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Conférence de Wannsee

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Conférence de Wannsee (homonymie).

Photographie en couleurs de la façade de villa Marlier
La villa Marlier à Wannsee où se déroula la conférence en .
Photographie en couleurs d'intérieur de la villa Marlier
intérieur de la villa Marlier.

La conférence de Wannsee (en allemand : Wannseekonferenz [ˈvanˌzeːˌkɔnfeˈʁɛnt͡s][a]) réunit dans la villa Marlier de Berlin, le , quinze hauts responsables du Troisième Reich, délégués des ministères, du parti ou de la SS , pour mettre au point l'organisation administrative, technique et économique de la « solution finale de la question juive », voulue par Hitler et ensuite mise en œuvre, sur ses instructions, par Göring, Himmler, Heydrich et l'un des collaborateurs de ce dernier, Adolf Eichmann.

Au moment où la conférence se tient, la Shoah a débuté depuis déjà plusieurs mois : la déportation des Juifs du Reich a commencé ; depuis l'invasion de l'URSS, les Einsatzgruppen exécutent les Juifs par centaines de milliers à partir de  ; le camp d'extermination de Chełmno est en activité depuis décembre 1941 et d'autres centres de mise à mort sont en construction ou en projet.

Présidée par Reinhard Heydrich, la conférence, dont le secrétariat est assuré par Adolf Eichmann, dure moins de deux heures. Si elle est brève et n'est pas marquée par des décisions fondamentales, elle constitue une étape décisive dans la réalisation de la Shoah, en entérinant d'une part le contrôle total de la SS sur la mise en œuvre de l’extermination du peuple juif, d'autre part le rôle de Heydrich en tant que maître d’œuvre dans le processus destructeur puis en obtenant la collaboration sans entraves et le soutien sans failles de l'ensemble de l'appareil d'État.

La villa Marlier où eut lieu la conférence est depuis 1992 un lieu de mémoire.

Sommaire

ContexteModifier

Mesures antisémites du régime nazi avant-guerreModifier

La conférence de Wannsee ne peut être isolée de la volonté d'exclure la population juive de la société allemande, qui se traduit dans les faits, dès l'arrivée des nazis au pouvoir, et s'amplifie à partir de l'année 1933 jusqu'au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale[b].

 
Publication de la loi sur la protection du sang et de l'honneur allemand, l'une des trois lois de Nuremberg, au Reichsgesetzblatt.

Dès le , les Juifs sont, à quelques exceptions près, exclus de la fonction publique par la loi allemande sur la restauration de la fonction publique du 7 avril 1933 et son règlement d'application[2],[c]. Avec l'adoption des Lois de Nuremberg[d], le et les décrets d'application lui faisant suite, les Juifs ou demi-Juifs (Mischling) sont catégorisés sur une base légale, privés de leur citoyenneté, déchus de la plupart de leurs droits et chassés d'un nombre croissant de professions ; mariages et relations sexuelles entre Juifs et « citoyens de sang allemand ou apparenté » sont interdits et deviennent des délits[3]. Le durcissement de cette politique se poursuit en 1937 et 1938, avec la confiscation des passeports des Juifs allemands, les débuts de l'élimination des Juifs de la sphère économique, l'imposition de prénoms « juifs » et l'exclusion de sphères de plus en plus larges de la vie publique, économique et sociale[e],[4].

La nuit de Cristal des et marque une étape cruciale dans la radicalisation antisémite : outre les violences physiques et les destructions matérielles à grande échelle sur tout le territoire du Reich, elle est suivie, fin 1938 et courant 1939, par toute une série de mesures qui excluent de jure et de facto les Juifs de la société civile[f],[5] et par l'aryanisation forcée des entreprises et commerces juifs[6]. Pour Raul Hilberg, à la veille du déclenchement du conflit, la population juive du Reich[g] et du protectorat de Bohème-Moravie est soumise à des conditions de vie qui correspondent à une ghettoïsation, même s'il ne s'agit pas encore d'une concentration dans des quartiers enclos de murs, selon un processus en cinq étapes : « rupture imposée des relations de sociabilité entre Juifs et Allemands ; limitations de résidence ; réglementation des déplacements ; mesures d'identification spécifique ; enfin, institution de procédures administratives distinctes[7] ».

