La Fère

commune française du département de l'Aisne

La Fère
La Fère
Sur un dessin de J. Peeters publié dans Topographia Galliæ, 1656, bibliothèque Carnegie (Reims).
Blason de La Fère
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Hauts-de-France
Département Aisne
Arrondissement Laon
Intercommunalité Communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère
Maire
Mandat
Marie-Noëlle Vilain
2020-2026
Code postal 02800
Code commune 02304
Démographie
Gentilé Laférois(es)
Population
municipale
2 847 hab. (2018 en diminution de 2,33 % par rapport à 2013)
Densité 423 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 39′ 45″ nord, 3° 21′ 59″ est
Altitude Min. 47 m
Max. 80 m
Superficie 6,73 km2
Unité urbaine Tergnier
(banlieue)
Aire d'attraction Tergnier
(commune du pôle principal)
Élections
Départementales Canton de Tergnier
Législatives Première circonscription
Localisation
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La Fère

La Fère est une commune française située dans le département de l'Aisne, en région Hauts-de-France.

Ancien siège de l'École royale d'artillerie de La Fère, elle est connue pour abriter la statue de l'Artilleur qui ornait auparavant le pont de l'Alma de Paris.

GéographieModifier

La ville se situe 30 kilomètres au sud de Saint-Quentin, et 25 kilomètres au nord-ouest de Laon, la préfecture du département de l'Aisne. La commune est à l'origine de la route départementale qui relie La Fère à Origny-Sainte-Benoite. La prochaine commune rencontrée sur cette route est Achery.

LocalisationModifier

  Travecy Achery  
N Danizy
O    La Fère    E
S
Beautor Andelain Charmes

UrbanismeModifier

TypologieModifier

La Fère est une commune urbaine[Note 1],[1]. Elle fait en effet partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[2],[3]. Elle appartient à l'unité urbaine de Tergnier, une agglomération intra-départementale regroupant 7 communes[4] et 22 251 habitants en 2017, dont elle est une commune de la banlieue[5],[6].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Tergnier, dont elle est une commune du pôle principal[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 14 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[7],[8].

Occupation des solsModifier

 
Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (50,3 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (66,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (45,7 %), eaux continentales[Note 3] (26,1 %), zones urbanisées (19,6 %), forêts (3,9 %), terres arables (2,7 %), zones agricoles hétérogènes (1,9 %)[9].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[10].

ToponymieModifier

HistoireModifier

Moyen ÂgeModifier

Eudes Ier, comte de Paris et marquis de Neustrie, puis roi des Francs de 888 à 898, mourut à La Fère, siège de son camp d'hiver, le [11].

Vers le XIe siècle, La Fère en Picardie devient le fief des seigneurs de Coucy, puissants rivaux de la jeune monarchie capétienne. Ils construisent des fortifications qui vont défier longtemps les rois de France.

En 1187, le tournoi de La Fère, donné par le sire de Coucy Raoul Ier dans les prairies, entre La Fère et Vendeuil, dura une semaine. Le sire de Coucy fit annoncer ce grand tournoi jusqu'en Belgique, lança de nombreuses invitations.

L'héritage picard (Soissons en partie, La Fère, Marle...) de la dernière des Coucy, Marie (1366-1405), passa à son fils Robert de Bar (-le-Duc), comte de Marle et de Soissons, puis à la fille de ce dernier, Jeanne, épouse du connétable Louis de Luxembourg-Saint-Pol. La petite-fille de ces derniers, Marie de Luxembourg-Saint-Pol (morte à La Fère ou à Ham), par son deuxième mariage avec François de Bourbon comte de Vendôme, transmit ces fiefs aux Bourbons-Vendôme (Antoine de Bourbon, né au château de La Fère en 1518, père d'Henri IV, et Louis prince de Condé étaient leurs petits-fils).

Époque moderneModifier

En 1545, lors de la guerre de François Ier contre Charles Quint, la Picardie était de nouveau envahie : « Le roy s'achemina pour tirer à La Fère-sur-Oise, duquel lieu il pourroit ordonner ses affaires selon qu’il s’offriroit. »

Siège de 1580Modifier

Au cours de la septième guerre de Religion, La Fère est prise par surprise, par le prince de Condé, fils de Louis Ier, le [12]. Elle est reprise après un siège que les troupes royales du maréchal de Matignon appliquent avec ténacité du à début [13].

Ce siège de 1580 fut appelé siège de Velours car les ducs d'Épernon, Joyeuse et d’autres jeunes seigneurs y vinrent en brillant équipage et les vivres abondaient. Il n’en fut pas moins long (du au ) et dur. Ce siège de Velours où fêtes et réjouissances alternèrent avec les décharges d’artilleries, fit perdre plus de 4 000 hommes aux assaillants et 800 aux assiégés[14]. On écrivit et répéta partout qu’une mauvaise bête avait dévoré tous les mignons du roi Henri III, et La Fère prit le surnom de Féra (bête féroce). Cette étymologie quelque peu fantaisiste n'occulte pas une toponymie plus scientifique : une fère, en langue d'oïl, signifierait une colonie, une famille installée sur un domaine ou habitation agricole, et donc un peuplement rural par des populations déplacées. Le , la ville de La Fère se rend aux troupes royales[15].

Siège de 1595Modifier

 
Siège de la Fère par Claude Chastillon.

En 1586, la Ligue bat son plein, la guerre des trois Henri également. En 1589, le huguenot Henri de Navarre/Bourbon-Vendôme (futur Henri IV de France) est à la tête d'une armée dans l'Ouest du royaume. Devenu roi de 1589 à 1610, Henri IV s’empare peu à peu des places que les Espagnols défendent avec acharnement et décide de faire le siège de La Fère en 1595. Depuis presque deux ans, La Fère est assiégée. Le roi fera inonder la cité en barrant la vallée de l’Oise entre Andelain et Beautor par une ligne de 1 500 mètres ce qui amènera la ville à capituler le [16]. Seigneur de La Fère comme on l'a vu plus haut, Henri IV réunit alors La Fère au domaine de la Couronne et y établit un bailliage royal qui s'étendait sur la ville, les faubourgs et sur seize villages voisins. Ce bailliage ressortissait à celui de Laon.

La Fère pendant la FrondeModifier

En 1643, La Fère a été donnée en douaire à la reine Anne d’Autriche, et pendant la Fronde, elle s’y abrite avec son ministre le cardinal Mazarin, ses deux fils et la Cour, contre l’opposition des grands seigneurs révoltés. Quand la révolte s’apaise, Mazarin s’attache à notre cité et il y revient en 1654 pour suivre de près les efforts de ses armées en campagne plus au nord. Le comté de Marle et La Fère seront donnés à son neveu par alliance, Armand-Charles de La Porte duc de La Meilleraye (mari d'Hortense Mancini). Par ailleurs, Alexandre Dumas, de Villers - Cotterêts, se serait inspiré de La Fère pour recréer une vie à Athos, « comte de La Fère » dans Les Trois Mousquetaires et Vingt-ans après. Mais Dumas introduit aussi la forêt de la Fère dans un autre roman, Les Quarante-Cinq suite de la Dame de Monsoreau, où dans les années 1580 l'héroïne éponyme, ancienne amante de feu Bussy d'Amboise, passe avec l'ancien ami et médecin de celui-ci, Rémy Le Haudouin, pour empoisonner à Chateau-Thierry un de ses assassins, le duc d'Anjou. Dans la forêt de La Fère Remy y poignarde le complice du prince, Aurilly.

