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Philippe Barbarin

prélat catholique français
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Philippe Barbarin
Image illustrative de l’article Philippe Barbarin
Philippe Barbarin, le 29 août 2008.
Biographie
Nom de naissance Philippe Xavier Ignace Barbarin
Naissance (68 ans)
à Rabat (Maroc)
Ordination sacerdotale par Mgr Robert de Provenchères
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre
de la Trinité des Monts
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par Mgr Philibert Randriambololona
Dernier titre ou fonction Archevêque de Lyon, primat des Gaules
Archevêque de Lyon
(Primat des Gaules)
Depuis le
Évêque de Moulins

Blason
« Toi, suis-moi »[note 1]
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Philippe, Christian, Ignace, Barbarin[1], né le à Rabat, est un cardinal français, archevêque de Lyon et primat des Gaules depuis 2002. Le 18 mars 2019, il remet sa démission au pape[2], qui la refuse[3]. Le 19 mars 2019, il annonce sa mise en retrait du diocèse, dont il laisse la conduite au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten[4].

Sommaire

BiographieModifier

 
Philippe Barbarin pendant les Journées mondiales de la jeunesse 2011.

Enfance et formationModifier

Philippe Barbarin est le cinquième d'une famille de onze enfants (six filles, dont deux religieuses, et cinq garçons, dont deux officiers et un médecin)[5]. Son père, Jacques Barbarin, est militaire puis achève sa carrière comme cadre dans une banque parisienne. Sa mère, Yvonne Maria Roques, est femme au foyer[6].

Il commence ses études à l'école primaire de Noisy-le-Grand puis les poursuit au lycée Gouraud à Rabat, au lycée Marcelin-Berthelot de Saint-Maur-des-Fossés, au lycée des Francs-Bourgeois (sous tutelle des Frères des Écoles chrétiennes), à l'Université Paris-Sorbonne, à l'IPC[7] et à l'Institut catholique de Paris. En parallèle, il est élève au séminaire des Carmes.

Il est titulaire de deux maîtrises[5], l'une en philosophie (Paris IV), l'autre en théologie (Institut catholique de Paris).

PrêtreModifier

Ordonné prêtre le à Alfortville, pour le diocèse de Créteil[5], il cumule les fonctions de vicaire puis de curé de Boissy-Saint-Léger (1991-1994) avec celles d'aumônier de lycée à Vincennes puis Saint-Maur-des-Fossés. Il est délégué diocésain à l'œcuménisme de 1990 à 1994.

Il part quatre ans à Madagascar comme prêtre fidei donum. Il est enseignant en théologie au grand séminaire de Fianarantsoa[5], de 1994 à 1998).

Évêque puis archevêqueModifier

De retour en France, il est brièvement curé de Bry-sur-Marne avant d'être nommé évêque de Moulins le 1er octobre 1998[note 2]. Il est consacré le 22 novembre suivant par Mgr Philibert Randriambololona, assisté de Mgr André Quélen et de Mgr Daniel Labille.

Le 16 juillet 2002, il est nommé archevêque de Lyon et primat des Gaules.

CardinalModifier

Il est créé cardinal par Jean-Paul II lors du consistoire du , avec le titre cardinal-prêtre de la Trinité-des-Monts (Santissima Trinità al Monte Pincio). Il participe aux conclaves de conclave de 2005 et de 2013, qui élisent respectivement les papes Benoît XVI et François.

Au sein de la Conférence des évêques de France, il est membre de la Commission doctrinale. Le 8 novembre 2008, il est réélu à cette fonction pour trois ans[8].

Au sein de la Curie romaine, il est membre de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et de la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique[5].

En décembre 2007, dans une lettre adressée aux prêtres de son diocèse, il révèle être atteint d'un cancer de la prostate. Le mal ayant été décelé très tôt, il put en guérir rapidement[9]. Cette annonce a une résonance particulière à Lyon, les précédents primats des Gaules ayant souffert ou étant morts d'un cancer.

Le 17 juin 2008, il participe au congrès eucharistique de Québec avec plusieurs autres cardinaux et évêques du monde entier.

En juillet 2014, il lance un jumelage de l'archidiocèse de Lyon avec le diocèse de Mossoul, dont les fidèles sont persécutés. En décembre suivant, il effectue un nouveau voyage en Irak avec une centaine de personnes de son archidiocèse[10].

