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Les Protocoles des Sages de Sion

canular antisémite

Les Protocoles des Sages de Sion
Image illustrative de l’article Les Protocoles des Sages de Sion
Couverture d'une édition russe de 1912, réalisée par Sergueï Nilus

Auteur Inconnu
Pays Drapeau de l'Empire russe Empire russe
Genre Propagande, forgerie, imposture
Version originale
Langue russe
Titre Протоколы сионских мудрецов ou Сионские протоколы
Date de parution 1903

Les Protocoles des Sages de Sion[1],[2], en russe : Протоколы сионских мудрецов ou Сионские протоколы, est un faux qui se présente comme un plan de conquête du monde établi par les juifs et les francs-maçons.

Il plagie en partie le Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu de Maurice Joly, pamphlet satirique décrivant un plan fictif de conquête du monde par Napoléon III, pour décrire un programme élaboré par un conseil de sages juifs afin d'anéantir la chrétienté et dominer le monde.

L'ouvrage réunit les comptes-rendus d'une vingtaine de prétendues réunions secrètes exposant un plan de domination du monde qui utiliserait violences, ruses, guerres, révolutions et s'appuierait sur la modernisation industrielle et le capitalisme pour installer un pouvoir juif mondial.

Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf[3] comme argument justifiant à ses yeux la théorie du complot juif et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich[4]. Cet opuscule joue également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis[5]. Il est devenu aujourd'hui tout à la fois une figure emblématique de l'antisémitisme et de la falsification.

HistoriqueModifier

Les Protocoles des Sages de Sion, parfois surtitrés Programme juif de conquête du monde, paraissent en Russie en deux temps et deux versions : d'abord des extraits en 1903 dans le journal Znamia (en) (Знамя), puis une version complète en 1905 éditée par Serge Nilus et, en 1906, par Gueorgui Boutmi, officier et écrivain nationaliste[6]. Dès avril 1902, ils avaient fait l'objet d'un article dans Novoïé Vrémia[7]. Il est possible qu'ils circulèrent d'abord sous forme manuscrite ou en impression artisanale.

Les Protocoles sont traduits en allemand en 1909 et lus en séance au Parlement de Vienne[8]. Avec la Révolution d'Octobre en 1917 et la fuite de Russes antirévolutionnaires vers l'Europe de l'Ouest, leur diffusion s'élargit[9]. Ils deviennent internationalement connus en 1920 lorsqu'ils paraissent en Allemagne (janvier).

La notoriété de l'ouvrage s'accroît à la faveur d'un article du quotidien britannique The Times. Dans son édition du , un éditorial titré Le Péril juif, un pamphlet dérangeant. Demande d'enquête évoque ce « singulier petit livre », et tend à démontrer le caractère authentique du texte[10] en insistant sur sa nature de prophétie réalisée. Cet article est publié alors que les Russes blancs sont en train de perdre la guerre civile et que les « durs » du parti conservateur veulent discréditer les nouveaux maîtres du Kremlin en dénonçant une « Pax Hebraica »[11]. Les thèmes des Protocoles sont repris au cours des années suivantes dans de nombreux ouvrages antisémites (polémistes, savants ou de fiction) publiés à travers l'Europe[10],[12]

Les premières traductions françaises sont publiées en 1920 et 1922 par le prêtre catholique Ernest Jouin dans la Revue internationale des sociétés secrètes sous le titre Les Protocoles de 1901 puis en 1921 par l'écrivain monarchiste Roger Lambelin[13] et en 1924 par le journaliste antisémite Urbain Gohier sous le titre Les Protocoles des sages d'Israël[14].

Adolf Hitler y fait référence dans Mein Kampf[3] comme argument justifiant à ses yeux la théorie du complot juif et en fait ensuite l'une des pièces maîtresses de la propagande du Troisième Reich[4].

Aux États-Unis, le constructeur automobile Henry Ford les diffuse à travers son journal The Dearborn Independent. Pour Ford les Protocoles des Sages de Sion sont un ouvrage « trop terriblement vrai pour être une fiction, trop profond dans sa connaissance des rouages secrets de la vie pour être un faux »[15],[16]. Les protocoles joueront également un rôle clé dans la théorie du ZOG apparue dans les milieux suprémacistes blancs d'extrême droite aux États-Unis[17].

Un fauxModifier

 
Article dans The Times du 16 août 1921 expliquant au public britannique que Les Protocoles est un faux.

Dès leur publication, Les Protocoles sont suspectés d'être un faux : un an après avoir présenté l'opuscule comme véridique, le Times de Londres revient sur le sujet, mais cette fois pour publier la preuve du faux sous le titre La fin des Protocoles. La présence de larges emprunts à Maurice Joly auteur d'un pamphlet contre Napoléon III intitulé Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu, publié à Bruxelles en 1864 vient corroborer le caractère fallacieux des Protocoles . La supercherie est évidente par comparaison ligne à ligne des deux textes. C'est ce que fait Pierre Charles dans son étude critique et comparative[18]. Le discours de Machiavel dans le dialogue est transposé ; l'internationale juive y remplace l'empereur des Français.

