La calomnie est une « accusation mensongère qui blesse la réputation et l’honneur » ou une « utilisation systématique d'allégations mensongères en vue de discréditer quelqu’un »[1]. En ce sens c'est une notion proche de l'injure et de la diffamation. La calomnie est une façon de haïr quelqu'un en utilisant par exemple des mensonges pour briser sa réputation et lui faire du mal intentionnellement par méchanceté.

La calomnie peut prendre plusieurs formes : interrogation rhétorique calomnieuse, aposiopèse, réticence[2]. Elle peut laisser des traces dans l'opinion : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ! » comme le rappelle l'apophtegme de Francis Bacon[3].

Point de vue philosophiqueModifier

Point de vue juridiqueModifier

Le(s) législateur(s) désirant que la calomnie soit un acte punissable, sont confrontés à la difficulté de lui donner une définition permettant d'en apporter la preuve. On notera que cette situation peut amener à des interprétations relativement divergentes du concept. Le droit suisse, par exemple, adopte une définition très littérale de ce terme, mais qui est presque impossible à prouver, alors que la définition du droit belge est au contraire beaucoup plus simple à établir.[réf. nécessaire]

BelgiqueModifier

En Belgique, quelqu'un est coupable de calomnie s'il porte atteinte sans preuve à l'honneur d'un tiers, alors que la loi admet la preuve du fait imputé, et de diffamation lorsque la loi n'admet pas cette preuve (Par exemple, parce qu'elle est obtenue illégalement ou pour cause de prescription). ( les « atteintes portées à l'honneur » sont prévues dans le Chapitre V du Code pénal, articles 443 à 453-bis.)

FranceModifier

En droit français, le terme, longtemps utilisé, n'est plus employé que pour la dénonciation calomnieuse. L'incrimination a largement été remplacée par celle de diffamation. La seule expression dans laquelle cette incrimination spécifique persiste est la « dénonciation calomnieuse » prévue par l'article 226-10 du code pénal.

La dénonciation calomnieuse est une dénonciation considérée comme infondée.

SuisseModifier

Selon le Code pénal suisse, il y a calomnie quand le calomniateur, connaissant la fausseté de ses allégations, cherche délibérément à ruiner la réputation de sa victime[4]. L'auteur sait qu'il s'agit de mensonges, sinon c'est de la diffamation.

Point de vue religieuxModifier

ChristianismeModifier

Dans la BibleModifier

Plusieurs passages de l'Ancien Testament évoquent la calomnie[5] :

  • Proverbes (26, 22-24) :
« Les paroles d’un calomniateur sont comme des choses à avaler avec avidité, qui descendent jusqu’au tréfonds du ventre. Comme une glaçure d’argent appliquée sur un tesson, [ainsi] sont des lèvres ardentes avec un cœur mauvais. Avec ses lèvres celui qui a de la haine se rend méconnaissable, mais au-dedans de lui il met la tromperie. Bien qu’il mette de la grâce dans sa voix, ne te fie pas à lui, car il y a sept choses détestables dans son cœur. La haine est couverte par la tromperie. Sa méchanceté sera dévoilée dans l’assemblée. »
  • Psaumes (15, 1-5) :
« Celui qui marche dans l’intégrité, qui pratique la justice et qui dit la vérité selon son cœur. Il ne calomnie point avec sa langue, il ne fait point de mal à son semblable, et il ne jette point l’opprobre sur son prochain. »

La calomnie est aussi évoquée dans le Nouveau Testament :

  • Luc (6, 27) :
« En ce temps-là, Jésus déclarait à ses disciples : « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent. Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent, priez pour ceux qui vous calomnient. »

Église catholiqueModifier

La calomnie détruit l’œuvre de Dieu, car elle naît de la haine. Elle est fille du «père du mensonge » et veut anéantir l’homme, en l’éloignant de Dieu. C’est ce que le Pape François a dit lors de la Messe du 15 avril 2013. La calomnie est vieille comme le monde et on en parle déjà dans l’Ancien Testament. Il suffit de penser à l’épisode de la reine Jézabel avec la vigne de Naboth, ou à celui de Suzanne avec les deux juges. Lorsque l’on ne pouvait pas obtenir quelque chose « en empruntant une voie juste, une voie sainte », on utilisait la calomnie, qui détruit. « Cela nous fait penser — a commenté le Pape — que nous sommes tous pécheurs : tous. Nous avons péché. Mais la calomnie est une autre chose ». C’est un péché, mais c’est quelque chose de plus, parce qu’elle « veut détruire l’œuvre de Dieu et naît de quelque chose de très méchant : elle naît de la haine. Et c’est Satan qui crée la haine ». Mensonge et calomnie vont de pair parce qu’ils ont besoin l’un de l’autre pour aller de l’avant. Et sans aucun doute, a ajouté le Pape « là où il y a calomnie, il y a Satan, précisément lui »[6].

Notes et référencesModifier

  1. Dictionnaire de l'Académie française, calomnie
  2. Olivier Reboul, Introduction à la rhétorique : théorie et pratique, PUF, , p. 133.
  3. Francis Bacon, Essai sur l'athéisme, 1597
  4. Code pénal suisse (CP) du (état le ), RS 311.0, art. 174.
  5. La calomnie, un procédé vieux comme le monde
  6. « La calomnie détruit l'œuvre de Dieu (15 avril 2013) | François », sur www.vatican.va (consulté le )

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Fosca Mariani Zini, La calomnie, un philosophème humaniste, Septentrion, 2015, 176 p.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier