Gouvernement Habib Essid

Gouvernement de Habib Essid

République tunisienne

Description de cette image, également commentée ci-après
Membres du gouvernement à l'Assemblée des représentants du peuple.
Président de la République Béji Caïd Essebsi
Chef du gouvernement Habib Essid
Élection 26 octobre 2014
Législature Ire législature
Formation
Fin
Durée 1 an, 6 mois et 21 jours
Composition initiale
Coalition Nidaa Tounes
Ennahdha
UPL
Afek Tounes
Ministres 27
Secrétaires d'État 14
Femmes 8
Hommes 33
Représentation
Assemblée des représentants du peuple
167 / 217
Drapeau de la Tunisie

Le gouvernement Habib Essid est le gouvernement de la Tunisie du au . Succédant à celui de Mehdi Jomaa à l'issue des élections législatives et présidentielle de l'automne 2014, il est renversé le lors d'un vote de confiance à l'Assemblée des représentants du peuple (ARP) et remplacé par le gouvernement de Youssef Chahed.

FormationModifier

La première liste proposée[1] est composée de membres de Nidaa Tounes, premier parti à l'ARP, de l'Union patriotique libre, ainsi que de personnalités indépendantes.

En date du , la tenue du vote de confiance à l'ARP est repoussée jusqu'à nouvel ordre, les partis d’opposition exclus de sa composition — Ennahdha, le Front populaire, Afek Tounes et le Congrès pour la République[2] — ayant fait savoir qu'ils lui refuseraient la confiance[3].

Une nouvelle liste est annoncée le [4] ; elle est composée de membres de Nidaa Tounes, de l'Union patriotique libre, mais aussi d'Ennahdha et d'Afek Tounes, en plus des personnalités indépendantes. Cette nouvelle liste obtient un vote de confiance le à une large majorité de 167 voix, trente voix contre et huit abstentions[5].

Composition initialeModifier

MinistresModifier

Image Portefeuille Nom Parti
  Chef du gouvernement Habib Essid Indépendant
  Ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aïssa Indépendant
  Ministre de la Défense nationale Farhat Horchani Indépendant
  Ministre de l'Intérieur Mohamed Najem Gharsalli Indépendant
  Ministre des Affaires étrangères Taïeb Baccouche Nidaa Tounes
  Ministre des Affaires religieuses Othman Battikh[A 1] Indépendant
  Ministre des Finances Slim Chaker[A 2] Nidaa Tounes
  Ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale Yassine Brahim[A 3] Afek Tounes
  Ministre des Domaines de l'État et des Affaires foncières Hatem El Euchi Union patriotique libre
  Ministre de l'Éducation Néji Jalloul[A 4] Nidaa Tounes
  Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Chiheb Bouden Indépendant
  Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle Zied Ladhari[A 5] Ennahdha
  Ministre des Affaires sociales Ahmed Ammar Younbaii Indépendant
  Ministre de la Santé Saïd Aïdi Nidaa Tounes
  Ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine Latifa Lakhdar Indépendante
  Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance Samira Merai[A 6] Afek Tounes
  Ministre de la Jeunesse et des Sports Maher Ben Dhia Union patriotique libre
  Ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche Saâd Seddik Indépendant
  Ministre de l’Environnement et du Développement durable Nejib Derouiche Union patriotique libre
  Ministre de l'Industrie, de l'Énergie et des Mines Zakaria Hamad Indépendant
  Ministre du Commerce Ridha Lahouel[A 7] Indépendant
  Ministre de l'Équipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire Mohamed Salah Arfaoui Indépendant
  Ministre du Transport Mahmoud Ben Romdhane Nidaa Tounes
  Ministre du Tourisme et de l'Artisanat Selma Elloumi[A 8] Nidaa Tounes
  Ministère des Technologies de la communication et de l'Économie numérique Noomane Fehri[A 9] Afek Tounes