Jacques Bainville, dans l’Action française, reconnait la falsification vers 1921[19].

Mgr Benigni, grand promoteur des Protocoles, félicitant Mgr Jouin, en mars 1921, pour sa campagne de diffusion du texte, lui confie ses soupçons : « Plus j'étudie la question et plus je me persuade de la non authenticité formelle et de l'immense valeur réelle de ce document »[20].

Malgré tout, Les Protocoles des Sages de Sion sont encore mentionnés par des groupes antisémites, voire certains régimes, comme preuve de l'existence d'un complot juif international[21],[22],[23],[24].

OrigineModifier

En 1905, Serge Nilus publie le texte intégral des Protocoles au douzième et dernier chapitre de la réédition de son livre, Velikoe v malom i antikhrist (Le Grand dans le Petit : La venue de l'Antéchrist et la règle de Satan sur Terre). Il y affirme que le texte provient du premier congrès sioniste, tenu en 1897 à Bâle en Suisse[25]. Cette allégation de Nilus, reprise par d'autres promoteurs des Protocoles est fantaisiste.

Depuis les années 1920, la paternité des Protocoles est régulièrement attribuée, par les adversaires du texte, à un agent de l'Okrana : Mathieu Golovinski. Ce dernier aurait rédigé le faux, à Paris, sur ordre du chef de la police secrète tzariste en France: Pierre Ratchkovski. Cette origine, bien que séduisante, semble pour le moins fragile à l'examen de ses sources. La génèse des Protocoles demeure mystérieuse.

La Piste GolovinskiModifier

L'identification de Mathieu Golovinski en tant que rédacteur des Protocoles est établie en 1917 par l'historien et juriste Serge C Svatikov, ancien menchevik, alors commissaire du gouvernement provisoire russe chargé de démanteler les services secrets tsaristes à l'étranger, notamment à Paris. Il consigne dans son rapport le témoignage du français Henri Blint, supérieur hiérarchique de Golovinksi au sein de l'Okhrana et proche collaborateur de Ratchovski[26]. En 1921, la princesse Catherine Radziwill donne une conférence privée à New York, dans laquelle elle affirme que les Protocoles étaient un faux établi en 1904-1905 par les journalistes russes Mathieu Golovinski et Manasevich-Manuilov, sous la direction de Pierre Ratchkovski, chef des services secrets russes à Paris[27].

Cette théorie se retrouve présentée lors du procès de Berne de 1933-1935, ouvert suite à la plainte de la Schweizerischer Israelitischer Gemeindebund et de l'Israelitische Kultusgemeinde Bern, contre le Bund Nationalsozialistischer Eidgenossendans distributeurs suisses des Protocoles. Les plaignants et leurs témoins y déclarent que les Protocoles ont été intialement écrits en France à la fin des années 1890 par des agents de la police secrète russe, puis traduits en russe. Selon leur version, les principaux auteurs étaient le commandant de la police, Pierre Ratchkovski, et son collaborateur Mathieu Golovinski[28].

Ces accusations à l'encontre de Ratchkovski se retrouvent en 1939 sous la plume d'Henri Rollin, membre du deuxième bureau français, dans L'Apocalypse de notre temps (réédité aux Éditions Allia en 2005) qui entend montrer le processus de création puis d'utilisation de ce texte par les courants d'abord pro-tsaristes, puis fascistes et nazis[29].

En 1944, c'est au tour de l'écrivain allemand Konrad Heiden d'identifier Golovinski en tant qu'auteur des Protocoles[30].

Cette théorie d'une rédaction par Mathieu Golovinski sous les ordres de Ratchkovski a été relancée, en novembre 1999, par l'éditeur russe Mihkail Lepekhine, qui affirma, dans l'hebdomadaire français L'Express, avoir trouvé les preuves de ces allégations[31]. Lepekhine considère les Protocoles comme faisant partie d'un stratégème visant à convaincre le tsar Nicolas II que la modernisation de la Russie étaient une manœuvre juive visant à abattre la Russie par un complot juif et à contrôler le monde.

Le rôle attribué à Golovinski dans la rédaction des Protocoles fut contesté par les historiens Michael Hagemeister, Richard S. Levy et Cesare De Michelis, face à l'absence de source rendant le récit historiquement invérifiable[32],[33],[25],[34],[35]. En 2009, Pierre-André Taguieff, qui avait soutenu l'« hypothèse Golovinski»[36] est lui-même revenu sur ses affirmations dans l'hebdomadaire Marianne[26].

Un manuscrit introuvableModifier

Le chercheur italien, Cesare G. De Michelis étudie, dans son livre Il manoscritto inesistente «I Protocolli dei savi di Sion: un apocrifo del XX secolo» de 1998, les premières publications des Protocoles. Ces derniers son mentionnés pour la première fois dans la presse russe en avril 1902 par le journal de Saint-Pétersbourg Novovye Vremya (Но́вое вре́мя - Le Nouveau Temps). Dans un article intitulé « Des complots contre l'humanité », le publiciste conservateur Mihkail Menshikov décrit sa rencontre avec une dame - Yulianna Glinka - qui l'aurait imploré de se familiariser avec un mystérieux document, volé par un journaliste français à NIce. Après avoir lu des extraits de cette matrice probable des futures Protocoles, Menchikov, sceptique quant à leur origine, ne les a finalement pas publiés. Si De Michelis révèle une possible origine ukrainienne du faux comme en témoignerait certains ukrainisme dans le texte, la question de l'existence d'un prétendu manuscrit original en langue française de la fin du XIXe siècle demeure hypothétique. De Michelis montre que cet « original français » est un document extrêmement mystérieux dont l'existence est supposée par presque tout le monde, mais dont très peu de témoins du temps affirment finalement l'avoir réellement vu[25].

