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Marie-Galante

île française
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Marie Galante (homonymie).

Marie-Galante
Image satellite de Marie-Galante.
Image satellite de Marie-Galante.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Archipel Petites Antilles
Localisation Mer des Caraïbes
Coordonnées 15° 56′ N, 61° 16′ O
Superficie 158,01 km2
Côtes 84 km
Point culminant Morne Constant (204 m)
Géologie Atoll surélevé
Administration
Région d'outre-mer Guadeloupe
Département Guadeloupe
Démographie
Population 10 867 hab. (2016)
Densité 68,77 hab./km2
Gentilé Marie-Galantais
Plus grande ville Grand-Bourg
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC-4
Site officiel Site de l'Office du Tourisme de Marie-Galante

Géolocalisation sur la carte : Petites Antilles

(Voir situation sur carte : Petites Antilles)
Marie-Galante
Marie-Galante

Géolocalisation sur la carte : Guadeloupe

(Voir situation sur carte : Guadeloupe)
Marie-Galante
Marie-Galante
Îles en France

Guadeloupe
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Département et région d'outre-mer
Chef-lieu Grand-Bourg
Arrondissements Pointe-à-Pitre
Cantons Canton de Marie-Galante
Communes 3
Conseil régional Conseil régional de la Guadeloupe
Président Ary Chalus (DVG)
2015-2021
Conseil départemental Conseil départemental de la Guadeloupe
Présidente Josette Borel-Lincertin (PS)
2015-2021
Préfet Eric Maire
Démographie
Gentilé Marie-galantais, Marie-galantaises
Coordonnées 15° 56′ nord, 61° 16′ ouest
Localisation
Localisation de Guadeloupe

Marie-Galante (Aichi et Touloukaera en langues caraïbes kalinago et arawak, anciennement aussi parfois appelée Marie-Galande, et en créole marie-galantais Marigalant ou Mari-galant), est une île de l'archipel des Petites Antilles située à 30 km au sud-est des côtes de la « Guadeloupe continentale », dont elle est une dépendance administrative. Sa superficie de 158 km2 en fait la troisième plus grande île des Antilles françaises, juste après la Guadeloupe (1 434 km2, réunissant la Basse-Terre de 848 km2 et la Grande-Terre de 586 km2) et la Martinique (1 128 km2). La communauté de communes de Marie-Galante, qui réunit les trois communes de l'île est la première communauté de communes de l'histoire de l'Outre-Mer.

L'île – surnommée « l'île aux cent moulins » ou « la grande galette » – connaît une activité agricole de pêche et de tourisme. Marie-Galante est adhérente à la charte Pays qui favorise l'action coordonnée des communes la composant et valorise la production locale. Tout comme dans le reste de l'archipel guadeloupéen (Grande-Terre, Basse-Terre, Les Saintes, La Désirade) la langue officielle est le français et leur langue régionale est le créole marie-galantais.

ToponymieModifier

Les Amérindiens nomment l'île Aïchi ou Aulinagan, signifiant « terre à coton », en langue caraïbe[1],[2]. Lors de son second voyage, le , Christophe Colomb la dénomme, dans son journal de bord, Maria Galanda, du nom de la caravelle amirale[3], qui porte également le nom de la Santa Maria.

GéographieModifier

 
Carte des principaux toponymes de Marie-Galante.

Certains appellent Marie-Galante la « Grande Galette » à cause de sa forme arrondie de 15 km de diamètre. L'île est un atoll surélevé[4] avec un substrat calcaire vallonné, arrosé par l'alizé mais aussi soumis aux cyclones et aux tremblements de terre.

La côte nord, face à la Grande-Terre, est caractérisée par une haute falaise dont le point culminant, le Morne Constant (204 m d'altitude), se trouve à l'est sur le territoire de la commune de Capesterre-de-Marie-Galante. Une faille appelée « la Barre » sépare le quart nord du reste de l'île. À l'ouest, face à la Basse-Terre, plages et mangroves s'étendent le long de la mer des Caraïbes. Les rivières de Saint-Louis et du Vieux-Fort s'y écoulent après avoir traversé le plateau insulaire depuis le cœur de Marie-Galante. À l'est et au sud, le plateau devient « mornes » pour basculer en pentes escarpées vers une plaine littorale. Celle-ci longe l'océan Atlantique dont elle est protégée par une barrière corallienne, les cayes.