Déportations, ghettoïsation et assassinats de masseModifier

Avec l'invasion de la Pologne, deux millions[8] de Juifs tombent aux mains des Allemands dont la politique et les actions antisémites se durcissent. Dans le sillage des troupes de combat, les Einsatzgruppen constitués par Reinhard Heydrich procèdent au massacre systématique des francs-maçons, des Juifs, des communistes et des membres de l'intelligentsia, du clergé et de l'aristocratie »[9]. Comme l'indique Heydrich, en réaction aux protestations de certains généraux de la Wehrmacht, « nous voulons bien protéger les petites gens, mais les aristocrates, les curetons et les Juifs doivent être supprimés[10]. » Les tueries s'accompagnent d'un vaste processus de déportation, de concentration et de ghettoïsation : à partir du débute un vaste mouvement forcé de la population juive : les Juifs des territoires polonais incorporés au Reich, mais aussi les Juifs et Tziganes du Reich sont déportés vers le Gouvernement général de Pologne, ce qui finit par susciter de vives protestations du « gouverneur général » Hans Frank, débordé par l'ampleur des déportations[11]. Les ghettos se mettent en place tout d'abord dans les territoires incorporés dès l'hiver 1939-1940, et se multiplient au cours des mois suivants (Lodz en , Varsovie en octobre, Cracovie en , Lublin en avril, etc.)[12].

 
Membres d'un Einsatzkommando assassinant des Juifs dans la région de Kiev, en 1942.

Au cours de l'invasion de l'Union Soviétique, 2 500 000 Juifs[13] se retrouvent, au fil des avancées des armées allemandes, sous la domination nazie. Formés dès le printemps 1941, soit avant l'invasion, quatre Einsatzgruppen suivent la progression de la Wehrmacht et commettent des massacres à grande échelle qui visent, selon Heydrich « tous les fonctionnaires du Komintern, la plupart de ceux-ci devant être des politiciens de carrière ; les fonctionnaires de haut rang et de rangs intermédiaires ainsi que les extrémistes du parti communiste, du comité central et des comités régionaux et locaux ; les commissaires du peuple ; les Juifs occupant des fonctions au sein du parti communiste ou du gouvernement, ainsi que tous les autres éléments extrémistes, saboteurs, propagandistes, francs-tireurs, assassins, agitateurs[14]… » Les tueries se concentrent rapidement sur les Juifs, tout d'abord sur les adultes de sexe masculin, puis à partir d'[15], à l'ensemble de la population juive, sans distinction de sexe ou d'âge et sans aucun lien avec une éventuelle fonction au sein du parti communiste[16].

Le , Adolf Hitler prend la parole lors d’une réunion regroupant des ministres, à laquelle assistent notamment Hermann Göring, Alfred Rosenberg, Hans Lammers, Wilhelm Keitel et Martin Bormann, et où est abordée l’administration des territoires soviétiques occupés. Pour Hitler, les territoires à l’ouest de l’Oural doivent devenir « un jardin d’Éden germanique » ; il poursuit en déclarant que « naturellement, les vastes zones doivent être pacifiées au plus vite ; la meilleure manière d'atteindre ce résultat est d'abattre quiconque ose nous regarder de travers[h] ».

Les adjoints immédiats de Hitler, Göring et Heinrich Himmler, SS-Reichsführer, considèrent cette déclaration, comme d’autres propos tenus à la même époque par le Führer, et dont la plupart n’ont été rapportés que lors des procès d’après-guerre, comme une autorisation de procéder à une solution finale de la question juive plus radicale, incluant notamment la déportation de tous les Juifs présents dans les territoires occupés par l’Allemagne.

