Ministère de l'Intérieur (Tunisie)

ministère tunisien

Le ministère de l'Intérieur (arabe : وزارة الداخلية), appelé ministère de l'Intérieur et du Développement local de 2001 à 2011, est le ministère tunisien chargé de la sécurité intérieure, des citoyens, des villes et des régions.

Ministère de l'Intérieur
وزارة الداخلية
MinistereInterieurTunisie Oct2014.JPG
Siège du ministère.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Siège social
Avenue Habib-Bourguiba
1000 Tunis
Pays
Coordonnées
Langue
Organisation
Ministre
Budget
3,093 milliards (TND) pour 2019[1]
Site web
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HistoireModifier

C'est le (5 chaabane 1276) que le premier article de loi portant création du « grand ministère » permet d'intégrer les prémices du ministère de l'Intérieur ; l'article 5 porte sur ses attributions. Sous le protectorat français, le décret beylical du remplace le secrétariat général du gouvernement par la direction générale de l'intérieur.

Le ministère de l'Intérieur est créé par le décret du qui fixe son rôle et ses attributions, à la suite du décret beylical du 21 septembre de la même année portant organisation temporaire du pouvoir public et attributions des ministres, dont le ministre de l'Intérieur Mongi Slim.

Ce rôle et ces attributions sont revues par les décrets du et du , date à laquelle le ministère de l'Intérieur devient le ministère de l'Intérieur et du Développement local. À la suite de la révolution de 2011, la nomination du gouvernement provisoire par le décret du rend au ministère son appellation d'origine.

SiègeModifier

 
Entrée du ministère de l'Intérieur.

Le ministère a d'abord siégé à la kasbah, près de l'actuelle Présidence du gouvernement. Son siège central se trouve de nos jours sur l'avenue Habib-Bourguiba, au centre de Tunis.

C'est devant ce bâtiment que, le , de grandes manifestations amènent à la fin de la présidence de Zine el-Abidine Ben Ali, qui est contraint de quitter le pays[2]. Plus tard, de violentes manifestations ont lieu pour le départ de Mohamed Ghannouchi et de son gouvernement provisoire.

Missions et attributionsModifier

Conformément au décret n°75-342 du fixant les attributions du ministère de l'Intérieur, tel que modifié et complété par les textes subséquents, les attributions du ministère sont fixées comme suit :

  • A mission de veiller dans le cadre de ses attributions à l'exécution des directives du gouvernement dans tous les domaines et notamment en matière politique, économique et sociale ;
  • Tient le gouvernement informé de l'évolution de la situation générale dans le pays et peut, à cet effet, suggérer toutes mesures appropriées ;
  • Veille au respect de la loi et assure le maintien de l'ordre public sur tout le territoire de la République ;
  • Est responsable de la protection civile ;
  • Exerce son autorité sur l'administration régionale qu'il oriente, coordonne et contrôle ;
  • Assure le contrôle et la tutelle des collectivités publiques locales et des établissements publics qui leur sont rattachés.
  • Est responsable de l'organisation et du bon déroulement des élections ainsi que de la proclamation de leurs résultats; le ministère est remplacé en 2011 pour cette tâche par l'Instance supérieure indépendante pour les élections ;
  • Assure, en cas d'élections, leur déroulement et la proclamation des résultats ;
  • Est chargé notamment en tant que responsable du maintien de l'ordre public sur tout le territoire national :
    • de la sécurité permanente immédiate et personnelle du chef de l'État et de celle des personnalités officielles ;
    • de la sécurité des personnes et des biens en général ;
    • de contrôler la circulation des personnes sur tout le territoire de la République, notamment toutes les frontières terrestres et maritimes, et d'assurer la police de l'air ;
    • de diriger l'action de la police judiciaire (modifié par le décret n°2001-1454 du ) ;
  • Dirige et coordonne l'ensemble des mesures et opérations destinées à la protection civile ;
  • Exerce le pouvoir de police administrative :
    • Agrée les associations et autorise les réunions publiques ;
    • Autorise l'ouverture des établissements soumis à son agrément et en contrôle l'activité ;
    • Vise les titres d'importation d'armes et munitions et accorde les autorisations de détention et de port d'armes.