Ministres déléguésModifier

Image Portefeuille Nom Parti
  Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec l’Assemblée des représentants du peuple Lazhar Akremi Nidaa Tounes
  Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile Kamel Jendoubi Indépendant
  Ministre auprès du chef du gouvernement chargé du secrétariat général du gouvernement[6] Ahmed Zarrouk[7] Nidaa Tounes

Secrétaires d'ÉtatModifier

Image Portefeuille Nom Parti
  Secrétaire d’État auprès du ministre de l'Intérieur chargé des Affaires sécuritaires Rafik Chelly[A 10] Indépendant
  Secrétaire d’État auprès du ministre de l'Intérieur chargé des Affaires locales Hédi Majdoub[A 11] Indépendant
  Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères M'hamed Ezzine Chelaifa Indépendant
  Secrétaire d’État chargé des Affaires arabes et africaines Touhami Abdouli Mouvement national tunisien
  Secrétaire d’État auprès du ministre des Finances Boutheina Ben Yaghlane Ennahdha
  Secrétaire d’État auprès du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale Lamia Zribi Indépendante
  Secrétaire d’État chargée de la Coopération internationale Amel Azzouz Ennahdha
  Secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires sociales chargé de l'Émigration et de l’Intégration sociale Belgacem Sabri Indépendant
  Secrétaire d’État chargée du Dossier des blessés et martyrs de la révolution Majdouline Cherni Indépendante
  Secrétaire d’État auprès du ministre de la Santé chargé de la Mise à niveau des établissements hospitaliers Nejmeddine Hamrouni[A 12] Ennahdha
  Secrétaire d’État auprès du ministre de la Jeunesse et des Sports chargé de la Jeunesse Chokri Terzi[A 13] Indépendant
  Secrétaire d’État auprès du ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche chargée de la Production agricole Amel Nafti Indépendante
  Secrétaire d’État auprès du ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche chargé de la Pêche Youssef Chahed Nidaa Tounes
  Secrétaire d’État auprès du ministre de l'Équipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire chargé de l'Habitat Anis Ghedira Nidaa Tounes

Habiba Louati, proposée comme secrétaire d’État chargée de la Fiscalité et des Prélèvements, et Neila Chaabane, proposée comme secrétaire d’État chargée des Biens confisqués et des Affaires foncières, ne sont pas remplacées dans la liste du .

RetraitsModifier

Remaniement du 6 janvier 2016Modifier

Le , Habib Essid annonce un remaniement ministériel qui voit par ailleurs la disparition de tous les postes de secrétaires d'État[11],[12],[A 14].

Le 11 janvier, l'Assemblée des représentants du peuple accorde sa confiance individuellement à chaque nouveau ministre[13] ; tous prêtent serment le lendemain[14].

MinistresModifier

Image Portefeuille Nom Parti
  Chef du gouvernement Habib Essid Indépendant
  Ministre de la Justice Omar Mansour Indépendant
  Ministre de la Défense nationale Farhat Horchani Indépendant
  Ministre de l'Intérieur Hédi Majdoub Indépendant
  Ministre des Affaires étrangères Khemaies Jhinaoui Indépendant
  Ministre des Affaires locales Youssef Chahed Nidaa Tounes
  Ministre des Affaires religieuses Mohamed Khalil Indépendant
  Ministre des Finances Slim Chaker Nidaa Tounes
  Ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale Yassine Brahim Afek Tounes
  Ministre des Domaines de l'État et des Affaires foncières Hatem El Euchi Union patriotique libre
  Ministre de l'Éducation Néji Jalloul Nidaa Tounes
  Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique Chiheb Bouden Indépendant
  Ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle Zied Ladhari Ennahdha
  Ministre des Affaires sociales Mahmoud Ben Romdhane Nidaa Tounes
Indépendant
  Ministre de la Santé Saïd Aïdi Nidaa Tounes
  Ministre de la Femme, de la Famille et de l'Enfance Samira Merai Afek Tounes
  Ministre de la Culture Sonia M'Barek Indépendante
  Ministre de la Jeunesse et des Sports Maher Ben Dhia Union patriotique libre
  Ministre de l'Énergie et des Mines Mongi Marzouk Indépendant
  Ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche Saâd Seddik Indépendant
  Ministre de l’Environnement et du Développement durable Nejib Derouiche Union patriotique libre
  Ministre de l'Industrie Zakaria Hamad Indépendant
  Ministre du Commerce Mohsen Hassan Union patriotique libre
  Ministre du Tourisme et de l'Artisanat Selma Elloumi Nidaa Tounes
  Ministre de l'Équipement, de l'Habitat et de l'Aménagement du territoire Mohamed Salah Arfaoui Indépendant
  Ministre du Transport Anis Ghedira Nidaa Tounes
  Ministère des Technologies de la communication et de l'Économie numérique Noomane Fehri Afek Tounes
  Ministre de la Fonction publique, de la Gouvernance et de la Lutte contre la corruption Kamel Ayadi Indépendant