Göring est à cette époque le personnage le plus puissant du régime nazi après Adolf Hitler ; il a reçu le grade spécifique de Reichsmarschall et est désigné comme le successeur du Führer[18]. Pour Heydrich, toute instruction de Göring est soutenue par l’autorité de Führer ; Heydrich sait également que son supérieur immédiat, Himmler, est en faveur de l’extermination des Juifs. De plus, à cette époque, il a mis en place et commande les Einsatzgruppen qui ont entrepris l’assassinat en masse de la population juive des territoires récemment conquis en Union soviétique. Selon Rudolf Lange, commandant de l’Einsatzkommando 2 qui opère en Lettonie, ses ordres portent sur une solution radicale du problème juif, par l’exécution de tous les Juifs[19]. En commence la déportation vers l’Est des Juifs d’Allemagne, d’Autriche et de Tchécoslovaquie ; lorsque les trains chargés de déportés arrivent en Lettonie, Lange fait abattre tous les passagers. Mais cette méthode d’assassinat par fusillade s’avère rapidement impraticable pour le massacre de millions de personnes : le coût en munitions est inacceptable, et les SS éprouvent des problèmes psychologiques[i].

Les premiers camps d'extermination sont planifiés ou débutent leurs activités au cours du dernier trimestre de 1941 : la décision de créer le camp d'extermination de Belzec est prise en octobre[21] et les premiers gazages au camp d'extermination de Chelmno ont lieu le [22].

Planification de la conférenceModifier

« Je vous charge par la présente de prendre toutes les mesures préparatoires nécessaires du point de vue organisationnel, pratique et matériel pour une solution globale de la question juive dans la sphère d'influence allemande en Europe. Là où ces dispositions touchent à la compétence d'autres instances gouvernementales, leur participation doit être requise. Je vous charge en outre de me soumettre sous peu un plan d'ensemble des mesures organisationnelles, pratiques et matérielles nécessaires pour mener à bonne fin la solution finale souhaitée de la question juive »

— Lettre de Göring à Heydrich du , [23]

 
Göring avec Paul Conrath en 1942.

Le , Hermann Göring signe un document qui lui est soumis par Reinhard Heydrich, numéro deux de la SS et chef du RSHA, qui étend les pouvoirs confiés à ce dernier depuis le pour résoudre le problème juif par l'émigration ou l'évacuation. Heydrich se voit chargé de faire tous les préparatifs nécessaires pour la solution totale de la question juive dans tous les territoires sous contrôle allemand, de coordonner la participation des organisations dont les juridictions sont concernées et de soumettre un projet global pour la solution finale de la question juive (Endlösung der Judenfrage)[24]. Pour l'historien Arno Mayer, rien dans cette lettre n'implique, de manière explicite ou implicite, la préparation de l'élimination physique massive de millions de Juifs[23].

Au cours de la seconde moitié de l’année 1941, Heydrich et son état-major travaillent sur des projets d’évacuation des Juifs de tous les territoires occupés par l’Allemagne vers des camps de travail en Pologne ou plus à l’est, en Union soviétique, dont il pense que la conquête sera bientôt terminée : ceux qui sont incapables de travailler seront assassinés, les autres exterminés par le travail. La défaite allemande devant Moscou au cours des mois de novembre et décembre conduit à une large révision des priorités : l’euphorie cède la place à la perspective d’une guerre de longue durée et au constat que les réserves de nourriture ne suffiront pas à alimenter la population de l’Allemagne et de l’Europe occupée[j].

Dès , il devient clair que les responsables nazis savent qu'Adolf Hitler a l'intention d'expulser tous les Juifs d'Europe vers les territoires de l'Est et de les y faire assassiner[k] [l]. Si cette hypothèse n'est pas acceptée par tous, une décision a vraisemblablement été prise dans cette période. Le , Heinrich Himmler rencontre Hitler et note dans son carnet de rendez-vous : « question juive - à exterminer comme partisans[28] ». Le , Wilhelm Stuckart, secrétaire d'État au ministère de l'Intérieur, déclare à l'un de ses fonctionnaires que « les mesures prises contre les Juifs évacués sont fondées sur une décision de la plus haute autorité. Vous devez l'accepter[29] ».