Époque contemporaineModifier

Sièges de 1814 et 1815Modifier

Pendant la campagne de France; en février 1814, Laon étant occupée par les troupes russo-prussiennes de Wintzingerode, la préfecture de l'Aisne et le commandement militaire du département sont transférés à La Fère. Les fortifications, bien que négligées depuis le début du siècle, sont assez solides, pourvues d'une bonne artillerie et d'un arsenal, et entourées de prairies inondées par les pluies d'hiver. La garnison comprend 300 hommes de troupes de ligne, plus la garde nationale. Le 19 février, les cosaques font une brève incursion dans le faubourg de Notre-Dame de La Fère mais, le 22 février, un détachement du train français venu de La Fère, aidé par des paysans armés, surprend un convoi gardé par des cosaques à Mons-en-Laonnois et ramène des prisonniers, des chevaux et du butin[17]. Quelques jours plus tard, un autre corps russo-prussien, commandé par Bülow, traverse l'Aisne : il entre à Chauny le 26 février et menace de détruire la ville après que des ouvriers de la manufacture de Saint-Gobain ont tiré sur ses hommes. Le 27, les Russo-Prussiens arrivent devant La Fère où le gel a rendu les fossés franchissables : après un bombardement d'artillerie, la place se rend et la garnison l'évacue le 28 contre promesse de ne plus servir dans cette guerre ; les coalisés emportent de l'arsenal 25 canons et de grands approvisionnements en bois et métaux qui sont emmenés par péniches[18].

Quelques jours après Waterloo, un nouveau corps de Prussiens marchant sur Paris, commandé par le général Zieten, s’arrête le devant La Fère : le maréchal de camp François-Paul Berthier décide de défendre la place avec une faible garnison malgré la désertion d'une partie de la garde nationale[19]. Les Prussiens n'insistent guère et continuent leur chemin vers Paris.

Guerre de 1870 : bataille de La Fère (26-27 novembre)Modifier

Extrait du livre édité par le syndicat d'initiative de La Fère : La Fère, son histoire… : Le , la ville est soumise à des bombardements qui, durant 30 heures, incendient les casernes, une partie des maisons, l’hôtel de ville et l’Hôtel-Dieu ; on dit que plus de trois mille obus sont tombés sur la cité. Le capitaine Jacques Ferdinand Planche est contraint de capituler le . La Fère est occupée jusqu’au .

Première Guerre mondialeModifier

Pendant la Première Guerre mondiale (1914-1918), La Fère est occupée dès le et sert de bastion à la ligne Hindenburg (1916-1918). De nombreux blockhaus sont construits. Une importante offensive française y est menée à partir du 24 mars 1918. Le , la 1re armée française du général Debeney franchit l’Oise et libère la ville.

Seconde Guerre mondialeModifier

Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), La Fère est envahie le et la caserne sert de camp provisoire aux prisonniers faits par les Allemands (« Front StaLag 191 »). La ville est alors en zone occupée, en « France allemande » comme disent les anciens Laférois. La ligne de démarcation était représentée par le canal de la Sambre à l’Oise, et comme il n’y avait qu’un seul lycée, celui de La Fère, les jeunes de Chauny, Tergnier… devaient disposer d’un laissez-passer pour venir y étudier. Tous les commerçants devaient présenter un ausweis (carte d’identité) ou passierschein (laissez-passer) pour aller, par exemple, chercher leurs marchandises.

Le , la 28e division d’infanterie américaine, basée à Charmes, qui a subi de lourdes pertes durant les combats, libère La Fère.

Au cours de ces deux guerres mondiales, La Fère dut faire face aux nombreuses destructions de son patrimoine.

Fin du XXe siècleModifier

Ville de garnison aux XIXe et XXe siècles, où stationnait notamment le 41e régiment d'artillerie de marine, (le 41e R.A.M.A.), qui est dissous en . La vie militaire a disparu de la ville de La Fère. Seules les casernes rappellent ces trois siècles d’histoire, et au fil des ans, un pôle social s'est installé sur le site.

Politique et administrationModifier

Découpage territorialModifier

La commune de Fère est membre de la communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Chauny. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[20].

Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Laon, au département de l'Aisne et à la région Hauts-de-France[21]. Sur le plan électoral, elle dépend du canton de Tergnier pour l'élection des conseillers départementaux, depuis le redécoupage cantonal de 2014 entré en vigueur en 2015[21], et de la première circonscription de l'Aisne pour les élections législatives, depuis le dernier découpage électoral de 2010[22].

