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Parc des Buttes-Chaumont

parc situé dans le XIXème arrondissement de Paris
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Buttes Chaumont.

Parc des Buttes-Chaumont
Image illustrative de l’article Parc des Buttes-Chaumont
Vue des Buttes-Chaumont depuis les hauteurs du parc, en regardant vers le nord-ouest. À gauche, l'île du parc, surmontée du temple de la Sibylle, construit en 1869 par l'architecte Gabriel Davioud. Le lac est visible dans la partie droite inférieure de l'image. Derrière l'île, la moitié de la façade de la mairie du 19e. À l'arrière-plan, les immeubles du 19e arrondissement.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Paris
Arrondissement 19e
Quartier Combat
Superficie 24,73 ha
Histoire
Création 1864
Ouverture [b 1]
Accès et transport
Gare Gare de Paris-Est
Métro (M)(7bis) Buttes Chaumont, Botzaris
Localisation
Coordonnées 48° 52′ 52″ nord, 2° 22′ 59″ est

Géolocalisation sur la carte : 19e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 19e arrondissement de Paris)
Parc des Buttes-Chaumont

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Parc des Buttes-Chaumont

Le parc des Buttes-Chaumont est un jardin public situé dans le nord-est de Paris, en France, dans le 19e arrondissement de la ville.

Avec près de 25 hectares, le parc est l'un des plus grands espaces verts de Paris. Inauguré en 1867 pendant les dernières années du règne de Napoléon III, il s'agit d'une réalisation de l'ingénieur Adolphe Alphand. Ce jardin à l'anglaise imite un paysage de montagne : rochers, falaises, torrents, cascades, grotte, alpages, belvédères.

ToponymieModifier

La première hypothèse quant à l'origine du toponyme « Buttes-Chaumont » s'appuie sur la nature infertile et inculte des terrains sur lesquels le parc est aménagé. En effet, le sous-sol marneux et particulièrement gypseux, rendait le site stérile et impropre à la culture, si bien qu'aucune végétation n'avait réussi à s'y établir. Ainsi, les buttes étaient connues sous le nom de « Mont Chauve »[b 2] ou « Chauve-Mont »[b 3],[1] qui proviendrait du latin Calvus Mons[b 4]. Ces appellations auraient par la suite donné le toponyme « Chaumont » par contraction, comme l'expose le baron Haussmann dans ses Mémoires :

« Le nom des Buttes-Chaumont viendrait, suivant les étymologistes, de la contraction de deux mots significatifs : « Chauve-Mont. » Il aurait été donné, disent-ils, à ces hauteurs, parce que le sol et le sous-sol, uniquement composés de glaise, de marne compacte et de gypse, se refusaient absolument à toute végétation. »

— Baron Haussmann, Mémoires du baron Haussmann[1]

Parallèlement à cette explication, une seconde hypothèse est également avancée pour justifier l'existence du toponyme alternatif « Buttes Saint-Chaumont », lequel, quoique tombé progressivement en désuétude au XIXe siècle, était répandu aux XVIIe et XVIIIe siècles. Au XVIIe siècle, des communautés religieuses féminines s'étaient établies dans le quartier des buttes, et la coutume les avait désignées sous le nom de « Filles de Saint-Chaumont », puisqu'elles occupaient le site de l'ancien hôtel particulier du ministre Melchior Mitte de Chevrières, marquis de Saint-Chamond, également connu sous le nom de marquis de Saint-Chaumont ; cela aurait alors donné leur nom aux buttes[2].

GéographieModifier

Situation et accèsModifier

 
Carte du 19e arrondissement de Paris. Le parc des Buttes-Chaumont est situé légèrement au-dessous du centre de la carte.

Le parc des Buttes-Chaumont est situé dans le nord-est de Paris, dans le sud du 19e arrondissement (quartier du Combat[3]). Il est bordé par quatre voies principales : à l'ouest et au nord-ouest par la rue Manin, au nord-est par la rue de Crimée, au sud par la rue Botzaris et au sud-ouest par l'avenue Simon Bolivar.

Les stations de métro les plus proches sont les Buttes-Chaumont et Botzaris de la ligne 7 bis, sur son côté sud. Au nord et au nord-ouest, les stations les plus proches sont Laumière (ligne 5) et Bolivar (ligne 7 bis).

Le parc compte six entrées principales. En partant de la pointe sud et dans le sens des aiguilles d'une montre :

  • porte principale : au sud, à l'angle des rues Botzaris et Simon Bolivar ;
  • porte Secrétan : rue Manin, dans le prolongement de l'avenue Secrétan ;
  • porte Armand-Carrel : place Armand-Carrel, devant la mairie du 19e arrondissement ;
  • porte de Crimée : au nord-est, à l'angle de la rue Manin et de la rue de Crimée ;
  • porte de la Villette : à l'est, rue Botzaris ;
  • porte Fessart : rue Botzaris, dans le prolongement de la rue Fessart.

Outre ces entrées principales, le parc compte neuf entrées secondaires.

CaractéristiquesModifier

 
Carte du parc des Buttes-Chaumont.

Avec une superficie de 24,73 hectares, le parc des Buttes-Chaumont est le cinquième plus grand espace vert de Paris, après le bois de Vincennes, le bois de Boulogne, le parc de la Villette et le jardin des Tuileries. Il s'agit également d'un des espaces verts parisiens présentant le plus grand dénivelé (plus de 40 m), héritage des carrières sur lesquelles il a été créé.