Le , le pape François le nomme son envoyé spécial pour le 4e Congrès apostolique mondial de la Miséricorde, prévu à Manille du 16 au 20 janvier 2017[11].

le , suite à sa condamnation à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des agressions pédophiles dans son diocèse, Philippe Barbarin remet sa démission au pape[12].

Le 19 mars 2019, il annonce dans un communiqué officiel sa mise en retrait du diocèse[13], et laisse la conduite du diocèse au vicaire général modérateur, le père Yves Baumgarten[14].

Vœu des ÉchevinsModifier

Cardinal-archevêque de Lyon et primat des Gaules, le cardinal Barbarin bénit tous les ans la cité lyonnaise à l'occasion du renouvellement du vœu des Échevins, le 8 septembre (fête de la nativité de la Vierge Marie, à ne pas confondre avec le 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception), prononcé par ses prédécesseurs depuis 1643 en l'honneur de la Vierge Marie réputée avoir jadis protégé Lyon de l'épidémie de peste. L'archevêque se voit remettre par le maire un écu d'or et un cierge, en signe de reconnaissance à Notre-Dame de Fourvière. Il bénit ensuite la ville depuis le balcon de la basilique avec le Saint Sacrement. Trois coups de canon sont tirés au moment de la bénédiction tandis qu'au même moment retentit la grosse cloche (le bourdon) de la primatiale Saint-Jean.

DistinctionsModifier

Il est nommé docteur honoris causa de l'Institut de Théologie Saints Méthode et Cyrille de l'Université d'État de Minsk en Biélorussie[15]. En tant qu'archevêque de Lyon, il est également chancelier de l'Université catholique de Lyon.

En 2008, il fait partie des prétendants à l'Académie française, afin de tenir le rôle informel d'« aumônier des académiciens », en succession au cardinal Lustiger, décédé. Mgr Dagens, évêque d'Angoulême, lui est finalement préféré[16].

En 2015, il est élu Lyonnais de l'année par les lecteurs du journal LyonMag[17].

Devises épiscopalesModifier

  • « Qu'ils soient un »[note 3] Devise d'archevêque de Lyon
  • « Toi, suis-moi »[note 1]. Devise de cardinal.

Dialogue inter-religieuxModifier

Relation avec l'IslamModifier

C'est le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane qui a remis au cardinal Barbarin les insignes d'Officier de l'ordre national du Mérite le 10 décembre 2007 en s'exclamant : « Monseigneur, vous êtes mon frère ! »[18].

Le cardinal Barbarin a participé au pèlerinage islamo-chrétien du pardon des Sept-Saints au Vieux-Marché (Côtes-d'Armor) en juillet 2011.

Relation avec le JudaïsmeModifier

En 2008, il publie Le Rabbin et le Cardinal, un dialogue judéo-chrétien d'aujourd'hui, avec le grand rabbin Gilles Bernheim. En janvier 2014, il reçoit le prix du rapprochement des communautés par l'Union des patrons et des professionnels juifs de France[19].

Prises de positionModifier

AvortementModifier

Le cardinal a pris position de nombreuses fois contre l'avortement et participé à plusieurs reprises à la marche pour la vie de Paris[20],[21], et a « apporté son soutien » à des manifestations pour la promotion de la vie intra-utérine et contre l'avortement à Lyon[22].

Mariage homosexuelModifier

Dans une déclaration commune de responsables religieux[23] de la région lyonnaise, il déclare que le mariage homme-femme est un repère fondateur de l'humanité[24].

Le cardinal Philippe Barbarin, à l'instar d'autres prélats catholiques, a clairement pris position contre le mariage pour tous[25]. Après de multiples prises de paroles, il s'en explique dans une tribune remarquée dans le Journal La Croix en janvier 2014[26].