Administration municipaleModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Aux élections européennes de 2014, le Front National a obtenu un score approchant les 43 %. Autrefois, ville réputée bourgeoise, celle-ci concentrait un fort électorat de droite. Aujourd'hui, les habitants de la commune connaissent des difficultés économiques depuis le départ de l'armée en 1993 ; cependant l'endettement de la commune elle-même reste faible par rapport à la moyenne nationale[23].

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1945 1947 Mme Laurent    
1947 1959 Jean Boudot-Lamotte   Officier
1959 mars 1989 Albert Catalifaud UNR-RPR Député
mars 1989 juillet 2020 Raymond Deneuville UMP-LR Retraité
Réélu pour le mandat 2014-2020[24],[25]
juillet 2020[26] En cours
(au 4 juillet 2020)
Marie-Noëlle Vilain   Retraitée[27]

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[28]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[29].

En 2018, la commune comptait 2 847 habitants[Note 4], en diminution de 2,33 % par rapport à 2013 (Aisne : −1,25 %, France hors Mayotte : +1,78 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 4832 6002 7212 6782 7922 6513 9114 6324 441
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
4 1224 0614 9844 1584 9145 1094 9515 3945 011
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
4 9824 7455 0952 1363 1613 3313 5332 7503 485
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
3 1613 7033 5312 9792 9302 8172 8663 0122 847
2018 - - - - - - - -
2 847--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[30] puis Insee à partir de 2006[31].)
Histogramme de l'évolution démographique

Population et sociétéModifier

En , la ville fait partie des 20 villes de France les plus sûres en matière d'atteinte aux biens, agressions physiques et cambriolages comme le souligne L'Express[32].

ÉquipementsModifier

Établissements scolairesModifier

La Fère a deux écoles maternelles, trois écoles primaires, un collège public (Marie de Luxembourg) classé en "Zone d'éducation prioritaire" depuis 2012, un lycée professionnel public (Jean Monnet) et un collège privé hors contrat (Cours Clovis).

La population n'a pas assez d'élèves qui continuent les cours après l'âge de 16 ans. Une minorité opte pour le CFA à Laon.

Les étudiants souhaitant faire des études générales vont à Chauny située à 17 km, ou à Laon située à 25 km et Saint-Quentin, 31 km.

Culture locale et patrimoineModifier

Lieux et monumentsModifier

Sont classés aux Monuments historiques :

  • l'église Saint-Montain[33] ;
  • le château de La Fère[34] : propriété de l'État, il a été transformé en appartements pour officiers de l'école d'artillerie ;
  • un immeuble du XIXe siècle, situé au 3 rue Henri-Martin[35] ;
  • la caserne du quartier Drouot : le « vieux » quartier date de 1720, le « neuf » de 1767 ; ils avaient pour but d'accueillir l'une des premières écoles d'artillerie, créée en 1719[36] ;
  • le musée Jeanne-d'Aboville au 5 rue du Général-de-Gaulle, dont la collection d'environ 400 tableaux a été léguée à la ville de La Fère par la comtesse de Valincourt en  ;
  • le monument aux morts, datant de 1924 : c'est l'un des rares en France en hommage aux artilleurs ; le statuaire est René Bertrand Boutée (1877-1950), né à Maubeuge, sa signature se trouvant sur la ceinture de la sculpture du soldat et sur l'une des deux plaques de bronze ;
  • la statue de l'Artilleur, depuis 1974 (anciennement située à Paris sous le pont de l'Alma) ;
  • le temple protestant, rue du Général-de-Gaulle ;
  • ancienne abbaye du Calvaire de La Fère.