Ministres déléguésModifier

Image Portefeuille Nom Parti
  Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec l’Assemblée des représentants du peuple Khaled Chouket[7] Nidaa Tounes
  Ministre auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec les institutions constitutionnelles et la société civile et des Droits de l'homme Kamel Jendoubi Indépendant
  Ministre auprès du chef du gouvernement chargé du secrétariat général du gouvernement Ahmed Zarrouk Nidaa Tounes

Féminisation du gouvernementModifier

Le gouvernement compte huit femmes sur 41 membres : Latifa Lakhdar, ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine, Samira Merai, ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Selma Elloumi, ministre du Tourisme et de l'Artisanat, Boutheina Ben Yaghlane, secrétaire d’État auprès du ministre des Finances, Lamia Zribi, secrétaire d’État auprès du ministre du Développement, de l’Investissement et de la Coopération internationale, Amel Azzouz, secrétaire d’État chargée de la Coopération internationale, Majdouline Cherni, secrétaire d’État chargée du Dossier des blessés et martyrs de la révolution, et Amel Nafti, secrétaire d’État auprès du ministre de l'Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche chargée de la Production agricole.

À l'issue du remaniement du , le gouvernement ne compte plus que trois femmes : Lakhdar est remplacée par Sonia M'Barek alors que Ben Yaghlane, Zribi, Azzouz, Cherni et Nafti quittent le gouvernement à la suite de la suppression des postes de secrétaires d'État.

ChuteModifier

Le , le président Béji Caïd Essebsi lance l’idée de la formation d'un gouvernement d’union nationale, un désaveu du bilan du gouvernement jugé trop peu dynamique, manquant de cohésion et isolé[15]. Associant neuf partis et trois confédérations syndicales et patronales, il conclut le 13 juillet un accord autour d’un nouveau programme gouvernemental[15].