Le 24 octobre 2012, dans une interview diffusée par la radio RCF et la chaîne TLM, il affirme, à propos de l'ouverture du mariage aux couples de même sexe : « [...] j'aimerais bien voir comment on pose les questions, vous voyez, quand vous posez une question parfois vous orientez énormément, donc si on dit à quelqu'un : toute personne à 100 % sera respectée pour ce qu'elle est dans ce qu'elle vit... Par exemple à l'intérieur de l’Église, souvent je dis aux personnes qui ont des désirs homosexuels ou des tendances : Vous avez votre place ! On a besoin de vous ! Si ça se trouve vous construisez l’Église bien mieux que moi ! ... Donc ce n'est pas du tout un regard sur les personnes, mais c'est la question de la structuration en profondeur d'une famille, du mariage, d'une société, etc., qui sont des lieux fragiles et qu'il faut toujours fortifier, protéger. » ; « Le fond de la question, c'est qu'est-ce que c'est qu'un mariage ? Un mariage c'est un mot qui veut dire un rempart pour permettre au lieu le plus fragile de la société c'est-à-dire une femme qui donne la vie à un enfant, que toutes les conditions soient établies pour que ça se passe dans les meilleures possibilités. Voyez, donc après, ça a des quantités de conséquences mais qui sont innombrables. Parce qu'après, ils vont vouloir faire des couples à trois ou à quatre... Après, un jour peut-être, je ne sais pas quoi, l'interdiction de l'inceste tombera. Enfin, si vous voulez, à partir du moment où il y a quelques repères qui sont majeurs, effondrés [...] »[27].

Sur la question du pouvoir éthique et bioéthique du Parlement, il affirme : « J'aime la démocratie, elle est le moins mauvais des régimes. Mais il ne faudrait pas qu'elle devienne une démocratie absolue. Je sais bien que le Parlement a le pouvoir de changer les lois définissant le sens du mariage, mais je pose la question de savoir s'il est légitime de décider de tout, de changer le sens des mots »[28].

Chrétiens d'OrientModifier

Le cardinal Philippe Barbarin est tout particulièrement engagé dans la cause des chrétiens d'Orient. Il est notamment à l'origine de l'appel lancé avec l'évêque d'Alep, à sonner les cloches de toutes les églises de France le , pour soutenir les chrétiens d'Orient[29].

Il s'est rendu plusieurs fois à Erbil, en Irak pour apporter son soutien direct aux chrétiens. Il était porteur d'un message du pape dénonçant précisément l'exil forcé de la communauté chrétienne[30].

Le cardinal a annoncé le , lors d'une messe célébrée dans la cathédrale Saint-Joseph d'Erbil, que l'archéparchie de Mossoul (en) était jumelée avec le diocèse de Lyon[31].

Le cardinal Barbarin invite à dire quotidiennement un Notre Père à l'intention des chrétiens persécutés et à si possible à dire cette prière en araméen, leur langue et celle de Jésus[32].

En juillet 2017, il effectue un voyage en Irak à la tête d'une délégation de religieux français afin d'y visiter Mossoul et Qaraqosh après le retrait de l' État islamique de ces villes[33].

Accusations de silence dans des affaires sexuellesModifier

  Cette section est trop longue. Elle pourrait gagner à être raccourcie ou répartie en plusieurs sous-sections.
Il est également possible que sa longueur crée un déséquilibre dans l'article, au point d'en compromettre la neutralité en accordant à un aspect du sujet une importance disproportionnée.

Affaire PreynatModifier

Le 17 février 2016, le cardinal Barbarin est accusé de n'avoir pas signalé à la justice des faits de pédophilie, plus précisément des attouchements sexuels, commis par l'un des prêtres du diocèse (Bernard Preynat), à l'encontre de François Devaux, Bertrand Virieux et Pierre-Emmanuel Germain-Thill, à l'époque scouts au groupe scout Saint-Luc à Sainte-Foy-lès-Lyon. Les faits remontent à la période comprise entre 1986 et 1991, voire à la fin des années 1970 pour certains d'entre eux[34], donc sous l'épiscopat de Mgr Decourtray, qui a écarté le prêtre six mois puis l'a réintégré en paroisse[35]. Le successeur immédiat de ce dernier, Mgr Billé, a également maintenu le prêtre en fonction tout en demandant conseil à un avocat[35].