Activités associatives, culturelles, touristiques, festives et sportivesModifier

  • Les élèves de l'école Jean-Moulin de La Fère ont ouvert le le troisième chemin des écoliers du département de l’Aisne, sous l’impulsion du comité départemental de randonnée pédestre, avec l'aide des services techniques de la ville, de l'association de pêche « La Brème » de La Fère...
  • Ville fleurie : trois fleurs attribuées en 2007, 2008, 2009, 2010 par le Conseil des Villes et Villages Fleuris de France au Concours des villes et villages fleuris[37].
  • Du 16 au eut lieu la première rencontre entre les clubs de football d'Ochsenhausen, cité allemande, et La Fère, organisée par l'Union Sportive Laféroise, avec le concours de la Ville. En 1980, une charte de jumelage avec Ochsenhausen fut signée.
  • Le Petit Laférois est le journal local.
  • Le club de football de la commune est l'Union Sportive Laféroise. Le club de handball est l'HBLF, les seniors hommes jouent dans la catégorie Nationale 3 comme les volleyeuses.
  • Un city-stade a été construit en novembre 2014 pour permettre aux jeunes de pratiquer plusieurs sports sur un même terrain[38].

Implantation militaireModifier

 
Les magasins d'Artillerie et l'Oise, au début du XXe siècle.

Unités militaires ayant été en garnison à La Fère :

Extrait du livre La Fère, son Histoire édité par le syndicat d'initiative : « … En 1666, le duc de Mazarin alors « Grand Maître de l'Artillerie », bâtit un arsenal, ou plutôt lui fit subir d'importants agrandissements, afin de soutenir les armées de Louis XIV engagées dans la guerre en Flandre. Il y adjoint en 1672 un moulin à poudre, au sud de l'Arsenal, au-delà des fortifications, et de l'autre côté de l'Oise, sur une île appelée « demi-lune ». Avant que Vauban ne refortifie les frontières du nord de la France dans le cadre du « pré carré », l'arsenal de La Fère disposait déjà d’un système bastionné : seul vestige de ces fortifications, une « Dame Jeanne » de briques rappelle que pendant la première partie du XVIIe siècle, La Fère était avant tout une place forte. La fonction de cette « dame » était d'empêcher les assiégeants de cheminer sur le mur, appelé batardeau, au-delà duquel se trouvait un fossé inondable. Souvent appelée à tort « l’échauguette » cette « Dame » située près du « Bouillon », est l’un des plus anciens témoins de l'histoire de l'Arsenal… »

Les deux écoles d'artillerie de la FèreModifier

 
Le cadran solaire de la caserne d'Auxonne mentionne la ville et son régiment.

La première école militaire de La Fère fut créée de 1720 à 1732 (dans les « vieux quartiers ») de l'Arsenal, en même temps que celles de Metz (qui, fusionnée avec l'ex-école royale du génie de Mézières, devait devenir école d'application de Polytechnique), Strasbourg, Grenoble et Perpignan, par l'ordonnance royale du . Cette ordonnance tirait les conclusions des dernières campagnes de Louis XIV en faisant de l'artillerie une arme scientifique, avec des officiers formés en conséquence. Chacune des cinq villes concernées abriterait un régiment de 4 000 hommes, avec une école d'artillerie à demeure.

L'école d'artillerie de La Fère doit sa renommée en grande partie à la qualité des enseignants qui y servirent. Le premier d'entre eux fut l'ingénieur des fortifications Bélidor (de 1720 à 1740). Répondant à la demande du ministère de la Guerre, Bélidor s'attacha à dresser des tables balistiques universelles et dispensa aux élèves-officiers un enseignement scientifique complet. En 1740, la succession de Bélidor dans cette fonction fut assurée par un professeur de mathématiques, l'abbé Deidier, remplacé à son tour par l'abbé Nollet à partir de 1757. Nollet enseignait, outre les mathématiques, l'hydraulique, la physique et la chimie.

Le , Louis XV annexa à l'école d'artillerie une école et une compagnie d'élèves des cadets, dite « la cinquantaine ». Elle fut transférée de La Fère à Bapaume en 1766, la municipalité ne pouvant assurer l'entretien des casernes. Seule resta la première école avec messieurs Deidier et Bélidor comme professeurs.