Les importantes recherches de Michael Hagemeister sur les origines des protocoles l'ont également amené à douter de l'origine française du document et à rejeter l'implication de la police secrète russe dans la création du faux. Il met notamment en lumière le fait que le principal témoin à charge lors du procès de Berne, le conte Armand Alexandre De Blanquet du Chayla avait exigé une grosse somme d'argent pour son témoignage et que les plaignants eux-mêmes le considéraient comme hautement suspect[37]. Ces recherches historiques appuient l'analyse textuelle de Cesare G. De Michelis. Les travaux d'Hagemeister ont été salués par le monde académique, Richard S. Levy allant jusqu'à qualifier l'universitaire d'« autorité suprême en la matière »[33].


Les premières publicationsModifier

Cesare G. De Michelis a identifié pour la période 1902-1906 neuf impressions de cinq éditions distinctes des Protocoles qui peuvent se réduirent en réalité à trois textes[38].

  1. K: l'original ; un travail apparement en cours.
  2. X: deuxième rédaction.
  3. Y: troisième rédaction.

La liste complète des premières impressions et éditions d'après les recherches de Cesare G. De Michelis est la suivante:

  • Q: source hypothétique proposée par De Michelis, fournissant la base de K et Y.
    • M: Mikhail Osipovich Menshikov (1902) - Première référence textuelle aux Protocoles, dans un article de journal d'extrême droite qui affirme qu'ils ont été volés par un "journaliste français» à Nice et en cite un extrait.
    • K: Krusevan, P. (1903) - De Michelis démontre qu'il s'agit de la version la plus ancienne du texte, publiée dans un périodique de qualité médiocre. Disparue des archives historiques jusqu'au procès de Berne de 1934, le texte n'a jamais été traduit. Sans titre, il se découpe en 22 chapitres non numérotés, et présent de nombreux ukrainismes.
      • L: Hippolytus Lutostansky (1904) - Citation directe de K; sans révision du texte, mais avec des indications chronologiques utiles.
    • Z: rédaction hypothétique après K mais avant X ou Y.
      • X: 27 Protocoles issus de Z.
        • A1: Anonyme (1905) - Publié anonymement par un éditeur gouvernemental russe blanc et basé sur K.
        • B: Butmi (1906a) - Ressemble à A1, mais contaminé par croisement avec Y.
      • Y: 24 Protocoles, réédités, mais qui ne dérivent pas directement de Z -- impliquant l'existence d'un manuscrit Q.
        • A2 : Anonyme (1905) - Ressemble à A1, mais avec du nouveau matériel.
        • N : Nilus (1905) - Réédition importante, utilisant apparemment A2 comme base, mais introduisant une grande quantité de matériel emprunté à Maurice Joly. Base de la plupart des traductions.
          • I: Anonymous [1917] / [1996] - Un abrégé concis de N. Attribue le texte à Theodor Herzl.
        • B3 : Butmi (1906a) - Butmi révise son propre texte pour y inclure des éléments de Y.
        • D: Demcenko (1906)
    • R: Document beaucoup plus court, partageant ses sources avec K et X mais pas Y.
      • R1: G. Skalon; Date d'origine inconnue [1996] - Publié en 1996 par Yuri Begunov, qui a démontré l'existence de la branche R par le biais de la philologie affirmant qu'elle data du XIXe siècle et qu'elle révélait une origine "juive».
      • R2 : N. Mordvinov (1905) - Abrégé utilisant des sources similaires à R1.
      • R3 : Anonyme (1906) - Fermez copie de R2.
      • R4 : Anonyme (1906) - Copie de R2 avec des éléments supplémentaires.

ModèlesModifier

Selon Umberto Eco, le Protocole des Sages de Sion et de façon plus générale le mythe du complot juif, trouve son origine littéraire dans le roman-feuilleton français du XVIIIe siècle[39] : « [le texte des Protocoles] révèle son origine romanesque car il est peu crédible, sauf dans l'œuvre de Sue, que les « méchants » expriment de façon si voyante et si éhontée leurs projets maléfiques […] : « nous avons une ambition sans limites, une cupidité dévorante, nous sommes acharnés à une vengeance impitoyable et brûlante de haine. » ». Le modèle du pamphlet de Maurice Joly contre Napoléon III, est le complot jésuite de Monsieur Rodin dans Le Juif errant et Les Mystères du peuple d'Eugène Sue[39]. Un autre modèle littéraire se trouve dans Joseph Balsamo d'Alexandre Dumas (1849) : Cagliostro y rencontre les Illuminés de Bavière pour ourdir le complot maçonnique de l'affaire du collier de la reine[39].