Marie-Galante possède quelques bouts de terres émergés autour d'elle ou encore détachés d'elle-même, notamment l'îlet de Vieux Fort, un îlet inhabité, appartenant administrativement à Saint-Louis.

LocalisationModifier

Marie-Galante est située dans l'hémisphère nord, elle appartient à l'archipel des Caraïbes (ou Antilles), entre le tropique du Cancer et l'équateur. Elle est positionnée à 15°56' de latitude Nord, et à 61°16' de longitude Ouest.

L’île est à environ 6 200 km de la France hexagonale, à environ 2 200 km au sud-est de la Floride, à environ 600 km des côtes de l'Amérique du Sud, et plus précisément, avec la Guadeloupe, en plein cœur de l’arc des petites Antilles.

ClimatModifier

Marie-Galante bénéficie d’un climat tropical tempéré par les influences maritimes et les vents des alizés auxquels elle est soumise. On distingue deux saisons à Marie-Galante et dans les îles voisines :

Côté température, avec une moyenne de 27 °C, il n'y a que peu de différence entre les mois les plus chauds (de 25 °C à 32 °C et les mois les plus froids (de 23 °C à 29 °C). La température moyenne de l’eau de mer est de 28 °C

Risques naturelsModifier

Marie-Galante est soumise à de nombreux risques naturels tels que les séismes, les tsunamis, les éruptions volcaniques ou les cyclones tropicaux. Elle a fait l'objet d'un plan de prévention des risques spécifique5.

Séismes et tsunamisModifier

Le , Marie-Galante, la Guadeloupe et notamment l'archipel des Saintes, furent frappées par un violent séisme atteignant la magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter et causant la mort d'une personne ainsi que de nombreux dégâts matériels.

Le 29 novembre 2007, un séisme d'une magnitude de 6,8 à 7,3 sur l'échelle de Richter, dont l'épicentre était situé au sud-est de la capitale de la Dominique a frappé les Antilles. Le séisme a été très fortement ressenti à Marie-Galante mais n'a cependant pas causé de dégâts significatifs.

Le séisme du 8 février 1843 est, à ce jour, le séisme connu le plus violent. Il a causé la mort de plus d'un millier de personnes ainsi que de très importants dégâts à Pointe-à-Pitre (7,8).

Éruptions volcaniquesModifier

La Soufrière, volcan important situé sur l'île de la Guadeloupe.

Cyclones tropicaux et marées de tempêtesModifier

Les îles des Caraïbes sont souvent sur le trajet des ouragans tropicaux. Située dans une région très exposée, Marie-Galante doit faire face à de nombreux cyclones.

L'île est sujette au passage des ouragans de mai à novembre. Ceux-ci se forment soit localement dans les Antilles, soit au large du Cap-Vert en Afrique et dérivent dans les alizés d'est.

L'ouragan le plus meurtrier à avoir frappé la Guadeloupe et les îles de son archipel est l'ouragan de Pointe-à-Pitre de 1776 qui a fait au moins 6 000 morts9. Le , le cyclone Hugo inflige de sérieux dégâts aux îles de l'archipel. En 1995, trois cyclones (Iris, Luis et Marilyn) ont frappé l'archipel en moins de trois semaines. En septembre 2017, Marie-Galante fait face à l'ouragan Maria, catégorie 5, 4 morts en Guadeloupe et des vents soutenus jusqu'à 215 km/h, rafales bien au-delà à Marie-Galante et aux Saintes.

Depuis le passage de l’ouragan Maria le 18 septembre sur les Petites Antilles, notamment sur la Dominique où l’œil du cyclone passa, l’archipel de la Guadeloupe, notamment la « Guadeloupe continentale » et Marie-Galante voit l’arrivée d’un exode massif provenant de la Dominique, des Dominiquais venant se réfugier sur les îles voisines de la leur, détruite et quasi invivable.

L’archipel subit également ce même phénomène, provenant de Saint-Martin cette fois-ci, à la suite du passage, du 6 au 10 septembre, de l'ouragan Irma, catégorie 5, considéré comme l'ouragan le plus puissant de l'Atlantique Nord depuis 1980.