Le parc a une forme en plan concave, son seul côté rectiligne se trouvant au nord-est (le long de la rue de Crimée). Les rues Manin et Botzaris l'entourent respectivement au nord-ouest et au sud-est. L'avenue Simon Bolivar, prolongeant la rue Manin sur 130 mètres, rejoint la rue Botzaris au sud en formant une pointe. Dans sa plus grande longueur, entre les pointes nord et sud, le parc mesure 820 m; dans sa plus grande largeur, le long de l'extrémité est, il mesure 450 m. Au total, sa périphérie mesure 2 475 m.

Le parc comprend 12 ha de pelouses, 6 ha de boisements, 1 ha d'enrochements et 4,5 ha réservés à la circulation (5,5 km de voies et 2,2 km de chemins).

GéologieModifier

Le parc des Buttes-Chaumont s'inscrit dans le contexte géologique du bassin parisien. Plus spécifiquement, le site prend place sur la marge occidentale de l'ensemble de collines de Belleville et Romainville, qui ferme au nord-est la plaine alluviale en forme d'amphithéâtre dans laquelle s'étend Paris [b 5]. Cet ensemble collinaire culminant à 128 m à Belleville domine la plaine en contrebas, où la Seine, dont le méandre s'est au fil du temps déplacé et a incisé l'anticlinal de Meudon. Le processus d'érosion à l'ère quaternaire n'a laissé que quelques buttes, mettant ainsi à jour la majorité des formations tertiaires du bassin parisien : calcaires, gypse, argiles, sables et pierres meulières[b 6].

Les Buttes-Chaumont, comme la butte Montmartre, sont pour leur part essentiellement composées de roches gypseuses recouvertes par des couches marneuses (marnes bleues d'Argenteuil, puis marnes blanches de Pantin). Plus précisément, le sous-sol contient trois couches de gypse de puissance variable, entrecoupées de marnes. Ces formations gypseuses et marneuses appartiennent à l'étage supérieur de l'Éocène, le Ludien[b 6]. Il y a approximativement 35 millions d'années, le site des Buttes-Chaumont se trouvait dans un vaste complexe lagunaire puis lacustre dont l'évolution temporelle, marquée par les cycles de transgression et de régression, a modelé les différentes couches de gypse, appelées « masses de gypse ».

La troisième masse de gypse, qui repose au toit de la couche de marnes à pholadomyes, est la plus ancienne, la plus profonde et la moins puissante (épaisseur de l'ordre de trois mètres[b 7]) : elle résulte de la formation d'une grande lagune évaporitique, marquant la fin de la sédimentation marine qui avait jusqu'alors cours[4]. Une couche de marnes à lucines la sépare de la deuxième masse de gypse, formation dont l'épaisseur est de l'ordre de cinq mètres[b 7], elle-même recouverte par une couche de marnes dite « d'entre-deux-masses » constituant la limite avec la première masse de gypse. Cette dernière couche, également nommée haute masse de gypse, est la plus récente et la plus puissante, avec une épaisseur avoisinant les quinze mètres[b 7],[5]. Les première et deuxième masses de gypse sont les dépôts du lac évaporitique issu de la fermeture de la lagune qui avait permis la formation de la troisième masse de gypse[4].

Création du parcModifier

Du gibet de Montfaucon aux carrières de gypseModifier

 
Pendaison d'Enguerrand de Marigny au gibet de Montfaucon, en 1315. Enluminure extraite des Grandes Chroniques de France.

Avant son aménagement en un parc paysager, le site des Buttes-Chaumont faisait partie des lieux les plus désolés à proximité immédiate de Paris, et était affligé d'une sinistre réputation. En effet, du Moyen Âge jusqu'au XVIIe siècle, la justice royale était rendue au pied des buttes, là où se dressait le gibet de Montfaucon. Bien que la mise à mort des condamnés prît fin dès le XVIIe siècle, le gibet de potence ne fut démantelé qu'à partir de 1760, et ce, jusqu'à la Révolution française[b 8].

Le lieu des exécutions laissa aussitôt sa place à une vaste décharge à ciel ouvert, nommée voirie de Montfaucon, dans laquelle étaient épandus les ordures et les excréments issus des fosses d'aisances et collectés par les vidangeurs de Paris[b 3]. Autour de cet insalubre dépotoir s'était développé un faubourg regroupant divers établissements que leurs incommodantes activités maintenaient en marge de la capitale : fabricants de produits chimiques et d'engrais agricoles extraits des boues de la fosse, équarrisseurs, tanneurs et producteurs d'asticots à destination des pêcheurs[b 9]. Le site était dans la première moitié du XIXe siècle, avant l'ouverture des abattoirs de la Villette, en 1867, le principal centre d'équarrissage parisien : chaque année, environ 12 000 chevaux et 25 000 petits animaux étaient abattus et leurs cadavres jetés dans la fosse[6],[7], si bien que les odeurs méphitiques qui s'en dégageaient se répandaient sur la capitale, comme le rapporte l'ingénieur Alphand :

« Les Buttes-Chaumont devinrent le réceptacle de toutes les immondices de Paris ; on y voyait encore, il y a quelques années, des établissements d'équarrissage et le dépotoir des vidanges, ce qui répandait des émanations infectes, non seulement sur les quartiers voisins, mais sur la ville entière, selon la direction des vents. »

— Adolphe Alphand, Les Promenades de Paris[b 10]

Le sous-sol des Buttes-Chaumont, alors dénommées « Butte Saint-Chaumont[8] », est exploité après la Révolution française, avec l'établissement de carrières de gypse et de pierres meulières, pour la construction des immeubles parisiens. Les carrières, qui se trouvaient à ce moment-là sur le territoire de l'ancienne commune de Belleville, sont exploitées jusqu'en 1860, année même de l'annexion de cette commune à la ville de Paris. Des chercheurs, tel que Georges Cuvier, ont mis au jour des fossiles de mammifères dans les carrières (dont le Palaeotherium, ancêtre du cheval) datant de l'Éocène (il y a 30 à 35 millions d'années)[9].