En 1868, un auteur de libelles calomnieux, Hermann Goedsche publie, sous le pseudonyme de sir John Retcliffe, un roman populaire, Biarritz, où il plagie Dumas, en mettant en scène le Grand Rabbin annonçant son plan de conquête du monde aux représentants des douze tribus d'Israël réunis dans le cimetière juif de Prague. En 1873, le roman est repris par un pamphlet russe, Les Juifs, maîtres du monde, présenté comme une vraie chronique[39]. En 1881, Le Contemporain le publie comme venant d'un diplomate anglais, sir John Readcliff. En 1896, c'est le Grand Rabbin qui se nomme John Readcliff, dans Les Juifs, nos contemporains de François Bourmand. Le plan jésuite de Sue, mélé à la réunion maçonnique de Dumas, attribué par Joly à Napoléon III, devient ainsi le complot juif, et sera repris sous diverses formes, avant la publication connue du grand public des Protocolei[39].

Les dernières années du xixe siècle sont marquées par l'antisémitisme qui culmine en France de façon passionnelle avec l'affaire Dreyfus. En 1889 paraît Le Juif selon le Talmud, traduction du Talmudjude d'August Rohling avec une préface d'Édouard Drumont. Cet ouvrage a une influence considérable. Il prétend prouver que les Juifs ont ordre de blesser et tuer les Chrétiens chaque fois que possible en vue d'assurer leur domination sur le monde. Selon Jacques Halbronn, les Protocoles constituent une tentative d'élaboration d'un Talmud laïc — d'où l'usage du mot Sages qui a une connotation talmudique — permettant d'inclure les juifs non religieux au sein du champ antijuif. Rohling serait donc, au moins indirectement, une source des Protocoles, son cadre, qu'il faudrait croiser avec le pamphlet de Joly qui en constitue le contenu.

UtilisationsModifier

 
Le Serpent symbolique du troisième protocole, dessin paru en France, environ 1920.

Au terme d'une de ses études sur les Protocoles, Pierre-André Taguieff propose cinq fonctions qu'ils peuvent remplir dans l'imaginaire — et dans la réalité, puisque la mise au jour d'un complot (n'existant que dans l'esprit de ses découvreurs) est souvent suivie de l'organisation bien réelle d'un contre-complot :

  1. identifier les forces occultes à l'origine du prétendu complot — et confirmer qu'elles sont impitoyables ;
  2. lutter contre ces forces en révélant les secrets qui les rendent puissantes ;
  3. justifier la contre-attaque contre l'ennemi désormais identifié ;
  4. mobiliser les foules (et/ou les autorités) en faveur de la cause opposée au complot ;
  5. recréer un monde enchanté[40].

Les Protocoles remplissent ces fonctions depuis leur diffusion dans les années 1920. Leur utilisation sans cesse réactualisée montre la recherche permanente d'explications prétendument rationnelles à la marche du monde[41] : les Protocoles ont servi aux politiques antisémites, antisionistes, antiaméricaines ou antimondialistes.

Dans l'Allemagne nazieModifier

 
Couverture d'une édition polonaise.

Dans Mein Kampf, Adolf Hitler écrit[4],[3] : « Les Protocoles des sages de Sion, que les Juifs renient officiellement avec une telle violence, ont montré d'une façon incomparable combien toute l'existence de ce peuple repose sur un mensonge permanent. « Ce sont des faux », répète en gémissant la Gazette de Francfort et elle cherche à en persuader l'univers ; c'est là la meilleure preuve qu'ils sont authentiques. Ils exposent clairement et en connaissance de cause ce que beaucoup de Juifs peuvent exécuter inconsciemment. C'est là l'important[42]. ».

Pendant de nombreuses années, Joseph Goebbels n'utilise pas les Protocoles dans la propagande antisémite qu'il orchestre. Ce n'est qu'après une lecture du texte et une discussion du 13 mai 1943 avec Hitler qu'il pense pouvoir les utiliser. Dans la recension qu'il fait de la discussion, Goebbels se dit « stupéfait » à la fois par la modernité du texte et par la rigueur dans l'exposition du projet juif de domination mondiale[43].

En Union soviétiqueModifier

Dans l'Union soviétique de Staline, dans les années 1933-1935, les journaux soviétiques font totalement silence sur l'arrêt du procès de Berne qui conclut à la fausseté des Protocoles.

Pourtant les Izvestia dépêchent sur place Ilya Ehrenbourg. Celui-ci est chargé de suivre les développements du nazisme et de l'antisémitisme, questions spécialement débattues alors à la Société des Nations. L'article d'Ehrenbourg, dûment écrit et transmis, n'est jamais paru[44].

Dans le monde arabeModifier

La première traduction des Protocoles des Sages de Sion en arabe (à partir d'une version française) est publiée au Caire en 1925 puis à Jérusalem en 1926. Selon Gilbert Achcar, ils n'ont « néanmoins connu qu'une diffusion marginale dans les pays arabes avant 1948 » ; il souligne qu'elle a été le fait de chrétiens et non de musulmans[45].