Le 18 juillet, Essid annonce qu’il ne démissionnerait pas mais qu’il remettrait son mandat en jeu devant l’Assemblée des représentants du peuple[15]. Le 30 juillet, celle-ci lui retire sa confiance ; le gouvernement ne recevant que le soutien de trois députés est dès lors considéré comme démissionnaire et gère les affaires courantes[16] jusqu'à l'installation du gouvernement mené par le ministre sortant des Affaires locales, Youssef Chahed.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Il remplace Laroussi Mizouri, proposé dans la liste du 23 janvier 2015.
  2. Il remplace Lassaad Zarrouk, proposé dans la liste du 23 janvier 2015.
  3. Il remplace Nejib Derouiche, proposé dans la liste du 23 janvier 2015 et qui devient ministre de l’Environnement et de l’Aménagement du territoire selon la liste du 2 février 2015.
  4. Il remplace Mohamed Abdelmanef Abdrabba, proposé dans la liste du 23 janvier 2015.
  5. Il remplace Selma Elloumi, proposée dans la liste du 23 janvier 2015 et qui devient ministre du Tourisme selon la liste du 2 février 2015.
  6. Elle remplace Khadija Chérif, proposée dans la liste du 23 janvier 2015.
  7. Il remplace Slim Chaker, proposé dans la liste du 23 janvier 2015 et qui devient ministre de l'Économie et des Finances.
  8. Elle remplace Mohsen Hassan, proposé dans la liste du 23 janvier 2015 mais qui décline le poste le 30 janvier selon « Mohsen Hassan renonce au portefeuille du Tourisme », sur businessnews.com.tn, (consulté le 31 janvier 2015).
  9. Il remplace Karim Skik, proposé dans la liste du 23 janvier 2015 mais qui décline le poste le 26 janvier selon « Karim Skik refuse, officiellement, le poste de ministre des Télécommunications et de l’Économie », sur businessnews.com.tn, (consulté le 27 janvier 2015).
  10. Il remplace Saad Derbez, proposé dans la liste du 23 janvier 2015.
  11. Il remplace Ali Trabelsi, proposé dans la liste du 23 janvier 2015.
  12. Il remplace Hanen Arfa, proposée dans la liste du 23 janvier 2015.
  13. Il remplace Mohamed Jouili, proposé dans la liste du 23 janvier 2015.
  14. Les nouveaux ministres sont indiqués en gras et les ministres ayant changé d'attribution en italique.

RéférencesModifier

  1. « Composition officielle du nouveau gouvernement Essid », sur businessnews.com.tn, (consulté le 26 janvier 2015)
  2. « Partis politiques : le Congrès pour la République décide de ne pas voter pour le gouvernement Essid », sur tunivisions.net, (consulté le 27 janvier 2015)
  3. « Tunisie : report du vote de confiance au gouvernement de Habib Essid », sur jeuneafrique.com, (consulté le 26 janvier 2015)
  4. « Habib Essid annonce la composition du gouvernement », sur tap.info.tn, (consulté le 2 février 2015)
  5. « Vote de confiance au gouvernement de Habib Essid », sur majles.marsad.tn, (consulté le 6 février 2015)
  6. (ar) [PDF] Décret présidentiel no 35 du 6 février 2015 portant nomination du chef du gouvernement et de ses membres, Journal officiel de la République tunisienne, no 12, 10 février 2015, p. 468-469
  7. a et b Il assure également la charge de porte-parole du gouvernement.
  8. « Tunisie : Habib Essid accepte la démission de Lazhar Akremi », sur gnet.tn, (consulté le 20 octobre 2015)
  9. « Habib Essid limoge Mohamed Salah Ben Aïssa », sur businessnews.com.tn, (consulté le 20 octobre 2015)
  10. « Ministère de l’Intérieur : Rafik Chelli démis de ses fonctions », sur kapitalis.com, (consulté le 1er décembre 2015)
  11. « Tunisie : liste complète des ministres du nouveau gouvernement Essid », sur directinfo.webmanagercenter.com, (consulté le 6 janvier 2016)
  12. « Industrie : Habib Essid renouvelle sa confiance en Zakaria Hamad à la tête de l’Industrie », sur tunivisions.net, (consulté le 12 janvier 2016)
  13. « Gouvernement Essid 2 : détails du vote de confiance aux nouveaux ministres », sur businessnews.com.tn, (consulté le 11 janvier 2016)
  14. « Les nouveaux membres du gouvernement prêtent serment », sur kapitalis.com, (consulté le 12 janvier 2016)
  15. a b et c Frédéric Bobin, « Guerre des chefs en Tunisie », sur lemonde.fr, (consulté le 31 juillet 2016)
  16. « Tunisie : les députés retirent leur confiance au Premier ministre Habib Essid », sur rfi.fr, (consulté le 31 juillet 2016)