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Projet d'aménagement paysager sous le Second EmpireModifier

Un parc urbain du nouveau réseau de promenades parisiennesModifier

La transformation du site des Buttes-Chaumont en un parc urbain intervint dans le cadre des travaux parisiens décidés par l'empereur Napoléon III, dont la planification générale fut confiée au baron Haussmann, préfet de la Seine. En premier lieu, le choix d'un tel aménagement urbanistique découla de l'extension de la ville de Paris, qui mit un terme à l'activité d'extraction du gypse. En effet, celle-ci était frappée d'une interdiction sur le territoire de la capitale depuis le XVIIIe siècle ; aussi, les carrières, qui avaient été repoussées en périphérie de Paris, durent cesser leur activité dès que l'annexion des communes limitrophes prit effet, la juridiction parisienne s'étendant alors[b 11]. L'emprise des carrières ne fut toutefois pas utilisable pour la construction, en raison des risques d'effondrement du sous-sol fragilisé par les fontis et la dissolution du gypse[b 12] : aussi fut-il décidé d'y établir un parc.

 
Les parcs londoniens, comme Hyde Park (peint ici par Camille Pissarro en 1890), inspirent la politique d'espaces verts de Napoléon III.

Outre ce motif, Napoléon III entendait doter Paris d'un réseau d'espaces verts, lesquels étaient au milieu du XIXe siècle assez peu nombreux dans la capitale française[b 13]. Lors de son exil en Angleterre, l'empereur français avait été séduit par la qualité et l'efficacité des parcs londoniens, conçus sous l'influence des thèses hygiénistes : aussi désirait-il importer ce modèle en France[b 14]. L'ensemble de ces jardins publics devait répondre à deux ambitions impériales : d'une part, offrir des lieux d'agrément et de promenade à tous les citadins, indépendamment de leur classe sociale[10] ; d'autre part, métamorphoser Paris, cité alors « asphyxiée »[c 1], en une ville verte, ce qui participait d'un dessein général d'assainissement et d'embellissement[b 14].

Les nouveaux espaces verts sont pensés pour s'articuler au sein d'un « système de promenades » hiérarchisé selon les dimensions de chacun d'eux. Ainsi, dans ce réseau qui se superpose aux autres réseaux techniques urbains[11], le parc des Buttes-Chaumont, comme les parcs Monceau et Montsouris, appartient aux parcs urbains, échelon intermédiaire entre les bois de Boulogne et de Vincennes, et les squares disséminés dans les quartiers parisiens[12].

Équipe du projet et phasage des travauxModifier

 
Portrait d'Adolphe Alphand, peint en 1888 par Alfred Roll. Ingénieur des Ponts et Chaussées, Alphand dirige la réalisation du parc des Buttes-Chaumont.

Le baron Haussmann charge Adolphe Alphand, chef du service des promenades et plantations de la ville de Paris, de mener à bien la conception et la réalisation du parc. Alphand, polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées, a acquis une célébrité certaine grâce à plusieurs aménagements paysagers dans la capitale française. Pour réaliser cette pièce maîtresse du « réseau des réseaux »[c 2], il s'entoure d'une équipe d'ingénieurs et de paysagistes expérimentés[b 8]. Jean Darcel, ingénieur des ponts et chaussées également, seconde Alphand : alors que celui-ci assure la gestion administrative du projet, Darcel en règle les détails techniques avec ses subordonnés[b 15]. Placé sous ses ordres, le jardinier en chef Jean-Pierre Barillet-Deschamps rédige le projet et apporte son expertise dans le tracé des chemins, des vallons, et dans le choix des essences pour les plantations[b 16]. Il est assisté par le paysagiste Édouard André, chargé de la conduite des travaux[b 16]. L'architecte Gabriel Davioud crée les édifices, éléments d'architecture, ainsi que le mobilier du parc[b 17]. Enfin, l'hydraulicien Eugène Belgrand, planificateur des réseaux d'assainissement de Paris, s'occupe de la conception des systèmes d'adduction et de circulation des eaux du parc[b 18].

La conception du projet et les travaux de construction s'étalent sur cinq ans. En 1862, la municipalité parisienne prend contact avec la Société civile des carrières du centre, propriétaire des buttes, pour acquérir les parcelles que le parc est destiné à occuper[b 8]. Par un décret impérial daté du 22 juillet 1862, les terrains des Buttes-Chaumont sont déclarés d'utilité publique, ce qui permet à l'État de compléter les acquisitions par des expropriations[b 19]. Les premières études, à savoir une note sur l'état du sous-sol, et le projet général rédigé par l'ingénieur Darcel, sont présentées au conseil municipal lors des séances des 18 et 25 juin 1863[b 20]. Le modelage du relief constitue la première et la plus longue phase des travaux, lesquels sont initiés en 1864. Ainsi, Alphand rapporte que la première année a permis seulement de « dégrossir les terrassements »[c 3]. Face à ces lenteurs, la direction du projet rappelle à l'ordre l'entrepreneur retenu pour le marché de nivellement[b 22]. Les travaux de terrassement se poursuivent durant les années 1865 et 1866.

Le 20 novembre 1865, l'ingénieur Darcel dresse une nouvelle version du plan du parc, sans que les essences végétales retenues y soient précisées[b 22]. En effet, bien que les plantations aient commencé sur la butte Puebla à la fin de l'année 1865, la majorité d'entre elles sont effectuées en 1866[b 21]. Ces travaux paysagers et horticoles sont conduits en parallèle de l'aménagement des voies de circulation, lesquelles sont macadamisées entre 1866 et 1867, peu avant la date de livraison du parc[b 23].