Muhammad Rashid Rida, que Gilbert Achcar décrit comme « le père spirituel de l'intégrisme islamique arabe moderne[46] » s'en inspire dans un texte qui fait suite aux émeutes de 1929 en Palestine mandataire : son « argumentaire anti-juif […] y puis[e] à toutes les sources en combinant des arguments conformes à la tradition musulmane la plus hostile aux juifs »[47].

Une traduction de 1951 est diffusée dans le monde musulman après « l'intense exacerbation du conflit palestinien de 1948 » et de la Nakba (« catastrophe », exode palestinien de 1948)[45]. En 1967, les Presses islamiques de Beyrouth publient la version française de Roger Lambelin sous le titre Protocoles des Sages de Sion : texte complet conforme à l'original adopté par le congrès sioniste réuni à Bâle (Suisse) en 1897[48].

Pour Achcar, les « insanités que contient ce pamphlet ont connu une diffusion beaucoup plus vaste que le pamphlet lui-même » et elles ont largement contribué à la « diffusion de l'antisémitisme dans le monde arabe[45] ». Il insiste sur les différences de motivation des propagandistes des Protocoles en Europe, qui n'avaient que des desseins antisémites, et celle de leurs diffuseurs dans le monde arabe qui cherchaient à « excuser la défaite infamante […] des États arabes devant le mouvement sioniste et à expliquer pourquoi ce dernier avait pu gagner le soutien de l'ensemble des puissances du camp victorieux de la Seconde Guerre mondiale[49] ».

Des personnalités arabes font référence aux Protocoles dans des rencontres officielles ou dans des écrits :

Par exemple, en 1929, à la suite de sa comparution devant la Commission Shaw chargée d'étudier les causes des émeutes de 1929 en Palestine mandataire, le mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini se réfère aux Protocoles pour démontrer que les sionistes ont attaqué les Arabes[50].
Tom Segev rapporte le cas d'un notable palestinien qui, bien que conscient du discrédit qui pèse sur les Protocoles, ne peut expliquer la défaite arabe dans la guerre de 1948 sans une collusion entre le sionisme et le communisme dans le cadre d'un plan visant à la domination du monde[51].
En septembre 1958, le président égyptien Gamal Abdel Nasser demande à un journaliste, lors d'un entretien, s'il connaît les Protocoles et lui en conseille la lecture car ils démontreraient que « 300 sionistes, dont chacun connaît tous les autres, gouvernent le destin du continent européen et élisent leurs successeurs parmi leur entourage[52] ».
En 2003, la nouvelle bibliothèque d'Alexandrie inaugure son musée de manuscrits où figure une traduction en arabe des Protocoles à côté de manuscrits de la Torah. Le directeur le justifie en déclarant : « Il se peut que le livre des Protocoles des Sages de Sion soit plus important pour les juifs que la Torah, puisqu'ils gèrent leur vie selon ses principes[53] ».

Usages et références actuelsModifier

La charte du Hamas fait référence aux Protocoles et à d'autres poncifs antisémites[54]. L'article 32 y indique que « le plan sioniste […], après la Palestine […] ambitionne[] de s'étendre du Nil à l'Euphrate […] [comme stipulé] dans « Les Protocoles des Sages de Sion » »[55].

Gilbert Achcar rapporte cependant que la charte serait en cours d'amendement en se référençant à Azzam Tamimi, un proche du Hamas qui, « sensible au dommage causé à l'image du mouvement palestinien [par l'antisémitisme de la charte] » a déclaré dans The Jerusalem Post en février 2006 que : « Toutes ces absurdités sur Les Protocoles des Sages de Sion et les théories du complot – toutes ces bêtises – seront éliminées » dans la version amendée[56].

Le propos des Protocoles est également popularisé dans le monde arabe par divers feuilletons télévisés :

  • un feuilleton télévisé égyptien, repris par de nombreuses télévisions arabes, Le cavalier sans monture, évoque de façon centrale dans l'intrigue les Protocoles des Sages de Sion présentés comme un écrit tenu secret par des Juifs mais supposé authentique[57] ;
  • le feuilleton Diaspora, diffusé par Al-Manar, la télévision du Hezbollah ;
  • une série télévisée Al-Sameri wa Al-Saher, sur Al-Alam Télévision, la télévision iranienne, comprenant non seulement une dénonciation du supposé pouvoir des Juifs sur le monde, mais un négationnisme ouvertement exprimé à l'égard des crimes commis envers les Juifs.

En AfriqueModifier

Dans le documentaire Général Idi Amin Dada : Autoportrait du réalisateur suisse Barbet Schroeder, le dictateur ougandais Idi Amin Dada fait référence au livre et présente les Protocoles des Sages de Sion en sa possession pour prétendre à l’existence d'un complot juif mondial.

Influence des Protocoles dans le tempsModifier

Plusieurs auteurs, dont Pierre-André Taguieff et Catherine Nicault, ont mis en évidence les multiples utilisations des Protocoles à travers le temps : dénonciation de prétendus complots judéo-bolchéviques ou judéo-capitalistes, propagande nazie[58].