Mener à bien une telle entreprise impliquant l'enregistrement et le transport de millions de personnes, à un moment où les ressources matérielles et humaines nécessaires sont déjà gravement compromises, est un défi logistique. Afin d'éviter que certains éléments de l'appareil d'État ne fassent obstacle ou refusent de coopérer à la « solution finale de la question juive », il est décidé d'inviter à une réunion les représentants de tous les ministères concernés afin de leur exposer les projets en cours et la méthode à mettre en œuvre pour leur exécution, en précisant qu'il s'agit d'une décision de la plus haute autorité du Reich.

 
Lettre de Reinhard Heydrich à Martin Luther, l'invitant à la conférence de Wannsee.

Le , Reinhard Heydrich, représentant de Himmler en son absence[30], ordonne à Adolf Eichmann[31] d'envoyer une invitation pour une réunion prévue le [30] au 16 Am Kleinen Wannsee, dans le cadre confortable d'une villa, au bord du lac à l'extrémité ouest de Berlin. Le texte de l'invitation précise que « le le Reichsmarschall du Grand Reich allemand m'a chargé, avec l'assistance des autres autorités centrales, de faire tous les préparatifs organisationnels et pratiques en vue d'une solution d'ensemble de la question juive et de lui faire dès que possible des propositions détaillées »[31]. Heydrich tient notamment à ce que soient invités des représentants d'institutions avec lesquelles la SS a rencontré des difficultés[m] et à ce que le ministère des Affaires étrangères soit représenté par un haut responsable[31]. Il joint à cette invitation une copie de la lettre de Hermann Göring du [32] pour souligner son autorité en la matière.

Les développements du début de , perturbent les plans initiaux[30]. Le , l'Armée rouge lance une contre-offensive à Moscou, mettant fin à la perspective d'une conquête rapide de l'URSS ; le , les Japonais attaquent les États-Unis à Pearl Harbor, ce qui provoque, le lendemain, l'entrée en guerre des États-Unis contre le Japon. Bien qu'il n'ait aucune obligation de le faire en vertu de son pacte tripartite avec l'Italie et le Japon, Hitler décide de déclarer la guerre aux États-Unis le . Certains invités de la réunion participent à ces préparatifs, et le , Heydrich reporte la réunion, sans déterminer de nouvelle date. Au début du mois de , Heydrich envoie de nouvelles invitations à une réunion fixée au . Pour l'historien allemand Christian Gerlach, le report de la réunion par Heydrich a pour but d'en élargir l'objectif initial. Selon Götz Aly, par contre, il est causé par la confusion qui suit l'attaque japonaise sur Pearl Harbor. Toujours selon Gerlach, l'objectif initial de la conférence de Wannsee ne portait que sur la déportation des Juifs du Reich ; ce n'est qu'après le discours d'Adolf Hitler du que Heydrich a pu élargir le thème de la réunion pour la consacrer à la solution finale de la question juive[33].

Le lieu de la conférence est changé pour une villa au 56-58 Am Grossen Wannsee, une rue résidentielle tranquille, à Wannsee. La villa Marlier, construite en 1914, a été acquise par la SS en 1940 pour être utilisée comme un centre de conférence[34],[n].

ParticipantsModifier

 
Josef Bühler, assis au centre de l'image.

Comme il s'agit d'une réunion destinée à discuter de la mise en œuvre d'une décision déjà prise au niveau politique, dont l'étendue est vaste, les invités de Heydrich sont, à l'exception d'Eichmann et du Dr Lange, parmi les plus hauts fonctionnaires du Reich ; on peut en particulier relever que « pas moins de huit participants sur quinze sont titulaires d’un doctorat[35] ».