Accueil du projet de parcModifier

Le projet du parc des Buttes-Chaumont bénéficie, au cours de sa période de conception et de construction, de l'atmosphère plutôt enthousiaste qui entoure le programme d'aménagement d'espaces verts publics qu'Adolphe Alphand conduit dans la capitale française[b 24]. L'architecte César Daly écrit au sujet des nouveaux parcs et jardins dans la Revue générale de l'architecture et des travaux publics : « Paris, de carrière de pierre, de moellon et de grès qu'elle était, se transforme en bouquet »[13]. La Revue de Paris consacre à la nouvelle promenade parisienne quelques réflexions en novembre 1864, tandis que les travaux viennent d'être engagés plusieurs mois auparavant[14]. La rédaction de la revue célèbre la transformation du lieu opérée par l'équipe d'Alphand[b 25] :

« De ce roc pelé, où il n'y avait qu'une solitude désolante, sans un arbre, sans même un brin d'herbe, de ce mont chauve, les ingénieurs, les jardiniers, les hydrographes et les terrassiers sont en train de faire une oasis qui dépassera en beauté celle de la sultane Fatime, la fille chérie du prophète. »

— Revue de Paris[14]

Cet engouement s'accompagne de multiples propositions formulées tant par des riverains que par des critiques d'architecture. Dans le même article publié dans la Revue de Paris, il est proposé d'ajouter au parc une « rangée d'arcades », afin de protéger des intempéries les promeneurs[c 4]. Cette suggestion ne fut pas retenue, comme celle faite d'installer à l'entrée de la grotte des statues en pierre « d'animaux antédiluviens », jugée inconvenante par l'ingénieur Darcel[b 26]. Une autre proposition est faite de créer une cascade semblable aux chutes du Niagara, mais ne rencontre pas davantage de succès[b 22]. Seule l'intervention d'un particulier proposant de bâtir à ses frais un monument sur le belvédère semble retenir sérieusement l'attention des concepteurs, puisqu'ils lui demandent un projet dessiné. Celui-ci ne leur parviendra pas, mais cette proposition pourrait être à l'origine du temple de la Sibylle, absent du projet de 1863 mais rajouté aux plans de 1865[b 22].

Dans cette atmosphère plutôt favorable à la création du parc, quelques voix dissonantes s'élèvent toutefois. En 1865, l'écrivain Victor Fournel, opposant résolu au régime impérial, dans son ouvrage Paris nouveau et Paris futur, émet de sérieuses réserves envers la politique d'aménagement de nouveaux espaces verts[b 24]. Le journaliste s'interroge sur la pertinence des travaux dirigés par Alphand, et en particulier de ceux du parc des Buttes-Chaumont, qu'il juge inopportuns eu égard des difficultés techniques qu'impose la construction sur l'emprise des anciennes carrières[15]. Ainsi, il attribue l'origine du projet à « l'imagination titanique » du baron Haussmann, qui selon lui aurait été précisément séduit par la complexité de l'entreprise[c 5]. Fournel ironise sur le caractère « grandiose » du projet des aménageurs qu'il juge démesuré, en leur prêtant l'ambition de dépasser les jardins suspendus de Babylone :

« Il est évident que le souvenir de Babylone et des sept merveilles du monde, chantées sur tous les tons par les poëtes-badauds de l'antiquité, n'a pas été sans influence sur les embellissements de Paris. [...] Les jardins suspendus de Babylone dépassés par les jardins anglais des buttes Montmartre et Chaumont, « admirable matière à mettre en vers latins, » pour un prochain concours ! »

— Victor Fournel, Paris nouveau et Paris futur[15]

En particulier, l'écrivain dénonce le coût du parc, qu'il considère trop élevé :

« L'établissement d'un jardin anglais à triple étage sur la butte Montmartre offrant surtout des difficultés particulières, qui exigeront d'énormes dépenses, on peut parier avec quelque chance en sa faveur. Déjà des légions d'ouvriers sont installées aux buttes Chaumont et sur les carrières du Centre, comblées et nivelées, pour y installer à grands frais une promenade pittoresque et grandiose. »

— Victor Fournel, Paris nouveau et Paris futur[15]

Selon l'ingénieur Alphand, qui expose dans Les Promenades de Paris le détail des dépenses, le coût de l'aménagement du parc s'élève à 3,4 millions de francs de l'époque[b 27]. Cette somme, quoique inférieure aux montants avancés par Fournel, a attiré l'attention d'auteurs ayant étudié l'œuvre d'Alphand. Ainsi, l'historien Antoine Picon montre que le montant alloué aux travaux des Buttes-Chaumont représente un quart de celui utilisé pour le bois de Boulogne, alors que la superficie du parc est 34 fois moindre[n 1] : cela traduit un investissement massif en faveur du parc[b 29].

Un jardin d'ingénieursModifier

Travaux de terrassementModifier

Article détaillé : Île du Belvédère.

« Partout où cela a été possible, on a profité des accidents de terrain et des profondes excavations des anciennes carrières à plâtre, pour donner au parc l'aspect d'un paysage de région montagneuse. »

— Adolphe Alphand, Les Promenades de Paris[b 21]

Aux Buttes-Chaumont, le paysage désolé et accidenté laissé par les anciennes carrières de gypse n'est pas seulement un obstacle au travail de conception de l'équipe d'Alphand : la topographie du lieu marquée par de fortes dénivellations constitue également un défi qui stimule l'inventivité des aménageurs, selon l'historienne des jardins Isabelle Levêque[b 19]. Le dessein d'Alphand est d'imiter un paysage de montagne et dans la présentation du projet, deux zones sont distinguées et reçoivent des traitements différents.