Alain Goldschläger écrit en 1989 que bien que leur fausseté soit reconnue, les Protocoles n’en demeurent pas moins pour certains une « vérité intrinsèque »[59].

Le texte est encore diffusé, en particulier dans les milieux antisémites et/ou antisioniste et dans le monde arabo-musulman[60],[61].

En droit françaisModifier

Les Protocoles ont été interdits de diffusion en France pendant une vingtaine d’années à la suite de l’arrêté du 25 mai 1990 du ministre de l’Intérieur français Pierre Joxe, « considérant que la mise en circulation en France de cet ouvrage est de nature à causer des dangers pour l’ordre public en raison de son caractère antisémite »[62]. Cette interdiction n'est plus en vigueur[63] : la diffusion des Protocoles des Sages de Sion est légale en France. Leur dernière publication est celle de 2010, éditée et présentée par Philippe Randa[64], éditeur et militant politique d'extrème droite[65]. Le texte intégral est disponible en ligne (voir "Liens externes" ci-dessous).

Les Protocoles dans la littératureModifier

Notes et référencesModifier

  1. Le nom de Sion est souvent pris comme symbole de Jérusalem.
  2. Le titre varie en fonction des éditions en langue française, certaines sont intitulées Protocoles des Sages de Sion, sans l'article Les.
  3. a b et c Adolf Hitler, Mein Kampf, p. 160 [lire en ligne].
  4. a b et c (en) Norman Cohn, Warrant for Genocide: The Myth of the Jewish World-Conspiracy and the Protocols of the Elder of Zion, New York, Harper & Row Publishers, , p. 32–36.
  5. (en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene », dans Richard Allen Landes (dir.), Steven T. Katz (dir.), The Paranoid Apocalypse: A Hundred-Year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, , 264 p. (ISBN 978-0814748923), p. 181.
  6. Pour la généalogie et les différences entre versions, voir De Michelis 1997.
  7. Jacques Halbronn, Le texte prophétique en France. Formation et fortune, thèse d'État, université Paris X, 1999.
  8. Halbronn 2002b.
  9. Taguieff 2006, p. 120-121.
  10. a et b Taguieff 2006, p. 123.
  11. Léon Poliakov, De Moscou à Beyrouth. Essai sur la désinformation, Calmann-Lévy, (ISBN 2-7021-1240-4), p. 27.
  12. Poliakov 1983, p. 27.
  13. Édition Grasset, Paris, 1921.
  14. Édition de la Vieille France.
  15. (en) Henry Ford, The International Jew.
  16. (en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene: Historical Artifact or Current Threat? », dans Richard Allen Landes et Steven T. Katz, The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, , p. 172-176.
  17. (en) « The Protocols of the Elders of Zion on the Contemporary American Scene: Historical Artifact or Current Threat? », dans Richard Allen Landes et Steven T. Katz, The Paranoid Apocalypse: A Hundred-year Retrospective on the Protocols of the Elders of Zion, NYU Press, , p. 181.
  18. Pierre Charles, « Les Protocoles des sages de Sion », Nouvelle Revue théologique, vol. 65,‎ , p. 56-78, 966-969, 1083-1084.
  19. Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion : Faux et usages d'un faux, Paris, Fayard, 2004. (Taguieff ne donne pas la date mais il semble d'après le contexte que ce soit dès 1921).
  20. Bibliothèque nationale de France, mss, FM7, 17, RISS, lettre de Benigni à Jouin du 9 février 1921.
  21. Tristan Mendès France et Michaël Prazan, Une tradition de la haine : Figures autour de l'extrême-droite, Paris-Méditerranée, (ISBN 9782842720544), p. 14.
  22. Jérôme Jamin, L'imaginaire du complot : discours d'extrême droite en France et aux Etats-Unis, Amsterdam University Press, coll. « IMISCOE dissertations », , 342 p. (ISBN 9789089640482, lire en ligne), p. 60 :

    « Reconnus comme un faux, les Protocoles des Sages de Sion ont donc malgré tout réussi à s'imposer au fil des années »

  23. Anne-Marie Duranton-Crabol, L'Europe de l'extrême droite : de 1945 à nos jours, vol. 43, Editions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle : Identités politiques européennes », , 221 p. (ISBN 9782870274040, lire en ligne), p. 42 :

    « En Italie, la brochure publicitaire des éditions Europa tenues par la tendance Ordre Nouveau, circulait lors des congrès du MSI en 1970 et 1973 ; y figuraient la traduction de Mein Kampf, le texte des Protocoles des Sages de Sion [...]. »

  24. Dominique Albertini et David Doucet, La Fachosphère : Comment l'extrême droite remporte la bataille d'Internet, Flammarion, , 318 p. (ISBN 9782081354913, lire en ligne) :

    « Le visionnage de ces vidéos postées sur Youtube révèle ainsi un discours syncrétique, empruntant à toutes les traditions de l'antisémitisme : la vieille tendance « de gauche » qui identifie les juifs au système capitaliste ; une lecture complotiste plus ancienne encore, culminant autour des célèbres faux Protocoles des Sages de Sion ; [...]. »