 
Wilhelm Stuckart lors de son procès en 1946

Déroulement de la conférenceModifier

« Au cours de la première partie [de la conférence] , tout le monde était calme et écoutait les diverses conférences et ensuite, pendant la deuxième partie, chacun parlait sans attendre son tour de parole et les gens circulaient, les majordomes,les adjudants, servaient des liqueurs. [...] C'était une atmosphère officielle, mais néanmoins, ce n'était pas l'une de ces affaires rigides, formelles, officielles où chacun parle à son tour »

— Témoignage d'Adolf Eichmann[36]

Reinhard Heydrich, qui souhaite asseoir l'autorité de la SS[37], ouvre la conférence en rappelant les pouvoirs qui lui ont été confiés par Hermann Göring et Heinrich Himmler avant de passer en revue les mesures antisémites prises en Allemagne depuis l’arrivée des nazis au pouvoir en 1933[37].
Il souligne qu’entre 1933 et 1941, 530 000 Juifs ont émigré d’Allemagne et d’Autriche ; cette information est tirée d’un document préparatoire rédigé la semaine précédente par Adolf Eichmann, qui fort de son expérience dans l’organisation de l’émigration forcée des Juifs autrichiens en 1938, est devenu le principal expert en ce qui concerne la mise en œuvre de la solution de la question juive[38]. Heydrich chiffre le nombre de Juifs vivant en Europe et dans l'empire colonial français en Afrique du Nord (Maroc, Algérie, Tunisie - mentionnés comme vivant dans « France /territoires non-occupés ») à approximativement onze millions de personnes, dont un peu plus de la moitié vivent dans des pays ou des territoires qui ne sont pas sous contrôle allemand[p],[39]. Heydrich précise que ce chiffre est approximatif car il s'agit uniquement de personnes pratiquant le Judaïsme, la définition selon des critères raciaux étant particulièrement absente de la plupart des pays concernés par son estimation[40]. Et Heydrich de poursuivre : « désormais, à la place de l'émigration, la prochaine solution à envisager, avec l'aval préalable du Führer, est l'évacuation des Juifs vers l'est. Ces actions sont toutefois à considérer uniquement comme des solutions transitoires, mais qui nous permettront d'acquérir des expériences pratiques qui seront très précieuses pour la solution finale à venir de la question juive »[37].

 
Dénombrement de la population juive selon le protocole de Wannsee.

Si « on a avancé que le sujet principal de la conférence était l'organisation de la livraison de main d'œuvre pour les immenses travaux prévus par le plan général pour l'Est, et qu'elle ne portait donc pas vraiment sur le meurtre de masse »[41], les propos de Heydrich sur le sort qui attend les personnes évacuées sont pourtant clairs. Il précise lors de la conférence que le travail forcé des Juifs à l'Est permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre et que ceux qui survivraient devraient recevoir un « traitement approprié »[40].


Aucun des participants n’a pu ne pas comprendre la teneur des propos de Heydrich. Comme le souligne l'historien Christopher Browning, « ce ne sont pas des gens incultes incapables de comprendre ce qu'on leur dit ; ils ne vont pas non plus être dépassés par la surprise ou le choc parce que Heydrich ne parle pas à des non-initiés ou à des personnes délicates[35]. » Selon Heydrich, au cours de l'exécution pratique de la solution finale, l'Europe sera passée au peigne fin d'ouest en est. L'opération débutera sur le territoire du Reich, y compris le protectorat de Bohême-Moravie, à cause de la situation du logement et de la spécificité sociopolitique du Reich. Les Juifs évacués seront d’abord envoyés dans des ghettos de transit dans le Gouvernement général, avant d’être déportés plus à l’est. Cette priorité découle des pressions croissantes exercées par les autorités locales nazies, dont les Gauleiters, qui insistent pour que les Juifs soient retirés de leurs territoires, pour permettre le logement des familles devenues sans abri, suite aux bombardements alliés et celui des travailleurs forcés provenant des pays occupés.

Afin d’éviter de nombreuses interventions, les Juifs âgés de plus de soixante-cinq ans, grands invalides de guerre ou décorés de la croix de fer, seront déportés vers le camp de concentration de Theresienstadt[q].

Heydrich aborde ensuite assez longuement la situation des Mischling, soit les personnes considérées selon les théories racistes nazies, comme des demi-Juifs ou quarts-de-Juifs, ainsi que celle des personnes juives mariées à des personnes non juives. Les Lois de Nuremberg étant assez floues sur ces différentes catégories, Heydrich précise clairement le sort qui leur est réservé avec beaucoup de détails, et en prévoyant de nombreuses exceptions[r].