Ouragans notables ayant frappé la Guadeloupe et les îles de l'archipel au XXe et XXIe sièclesModifier

  • 12 septembre 1928 : ouragan Okeechobee, estimé catégorie 4, très fort (plus de 1 200 morts) ; vents soutenus de 230 à 240 km/h, rafales à plus de 310 km/h ;
  • 11 août 1956 : ouragan Betsy (6 morts) ;
  • 26 octobre 1963 : tempête tropicale Helena (5 morts) ;
  • 22 août 1964 : ouragan Cleo, catégorie 3, fort (14 morts) ;
  • 27 septembre 1966 : ouragan Inez, catégorie 3, fort (25 morts) ; vents soutenus de 200 km/h, rafales à plus de 280 km/h ;
  • Du 16 au 17 septembre 1989 : ouragan Hugo, catégorie 4, très fort (11 morts), vents soutenus de 222 km/h, rafales à plus de 310 km/h10 ;
  • Du 14 au 15 septembre 1995 : ouragan Marilyn, catégorie 1, vents soutenus 120 à 130 km/h, rafales à 150 km/h très fortes inondations et coulées de boue ;
  • 6 septembre 2017 : ouragan Irma, catégorie 5, la Guadeloupe ne subit pas de dommages matériels et humains importants, mais les collectivités d'Outre-mer de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont ravagés (10 morts).
  • Du 18 au 19 septembre 2017: Ouragan Maria, catégorie 5, (4 morts), vents soutenus jusqu'à 215 km/h, rafales bien au-delà à Marie-Galante et aux Saintes.

HistoireModifier

Peuplements amérindiensModifier

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À l'instar d'autres îles des Petites Antilles, Marie-Galante est probablement occupée par des groupes amérindiens précéramiques à partir de 3000 av. J.-C. comme semble l'indiquer la découverte récente de traces de culture sur brûlis à Marie-Galante. Au IIIe siècle, les Arawaks étaient installés sur l'île, qu'ils appelaient Touloukaéra. Les Caraïbes l'occupèrent au IXe siècle et lui donnèrent pour nom Aïchi ou Aulinagan, terre à coton. Les populations amérindiennes cultivaient aussi du manioc, avaient appris l'usage des plantes médicinales, et vivaient également de la pêche. Des traces de leur présence ont été retrouvées dans des grottes (notamment à la grotte de Morne-Rita) et dans les vestiges de leurs villages des céramiques, des pétroglyphes et des objets religieux.

Arrivée des EuropéensModifier

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L'arrivée de Christophe Colomb, 1492

L'île est découverte par les Européens, le , lors du second voyage de Christophe Colomb, la dénommant Maria Galanta (nom qu'il laissa à l’île après la perte du vaisseau), selon le nom dans le journal de voyage de Colomb, de sa plus grande caravelle qui portait également le nom de La Santa Maria.

Une cinquantaine de colons français fut installée en 1648 à proximité du lieu-dit Vieux-Fort, par le gouverneur Charles Houël. En 1653, un second fort est bâti à Grand-Bourg. La population souffrait de conditions de vie difficiles et subit les attaques des Caraïbes jusqu'en 1660, année où un traité de paix fut signé à Basse-Terre entre autochtones et colons.

Pendant cette seconde moitié du XVIIe siècle, les premiers esclaves furent amenés d'Afrique à Marie-Galante pour cultiver les plantations. En 1671, la population noire constituait 57 % des habitants. Des Hollandais juifs exilés du Brésil s'installèrent aussi, en apportant leurs techniques de la culture de la canne à sucre. En 1676, une flotte hollandaise enleva la population et pilla ses installations. Après le repeuplement de l'île, ses nouveaux habitants furent attaqués trois autres fois par les Hollandais.

De 1692 à 1816, Britanniques et Français se disputèrent l'île à cinq reprises. Au cours de cette période, Marie-Galante fut indépendante de 1792 à 1794. En 1794, l'esclavage fut aboli, mais rétabli en 1802 par Napoléon 1er. En 1790, sur 11 500 Galantais, 9 400 étaient des esclaves.

En 1808, les Anglais mènent une nouvelle campagne d'invasion des Antilles, prenant Marie-Galante et la Désirade, puis en 1809, les Saintes.

En 1838, un incendie dévasta Grand-Bourg et, en 1843, l'île fut touchée par un tremblement de terre.

Les révoltes d'esclaves et l'intervention des abolitionnistes français aboutirent en 1848. À Marie-Galante, l'abolition définitive de l'esclavage fut fêtée pendant trois jours et trois nuits autour de la mare au Punch à l'Habitation Pirogue. Mais, ces événements ne marquèrent pas la fin des violences coloniales. Lors des élections législatives de 1849, les forces de l'ordre réprimèrent, au morne Rouge, les affranchis qui s'opposaient à la fraude organisée par les grands planteurs. Il faudra attendre 1920 pour que des descendants d'esclaves deviennent propriétaires d'une sucrerie à Marie-Galante.

Période moderneModifier

En 1865, un cyclone, puis le choléra, frappèrent l'île et sa population. En 1902, un second incendie dévasta Grand-Bourg. Des cyclones touchèrent encore l'île en 1928 et 1995.

En 1994, la charte du « pays Marie-Galante » est signée. Les membres la composant, à savoir les trois communes de l'île, se sont engagées par cette charte à valoriser la production locale de l'île et à protéger son patrimoine écologique en créant un site protégé au nord-est de l'île en partenariat avec l'association Amicale Ecolambda. Marie-Galante se présente donc comme un pays vert en devenir.

Le à 18 heures 43 minutes, heure locale un séisme[5],[6] d’une magnitude de 5,1 survient en Martinique. Son hypocentre est situé approximativement à 60 km de Marie-Galante, et à 52 km de Saint-François au nord de la Guadeloupe à une profondeur de 67 km. Les sismologues indiquent toutefois que ce tremblement de terre n’aurait aucun rapport avec le séisme d'Haïti du 12 janvier[7].

Administration et politiqueModifier

Organisation administrativeModifier

Histoire politiqueModifier

Depuis les débuts de la colonisation, Marie-Galante a été rattachée administrativement à l’arrondissement de Pointe-à-Pitre, hormis la période révolutionnaire de 1793-1794. Alors que le reste de l'archipel était encore royaliste, elle était républicaine.

Pays de Marie-GalanteModifier

DémographieModifier

Marie-Galante comptait 30 000 habitants en 1946. Fortement marquée par l'exode massif des jeunes, l'île ne comptait plus en 2014 que 11 066 habitants. Cette chute de la population étant liée à la baisse de l'économie sucrière[réf. nécessaire]. Puis 10 867 habitants (INSEE 2016)

La commune la plus peuplée est Grand-Bourg.

Liste des communes de Marie-Galante

Rang Villes Pop. (2006) Superficie (km2) Densité
1 Grand-Bourg 5 085 55,54 91,55
2 Capesterre 3 310 46,19 71,66
3 Saint-Louis 2 472 56,28 43,92
 
Vue panoramique de Marie-Galante (Bourgade de Saint-Louis)

Composition de la population : Les Marie-galantais sont majoritairement noirs, métis, avec une présence de minorités blanches, indiennes, ou du Moyen-Orient.

EnseignementModifier

  • 3 collèges
  • Lycée polyvalent Hyacinthe-Bastaraud qui présente la particularité de posséder une classe préparatoire au concours d'entrée à l'École nationale de la Marine marchande, un Atelier Science-Po et une section Pêche ;
  • Plusieurs écoles élémentaires situés dans plusieurs communes ou sections dont une école privée.

SportModifier

Le stade municipal de Grand-Bourg accueille les entraînements et matches du club de football de l'US Grand-Bourg. Le cyclisme est représenté par l'Union vélocipédique marie-galantaise (UVMG)6.

En outre, la ville de Capesterre, après 10 longues années de travaux, vient d’inaugurer son stade – José Bade - le 30 juillet dernier avec une capacité d'au moins 1 200 places. Il accueille les entraînements et les matchs de deux clubs de football :

  • Amical Club de Marie-Galante
  • Jeunesse-Sportive de Capesterre

Groupes et associations sportives :

Événements sportifs :

  • Le Tour cycliste de Marie-Galante
  • La Karujet - Championnat du monde de motomarine à Petit-Bourg, passant notamment à Marie-Galante

SantéModifier

Marie-Galante dispose de :

  • Un centre hospitalier (Centre Hospitalier Sainte-Marie) situé à Grand-Bourg, qui ne dispose plus de maternité depuis septembre 2012
  • Une clinique située au même endroit

Économie et cultureModifier

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Moulin Bézard dans le sud de l'île, inscrit aux Monuments historiques.

L'économie coloniale développa sur l'île les cultures du tabac, de l'indigo, du café et du coton. Mais, dès le XVIIe siècle, les planteurs ont fait de la canne à sucre une très importante source de revenus. Elle se maintint aux XIXe et XXe siècles, s'adaptant à l'abolition de l'esclavage et à la grande crise sucrière.

De cette culture de la canne, Marie-Galante a hérité un surnom : l'île aux cent moulins. On dénombrait en 1818 un peu plus d'une centaine de moulins à vent, qui permettaient de broyer la canne. Le jus qui en était tiré était transformé en sucre ou en rhum. Les moulins étaient originellement actionnés par des bœufs, puis des moulins à vent apparurent à partir de 1780, à leur tour concurrencés par des moulins à vapeur à partir de 1883.

Le XIXe siècle vit disparaître l'organisation économique de l'Ancien Régime. Progressivement, toutes les petites sucreries furent restructurées en usines sucrières. En 1885, cinq sites regroupaient l'activité. En 1931, dix-huit distilleries et quatre usines à sucre étaient en production. Les grandes plantations ont fait place à de petites exploitations agricoles, peu mécanisées, organisées au XXe siècle autour de coopératives regroupant 1 300 petits producteurs en 2019[8]. Mais, l'agriculture est soumise dans toutes les Antilles françaises à une forte concurrence internationale. Au début de XXIe siècle, une seule sucrerie (l'usine de Grande Anse[8]) et trois distilleries (Bellevue, Bielle, Poisson) subsistent à Marie-Galante. Le rhum blanc agricole qui y est produit fait l'objet d'une appellation d'origine simple. Il est commercialisé essentiellement à 59° à Marie-Galante mais est décliné aussi en 50° et 40°. La production sucrière biologique pourrait aussi être un nouvel axe de développement, mais, le contexte actuel d'arrêt des subventions européennes rend incertain l'avenir agricole et donc économique de Marie-Galante et de ses habitants.

De l'ancienne économie, subsistent de nombreux vestiges. Cette richesse historique est mise en valeur : quelque 70 tours dont deux moulins restaurés (Moulin Bézard et le moulin de la distillerie Bellevue), habitations coloniales et anciennes sucreries (Habitation Murat et son moulin Murat). Un réseau de sentiers permet aux randonneurs de découvrir l'île et sa population.

Ainsi, Marie-Galante connaît-elle à son tour, la mutation économique que permet l'activité touristique. Mais, le développement de ces services s'appuie ici sur une politique de conservation de la nature et du patrimoine, qu'il soit précolombien, colonial ou contemporain. Les Marie-Galantais préservent ainsi un style de vie pittoresque alliant modernité et authenticité. Alors que l'île dispose de plages parmi les plus réputées des Antilles, l'industrie hôtelière y est discrète. En revanche, des artistes internationaux s'y retrouvent chaque année à l'occasion du « Festival Terre de blues[9] » au cours du week-end de la Pentecôte.

En mars 2016, l'île de Marie-Galante a été lauréate du dispositif « Démonstrateurs industriels pour la ville durable » dans le cadre d'un appel à projet du Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer[10]. L'objectif de ce projet intitulé « Marie-Galante, île du tourisme durable » est de faire de Marie-Galante un modèle européen de cohésion économique et sociale basé sur la sobriété environnementale.

Elle a été chantée par Laurent Voulzy dans la chanson Belle-Île-en-Mer, Marie-Galante. Cette chanson a inspiré le trophée BPE en 2007 ainsi que le jumelage de l'île avec Belle-Île-en-Mer..

ÉnergieModifier

La commune de Saint-Louis possède une antenne de la Chambre de commerce et d'industrie de Pointe-à-Pitre, et développe un projet d'une centrale photovoltaïque expérimentale[réf. nécessaire].

Un parc éolien est installé sur la commune de Capesterre, au site de morne Constant – lieu de l'île le plus exposé aux vents dominants –, et participe à l'objectif d'indépendance énergétique de l'île (vis-à-vis principalement des matières fossiles) dans le cadre du développement du système électrique de la Guadeloupe. Il est constitué de vingt-trois éoliennes bipales rétractables d'une puissance totale installée de 1 380 kW exploitées par la société Quadran5.

Alors qu’en 2017 plus des deux tiers de l’électricité consommée dans l’île sont produits par des centrales à combustibles fossiles en Guadeloupe et importés par un câble sous-marin, les élus de Marie‐Galante ont développé un projet d’autonomie énergétique basé à 100 % sur les énergies renouvelables locales associées à un modèle de sobriété énergétique et à l’utilisation de véhicules électriques. Une centrale biomasse de 7,5 MW sera construite, alimentée par la bagasse (résidu du broyage de la canne à sucre) et des déchets ménagers. Elle sera complétée par 4 MW de photovoltaïque et d’éolien et par une installation de stockage d’électricité. Pour la mobilité il est prévu de déployer des véhicules électriques et des bornes de recharge. La production et la consommation d’énergie seront gérées par une centrale virtuelle et un réseau électrique intelligent[11].