  25. a b et c (en) Cesare G. De Michelis, The Non-Existent Manuscript: a Study of the Protocols of the Sages of Zion, University Of Nebraska Press, (ISBN 978-0-8032-1727-0)
  26. a et b Pierre-André Taguieff, « Qui a fabriqué des textes antijuifs ? », Marianne,‎ numéro du 19 décembre 2009 au 1er janvier 2010
  27. (en) « PRINCESS RADZIWILL QUIZZED AT LECTURE », New-York Times,‎ (lire en ligne)
  28. (en) Richard S. Levy, Setting the Record Straight Regarding The Protocols of the Elders of Zion: A Fool's Errand, Nexus 2 — Essays in German Jewish Studies, (ISBN 9781571135636), p. 43-61
  29. Henri Rollin, L'Apocalypse de notre temps, Paris, Allia, (ISBN 2-904235-32-9), p. 517-522
  30. (en) Konrad Heiden, Der Fuehrer : Hitler's Rise to Power, Boston, Houghton Mifflin Company, , p. 1-18
  31. Éric Conan, « Les secrets d'une manipulation antisémite », L'Express,‎
  32. (en) Michael Hagemeister, « The Protocols of the Elders of Zion: Between History and Fiction », New German Critique, vol. 35, no 1,‎ , p. 83-95 (lire en ligne)
  33. a et b (en) Richard S. Levy, « Setting the Record Straight Regarding The Protocols of the Elders of Zion: A Fool's Errand? », Nexus: Essays in German Jewish Studies, Boydell & Brewer, Camden House, vol. 2,‎ , p. 45
  34. Urs Hafner, « Complot et contre-complot », Horizons, Fonds national Suisse,‎ , p. 22-24
  35. (en) « Dr Michael Hagemeister - The Protocols of the Elders of Zion The Facts Surrounding a Fiction », sur youtube, (consulté le 29 juin 2019)
  36. Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des sages de Sion. Faux et usages d'un faux, Paris, Berg et Fayard, , nouvelle éd.
  37. (de) Michael Hagemeister, Die "Protokolle der Weissen von Zion" vor Gericht. Der Berner Prozess 1933-1937 und die "antisemitische Internationale", Zürich, Chronos, , 645 p. (ISBN 9783034013857)
  38. (it) Cesare De Michelis, Il manoscritto inesistente "I protocolli dei savi di Sion: un apocrifo del XX secolo", Venise, Marsilio, 1998 (2e ed. 2004)
  39. a b c d et e Umberto Eco, De la Littérature, Grasset, , p. 367-370.
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  42. Adolf Hitler, Mein Kampf, Nouvelles Éditions latines, chap. XI, p. 307.
  43. Jeffrey Herf, L'Ennemi juif, p. 194.
  44. Arkadi Vaksberg, Staline et les Juifs. L'antisémitisme russe : une continuité du tsarisme au communisme, Robert Laffont, p. 76.
  45. a b et c Achcar 2009, p. 183-184.
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  50. Benny Morris, Victimes. Histoire revisitée du conflit arabo-sioniste, éditions Complexes, , p. 134.
  51. (en) Tom Segev, One Palestine. Complete, Holt Paperbacks, , p. 508-511.
  52. Selon Achcar 2009, p. 313-323, cette référence aux Protocoles marque plus un manque de culture que du racisme. Il resitue les mesures antijuives prises par Nasser dans le contexte du conflit israélo-arabe. Citation p. 319.
  53. Taguieff 2006, chap. « Chronologie ».
  54. Achcar 2009, p. 374.
  55. Traduction française de la Charte du Mouvement de la Résistance Islamique - Palestine (Hamâs) publiée dans Jean-François Legrain, Les Voix du soulèvement palestinien 1987-1988, Le Caire, Centre d'Études et de Documentation Économique, Juridique et Sociale (CEDEJ), 1991.
  56. Achcar 2009, p. 374-380.
  57. Plot Summary: Horseman Without A Horse.
  58. Pierre-André Taguieff, « Les Protocoles des Sages de Sion, ou le plus célèbre des faux anti-juifs », Le Point Hors-série, no 21,‎ , p. 88-89 ; Taguieff 2006 ; Catherine Nicault, « Le procès des protocoles des sages de sion, une tentative de riposte juive à l’antisémitisme dans les années 1930 », Vingtième Siècle, no 53,‎ , p. 68-84.
  59. Alain Goldschläger, « Lecture d’un faux ou l’endurance d’un mythe : Les Protocoles des Sages de Sion », Cahiers de recherche sociologique, no 12,‎ , p. 91-101.
  60. Alexandre Sulzer, « Islamisme radical et complotisme, une histoire d'amour », L'Express,‎ (lire en ligne).
  61. « Il était une fois, le solide succès des théories du complot », sur La Libre Belgique (consulté le 15 février 2018).
  62. Arrêté du 25 mai 1990 interdisant la circulation, la distribution et la mise en vente d’un ouvrage. NOR: INTD9000211A (JORF n°121 du 26 mai 1990), voir en ligne.
  63. L'arrêté n’est plus en vigueur puisqu’il se basait sur l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881 relatif au contrôle de la presse étrangère, lequel article, après avoir été modifié à plusieurs reprises, notamment par le décret-loi du 6 mai 1939, fut définitivement abrogé à la suite de l'avis n° 380.902 du Conseil d’État rendu le 10 janvier 2008. (Voir le résumé des modifications concernant l’article 14 de la Loi du 29 juillet 1881.). Cet avis faisait suite à la décision n° 243634 du Conseil d’État en date du 7 février 2003, selon laquelle le décret-loi du 6 mai 1939, qui modifiait l'article 14 de la Loi du 29 juillet 1881, était abrogé par l'article 1er du décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004 (Décret no 2004-1044 du 4 octobre 2004 portant abrogation du décret-loi du 6 mai 1939 relatif au contrôle de la presse étrangère. NOR: INTD0400141D. le texte).
  64. Philippe Randa (dir.), Protocoles des Sages de Sion. Un paradoxe politique, théorique et pratique, Paris, Déterna, .
  65. « […] La majorité des livres diffusant les thèses d'extrême d'extrême droite sont édités chez Dualpha. Son patron, Philippe Randa, est lui-même un ancien activiste de l'extrême droite musclée. Il assure la diffusion de ses propres livres et des auteurs qu'il édite (notamment la réédition d'ouvrages doctrinaux d'idéologues nazis comme Joseph Goebbels et Alfred Rosenberg, un théoricien du IIIe Reich). », Martine Vandemeulebroucke, « L'extrême droite en un clic », Le Soir, mardi 8 janvier 2008.