Il faut en outre observer que ces mesures détaillées et ces exemptions ne s’appliquent qu’aux Juifs du Reich et ne sont que partiellement observées. Dans la plupart des pays occupés et surtout dans l’Est, les Juifs sont arrêtés, déportés et exterminés en masse. La situation en France constitue une exception : en échange de sa collaboration le régime de Vichy est autorisé à appliquer ses propres règles, qui s’appliquent plus durement aux réfugiés et immigrés récents qu’aux Juifs de nationalité française ; de ce fait, pour Heydrich, l’enregistrement des Juifs pour leur déportation ne devrait pas soulever de grandes difficultés, qu’il s’agisse de la zone occupée ou de celle contrôlée par Vichy[42].

Les Allemands craignent des difficultés avec certains de leurs alliés, la Roumanie et la Hongrie. Selon Heydrich, le gouvernement roumain vient de se doter d’une commission aux affaires juives ; dans les faits, et malgré le fort antisémitisme de la population, la déportation des Juifs roumains sera lente et inefficace. En ce qui concerne la Hongrie, Heydrich préconise de forcer rapidement son gouvernement à accepter un conseiller allemand pour y régler la question juive ; jusqu’à sa mise à l’écart en 1944, le gouvernement dirigé par Miklós Horthy continuera à s’opposer à toute ingérence allemande dans sa politique juive ; Horthy mis à l’écart, 500 000 Juifs hongrois seront envoyés à la mort sur l’ordre direct d’Eichmann[43].

L’exposé de Heydrich dure près d’une heure. Suivent ensuite une trentaine de minutes de questions et de commentaires, suivis par quelques conversations informelles centrées, d'après le témoignage d'Eichmann, sur les méthodes de tuerie[44]. Le représentant du ministère des Affaires étrangères, Luther, insiste sur la prudence à observer dans les pays scandinaves, dont la population n’a pas de sentiment d’hostilité à l’égard des petites communautés juives et qui risque de réagir face à des scènes déplaisantes. Au Danemark, grâce à la ferme opposition du roi Christian X et de la population, peu de Juifs seront déportés[s].

Hofmann et Stuckart soulignent les difficultés juridiques et administratives dans le cas des mariages mixtes, plaidant pour une annulation d’office de ceux-ci et pour un usage à grande échelle de la stérilisation comme alternative à la déportation. Neumann, représentant de Göring pour le Plan de quatre ans, demande l’exemption des Juifs qui travaillent dans des industries vitales pour l’effort de guerre et dont le remplacement n’est pas possible : Heydrich qui ne souhaite pas offenser Göring assure Neumann que ces travailleurs ne seront pas déportés[t]. Les questions plus détaillées sur le sort des Mischling et des mariages mixtes sont renvoyées à des réunions ultérieures.

Selon les notes prises par Eichmann, la dernière intervention fut celle du secrétaire d'État, le Dr. Bühler, représentant du Gouverneur général Hans Frank. Il déclare : « Le Gouvernement général serait heureux de voir commencer sur son territoire la solution finale de cette question. Là en effet le problème des transports ne présente pas de difficultés excessives et le déroulement de l'opération ne serait pas gêné par des considérations de main-d'œuvre. Il faut éliminer le plus vite possible les Juifs de cette région : le Juif en tant qu'agent de contagion y représente un danger particulier et la continuation de son commerce interlope apporte un élément constant de désordre dans la situation économique du pays. De plus sur les deux millions et demi de Juifs en question, la majorité est inapte au travail. Il faut que l'on résolve le plus vite possible la question juive dans cette région »[47].

