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Schneider et Cie
Création 1836
Disparition 1999 (devient Schneider Electric)
Fondateurs Adolphe Schneider et Eugène Ier Schneider
Siège social Le Creusot
Drapeau de France France

Schneider et Cie, puis Schneider-Creusot, était une aciérie historique française qui devint un fabricant d'armes majeur durant plus d'un siècle. Après la Seconde Guerre mondiale, elle évolua pour devenir Schneider Electric en 1999.

Sommaire

OriginesModifier

1836 - 1871 – La naissance du groupe et premières activitésModifier

En 1821, Adolphe Schneider entre à la banque Seillière sur recommandation de son cousin Virgile Schneider. En 1830, il se voit confier l’intendance des fournitures en vivres et fourrages de l’expédition militaire pour la destitution du dey d’Alger. C’est un succès financier et les Seillière s’estiment redevables envers lui. La banque qui vient d’acheter les forges de Bazeilles (Ardennes), y nomme gérant Eugène Schneider, le frère d’Adolphe. En décembre 1836, après avoir trouvé un difficile montage financier, François-Alexandre Seillière, Louis Boigues, propriétaire des Forges de Fourchambault et les frères Adolphe et Eugène Schneider, se portent acquéreurs de tous les établissements du Creusot. Adolphe et Eugène Schneider deviennent les dirigeants de la nouvelle société : Schneider frères et Cie , société en commandite simple, passée sous le nom de Schneider et Cie au décès d'Adolphe en 1845. Ils développent une entreprise spécialisée dans l'acier, les chemins de fer, l'armement et la construction navale[1].

En 1838, le Creusot livre 6 000 tonnes de rails pour équiper la ligne Bâle-Strasbourg. En octobre de la même année, les Établissements Schneider sortent la Gironde, deuxième locomotive à vapeur française. Le 3 juin 1865, Le Creusot livre même quinze locomotive à l'Angleterre[2].

En 1839, Adolphe Schneider crée les Chantiers de Chalon sur Saône (dénommé le Petit Creusot). Cet établissement est le relais indispensable pour l'expédition des produits du Creusot par la voie fluviale (en empruntant le Canal du Centre). Il voit le développement rapide d'une activité de construction de bateaux de rivière.

Une autre activité émerge vers les années 1850, l'utilisation de la fonte et de l'acier pour la réalisation de ponts et charpentes. Elle donne une grande visibilité de la société au niveau international. En France on peut citer le pont sur le PLM à Lyon Vaise en 1853. À l'étranger, le pont de plus de 300 m au-dessus du Danube près de Vienne est la réalisation la plus spectaculaire.

1871-1945 – Le développement d'un grand groupe industrielModifier

 
Chargement à Toulon du sous-marin Ferré de 46 mètres de long construit par Schneider et Cie pour la marine péruvienne à bord du Kanguroo en 1912[3].

Devant l'infériorité de l’artillerie française durant la guerre de 1870[4] et sur demande du président Adolphe Thiers, Eugène Schneider est chargé de la fabrication de nouveaux canons en acier pour concurrencer ceux de l'allemand Krupp. Mais c'est surtout son fils Henri Schneider, qui tire parti des nouveaux procédés introduits dans les années 1860 et 1870, permettant d'obtenir un acier plus résistant à moindre coût. Schneider et Cie innove dans les secteurs de la métallurgie et de la sidérurgie, et devient rapidement l'un des leaders européens dans les domaines de l'armement et de l'équipement. Le marteau-pilon du Creusot est construit en 1877 sur les idées et les plans de François Bourdon. Au tournant du siècle, Eugène II (fils d'Henri) opère des investissements dans de nombreux pays. Ceux-ci concernent aussi bien les mines que l'électricité et la sidérurgie. La plus grande part des exportations est due aux succès remportés dans le secteur de l'armement.

En 1913, c'est avec Saint-Gobain l'une des deux entreprises industrielles figurant au palmarès des 20 premières capitalisations françaises[5].

En 1918, au sortir de la Première Guerre mondiale, Schneider se convertit à la gestion de l'électricité.

À partir de 1918, Schneider entame aussi une politique d'implantation en Allemagne et en Europe orientale. Cette politique s’arrête à cause de la Seconde Guerre mondiale. En novembre 1923 et en février 1924, deux augmentations de capital le portent de 40 à 100 millions de francs, complétée par une importante émission d’obligations[6].

Charles Schneider, nommé cogérant en 1918, a quitté ses fonctions dirigeantes en 1923 lorsqu’il en a été écarté par son père, et n'y revient qu'à sa mort en 1942.

1945-1981 – Changement de cap et difficultésModifier

À la Libération, Schneider doit de nouveau faire face à une crise de reconversion, mais cette fois la France est à reconstruire. Le nouveau responsable du groupe, Charles Schneider, abandonne progressivement l'industrie de l'armement au profit des productions civiles. L'entreprise est réformée en profondeur en 1949 afin de faire face aux impératifs du monde moderne.

La disparition brutale de Charles Schneider, en août 1960, provoque une crise de succession. Cette période voit l'entreprise paralysée par le déclin de ses secteurs clefs d'activité, comme la sidérurgie ou les chantiers navals. Le baron Édouard-Jean Empain, qui prend le contrôle du groupe en 1969, laisse espérer un redressement.

Les secteurs traditionnels sont de plus en plus en crise et les diversifications engagées par le baron ne portent pas leurs fruits.