OrganisationModifier

  • Ministre de l'Intérieur - Hichem Mechichi
  • Chef de cabinet
    • Bureau de l'information et de la communication
    • Bureau des activités gouvernementales
    • Bureau de l'organisation et des méthodes de travail - Khaled Tarrouche
    • Bureau d'ordre - Abdelkarim Bou Hadida
    • Bureau des affaires sociales - Dr Ahmed Ghatass
    • Bureau des relations avec le citoyen
    • Cellule du protocole - Mohamed Mouhajer
    • Cellule de la logistique - Mahmoud El Mai
    • Cellule des travaux généraux
  • Direction centrale des opérations
  • Secrétariat général - Hassan Slim
    • Unité de la coordination, de la logistique et des marchés
    • Unité de la programmation, de la planification et de la tutelle
  • Inspection générale (décret n°84-1245)
  • Structures administratives spécialisées
    • Direction générale des affaires régionales
    • Direction générale des collectivités publiques locales (transférée au ministère des Affaires locales)
    • Direction générale des affaires politiques
    • Direction générale des études juridiques et du contentieux
    • Direction générale des relations extérieures et de la coopération internationale
  • Structures administratives communes
    • Direction générale des affaires administratives et financières
    • Direction générale de l'informatique
    • Direction des services de santé
    • Direction de la documentation et des archives
  • Structures des forces de sûreté intérieure (décret n°84-1244)
    • Direction centrale des opérations et des transmissions (décret n°2011-1261)
    • Direction générale de la sûreté nationale
      • Direction générale de la sécurité publique
        • Direction centrale de la police de la circulation
        • Direction de la police régionale
        • Direction de la police criminelle
        • Direction du rectorat de Tunis
        • Direction centrale des rectorats régionaux
        • Direction de la sûreté touristique
        • Direction de la police technique
      • Direction générale des services spéciaux
        • Direction de la sûreté de l'État
        • Direction centrale de la prévention anti-terrorisme
        • Direction de la police des frontières
        • Direction centrale des renseignements généraux
      • Direction générale des services techniques
      • Direction générale des unités d'intervention
      • Direction générale de la formation - Colonel Samir Tarhouni
        • Direction de l'école supérieure des forces de sûreté intérieure
    • Direction générale de la garde nationale
      • Direction des unités spéciales
      • Direction générale de la sûreté publique - Abdessatar Selmi
      • Direction générale de l'ordre public
      • Direction générale des services spéciaux

Les modifications de l'organisation du ministère sont portées par les décrets n°96-1188 (), n°2001-1455 (), n°2004-2332 () et n°2011-1261 ().

Établissements sous tutelleModifier

Forces de sécurité intérieuresModifier

  • Structures de la sûreté nationale (ministère de l'Intérieur)
  • Structures de la garde nationale (ministère de l'Intérieur)
  • Office national de la protection civile (établissement sous tutelle du ministère de l'Intérieur)
  • Structures des services pénitentiaires et de la rééducation (ministère de la Justice)
  • Structures de la douane (ministère des Finances)
  • Structures de la sûreté du chef de l’État et des personnalités officielles (présidence de la République)

MinistreModifier

Ministre de l'Intérieur
 
Titulaire actuel
Hichem Mechichi
depuis le
(5 mois et 6 jours)

Création 21 septembre 1955 (succédant au ministre de la Plume)
Mandant Chef du gouvernement
Durée du mandat Variable
Premier titulaire Mongi Slim
Résidence officielle Ministère de l'Intérieur
Rémunération 4 500 TND[3]
Site internet www.interieur.gov.tn 

Le ministre de l'Intérieur est nommé par le chef du gouvernement depuis 2011, selon la loi sur l'organisation provisoire des pouvoirs publics, puis l'article 89 de la Constitution de 2014[4]. Selon la Constitution de 1959, il était nommé par le président de la République sur proposition du Premier ministre.

Il dirige le ministère et participe au Conseil des ministres.

HistoriqueModifier

Les fonctions de ministre de l'Intérieur sont assurées par le ministre de la Plume à partir du . Mongi Slim devient le premier ministre de l'Intérieur en 1955, peu avant l'indépendance de la Tunisie.

Le , Habib Bourguiba, président de l'assemblée constituante, est nommé Premier ministre et annonce la composition de son premier gouvernement le 15 avril, date à laquelle Taïeb Mehiri devient le premier ministre de l'Intérieur. Celui-ci décède alors qu'il est en fonction en 1965 et se voit remplacé par Béji Caïd Essebsi, qui reste en fonction jusqu'en 1969, remplacé par Hédi Khefacha puis Ahmed Mestiri. Ce dernier est déchargé de ses fonctions de ministre par décret présidentiel à la suite de son opposition à la nomination arbitraire d'un nouveau directeur de la sûreté nationale et de deux gouverneurs. Il est alors remplacé par Hédi Nouira qui occupe en même temps le poste de Premier ministre, du 21 juin au . Khefacha reprend alors sa fonction de ministre de l'Intérieur.

Tahar Belkhodja lui succède le avant de se faire limoger et remplacer par Abdallah Farhat qui assure l'intérim tout en étant ministre de la Défense. Après la nomination de Dhaoui Hannablia, Othman Kechrid et Driss Guiga, Mohamed Mzali assure le poste de Premier ministre et de ministre de l'Intérieur, en raison de la destitution de Guiga qui a appelé à la démission du gouvernement à la suite des émeutes du pain, avant de laisser sa place à Zine el-Abidine Ben Ali, qui lui aussi exerce la fonction de ministre de l'Intérieur et de Premier ministre avant le coup d'État du 7 novembre 1987 où il destitue le président de la République et prend le pouvoir. Ben Ali nomme Hédi Baccouche comme Premier ministre et le charge de la formation d'un gouvernement où figure le nom de Habib Ammar en tant que ministre de l'Intérieur. Ce dernier est remplacé par Chédli Neffati puis Abdelhamid Escheikh. En 1991 et 1995, Abdallah Kallel occupe le poste de ministre et doit principalement lutter contre l'islamisme.