Arrivé à la tête du diocèse en 2002, Mgr Barbarin prend connaissance de rumeurs en 2007. Il convoque Bernard Preynat, qui reconnaît les faits mais assure ne pas les avoir réitérés depuis 1990. Philippe Barbarin lui impose une courte quarantaine puis lui délègue l'animation de trois paroisses jusqu'en 2015[36], le nomme à la tête de l'un des 18 doyennés du diocèse en 2011 et lui confie un jumelage avec le Liban[37]. Il signale le cas au Saint-Siège en février 2015. En août suivant, la charge pastorale du prêtre est suspendue et ce dernier se retire au couvent des Petites Sœurs de Saint-Joseph, sous contrôle judiciaire[35]. Selon la défense du prêtre, les faits étaient juridiquement prescrits en 2007. Mais en 2016, le juge d'instruction décide d'instruire les plaintes. Il se base sur une modification de la loi sur le délai de prescription, qu'il estime rétroactive. L'avocat du père Preynat fait appel de cette décision. Lors d'une conférence de presse, le cardinal Barbarin fait la déclaration suivante à propos des accusations portées contre le père Preynat : « La majorité des faits, grâce à Dieu, sont prescrits, mais certains peut-être pas[38],[39],[40] », remerciant immédiatement après, un journaliste qui l'interroge sur « la violence » de son propos, et jugeant « maladroite » la formulation de celui-ci[41]. Il voulait dire que la majorité des faits reprochés au père Preynat étant prescrits, cela signifiait peut-être qu'heureusement aucun autre ne s’était produit depuis 1991[42]. Cependant, l'un des prêtres de son diocèse, lui-même victime, dénonce le « manque d'écoute » dont il ferait preuve et estime que « seul l’agresseur se réjouit de la prescription[43]. »

Mgr Barbarin déclare n'avoir « jamais couvert le moindre acte de pédophilie » et répond au Premier ministre qui lui demande le 13 mars 2016 de « prendre ses responsabilités » :

« Le Premier ministre me demande de prendre mes responsabilités et je lui promets que je les prends » tout en espérant que Manuel Valls, qui « connaît mieux que [lui] les lois de la République », « respecte [sa] présomption d'innocence[44],[45]. »

Selon Éric Verhaeghe et Roland Hureaux, l'« affaire Barbarin »[46] est un règlement de comptes en provenance de l'Élysée et le cardinal a reçu l'« appui » de nombreuses personnalités[47],[48], dont Gérard Collomb, le maire socialiste de Lyon, qui estime qu'on lui fait un « faux procès »[49]. Laurent Wauquiez, président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, prend également la défense du cardinal[50], ainsi que le recteur de la Grande Mosquée de Lyon, Kamel Kabtane[51].

Le 8 juin 2016, le cardinal Barbarin est interrogé durant 10 heures par la police lyonnaise en tant que témoin, sans placement en garde à vue[52].

Le l'archidiocèse de Lyon rend publique la décision du cardinal à la suite des avis rendus par un collège d'experts, de suspendre quatre prêtres de leurs ministères, et de la prise de mesure d'accompagnements pour six autres, les noms des personnes concernées n'étant pas rendus publics[53].

L'enquête pour « non-dénonciation d'agressions sexuelles sur mineurs » et « non-assistance à personne en danger » visant le cardinal est classée sans suite par le procureur de la République de Lyon, le 1er août 2016. Le parquet de Lyon confirme à cette occasion que « les autorités diocésaines avaient eu connaissance de soupçons visant le père Preynat entre 2005 et 2010, mais que cette période était couverte par la prescription, qui est de trois ans en matière de non-dénonciation. » Pour la période postérieure à 2014, le parquet estime qu'il n'y a pas eu de volonté de la part du cardinal « d'entraver l'action de la justice en cachant la vérité »[54].

Le 18 novembre 2016, pour clore l'année de la Miséricorde, en la primatiale Saint-Jean de Lyon, le cardinal se met à genoux :

« Ce soir, je demande pardon devant Dieu et devant tout notre diocèse, de n’avoir pas pris les devants pour enquêter comme il aurait fallu dès qu’un premier témoignage m’était parvenu, pardon de ne pas avoir sanctionné immédiatement un prêtre pour ses actes anciens, très graves et clairement indignes de son ministère, pardon de mes erreurs de gouvernance qui ont occasionné un tel scandale. »

— En réparation de la profanation du corps vivant du Christ, site du diocèse de Lyon[55].

Dix des victimes présumées du père Preynat n'acceptent pas le classement sans suite consécutif à l'enquête préliminaire diligentée par le parquet de Lyon[56],[57] (cinq victimes d'agressions pour lesquelles les faits ne sont pas prescrits et cinq autres pour lesquelles ils le sont, sur au moins 70 victimes présumées[58]). Elles se constituent en partie civile et saisissent les tribunaux par une citation directe qui concerne le cardinal Barbarin et six personnalités ecclésiastiques, dont deux évêques et un haut responsable du Vatican. Une première audience est fixée au 19 septembre 2017 devant le tribunal correctionnel de Lyon.