Le secteur à l'ouest du parc, que Darcel qualifie de « mamelons de glaise », doit imiter un paysage préalpin de montagnes douces, à l'allure pittoresque et paisible. À cet effet, le relief original est remodelé : trois buttes sont conservées et les autres monticules sont arasés. Afin de conserver la vue du « panorama complet de Paris »[b 21], l'équipe d'Alphand décide de surélever les buttes : la butte Puebla, d'une altitude nouvelle de 105 mètres, devient le point culminant du parc, tandis que la butte Fessart voisine est aménagée en un belvédère tourné vers Montmartre[b 19].

Pour le secteur situé au centre et à l'est du parc, dont le relief est plus tourmenté, Alphand et ses collaborateurs décident d'en faire un décor alpin, en tirant profit du front de taille des anciennes carrières à ciel ouvert. Le promontoire central est l'élément-clef du paysage, qu'Alphand présente comme un « énorme rocher »[c 6] que les travaux ont permis de détacher du reste des buttes afin de constituer l'Île du Belvédère[b 30]. Cette île ceinte par le lac est un monticule de gypse recouvert de marnes de très médiocre tenue. Aussi, les ingénieurs redessinent et adoucissent le front de taille afin de stabiliser les falaises[b 30]. Les déblais produits par le creusement du lac sont réutilisés pour accroître la hauteur du promontoire, laquelle est doublée[b 19] pour atteindre une trentaine de mètres[b 2]. Les parois ainsi stabilisées évoquent d'une part les Alpes, mais également les falaises crayeuses de Normandie plongeant abruptement dans la mer[b 31]. En particulier, le pic rocheux et l'arche, reliquats des carrières de plâtre, sont une référence claire à l'aiguille et à l'arche de la station balnéaire d'Étretat alors en vogue[b 2],[b 32]. Selon l'historien Antoine Picon, cette allusion au littoral normand pourrait être due aux origines familiales de l'ingénieur Darcel, qui possédait un château à Hénouville[b 31],[b 19].

Un escalier de 173 marches pratiqué à l'intérieur du rocher permet de descendre jusqu'au lac. Il est actuellement fermé au public. Sur la rive sud du lac se trouve une grotte (une ancienne entrée d'une carrière souterraine). Elle mesure 14 m de large pour 20 m de haut et est décorée de fausses stalactites en ciment armé dont les plus grandes atteignent 8 m.

Les travaux de création du relief occasionnent le recours à d'importants moyens humains et techniques, que certains historiens vont jusqu'à qualifier de « titanesques »[c 7]. Ainsi, plus d'un millier d'ouvriers œuvrent aux opérations de terrassement, qui s'étalent sur deux années[b 33]. En plus de cent chevaux, deux machines à vapeur sont employées pour faciliter le transport des matériaux des déblais et des remblais[b 34]. À cet effet, une voie ferrée mobile d'une longueur cumulée de 5 kilomètres est posée[b 35]. Les wagonnets amènent notamment 200 000 m3 de terre végétale prélevée sur le chantier des abattoirs de La Villette, afin de recouvrir le sol marneux pauvre et aride[b 2]. L'historienne Isabelle Levêque montre que le volume de terrains et de roches déplacés lors du chantier atteint le million de mètres cubes[b 35],[n 2].

La problématique circulatoireModifier

La partie basse, au centre du parc, est occupée par un lac de 1,5 ha de forme grossièrement circulaire et d'environ 150 m de diamètre, au centre duquel s'élève une île escarpée de 30 m de haut.

Ce lac est alimenté par trois ruisseaux qui descendent les pentes du parc, le premier à l'ouest, le deuxième à l'est et le dernier au sud. Ce dernier ruisseau, alimenté par le bassin de la Villette, pénètre dans la grotte du parc sous la forme d'une cascade artificielle de 32 m de hauteur.

Ouvrages d'artModifier

Article détaillé : ligne de Petite Ceinture.

La partie orientale du parc est traversée par la ligne de Petite Ceinture. La partie sud est en tunnel, mais la partie nord est en tranchée.

Le parc compte quatre ponts[b 1]. Une passerelle suspendue, due à Gustave Eiffel (1867), dont la travée centrale atteint 65 m, enjambe le lac et permet de relier la rive à l'île du Belvédère. L'île est également reliée aux reste des buttes par un pont en maçonnerie de pierre de 12 m de portée et de 22 m de hauteur , composé d'une seule arche en plein-cintre. Dès les années 1900, il est fait mention du fort nombre de suicides commis depuis cet ouvrage, ce qui lui vaut le surnom de pont des Suicidés[b 25]. Un pont en béton franchit la ligne de Petite Ceinture, près de la rue de Crimée, et auparavant, une passerelle métallique, aujourd'hui démontée. Enfin, un pont situé au niveau de la porte Sécretan relie les buttes Puebla et Fessart. Surnommé pont Eiffel, du nom de son concepteur, il s'agit d'un ouvrage à treillis métallique et voûtains de briques, dont les culées sont en maçonnerie de moellons de pierres meulières.