BibliographieModifier

  • Henri Rollin, L'Apocalypse de notre temps, Allia, (1re éd. 1939).
  • Norman Cohn (trad. Léon Poliakov), Histoire d'un mythe : la « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion [« Warrant for genocide »], Gallimard, coll. « La Suite des temps », , 300 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne], [présentation en ligne].
    Réédition : Norman Cohn (trad. Léon Poliakov), Histoire d'un mythe : la « conspiration » juive et les protocoles des sages de Sion [« Warrant for genocide »], Gallimard, coll. « Folio / Histoire » (no 44), , 302 p., poche (ISBN 2-07-032692-6).
  • Léon Poliakov, Histoire de l'antisémitisme (de Voltaire à Wagner), Paris, Calmann-Lévy, .
  • Léon Poliakov, La Causalité diabolique, Paris, Calmann-Lévy, .
  • Renée Neher-Bernheim, Le Best-seller actuel de la littérature antisémite : les « Protocoles des Sages de Sion », Pardès, .
  • Pierre-André Taguieff, Les Protocoles des Sages de Sion, Paris, Berg International, 1992 :
    • Tome I : Un Faux et ses usages dans le siècle, 408 p. (2e édition revue et augmentée, Fayard, 2004 (ISBN 2-213-62148-9)) ;
    • Tome II : Études et documents, 816 p. (ISBN 2-911289-57-9).
  • Pierre-André Taguieff, L'Imaginaire du complot mondial. Aspects d'un mythe moderne, Mille et une nuits, coll. « Les Petits Libres », (ISBN 2-84205-980-8).
  • Pierre-André Taguieff, « Hitler, les Protocoles des Sages de Sion et Mein Kampf », Revue d'histoire de la Shoah, Paris, Mémorial de la Shoah, no 208 « Les racines intellectuelles de Mein Kampf »,‎ , p. 239-273.
  • Catherine Nicault, « Le procès des Protocoles des Sages de Sion : une tentative de riposte juive à l'antisémitisme dans les années 1930 », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, Paris, Presses de Sciences Po, no 53,‎ , p. 68-84 (lire en ligne).
  • Cesare G. De Michelis, « Les Protocoles des sages de Sion : philologie et histoire », Cahiers du monde russe, Éditions de l'École des hautes études en sciences sociales, vol. 38, no 3,‎ , p. 263-305 (lire en ligne).
  • Will Eisner (trad. Pierre-Emmanuel Dauzat, préf. Umberto Eco), Le Complot : l'histoire secrète des Protocoles des Sages de Sion [« The Plot : the Secret Story of the Protocols of the Elders of Zion »], Paris, Grasset, , 143 p. (ISBN 2-246-68601-6, présentation en ligne). — bande dessinée.
  • Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah, Sindbad, .
  • Jeffrey Herf (trad. Pierre-Emmanuel Dauzat), L'ennemi juif : la propagande nazie, 1939-1945 [« The Jewish Ennemy : Nazi Propaganda during World War II and the Holocaust »], Paris, Calmann-Lévy, coll. « Mémorial de la Shoah : histoire », , 349 p. (ISBN 978-2-7021-4220-2).
  • (en) Philip Graves, « The Truth about the Protocols: A Literary Forgery », The Times of London,‎ (lire en ligne).
  • (en) Richard Landes (dir.) et Steven T. Katz (dir.), The Paranoid Apocalypse : A Hundred-Year Retrospective on The Protocols of the Elders of Zion, New York University Press, coll. « Elie Wiesel Center for Judaic Studies Series », 2012, 264 p., présentation en ligne.

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