Le procès pour non-dénonciation d’agressions sexuelles qui devait avoir lieu en avril 2018[56],[59],[60], puis octobre 2018[61], a finalement lieu du 7[62] au 10 janvier 2019, et donne la parole aux victimes[63],[64]. À l'issue du réquisitoire, la procureure ne requiert aucune peine contre aucun des accusés[65]. Selon Le Monde :

« Ce procès restera dans l'histoire comme le premier face-à-face entre des victimes d'un prêtre pédophile et l'Eglise en tant qu'« institution » symboliquement incarnée par la présence de l'un de ses plus hauts représentants sur le banc de prévenus[66]. »

Cette affaire, devenue l’« affaire Barbarin », est analysée dans le livre Grâce à Dieu, c'est prescrit de Marie-Christine Tabet[67]. Il a inspiré le film de François Ozon Grâce à Dieu. Le scénario du film, ainsi que de nombreux documents utilisés dans son élaboration, ont également été retranscrits dans un texte théâtral publié par les Solitaires Intempestifs sous le même titre[68]. La sortie du film, prévue le 20 février 2019 était menacée d'un report suite à deux recours, l'un pour atteinte de présomption d'innocence dans le procès Preynat[69], et l'autre, à la demande de l'ex-bénévole laïque du diocèse de Lyon, qui avait déjà demandé au réalisateur de ne pas être nommée sous son vrai nom[70],[71]. La justice rejette les deux recours et le film sort à la date prévue[72]. Avant ces jugements et malgré la tourmente judiciaire[73],[74], le film a été projeté en avant-première « sur les lieux du crime » (comme l'a dit François Ozon[75]) le 11 février à Sainte-Foy-lès-Lyon[76], séance au cours de laquelle le réalisateur et des victimes du prêtre se sont exprimés en sachant que leurs propos étaient enregistrés par un huissier de justice « dont la mission est de rapporter tous les propos tenus sur le cardinal Barbarin »[75].

Le 7 mars 2019, Philippe Barbarin est reconnu coupable de non-dénonciation d’abus sexuel et condamné à six mois de prison avec sursis, par le tribunal correctionnel de Lyon[77] ; ses avocats annoncent son intention de faire appel[78]. Le même jour, au cours d’une conférence de presse, il déclare qu’il va se rendre à Rome pour remettre sa démission au pape François[79], au cours d'un rendez-vous sollicité quinze jours avant le 7 mars, sa décision de démission ayant été prise « quel que soit le verdict », selon son bras droit, Mgr Emmanuel Gobilliard[80]. Le pape choisit de refuser sa démission, sur le motif de la présomption d'innocence, puisque le cardinal a fait appel de sa condamnation[81]. Le Cardinal Barbarin se met "en retrait" de la vie diocésaine[82]. Bernard Preynat devrait, lui, être jugé fin 2019 ou en 2020[83]. Ce refus de la part du pape entraîne une vague de demandes d'apostasie en France[84],[85],[86],[87]. Le 5 avril 2019, est mis en ligne un manifeste de soutien au Cardinal Barbarin [88], initié par des diocésains qui ne se reconnaissent pas dans les propos des conseils diocésains et du Vicaire général qui assure la direction du diocèse[89].

Pétition de demande de démissionModifier

Selon un sondage publié le 19 mars 2016, 63 % des Français souhaitent que le cardinal Barbarin démissionne[90].

Le pape François prend la défense de Mgr Barbarin, refusant l'idée d'une démission du cardinal, qui serait selon lui « un contresens, une imprudence » et « se dire coupable », et déclarant au journal La Croix, le 17 mai 2016 : « D'après les éléments dont je dispose, je crois qu'à Lyon, le cardinal Barbarin a pris les mesures qui s'imposaient, qu'il a bien pris les choses en main (...) C'est un courageux, un créatif, un missionnaire. Nous devons maintenant attendre la suite de la procédure devant la justice civile. »[91].

Le 23 août 2018, le prêtre Pierre Vignon lance sur le site change.org une pétition demandant au cardinal Barbarin de présenter sa démission[92]. En quelques jours, elle récolte plus de cent mille signatures[93]. La démarche du prêtre déplaît fortement à sa hiérarchie, son évêque Pierre-Yves Michel déplorant un « manque de cohérence ». Le 1er novembre 2018, Pierre Vignon est sanctionné en n'étant pas reconduit dans ses fonctions de juge ecclésiastique à Lyon[94].