Aménagements architecturauxModifier

Divers éléments d'architecture et bâtiments conçus par l'architecte Gabriel Davioud viennent s'insérer dans le paysage vallonné du parc. L'élément architectural central est le temple de la Sibylle, trônant au sommet du monticule de gypse de l'Île du Belvédère, que Davioud construisit également au bois de Vincennes, sur l'Île de Reuilly. Assis sur un massif rocheux artificiel en pierres à trou du Jura[b 37] et abritant un podium, le temple est une rotonde dont les huit colonnes appartenant à l'ordre corinthien supportent une coupole en pierre couronnée d'un fleuron néogothique en pomme de pin. Plusieurs frises à motifs de feuille d'acanthe et têtes de lion ornent en outre la structure[16]. Davioud en fit ainsi la seule construction du parc de style néoclassique[b 38], usant des codes usuels de l'architecture de l'Antiquité, tant grecque que romaine : plusieurs auteurs ont à cet égard souligné la ressemblance du temple de la Sibylle avec, d'une part, le temple de Vesta à Tivoli, et d'autre part, le monument de Lysicrate, à Athènes[b 37],[b 25].

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Chacune des six principales entrées du parc se trouva flanquée d'un pavillon de garde que Davioud dessina, en adoptant un genre rationaliste tranchant avec ses réalisations au bois de Boulogne, lesquelles appartenaient au style « parc de château ». Les pavillons se rattachent à l'architecture industrielle, caractérisée par l'usage de motifs en briques et d'un matériau nouveau alors, la céramique colorée[b 23]. En outre, l'architecte conçut trois « chalets-restaurants » en des points du parc offrant différentes perspectives aux promeneurs : le Pavillon du Chemin de Fer, situé sur la butte percée par le tunnel de la ligne de petite ceinture, actuellement exploité sous le nom de Rosa Bonheur par une société cinématographique[17],[18]; le Pavillon Puebla, sur le flanc de la butte Puebla ; enfin, le Pavillon du Lac, placé en haut d'une butte plongeant sur le lac du Belvédère. Le style retenu par Davioud tend à être en harmonie avec les paysages alpins que l'équipe d'Alphand avait pour ambition de recréer, empruntant principalement à l'imaginaire architectural des chalets suisses[b 38]. Les colonnades et arcades en briques polychromes soutenant une loggia témoignent pour leur part d'une influence des villas du nord de l'Italie, qui, si elle est plus diffuse, demeure perceptible, notamment s'agissant du Pavillon du Lac[b 17].

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Deux théâtres de Guignol sont également présents : le théâtre guignol Anatole et le Guignol de Paris.

Le parc ne comporte que quelques statues :

En 1900, dans le parc étaient exposées les statues suivantes[19] :

BiodiversitéModifier

FloreModifier

 
Le parc et ses arbres en 1871.

Ce parc contient des plantations très variées, c'est le parc public parisien le plus riche en essences forestières[20], dont notamment un sophora, dont les branches se penchent vers les eaux du lac, un platane d'Orient, planté en 1862 (6,35 m de circonférence), un févier d'Amérique, un noisetier de Byzance, deux ginkgos bilobas, un orme de Sibérie, un cèdre du Liban planté en 1880…

FauneModifier

Le parc est peuplé de nombreuses espèces d'oiseaux : corneille, moineau domestique, Pigeon ramier et pigeon des villes sont les plus connus. Parmi les autres espèces courantes : étourneau sansonnet, pie bavarde, merle noir, mésange charbonnière, mésange bleue, verdier d'Europe, pinson des arbres, rouge-gorge familier, sittelle torchepot, troglodyte mignon et accenteur mouchet. Au printemps les rejoignent fauvette à tête noire, martinet noir, gobemouche. Il n'est pas rare de voir ou d'entendre la mésange à longue queue, le grimpereau des jardins, le pic vert et épeichette), les roitelets, le pigeon colombin, la grive musicienne, le geai des chênes, l'hirondelle de fenêtre, le pouillot véloce, le faucon crécerelle, l'épervier d'Europe et la chouette hulotte.

Le lac abrite plusieurs espèces aquatiques : gallinule poule d'eau, canard colvert et de Rouen, canard de Barbarie, canard pilet, héron cendré, goéland argenté et mouettes rieuses (en hiver surtout), ainsi que des espèces exotiques : tadorne casarca, bernache du Canada, oie à tête barrée. On peut aussi y observer la bergeronnette des ruisseaux et, parfois, un martin-pêcheur d'Europe.

Du Second Empire au parc actuelModifier

Inauguration et accueil du parcModifier

Le parc est inauguré le 1er avril 1867, dans le cadre de l'Exposition universelle qui débute le même jour.

Aménagements postérieursModifier

En 1906, une statue en bronze du révolutionnaire Jean-Paul Marat est transférée du jardin du musée Carnavalet dans ce parc, et y restera jusqu'à la Seconde Guerre mondiale où elle est fondue[21]. Grâce à un plâtre d'origine retrouvé, une nouvelle statue a été refaite en 2012 et trône depuis devant l'entrée du musée de la Révolution française à Vizille.

En 1918, un stade est construit au sud-ouest du parc, le stade Bergeyre. Il est démoli en 1926[22] afin de laisser place à un lotissement d'habitations, l'actuelle butte Bergeyre.

EntretienModifier

Depuis quelques années, à l'instigation des élus écologistes (Verts) parisiens, la gestion du parc a été modifiée. C'est ainsi que certaines parties des pelouses ne sont plus tondues aussi régulièrement ni avec les mêmes matériels, mais fauchées afin de permettre à une flore plus diversifiée de s'installer. Les jardiniers ont acquis un petit tracteur de montagne qui leur permet de faire ces opérations sur les pentes fortes du parc.

Voir l'article « Espaces verts écologiques ».

Œuvres utilisant le décor du parcModifier

Cinéma et télévisionModifier

Littérature et bande dessinéeModifier

TélévisionModifier

  • La série Les Brigades du Tigre, épisode « Le complot » de la saison 5, scène de l'assassinat du banquier
  • Le sketch des Inconnus "Les Bijoux de Cherbourg", parodie des "Parapluies de Cherbourg".