Choderlos de Laclos (1759-1761), Gribeauval et le général Foy y firent leurs classes. Le général Augustin Marie d'Aboville fut nommé par Napoléon commandant de l'école à partir de 1809.

Napoléon Bonaparte servit dans le régiment d'artillerie de la Fère sous les ordres du baron du Teil, mais, contrairement à la légende, il ne fut jamais affecté à La Fère, ce régiment étant cantonné à Valence puis à Auxonne. En 1820, cette première école fut transférée dans le château de La Fère et y demeura jusqu'en 1903. À partir de cette date, le château fut transformé en appartements pour officiers.

Personnalités liées à la communeModifier

  • Marie de Luxembourg (vers 1472-1547) est décédée à La Fère le .
  • François de Bourbon (1519-1546), comte d'Enghien, est né au château de La Fère en 1519.
  • Abbé Henri-Marie Boudon (1624-1702), né à La Fère, baptisé en la collégiale Saint-Montain de La Fère.
  • Dès la création à La Fère de la première École d’artillerie de France par Louis XV, Bernard Forest de Bélidor (1698-1761), ingénieur militaire français y devient professeur de mathématique de 1720 à 1741.
  • Abraham Hanibal (1696-1781) : après avoir été l’officier d’ordonnance du tsar Pierre le Grand de Russie, Abraham est envoyé en 1720 en France où il suit des études militaires et d'ingénieur à Paris et à l'École d'artillerie de La Fère.
  • Le général anglais George Eliott (1717-1790) gouverneur victorieux du siège de Gibraltar (1779-1783), est un ancien cadet de l'École de La Fère. C'est le célèbre ingénieur Bélidor qui l'a formé.
  • Monsieur de Villepatour (1719-1781), lieutenant général d’artillerie, fut nommé vers 1768 inspecteur successivement en Alsace, en Provence, et à l'école d'artillerie de La Fère.
  • Louis Jean Charles d'Urtubie (1730-1808), général des armées de la République, maire de la commune, y est né et décédé.
  • Théodore Bernard Simon Durtubie dit d'Urtubie de Rogicourt (1741-1807), général des armées de la République et de l'Empire, frère du précédent, y est né.
  • Jean-Pierre Doguereau (1774-1826), général des armées de la République et de l'Empire, ancien commandant de l'école d'artillerie de La Fère, mort dans cette ville.
  • Le général Gabriel Neigre (1774-1847) est né à La Fère le .
  • Le comte Louis Antoine Drouot (1774-1847), officier, rejoint en , depuis Châlons-sur-Marne, le régiment de La Fère, nouvellement appelé 1er régiment d’artillerie.
  • Louis François Jean Leblanc (1786-1857), vice-amiral né à La Fère.
  • Auguste-Jean-Alexandre Law de Lauriston (1790-1860) est né à La Fère le .
  • Jacques Ferdinand Planche, contre-amiral né à Grenoble le , mort à Toulon le . Commandeur de la Légion d'honneur, ancien commandant de la place de La Fère pendant la guerre de 1870-1871[39].