Les diversifications pénalisent la rationalité du développement d'Empain-Schneider tandis que la crise de la sidérurgie vient aggraver une situation déjà fragile. Ces difficultés, et notamment celle du Creusot-Loire, pèsent sur le groupe sans toutefois compromettre son développement : outre Merlin Gerin, qui se rapproche progressivement d'Empain-Schneider, Jeumont-Schneider offre des perspectives prometteuses.

Somua était une filiale de Schneider, elle produisait des machines et des véhicules, dont le Somua S-35.

 
Le marteau-pilon du Creusot illuminé en 2002.

Des nombreuses cheminées qui, autrefois, s'élevaient au-dessus des usines Schneider du Creusot, il n'en reste désormais plus qu'une : la cheminée de la Grosse Forge, éclairée depuis l'an 2000 à l'initiative de la ville, en collaboration avec l'Écomusée et la DRAC de Bourgogne. Cette cheminée élevée en 1869 avait initialement une hauteur de 80 mètres et était constituée de 68 viroles ; elle était surmontée d'un chapiteau de fonte. Elle fut abaissée à 50 mètres en 1950 et a été désaffectée en 1973[7].

Changement de nom et de cœur de métierModifier

En 1981, l'entreprise se sépare de toutes les activités qui ne sont pas liées à l'industrie électrique ou des commandes. Schneider rachète alors plusieurs sociétés qui deviendront le cœur du groupe actuel :

En 1999, le groupe Schneider est renommé Schneider Electric.

Réalisations et productionModifier

  • Des locomotives à vapeur avec, notamment, La Gironde, qui fut l'une des toutes premières locomotives françaises (sortie des ateliers en 1838)[8].
  • Des aciers spéciaux au nickel (1889).
  • Les canons français durant les guerres franco-allemandes (1870-71) (1914-18). Certains sont à l'entrée du château de la Verrerie.
  • Des plaques de blindage pour les navires.
  • Le marteau-pilon à vapeur (1877), permettant un travail très précis de l'acier.
  • Les premiers rails français en 1827, des rails en acier dès 1868, (pour l'anecdote, le TMB — tramway du Mont-Blanc — utilise encore les rails Schneider).
  • Des navires et sous-marins pour le ministère de la guerre (des chantiers de Chalon-sur-Saône).
  • De nombreux matériels électriques.
  • Des charpentes métalliques de ponts ou de gares (gare de Santiago du Chili en 1896).
  • Un des premiers ascenseurs de la tour Eiffel, encore visible aujourd'hui sous un des piliers.
  • Des locomotives électriques comme la BB 9004 détentrice en 1955 du record du monde de vitesse sur rail avec 331 km/h.

Production de locomotives à vapeurModifier

 
Une locomotive à vapeur Schneider Creusot 030-T

Pour le Chemin de fer de La Réunion :

  • Des 030T, construites en 1878 à 11 exemplaires,

Pour la Compagnie des chemins de fer de l'Est :

  • 040 Est pour la tranche 0501 à 0525 de 1856 à 1857 et 0596 à 0641 en 1886.

Pour la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM) :

  • 241 P numérotées 1 à 35 de 1948 à 1952 pour la SNCF.
  • 151 A 1 à 10, construites en 1932 pour la traction de trains de marchandises lourd.

Pour la Compagnie des chemins de fer du Nord :

Pour les Voies ferrées des Landes :

  • six locomotives-tender 030T livrées en 1890[9].

Production d'armementModifier

VéhiculesModifier

Canons de montagneModifier

Autres pièces d'artillerieModifier

 
Un obusier Schneider modèle 1910 de 152 mm fabriqué à Perm dans l'empire russe en 1917
 
Canon de 75 mle 1912 Schneider exposé au musée de l'Armée polonaise à Varsovie.
 
Canon de 155 C modèle 1917 Schneider utilisé par l'US Army en juillet 1918

Coupe SchneiderModifier

En 1911, Jacques Schneider, petit-fils du fondateur de Schneider et Cie, offrit la coupe Schneider : une compétition pour les hydravions, dotée d'un important et prestigieux prix.

BibliographieModifier

Article connexeModifier

  • Kanguroo, navire transporteur de sous-marin construit pour la société.

RéférencesModifier

  1. « About us », Schneider Electric (consulté le 21 janvier 2013)
  2. « Des chemins de bois... aux chemins de fer », article de Lucien Taupenot (alias Luc Hopneau), revue Images de Saône-et-Loire no 81 (printemps 1990), p. 2 et 3.
  3. « S C 1 Aguirre puis Ferré », sur Sous Marin France (consulté le 18 mai 2014)
  4. Claude Beaud, « Les Schneider marchands de canons (1870-1914) », Histoire, économie et société, vol. 14, nos 14-1,‎ , p. 107-131 (lire en ligne)
  5. Pierre-Cyrille Hautcœur, Le marché boursier et le financement des entreprises françaises (1890-1939), thèse de doctorat sous la direction de Christian de Boissieu (1994), p. 50, lire en ligne
  6. Hervé Joly, Diriger une grande entreprise française au XXe siècle : modes de gouvernance, trajectoires et recrutement, lire en ligne
  7. « Une cheminée lumineuse », article de Lucien Taupenot paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » no 139 de septembre 2004 (pages 4 et 5).
  8. Source : « Le Creusot vaut le détour », article de Lucien Taupenot (alias Luc Hopneau) paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » no 52 (Noël 1982), pages 11 à 13
  9. Christian Lacombe et Lucien Chanuc, L'extraordinaire réseau ferré des Landes de Gascogne, Editions du Cabri, (ISBN 2903310580), p. 79

Liens externesModifier