Galerie photosModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. La surface est 18 fois moindre pour les Buttes-Chaumont si l'on ôte du calcul la forêt du bois de Boulogne[b 28].
  2. Le jardinier Édouard André, membre de l'équipe de conception du parc, mentionne pour sa part un volume de 800 000 m3 de terres déplacées[b 36].

RéférencesModifier

  • Citations complètes :
  1. « En 1852, nous l'avons vu, la capitale française était devenue invivable. Paris était asphyxié. Paris manquait de verdure, Paris manquait d'eau »[b 14].
  2. « Réseau des réseaux, [le système des plantations] mobilise l'attention des meilleurs ingénieurs d'Haussmann »[b 8].
  3. « Pour donner une idée de l'importance des ouvrages exécutés, il suffit de rappeler que l'année 1864 suffit à peine à dégrossir les terrassements »[b 21].
  4. « Mais ne serait-il pas bon d'y joindre une annexe, utile, en temps de pluie, pour les enfants, pour les femmes et pour les promeneurs, c'est-à-dire au moins une rangée d'arcades, sinon comme à la place des Vosges, du moins comme à la rue de Rivoli ? »[14]
  5. « Un tel projet devait sourire à l'imagination titanique de M. le préfet de la Seine »[15].
  6. « Le promontoire, détaché de la masse, présente l'aspect d'un énorme rocher »[b 21].
  7. « Des travaux titanesques sont engagés pour créer ce paysage de rêve dans un lieu dévasté »[b 2].
  • Ouvrages de la bibliographie :
  1. a et b de Moncan et Heurteux 2002, p. 131.
  2. a b c d et e Biot et Billot 2018, p. 66.
  3. a et b de Moncan et Heurteux 2002, p. 130.
  4. Alphand 1867, p. 198.
  5. Comentale 2019, paragr. 20.
  6. a et b Comentale 2019, paragr. 21.
  7. a b et c Comentale 2019, figure 3.
  8. a b c et d Picon 2010, p. 36.
  9. Levêque 2018, p. 157.
  10. Alphand 1867, pp. 201-202.
  11. Comentale 2019, paragr. 24.
  12. Comentale 2019, paragr. 32.
  13. Levêque 2017, pp. 28-29.
  14. a b et c de Moncan et Heurteux 2002, p. 116.
  15. Picon 2010, p. 38.
  16. a et b Levêque 2017, p. 30.
  17. a et b Levêque 2018, p. 160.
  18. Biot et Billot 2018, p. 71.
  19. a b c d et e Levêque 2018, p. 161.
  20. Hamon 2001, p. 5.
  21. a b c d et e Alphand 1867, p. 203.
  22. a b c et d Hamon 2001, p. 6.
  23. a et b Hamon 2001, p. 7.
  24. a et b Hamon 2001, p. 8.
  25. a b et c Bournon 1900, p. 196.
  26. Picon 2010, p. 44.
  27. Alphand 1867, p. 204.
  28. Picon 2010, note 5, p. 37.
  29. Picon 2010, pp. 36-37.
  30. a et b Picon 2010, p. 39.
  31. a et b Picon 2010, p. 43.
  32. Comentale 2019, paragr. 34.
  33. de Moncan et Heurteux 2002, pp. 131-132.
  34. Biot et Billot 2018, p. 67.
  35. a et b Levêque 2017, p. 32.
  36. André 1867, p. 1213.
  37. a et b Boué 1867, p. 13.
  38. a et b Biot et Billot 2018, p. 68.
  • Autres sources :
  1. a et b Georges Eugène Haussmann, Mémoires du baron Haussmann : Grands travaux de Paris, t. III, Paris, Victor-Havard, , 589 p. (lire en ligne), p. 234.
  2. Abbé de Fontenai, Le voyageur françois, ou La connoissance de l'ancien et du nouveau monde., t. XLII, Paris, Moutard, , 367 p. (lire en ligne), pp. 297-298.
  3. « Quartiers administratifs », sur opendata.paris.fr (consulté le 5 décembre 2018)
  4. a et b Justine Briais, Le Cénozoïque du bassin de Paris : un enregistrement sédimentaire haute résolution des déformations lithosphériques en régime de faible subsidence, Rennes, Université de Rennes-I, , 450 p. (lire en ligne), pp. 305-308.
  5. Bureau de recherches géologiques et minières, Carte géologique de Paris : notice explicative, Paris, 9 p. (lire en ligne), pp. 3-4.
  6. Louis Fleury, Cours d'hygiène fait à la Faculté de médecine de Paris, t. 2, Paris, Labé, , 694 p. (lire en ligne), p. 223.
  7. Émile de La Bédollière, Le Nouveau Paris : Histoire de ses 20 arrondissements, Paris, Gustave Barba, vers 1860, 502 p. (lire en ligne), pp. 298-299.
  8. Voir les archives numérisées de la ville de Paris de l'ancienne commune de Belleville avant son annexion en 1860, qui indique le nom « Butte Saint-Chaumont ».
  9. « Parc des Buttes-Chaumont », sur paris.fr (consulté le 16 octobre 2019)
  10. Vincent Sainte-Marie-Gauthier, « La naissance du parc public », dans Michel Audouy, Jean-Pierre Le Dantec, Yann Nussaume et Chiara Santini (dir.), Le Grand Pari(s) d'Alphand, Paris, Éditions de la Villette, (ISBN 978-2-37556-005-1), p. 40.
  11. Chiara Santini, « « De la science et de l'Art du paysage urbain » dans Les Promenades de Paris (1867-1873), traité de l’art des jardins publics », dans Carine Bermède (dir.), Jean-Charles-Adolphe Alphand et le rayonnement des parcs publics de l'école française du XIXe siècle, Paris, Direction générale des patrimoines, (présentation en ligne), p. 9.
  12. Vincent Sainte-Marie-Gauthier, « Le système de promenades : une particularité parisienne », dans Michel Audouy, Jean-Pierre Le Dantec, Yann Nussaume et Chiara Santini (dir.), Le Grand Pari(s) d'Alphand, Paris, Éditions de la Villette, (ISBN 978-2-37556-005-1), p. 42.
  13. César Daly, « Promenades et plantations. Parcs. Jardins publics. Squares et boulevards de Paris », Revue générale de l'architecture et des travaux publics, vol. XXI, no 5,‎ , p. 249 (lire en ligne, consulté le 24 novembre 2019).
  14. a b et c « Tablettes contemporaines », Revue de Paris,‎ , pp. 190-191 (ISSN 2494-2812, lire en ligne, consulté le 23 novembre 2019).
  15. a b c et d Victor Fournel, Paris nouveau et Paris futur, Paris, Jacques Lecoffre, , 390 p. (lire en ligne), pp. 81-84.
  16. L'Art des jardins sous le Second Empire. Jean-Pierre Barillet-Deschamps, 1824-1873, Luisa Limido, Éditions Champ Vallon, 2002, p. 130, (ISBN 978-2876733497). « Au point culminant de l'île s'élève un petit temple rond, formé de huit colonnes corinthiennes et d'un entablement supportant une coupole ornée de sculptures. Ce monument est la reproduction exacte du temple de Vesta, dit de la Sibylle, dont on peut voir les ruines à Tivoli. Le second Empire aime associer histoire et modernité : le temple romain apporte sa noblesse au jardin et la faculté de le reproduire aisément et à l'échelle désirée est une manifestation de plus du progrès. »
  17. Why Not Productions, les meneurs de jeu du cinéma français dans Télérama, no 3207, 2 juillet 2011.
  18. « Le Rosa Bonheur débordé par son succès », sur leparisien.fr, .
  19. Paris Exposition, 1900 : guide pratique du visiteur de Paris et de l'exposition, Paris, Hachette, (lire en ligne), p. 61.
  20. « Paris : le parc des Buttes-Chaumont, 150 ans et toujours vert », sur www.leparisien.fr, (consulté le 11 octobre 2017).
  21. « Monument à Jean-Paul Marat – Paris (75019) (fondu) », e-monumen.net.
  22. Fédération française d'athlétisme, « L'Athlétisme : bulletin officiel de la Fédération française d'athlétisme (1921-1932) », Bibliothèque nationale de France (consulté le 25 décembre 2014)
  23. Marine Landrot, « Après vous... », sur telerama.fr (consulté le 19 août 2017).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Sources historiquesModifier