  • Georges-Auguste Florentin (1836-1922), général de division français, gouverneur militaire de Paris, et Grand chancelier de la Légion d'honneur, est né à La Fère le dans la « Maison Dupuis », à gauche du Culte évangélique, place de l’Esplanade (actuellement face à l’Artilleur). Il est l’auteur de diverses inventions dans le domaine des poudres des mortiers et des canons dont le canon « Florentin » déposé aux Invalides à Paris et un télégraphe optique.
  • Le général Maitrot (1849-1924), commandant du Camp de Châlons, Mailly.
  • Eugène Courboin (1851-1915), peintre, y est né.
  • Ernest Mosny, né à La Fère le , mort le à Paris. Médecin, il fut moniteur au laboratoire de pathologie expérimentale et comparée : un ouvrage paru en 1907 consacré aux sanatoriums qui portait sur les questions d'hygiène hospitalière, appartenait au monumental Traité d’hygiène, dirigé par Paul Brouardel et Ernest Mosny… Rapport sur les épidémies en France pendant l'année 1910, au nom de la commission permanente des épidémies, tome 42 (1911), p. 1-23 - L'étiologie et la prophylaxie de la fièvre typhoïde (Revue Scientifique 1910 - - no 20).
  • Henri Gambart, auteur dramatique et réalisateur né à La Fère (1877-1935).
  • Maurice Boudot-Lamotte (1878-1958), artiste peintre né à La Fère. Son talent fut salué par l'historien de l'art Élie Faure[40]. Il était aussi un collectionneur de tableaux très avisé. Sa collection et un fonds issu de son œuvre sont conservés au musée de Beauvais. Il est le frère de Jean Boudot-Lamotte (1885-1960), officier, maire de La Fère de 1947 à 1959, et l'oncle d'Emmanuel Boudot-Lamotte (1908-1981), photographe indépendant, ancien secrétaire et membre du comité de lecture des éditions Gallimard, par ailleurs ami et correspondant de Marguerite Yourcenar.
  • Robert Caudrilliers (1888-1959), journaliste, reporter-photographe, correspondant de guerre et frère de Raymond Caudrilliers dit Aimos, né à La Fère. Chevalier de la Légion d'honneur, il est le premier photographe français à avoir pris des vues aériennes dès 1908.
  • Camille Clovis Trouille ; né le à La Fère et décédé le à Neuilly-sur-Marne, est un peintre français. Plusieurs de ses œuvres sont visibles au Musée de Picardie d'Amiens.
  • Raymond Aimos alias Raymond Caudrilliers (1891-1944), acteur populaire des années 1930, y est né place des Marchés. Il a été tué dans les combats de la libération de Paris, frère de Robert Caudrilliers.
  • Béatrice Bretty (1893-1982), actrice, sociétaire de la Comédie-Française, maîtresse de Georges Mandel, y est née.
  • Jean Charbonnel, né le à La Fère, mort le 19 février 2014 à Paris, homme politique français.
  • Johan Radet, né le à La Fère, ancien joueur d'Auxerre.
  • Luc Ducalcon, né le à La Fère, joueur de rugby à XV français.