Nouveau lien du diocèse de Lyon envers les victimesModifier

Au quatrième jour de procès devant le tribunal correctionnel de Lyon, le porte-parole du diocèse de Lyon Mgr Emmanuel Gobilliard, évêque auxiliaire du cardinal Barbarin depuis juin 2016, est allé à la rencontre de François Devaux, plaignant et co-fondateur de l'association la Parole Libérée. Il l'a remercié d'avoir fait évoluer l'institution religieuse : « Merci à Alexandre d'avoir été le premier à porter plainte. […] Cela m'a changé, je ne suis plus le même homme. Merci d'avoir secoué l'Église. » François Devaux lui répond : « Je sens la sincérité dans vos propos je souhaite que ce soit le début de quelque chose. », puis l'a embrassé à la fin de leur conversation, montrant l'état d'esprit de la majorité des plaignants depuis le début du procès.[95] Le 6 avril 2019 pour la première fois est organisé un débat public sur le film "Grâce à Dieu" avec son réalisateur, le président de l'association "La Parole libérée" et le Vicaire général du diocèse[96]

Accusations infondéesModifier

Cas infirmé du père BilloudModifier

Mi-février 2016, une autre plainte pour non-dénonciation d’agressions sexuelles est déposée par Pierre-Henry Brandet, le porte-parole depuis 2011[97],[98] du ministère de l'Intérieur[99],[100]. Au début des années 1990, celui-ci aurait subi à deux reprises des gestes déplacés de la part de l'abbé Jérôme Billoud, à l'âge de 17 puis de 19 ans[101], à Biarritz, à l’occasion de pèlerinages à Lourdes[102]. En 2009, Pierre-Henry Brandet avait rencontré le cardinal, qui l'avait incité à déposer une plainte, classée sans suite par le parquet, les faits allégués étant prescrits[103]. Dans le cadre de cette affaire, une perquisition est effectuée le 30 mars 2016 au matin, à l'évêché de Lyon[104].

Le nom de l'accusateur de l'abbé Billioud n'est pas publié dans la presse française qui, unanimement, respecte son anonymat, le qualifiant de « témoin »[105], mais ne respecte pas celui de l'accusé, contrairement à la déontologie journalistique[106],[107], ni la présomption d'innocence de celui-ci, accolant à son nom le terme de « pédophilie »[108],[109],[110],[111] alors que, même si les faits étaient confirmés, il ne s'agirait pas de pédophilie – comme le souligne Mgr Barbarin[112] - le plaignant ayant dépassé à l'époque la majorité sexuelle fixée à 15 ans en France[113]. En décembre 2016, les accusations « anonymes » ne sont pas confirmées par la justice et le procureur de la République de Lyon classe sans suite la plainte de Pierre-Henry Brandet contre le cardinal[114],[115], en raison d'une « absence d'infraction susceptible d'être caractérisée » à l'encontre du prêtre[116],[117]. La presse nationale n'en parle pas et le cardinal Barbarin reste silencieux, alors qu'en juin 2016 il avait relevé Jérôme Billioud de son ministère, à cause de ces allégations[118],[119],[120], puis demande finalement à l'abbé de rejoindre la paroisse de La Rédemption-Saint Joseph, dans le 6e arrondissement de Lyon, à compter du 1er septembre 2017, et lui confie de nouvelles missions pastorales[121].

Cas extérieur du père HoupertModifier

Le 17 mars 2016, Le Parisien met en lumière les faits commis par le père Houpert, curé de la paroisse Sainte-Blandine-du-Fleuve à Millery (diocèse de Lyon). Celui-ci, prêtre du diocèse de Rodez, avait été condamné en novembre 2007 par la cour d'appel de Montpellier à 18 mois avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve pour une durée de trois ans pour agressions sexuelles commises au préjudice d’hommes âgés de 19 à 34 ans (donc ne rentrant pas dans le cadre de la pédophilie, d'une part, et n'exerçant pas dans le diocèse de Lyon, d'autre part). Le cardinal n'est pas mis en cause, l'accueil dans son diocèse du père Houpert étant le fait d'une réaffectation décidée en 2008 par le juge d’application des peines chargé du suivi de la mise à l’épreuve, qui avait expressément autorisé ce prêtre à poursuivre ses activités en paroisse[35].