EnvironnementModifier

Milieu naturelModifier

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Marie-Galante constitue un point chaud de biodiversité. Comme les autres Petites Antilles, elle a émergé de l'océan il y a moins de cinq millions d'années. Cet isolement a favorisé l'émergence d'un fort taux d'endémisme. L'archipel était entièrement recouvert de forêt avant l'arrivée des Européens au XVIe siècle. Cette arrivée s'est accompagnée d'invasions biologiques et de défrichements qui ont eu un impact sévère sur la biodiversité.

De nombreuses espèces ont disparu de l'île, les milieux naturels de Marie-Galante souffrent un peu du recul de la forêt, de l'urbanisation accélérée ces dernières années, ainsi que du fait du développement des cultures, en particulier, celle de la canne à sucre surtout, tous ces modes d'exploitation ayant restreint l'importance de la forêt tropicale et l'ayant même fait disparaître à certains points. La culture de la canne à sucre a marqué les paysages non montagneux.

Cette agriculture (majoritairement exportatrice) de sucre de canne, alcool (rhum) reste fortement encouragée, pour la rendre plus « durable » et ralentir sa récession par l'Europe, l’État et les collectivités locales (Région et Département).

Le 15 février 1993, Marie-Galante est classée Réserve de la biosphère (label UNESCO) avec l'archipel guadeloupéen avec une superficie de 69 707 ha d'espace protégés est inscrite au patrimoine mondial de L'UNESCO. La Guadeloupe, en partie grâce à ses îles, devient le Département d'outre-mer ayant le plus d'espaces protégés, avec notamment un parc national17.

Une partie du patrimoine animal et végétal terrestre a été dégradée à la suite des activités humaines, sauf à l'ouest, Nord-Ouest, vers Saint-Louis, des récifs frangeants, peu développés, abritent encore de nombreuses espèces marines. À l’ouest de l'île, un banc corallien est présent à 20 mètres de fond environ. Des herbiers de phanérogames marines peuplent les fonds sableux littoraux, de manière discontinue.

À Marie-Galante, les palétuviers et mangroves ont presque disparu mais une mangrove par exemple est également toujours présente à Marie-Galante, située à Vieux-Fort, Saint-Louis. Elle possède également des rivières et cours d'eau, entre autres :

 
Îlet de Vieux Fort en bordure de côte de Marie-Galante.
  • La rivière du Vieux-Fort (la seconde rivière la plus importante de l'île) – située au nord sur le territoire de la commune de Saint-Louis, s'écoule d'est en ouest de l'île de Marie-Galante, elle se jette dans l'océan Atlantique au sud du lieu-dit de Vieux-Fort, qui fut la première implantation européenne sur l'île2, au niveau de l'Anse du Vieux-Fort face à l'îlet du Vieux-Fort.
  • Longue de 17,3 km 1, la rivière de Saint-Louis (anciennement rivière Saint-François) quant à elle est la principale rivière de l'île. Elle prend sa source à environ 160 mètres d'altitude, au lieu-dit Nesmond à Capesterre-de-Marie-Galante, puis traverse l'île d'est en ouest en son milieu et sépare la commune de Saint-Louis au nord de celle de Grand-Bourg au sud.

Alimentée par les eaux de nombreuses petites ravines et coulées, elle se jette dans l'océan Atlantique au sud de la ville de Saint-Louis en bordure septentrionale du marais de Folle-Anse.

TransportsModifier

 
Route du littoral marie-galantais.

L'île possède un aérodrome qu'aucun avion de ligne ne dessert. La liaison avec les îles de la Guadeloupe, la Dominique, la Martinique et d'autres îles des Petites Antilles se fait par bateaux.En 2017, deux grosses compagnies concurrentes assurent chacune quotidiennement environ trois rotations entre les ports maritimes de Grand-Bourg, Saint-Louis et le port maritime de Bergevin à Pointe-à-Pitre. D'autres dessertes existent depuis Saint-Louis. La traversée prend environ une heure.