La conférence de Wannsee est suivie par plusieurs autres réunions auxquelles participent des responsables de rang inférieur[48]. Une réunion est organisée au ministère des Territoires occupés de l’Est, le , au cours de laquelle il est décidé que quiconque ayant eu la citoyenneté russe ou ayant été apatride soit défini comme Juif s’il admet l’être, s’il est reconnu comme Juif par la communauté juive, si son appartenance au judaïsme résulte d’autres circonstances ou s’il a un parent défini comme Juif par l’un des trois critères définis ci-dessus. Cette réunion est suivie par dix-sept autres, qui concernent la totalité de l’appareil administratif et répressif nazi, à l’exception du ministère de la Propagande[48].

« En , la connaissance de la Solution finale a pénétré profondément, bien que de manière inégale, au sein de la bureaucratie allemande où cette information suscite une volonté de contribuer — selon les termes de Rosenberg — à la « tâche historique » que « le destin a confiée » à l’Allemagne nazie[48] ».

Objectifs : approche historiographiqueModifier

« Le sujet de la conférence de Wannsee [...] était le meurtre , souvent exprimé à travers un langage très franc [...] dont le ton et le vocabulaire étaient totalement éloignés du langage du droit. [...] Le procès-verbal minimisait cette réalité, mais à des moments décisifs, il indiquait clairement que tous les Juifs d'Europe périraient d'une manière ou d'une autre[49] »

.

Selon l’un des biographes d’Eichmann, David Cesarani, le but principal de la réunion est de permettre à Heydrich d’asseoir son autorité sur les différents ministères et institutions impliqués dans la politique à l’égard des Juifs, pour éviter la répétition des problèmes causés par l’assassinat de Juifs allemands à Riga en . « La manière la plus simple et la plus décisive par laquelle Heydrich pourrait assurer le flux régulier des déportations était d’affirmer son total contrôle sur le destin des Juifs du Reich et de l’Est en intimidant les autres parties concernées pour qu’elle suivent la ligne fixée par le RSHA[50] ». Cette analyse explique pour quelle raison la plus grande partie de la conférence se réduit à un long monologue de Heydrich, dont le contenu n’est pas nouveau pour la majorité des participants, et pourquoi si peu de temps est consacré aux questions pratiques. Un autre objectif consiste en l’obtention de l’accord des représentants des ministères des Affaires étrangères et du Plan de quatre ans, qui étaient les plus susceptibles de soulever des objections à l’assassinat en masse des Juifs, pour des raisons économiques ou diplomatiques.

L’historien allemand Peter Longerich adhère à ces hypothèses, mais y ajoute un objectif supplémentaire : rendre les principaux ministères complices des projets de Heydrich. « Du point de vue de Heydrich, les principaux objectifs de la conférence étaient, premièrement, d’établir le contrôle total du programme de déportation par le RSHA sur de nombreuses et importantes autorités du Reich, et ensuite, de faire des hauts responsables de la bureaucratie des différents ministères des complices, des auxiliaires et des coresponsables du plan qu’il poursuivait. Pour rappel : le plan consistait à déporter les Juifs des zones sous contrôle allemand, vers l’est, où ils seraient exposés à des conditions de vie extrêmement sévères et fatalement morts d’épuisement ou assassinés. Heydrich poursuivait ce plan depuis début 1941 ; en , Göring lui donna l’autorité nécessaire pour le mener à bien, et, avec les premières déportations de Juifs d’Europe centrale en octobre, la première phase de ce plan fut réalisée. Lors de la première invitation à la conférence, Heydrich avait attendu jusqu’à ce que la seconde vague de déportation vers Riga, Minsk et Kovno ait débuté. Il voulait clairement placer les représentants des plus hautes autorités du Reich devant un fait accompli[51] ».

Pour l'historien Edouard Husson, le premier objectif de la réunion était d'établir, une fois pour toutes l'autorité de Heydrich sur la « solution finale de la question juive »[52]. Toujours selon le même auteur, « la question, le 20 janvier 1942, était moins de décider du génocide des Juifs, que toutes les instances regroupées autour de la table avaient contribué à mettre en place, que d'accepter la méthode que proposait la SS pour accomplir ce génocide devînt la ligne directrice du meurtre de masse »[53].