HéraldiqueModifier

  Blason
Fascé de vair et d'or[41].
Ornements extérieurs
Croix de guerre 1914-1918
Détails
Blason adopté par la municipalité.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon le zonage publié en décembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en celle d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Les eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres.
  4. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

RéférencesModifier

  1. « Zonage rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le )
  2. « Commune urbaine-définition », sur le site de l’Insee (consulté le )
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le )
  4. « Unité urbaine 2020 de Tergnier », sur https://www.insee.fr/ (consulté le ).
  5. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le ).
  6. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  7. « Base des aires d'attraction des villes 2020 », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le )
  8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur le site de l'Institut national de la statistique et des études économiques, (consulté le ).
  9. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statistiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le )
  10. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  11. Rudolf Schieffer, die Karolinger, p. 188 ff. Schneider et allii, Frz. Könige des Mittelalters, p. 13 ff.
  12. Pierre Miquel, Les Guerres de Religion, Paris, Fayard, , 596 p. (ISBN 978-2-21300-826-4, OCLC 299354152, lire en ligne)., p. 329
  13. Malgré les intrigues incessantes de Condé, les protestants n'ont ni secours ni aides concrètes, que ceux-ci viennent d'Allemagne ou de France. Fin août, des pourparlers s'engagent dont l'issue (impliquant le retour à l'autorité royale) ne fait aucun doute au vu de l'état des assiégés. Le 1er septembre, le traité aurait déjà été effectif selon certains historiens et le 12 septembre ne serait qu'une parade d'entrée royale, mais pour d'autres historiens, seulement à partir du 12 septembre après reddition sans condition. Outre les archives diplomatiques, le Journal de voyage de Montaigne fait mention brièvement de ce siège, d'où le nombre des commentaires historiques ultérieurs. Le seigneur Michel de Montaigne, chevalier du Roi, lors de sa visite d'adieu à Henri III au début de l'été, est prié par sa Majesté d'aller prêter main-forte aux assiégeants. Lui et sa modeste troupe, nullement préparée pour la guerre, mais obéissante, se rendent à La Fère, près de Tergnier, et se mettent au service du maréchal de Matignon. Après la mort de l'assiégeant Philippe de Grammont, Montaigne et ses compagnons, probablement démobilisés par Matignon, sont chargés de lui faire une dernière escorte et de faire rendre les honneurs au corps du soldat du Roi à Compiègne. Le secrétaire et scribe de Montaigne reste très discret sur l'attitude des compagnons du Roi, décrite ci-dessous, mais sa troupe de voyage n'a assisté ni au début ni à la fin du siège.
  14. M. Melleville, Histoire de la Ville et des Sires Coucy-le-Château], 1818, [lire en ligne], p. 294-295
  15. Agrippa d'Aubigné : L'histoire universelle 1re partie chapitre XIII page 367 et suivantes sur le siège de La Fère
  16. Le siège de La Fère par Henri IV
  17. Édouard Fleury, Le département de l'Aisne en 1814, Laon, 1858, p. 147-151 [1]
  18. Édouard Fleury, Le département de l'Aisne en 1814, Laon, 1858, p. 157-160
  19. Jean Baptiste Adolphe Charras, Histoire de la campagne de 1815: Waterloo, Bruxelles, 1857, p. 436-437 [2]
  20. « communauté d'agglomération Chauny-Tergnier-La Fère - fiche descriptive au 1er avril 2020 », sur https://www.banatic.interieur.gouv.fr/ (consulté le )
  21. a et b « Code officiel géographique- Rattachements de la commune de Fère », sur le site de l'Insee (consulté le ).
  22. « Découpage électoral de l'Aisne (avant et après la réforme de 2010) », sur http://www.politiquemania.com/ (consulté le ).
  23. http://www.journaldunet.com/business/budget-ville/la-fere/ville-02304
  24. Préfecture de l'Aisne consulté le 7 juillet 2008
  25. Mariam Fournier, « La Fère: Le nouveau conseil est installé », L'Aisne nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. Ludovic Quillet, « Marie-Noëlle Vilain officiellement élue maire de La Fère », L'Aisne nouvelle,‎ (lire en ligne, consulté le ) « Marie-Noëlle Vilain a pris ses fonctions vendredi soir. De manière symbolique, le maire sortant Raymond Deneuville lui a remis l’écharpe tricolore ».
  27. « La liste de Marie-Noëlle Vilain l’emporte à La Fère et s’impose après ce second tour », sur L'Aisne nouvelle (consulté le ).
  28. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  29. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  30. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  31. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  32. « Insécurité: le palmarès des villes de France », L'Express,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  33. « L'église Saint-Montain », notice no PA00115667, base Mérimée, ministère français de la Culture
  34. « Le Château », notice no PA00115666, base Mérimée, ministère français de la Culture
  35. « L'immeuble du 3 rue Henri-Martin », notice no PA00115668, base Mérimée, ministère français de la Culture
  36. « Le Quartier Drouot », notice no PA00132908, base Mérimée, ministère français de la Culture
  37. « Le palmarès des villes et villages fleuris », Le Courrier picard édition de l'Oise,‎
  38. « Région - L'actu en direct - L'Aisne nouvelle », sur L'Aisne nouvelle (consulté le ).
  39. http://lavieremoise.free.fr
  40. Gérald Schurr : Les petits maîtres de la peinture, valeur de demain, Les Éditions de l'Amateur, tome V, pages 164-165.
  41. « 02304 La Fère (Aisne) », sur armorialdefrance.fr (consulté le ).

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • La Fère, son histoire, La Fère, Éd. du syndicat d'initiative de La Fère et environs, , 112 p. (ISBN 978-2-7466-2175-6).

Articles connexesModifier

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