Des barges depuis le Port autonome de Pointe-à-Pitre et autres permettent quotidiennement le transport de fret Port maritime de Folle Anse, ce dernier faisant son commerce transatlantique avec la France et l'Europe ainsi que les Amériques, notamment par le port de Point-à Pitre et Jarry.

Sur l’île, tous les véhicules courants sont autorisés. Un service de plusieurs bus relie les trois communes quotidiennement. Plusieurs taxis ainsi que de nombreux loueurs de véhicules (voitures et scooters) sont disponibles.

CultureModifier

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FestivitésModifier

En période de Noël, les familles et amis se réunissent lors de chanté nowel et du Marché de Noël, organisés un peu partout à Marie-Galante. L'occasion de chanter des cantiques et de faire la fête.

Les groupes de carnaval défilent tous les dimanches après-midi dans les rues, depuis janvier jusqu'aux vacances de Carnaval, en février ou en mars. Une grande parade carnavalesque est organisée chaque année, fin janvier, dans la ville principale, Grand-Bourg depuis 2013 nommée WOY MI MASS. Elle y rassemble environ 9 000 à 10 000 personnes chaque année et regroupe plusieurs groupes de carnaval (à "Po", " Ti Mass" et à caisses claires) qui participent presque tous à un concours pour les meilleurs costumes, meilleure musique ou meilleure chorégraphie dont le thème est imposé par les comités de carnaval, sur un tapis rouge devant un podium sous les yeux des spectateurs et filmés en direct.

Il y a également le Carnaval en kabwèt de Marie-Galante, de Saint-Louis, pratique mêlant la tradition française des bœufs gras et la tradition des défilés du Carnaval. C’est un moment important pour la sauvegarde et la promotion des traditions marie-galantaises et guadeloupéennes. Le défilé se compose d’une trentaine de charrettes décorées et tirées par une paire de bœufs, sur 22 km dans la campagne et à Saint-Louis de Marie-Galante.

Le Mardi gras, c'est la grande fête où les groupes de carnaval concourent dans une des villes de Marie-Galante en fonction des années. Puis, le lendemain, le mercredi des Cendres, jour qui termine le carnaval, la mascotte de roi du carnaval surnommée Vaval est brûlée, ce qui signe la fin des festivités, tout le monde défile en noir et blanc (pour marquer le deuil de Vaval), et débutent alors les 40 jours de carême.

La population majoritairement catholique, respecte cette période, ainsi les boites de nuit se vident, les gens évitent de faire la fête, certains ne mangent que du poisson ou alors s'en privent. Mais, étant donné le grand engouement pour les fêtes, le « jeudi mi-carême », un défilé en rouge et noir identique au carnaval donc avec des groupes de musiciens précédés de personnes qui défilent est organisé.

Après cette période de privation, ce sont les fêtes de Pâques, lors desquelles les familles vont souvent camper sur la plage et mangent des plats à base de crabes : matété (riz cuit avec du crabe), calalou (crabes avec des feuilles de madère accompagné de riz blanc) ou dombrés aux crabes (petites boules de farine cuites avec du crabe). À ce moment, on retrouve beaucoup de concours de bœufs tirants où le bœuf est bien plus qu'un outil agricole.

À la Pentecôte, se déroule chaque année, le plus grand festival de Marie-Galante et l'un des plus grands de la Caraïbe, le festival Terre de Blues, festival de musique accueillant environ 13 000 à 15 000 festivaliers chaque année.

En Août, il y a la fête patronale de Grand-Bourg, l'une des plus grosses fêtes patronales de la Guadeloupe. Hormis les fêtes patronales de Capesterre et de Saint-Louis, celle de Grand-Bourg est la plus grosse et la plus importante de Marie-Galante. Généralement en mi-Août, elle accueille environ 15 000 spectateurs dans une journée.

Le 28 octobre, on fête la Journée internationale du créole.

La jeunesse marie-galantaise soucieuse de son patrimoine culturel a fait naître un nouveau courant nommé Galanta, dérivé de Marie-Galante que donnent les jeunes à l'île. On retrouve souvent cette expression dans leur musique ou dans des graffitis sur certains vieux bâtiments, rues ou encore des tee-shirts à l"effigie de l'île.

Fêtes et jours fériés
Date Nom Remarques
1er janvier Jour de l’an Premier jour de l’année ; Pour les catholiques, fête de Sainte Marie (avant le concile Vatican II, Circoncision de Jésus-Christ).
Lendemain du dimanche de Pâques Lundi de Pâques Pâques (fête chrétienne commune aux catholiques et aux protestants) est le premier dimanche qui suit la première pleine lune fictive de printemps.
1er mai Fête du Travail D'abord journée de protestations et grèves pour la journée de travail de 8 heures ; traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France. Journée devenue fériée sous le régime de Vichy. Depuis 1947, l’appellation « Fête du Travail » n’est que coutumière, i.e. non officielle).
8 mai Fête de la Victoire 1945 Commémoration de la capitulation allemande et de la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945).
27 mai Abolition de l’esclavage Dans le département de Guadeloupe uniquement.
39 jours après Pâques jeudi de l'Ascension Fête chrétienne célébrant la montée de Jésus aux cieux.
lendemain du septième dimanche après Pâques Lundi de Pentecôte Lundi férié (seul le dimanche garde une signification religieuse particulière).
14 juillet Fête nationale Commémoration de la Fête de la Fédération du 14 juillet 1790 (elle-même anniversaire de la prise de la Bastille en 1789).
21 juillet Fête Victor Schœlcher Commémoration de la naissance (en fait le 22 juillet 1804) du député Victor Schœlcher qui fut à l'origine de l'abolition de l'esclavage, spécifique à la Guadeloupe et à la Martinique.
15 août Assomption Fête catholique célébrant la montée de la Vierge Marie aux cieux.
1er novembre Toussaint Fête de tous les saints de l’Église catholique.
2 novembre Fête des Morts Uniquement dans le département de la Guadeloupe.
11 novembre Armistice de 1918 Commémoration de l’armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale.
25 décembre Noël Naissance de Jésus-Christ.

LanguesModifier

Articles détaillés : Langues en Guadeloupe et Créole marie-galantais.

Personnalités liées à Marie-GalanteModifier

Notes et référencesModifier

  1. Gérard Lafleur, Les Caraïbes des Petites Antilles, KARTHALA Editions, , 270 p. (lire en ligne), p. 16.
  2. Jean-Pierre Sainton, Raymond Boutin, Histoire et civilisation de la Caraïbe : Guadeloupe, Martinique, petites Antilles : la construction des sociétés antillaises des origines au temps présent : structures et dynamiques, Maisonneuve et Larose, 2004, 414 pages, p. 72.
  3. Présents caraïbes: 5000 ans d'histoire amérindienne : Fort Delgres, Basse-Terre, Guadeloupe, 5 décembre 1993-28 février 1994 : exposition, Le Service, 1993, 50 pages, p. 38.
  4. « Islands of Guadeloupe (France) » (consulté le 21 juin 2017)
  5. Un tremblement de terre a été enregistré, hier dimanche, en Martinique
  6. La terre a tremblé en Guadeloupe et en Martinique
  7. Séisme. Dans l’attente du "Big one"
  8. a et b J. Champion, N. Fadel et R. Lami, « Début de récolte à Marie-Galante », Guadeloupe 1re, 13 mars 2019.
  9. Festival de Marie-Galante – Terre de Blues
  10. « Marie-Galante (971) : DIVD - Marie-Galante, l’île du tourisme durable »
  11. Marie-Galante : première île française autonome en énergie ?, revolution-energetique.com, 15 mars 2018.
  12. Vie quotidienne à Marie-Galante - Philippe et Jacqueline Nucho-Troplent - Éditions L'Harmattan
  13. Bernard Leclaire

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Marie-Galante, terre d'histoire sucrière, H. et D. Parisis, et B. Genet, préface d'Alain Buffon, Ed.Parisis, 2005, (220 pages), (ISBN 2-9526427-0-2)
  • Philippe et Jacqueline Nucho-Troplent, Vie quotidienne à Marie-Galante, l'habitation Thibault, moulin d'espérance, éditions de L'Harmattan 2006
  • Philippe Nucho-Troplent, Murat, Une famille de Marie-Galante et son habitation, L'Harmattan, 2013, (ISBN 978-2-343-00289-7)
  • Ballivet, Marie-Galante : extrait de « nos paroisses », Basse-Terre, Imprimerie catholique, 48 p. (lire en ligne)
  • Jean-Marie Pardon, La Guadeloupe depuis sa découverte jusqu’à nos jours, Paris, , 363 p. (lire en ligne), p. 27-40

Liens externesModifier