, etc. Il est ouvert de 10 à 21 heures, avec une fermeture entre 13 et 15 heures, tous les jours de la semaine. Il est plus calme le vendredi.

TourismeModifier

Taroudannt accueille le palace La Gazelle d'or, racheté après la mort du baron belge Jean Pellenc, qui l'avait créé après la Seconde Guerre mondiale. Rita Bennis en prend la direction, aidée financièrement par le milliardaire saoudien Kamal Adham. Un différend financier entre le fils de ce dernier et Rita Bennis aboutit toutefois à la fermeture de l'hôtel[5], qui a compté de nombreux clients célèbres, comme Jacques Chirac, les familles Dassault et Lagardère, Henri Lachmann ou encore Pascal Houzelot[6].

Films tournés à TaroudanntModifier

 
Scène à Taroudant, Anti-Atlas.

PartenariatsModifier

Scènes de la ville de TaroudanntModifier

Dans les environsModifier

Palmeraie de TiouteModifier

Petit village situé à 20 km de Taroudannt, Tiout, perché sur un piton, surplombe une palmeraie. Environ 3 000 habitants vivent autour de cette oasis de verdure et vivent de la culture de jardins irrigués et de l'élevage des chèvres. Des promenades à dos de mulets sont possibles et l'auberge locale offre un excellent tajine de poulet au citron.

Route des agadirsModifier

Un agadir est un grenier collectif fortifié.

  • Tasguent est l'un des quelque 500 agadirs, ou igoudar, de la région, beaucoup sont en ruines[7].

Personnalités liées à la villeModifier

 
Brahim Roudani parmi les personnalités politiques ayant marquées l'histoire de Taroudant et la résistance armée à Casablanca
 
Mohamed Ben Lahcen El-Affani premier marocain à avoir le baccalauréat, et premier journaliste marocain en langue française
 
Ammouri Mbark, l'orphelin qui devient le chanteur considéré comme l'innovateur de la musique berbère moderne.

Les villes de Taroudant et Tafraout ainsi que les tribus qui les entourent, sont considérées parmi les régions de Souss qui ont donné un grand nombre de personnalités marquantes dans divers domaines au niveau national et aussi en Europe principalement les immigrés marocains en France[8].

  • Mohammed Al-Roudani, son nom complet "Abu Abdallah Muhammad ibn Sulayman al-Fasi ibn Tahir al-Rudani al-Susī al-Maliki al-Maghribi" [mathématicien et astronome marocain qui a vécu entre 1627 et 1683]
  • Brahim Roudani [commerçant, politicien et résistant marocain au colonialisme français]
  • Mohammed Sajid [homme d'affaire, politicien marocain et ancien maire de la ville Casablanca]
  • Père Jégo, son vrai nom " Mohamed Ben Lahcen El Affani " [nationaliste, journaliste, dirigeant et entraîneur de football considéré parmi les fondateurs des deux clubs casablancais le Wac et le Raja]
  • Sidi Abdelhamid Al-Soufi [imam et parmi les oulémas marocain]
  • Tareq Oubrou [essayiste et imam français]
  • Farid Naimi, son vrai nom " Mohamed Tafraouti " [nationaliste, intellectuel et historien marocain en France]
  • Abdessamad Kayouh (politicien et homme d'affaires marocain)
  • Mustapha Adib (militant marocain des droits de l'homme, syndicat et ancien capitaine des forces royales air, il a reçu le prix international Transparency après avoir dénoncer la corruption au sein de l'armée marocaine aux années de plomb)
  • Khadija Ryadi (militante marocaine des droits de l'homme et des femmes)
  • Ahmed Assid (intellectuel, écrivain et militant marocain des droits des amazighs)
  • Claudio Bravo (peintre né au Chili et mort à Taroudant où il a vécu.)
  • Allal Yaâla (musicien, membre fondateur du groupe mythique Nass El Ghiwane)
  • Ammouri Mbark (chanteur et musicien parmi les légendes de la musique amazighe moderne)
  • Ahmed Soultan (chanteur, compositeur, réalisateur, homme d'affaires ayant reçu plusieurs prix internationales)
  • Mehdi Nassouli (maâlem gnaoua, chanteur et musicien considéré comme la relève de la tradition gnaouie au Maroc)
  • Sofiane Pamart (pianiste français)
  • Mohamed El Moustaoui (poète et compositeur de chansons amazighes)
  • Touria Alaoui (actrice)
  • Sanaa Akroud (actrice)
  • Omar Amrir (écrivain, poète et journaliste marocain)
  • Chahrazad Akroud (journaliste et animatrice radio)
  • Abdellah Dari (réalisateur et producteur marocain)
  • Ismaïl Sghyr (athlète français)
  • Nabil Koalasse (footballeur marocain)
  • Ilyass Rabihi (coureur cycliste)

SportModifier

Le club représentant de la ville aux différentes compétitions nationales est l'Union Sportive de Taroudant (UST) qui compte plusieurs sections. Cette équipe a vu le jours à l'époque du protéctorat français au Maroc et c'est en 1937 que l'équipe commencera ses premiers rencontres et les premiers matchs de football apparaîtront dans la ville grâce à des résidants français fesant de lui un des plus anciens clubs soussis. L' Union de Taroudant portait la couleur rouge puis ils adoptent le vert.

Aux années cinquante et soixante, l'UST a bénéficié des services d'un des fils de la région, le Père Jégo, le premier entraîneur marocain diplômé dans l'histoire du football marocain, qui était en ce temps là entraîneur du Raja de Casablanca, celui-ci profitait de ses vacances et revenait visiter sa région natale, où il supervise la formation de l'équipe pendant des périodes intermittentes en donnant des conseils au staff techniques.

Le club de football reste le plus populaire, il évolue depuis sa création aux divisions inférieurs en raison de difficultés financières. Aussi, il existe des clubs comme Ajax Taroudant et Amjad Taroudant ainsi que des clubs de basket-ball, de tennis et de hockey. Le stade municipale de Taroudant a une capacité de 2000 places, la ville compte également une importante infrastructure sportive.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier

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