Remplacé par Mohamed Ben Rejeb puis Ali Chaouch, il fait son retour en tant que ministre dans le premier gouvernement de Mohamed Ghannouchi. À la suite du dépôt d'une plainte pour torture le visant, le président Ben Ali décide de l'écarter provisoirement de la vie politique. Abdallah Kaâbi puis Hédi M'henni le remplacent. Le , un marchand ambulant, Mohamed Bouazizi s'immole à Sidi Bouzid, faisant alors éclater une révolution alors que Rafik Belhaj Kacem est ministre. Ce dernier est limogé par Ghannouchi le . Ahmed Friaâ le remplace dans une ultime tentative de sortie de crise, sachant que la répression des manifestations a causé la mort d'au moins 66 personnes en date du 13 janvier, et garde sa fonction de ministre après la chute de Ben Ali et du régime, dans le second gouvernement Ghannouchi. La population proteste et exige la formation d'un gouvernement excluant les personnalités du Rassemblement constitutionnel démocratique dont Friaâ est encore membre. Il finit par démissionner le 27 janvier.

Farhat Rajhi puis Habib Essid lui succèdent avant la venue d'Ali Larayedh dans le gouvernement d'Hamadi Jebali, où il doit faire face à une situation sécuritaire qui s'aggrave durant son mandat (évènements du , attaque de l'ambassade des États-Unis, manifestations de Siliana) ainsi que le meurtre de deux opposants politiques, Lotfi Nagdh et Chokri Belaïd, auquel le chef du gouvernement réagit en démissionnant.

ListeModifier

Image Nom Parti Gouvernement Début du mandat Fin du mandat
  Mongi Slim Néo-Destour Gouvernement Tahar Ben Ammar
  Taïeb Mehiri Néo-Destour
PSD
Gouvernement Habib Bourguiba (1)
  Béji Caïd Essebsi PSD Gouvernement Habib Bourguiba (2)
  Hédi Khefacha PSD Gouvernement Habib Bourguiba (2)
Gouvernement Bahi Ladgham
  Ahmed Mestiri PSD Gouvernement Bahi Ladgham
Gouvernement Hédi Nouira
  Hédi Nouira PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Hédi Khefacha PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Tahar Belkhodja PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Abdallah Farhat
(intérim)
PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Dhaoui Hannablia PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Othman Kechrid PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Driss Guiga PSD Gouvernement Hédi Nouira
Gouvernement Mohamed Mzali
  Mohamed Mzali PSD Gouvernement Hédi Nouira
  Zine el-Abidine Ben Ali PSD Gouvernement Mohamed Mzali
Gouvernement Rachid Sfar
Gouvernement Zine el-Abidine Ben Ali
  Habib Ammar (avec rang de ministre d’État) PSD
RCD
Gouvernement Hédi Baccouche (1)
Gouvernement Hédi Baccouche (2)
novembre 1988
  Chédli Neffati RCD Gouvernement Hédi Baccouche (2)
Gouvernement Hédi Baccouche (3)
Gouvernement Hamed Karoui
novembre 1988
  Abdelhamid Escheikh RCD Gouvernement Hamed Karoui
  Abdallah Kallel (avec rang de ministre d’État) RCD Gouvernement Hamed Karoui
  Mohamed Jegham RCD Gouvernement Hamed Karoui
  Mohamed Ben Rejeb RCD Gouvernement Hamed Karoui
  Ali Chaouch RCD Gouvernement Hamed Karoui
  Abdallah Kallel RCD Gouvernement Mohamed Ghannouchi (1)
  Abdallah Kaâbi RCD Gouvernement Mohamed Ghannouchi (1)
  Hédi M'henni RCD Gouvernement Mohamed Ghannouchi (1)
  Rafik Belhaj Kacem RCD Gouvernement Mohamed Ghannouchi (1)
  Ahmed Friaâ RCD
Indépendant
Gouvernement Mohamed Ghannouchi (1)
Gouvernement Mohamed Ghannouchi (2)
  Farhat Rajhi Indépendant Gouvernement Mohamed Ghannouchi (2)
Gouvernement Béji Caïd Essebsi
  Habib Essid Indépendant Gouvernement Béji Caïd Essebsi
  Ali Larayedh Ennahdha Gouvernement Hamadi Jebali
  Lotfi Ben Jeddou Indépendant Gouvernement Ali Larayedh
Gouvernement Mehdi Jomaa
  Mohamed Najem Gharsalli Indépendant Gouvernement Habib Essid
  Hédi Majdoub Indépendant Gouvernement Habib Essid
Gouvernement Youssef Chahed
  Lotfi Brahem Indépendant Gouvernement Youssef Chahed
  Ghazi Jeribi (intérim) Indépendant Gouvernement Youssef Chahed
  Hichem Fourati Indépendant Gouvernement Youssef Chahed
  Hichem Mechichi Indépendant Gouvernement Elyes Fakhfakh en cours

Porte-paroleModifier

Le porte-parole est chargé d'informer sur les activités du ministère. La liste des porte-paroles (chefs du bureau de l'information et de la communication) s'articule comme suit :

RéférencesModifier

Liens externesModifier