  • Adolphe Alphand, Les Promenades de Paris, Paris, J. Rothschild Éditeur, 1867-1873, 560 p. (lire en ligne), pp. 198-204.  .
  • Édouard André, « Les jardins de Paris », dans Paris-Guide, par les principaux écrivains et artistes de la France, vol. II : La vie, Paris, Lacroix, Verboeckhoven et Cie, (lire en ligne), pp. 1204-1216.  .
  • Édouard André, L'Art des Jardins : Traité général de la composition des parcs et jardins, Paris, Masson, , VIII-848 p. (lire en ligne).  .
  • Germaine Boué, Les squares et jardins de Paris : Les Buttes-Chaumont, notice historique et descriptive, Paris, Hennuyer, , 16 p. (lire en ligne).  .
  • Fernand Bournon, Paris-Atlas, Paris, Éditions Larousse, , XVI-239 p., pp. 195-196.  .
  • Pierre d'Espezel, « Sur les Buttes-Chaumont », Revue de Paris, vol. 46, no 14,‎ , pp. 475-478 (lire en ligne, consulté le 23 novembre 2019).

Sources récentes centréesModifier

  • Delphine Biot et Emmanuelle Billot, « Les Buttes-Chaumont et les parcs haussmanniens de la capitale », dans Sylvie Depondt, Bénédicte Leclerc et Éric Burdie (dir.), Les jardins parisiens d'Alphand, Vanves, Éditions du Chêne, , 224 p. (ISBN 978-2-81231-764-4), pp. 66-79.  .
  • Bruno Comentale, « Les anciennes carrières de pierre en ville, un élément du géopatrimoine : exemples de Paris et de Nantes », Physio-Géo, vol. 13,‎ , pp. 1-24 (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2019).  .
  • Françoise Hamon, Historique du Parc des Buttes-Chaumont, Atelier Grünig-Tribel, , 22 p. (lire en ligne).  .
  • Isabelle Levêque, « Les Buttes-Chaumont : un parc d'ingénieurs inspirés », dans Carine Bermède (dir.), Jean-Charles-Adolphe Alphand et le rayonnement des parcs publics de l'école française du XIXe siècle, Paris, Direction générale des patrimoines, (présentation en ligne), pp. 27-35.  .
  • Isabelle Levêque, « Les Buttes-Chaumont : un parc haussmannien à l'épreuve du temps », dans Michel Audouy, Jean-Pierre Le Dantec, Yann Nussaume et Chiara Santini (dir.), Le Grand Pari(s) d'Alphand, Paris, Éditions de la Villette, (ISBN 978-2-37556-005-1), pp. 157-174.  .
  • Antoine Picon, « Nature et ingénierie : le parc des Buttes-Chaumont », Romantisme, no 150,‎ , pp. 35-49 (lire en ligne, consulté le 24 septembre 2019).  .

Sources récentes généralistesModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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