ŒuvresModifier

  • Chrétien, quelle est ta foi ?, en collaboration, Desclée de Brouwer 1979.
  • Cent Points chauds de l’Histoire de l’Église, en collaboration, Desclée de Brouwer 1980.
  • Vivre l'Eucharistie, en collaboration, Droguet et Ardant 1981.
  • Jamais je ne t'oublierai, Droguet et Ardant 1992.
  • Théologie et sainteté : introduction à Hans-Urs von Balthasar, Parole et Silence 1999, Parole et Silence 2017 (poche).
  • Marie : celle qui nous précède, conférences de Carême 2004, en collaboration, Parole et Silence 2004.
  • Paul Claudel, maître spirituel pour notre temps, conférences de Carême 2005, en collaboration, Parole et Silence 2005.
  • Suivre Jésus de près : lettre pastorale aux catholiques du diocèse de Lyon, Parole et Silence 2006.
  • La Mission, conférences de Carême 2006, en collaboration, Parole et Silence 2006.
  • Le Notre-Père : un chemin de vie spirituelle, conférences de Carême 2007, Parole et Silence/Socéval éditions, 2007, Parole et Silence 2016 (poche).
  • Jardins intérieurs : regards croisés sur l'art et la foi, avec Fabrice Hadjadj, Parole et Silence/Desclée de Brouwer 2007.
  • Ambassadeurs de Dieu de Caroline Pigozzi, entretien, Desclée de Brouwer 2007.
  • La Miséricorde, conférences de Carême 2008, en collaboration, Parole et Silence 2008.
  • Le rabbin et le cardinal : un dialogue judéo-chrétien d'aujourd'hui, avec le grand-rabbin Gilles Bernheim et Jean-François Mondot, Stock 2008, Points 2013 (poche).
  • Pour moi, vivre, c'est le Christ, conférences de Carême 2009, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2009.
  • Les Robes rouges de Caroline Pigozzi, entretien, Desclée de Brouwer/Plon 2009.
  • Quel devenir pour le christianisme ?, avec Luc Ferry et Jean-Marie Guénois, Salvator 2009, Albin Michel 2011 (poche).
  • Glorifiez Dieu dans votre corps, conférences de Carême 2010, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2010.
  • L'Église est une servante : un chemin de trois années, pour préparer le 50e anniversaire du concile Vatican II : lettre pastorale aux catholiques du diocèse de Lyon, Lethielleux 2010, Parole et Silence 2016 (poche).
  • Mon âme exalte le Seigneur, conférences de Carême 2011, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2011.
  • Lyon : primatiale des Gaules, dir., La Nuée Bleue 2011.
  • Adoration et eucharistie : dans l'espérance du Royaume, Les Béatitudes 2011.
  • Au souffle de l'esprit, conférences de Carême 2012, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2012.
  • À partir du Credo, conférences de Carême 2013, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2013.
  • Prières glanées, Fidélité 2014.
  • Oser le défi de la réconciliation, en collaboration, Parole et Silence 2014.
  • Figures lyonnaises de la foi, conférences de Carême 2014, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2014.
  • Dieu est-il périmé : paroles humaines, paroles de feu, avec Jean-Marie Montali, La Martinière 2015.
  • Afin que le monde croie... l’Église, une fraternité missionnaire ! : lettre pastorale aux catholiques du diocèse de Lyon, 2015.
  • Sentinelles du royaume : la vie consacrée, conférences de Carême 2015, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2015.
  • Tibhirine : l'héritage, en collaboration, Bayard 2016.
  • Sa miséricorde s'étend d'âge en âge : méditations juive, musulmane, protestante et catholique, en collaboration, Parole et Silence 2016.
  • La Miséricorde sera-t-elle victorieuse ?, conférences de Carême 2016, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2016.
  • Miséricorde est son nom, avec le grand-rabbin Haïm Korsia, Éditions de l'Emmanuel/Amitié judéo-chrétienne de France 2017.
  • Je crois en l'Église une, conférences de Carême 2017, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2017.
  • La Miséricorde aux périphéries, en collaboration, Parole et Silence 2018.
  • Heureux les artisans de paix !, conférences de Carême 2018, en collaboration, Parole et Silence/RCF 2018.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

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Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier

BibliographieModifier