Christopher Browning estime que « les implications en terme de génocide sont totalement et manifestement claires. [...] [L'objectif est] de tuer chaque Juif en Europe de l'Irlande à l'Oural et de l'Arctique à la Méditerranée »[54].

Le procès-verbalModifier

« Il est impossible de reconstituer exactement ce qui s'est dit à Wannsee car [...] le procès-verbal dont nous disposons, « ce n'était pas un compte rendu,c'était juste un procès-verbal unilatéral compilé par le RSHA ». Cela veut dire que les moments de discussion ont été considérablement comprimés dans le procès-verbal[55] »

 
Adolf Eichmann lors de son procès à Jérusalem, en 1961.

Le procès-verbal d'Adolf Eichmann, dont 30 copies sont envoyées par Eichmann à tous les participants après la réunion[56] est le document sur lequel s'organise la réflexion à propos de la conférence. La plupart de ces exemplaires sont détruits à la fin de la Seconde Guerre mondiale quand les participants et d'autres responsables cherchent à dissimuler leurs actes. Ce n'est qu'en 1947 qu'une copie du procès-verbal, aussi connue comme le « protocole de Wannsee », est retrouvée par Robert Kempner[57] dans les archives de Martin Luther[58]. À ce moment, les participants les plus importants à la réunion, tels que Heydrich, Müller, Freisler, Meyer ou Eichmann sont morts ou disparus ; la plupart des autres participants nient avoir eu connaissance de l'évènement ou font valoir qu'ils ne peuvent pas se souvenir de ce qui s'est passé là-bas. Seul Kritzinger montrera de véritables remords pour son rôle dans la préparation de la Solution finale.

Selon l'historien Christopher Browning[59], Joseph Goebbels, dont les services n'assistaient pas à la conférence de Wannsee, ne reçut qu'une version expurgée du procès-verbal. En effet, il notait le dans son journal : « Je lis un mémorandum détaillé du SD et de la police sur la solution finale de la question juive. […] Il reste encore onze millions de Juifs en Europe. Ils devront ultérieurement être concentrés dans un premier temps à l'Est ; on pourra éventuellement leur attribuer une île après la guerre, comme Madagascar[60] ».

Le texte du procès-verbal, tel que découvert par Kempner, comporte d'importantes omissions, lesquelles ne furent mises en évidence qu'en 1962, au cours du procès d'Eichmann en Israël. Eichmann y affirme que, vers la fin de la réunion, du cognac a été servi, et la conversation est alors devenue moins retenue[61]. Il explique : « Ces Messieurs étaient debout ensemble, ou assis, et discutaient du sujet sans mettre de gants, d'une manière très différente du langage que j'ai dû utiliser plus tard dans le rapport. […] Ils ont parlé de méthodes pour tuer, de liquidation, d'extermination[62] ».

Eichmann souligne que Heydrich a été heureux de la façon dont se déroulait la réunion. Il exprima sa grande satisfaction, et s'est accordé à lui-même un verre de cognac, bien qu'il bût rarement. Il avait prévu des écueils et des difficultés, rappelle Eichmann, mais il avait trouvé un climat propice à l'accord de la part des participants[63]. À l'issue de la réunion, Heydrich donne à Eichmann des instructions strictes sur ce qui doit figurer dans le procès-verbal, qui ne doit pas être un verbatim. Eichmann doit nettoyer le texte, afin que rien ne soit trop explicite. Il dit à son procès : « Comment aurais-je pu rendre dans le vocabulaire officiel qui était le mien, des conversations plus que franches et des expressions relevant du jargon ». En conséquence, les vingt dernières minutes de la séance, durant lesquelles furent utilisés librement des mots comme « liquidation » et « extermination », sont résumées par la phrase : « En conclusion, les différents types de solutions possibles ont été discutés[64] ».

Télévision et littératureModifier

La conférence de Wannsee, par son importance dans l'histoire de la Shoah, a été le sujet de plusieurs adaptations télévisuelles ou cinématographiques.

En 1978, la conférence est représentée dans l'épisode 2 de la mini-série télévisée Holocauste.

En 1978, elle est retracée dans le téléfilm allemand Conférence de Wannsee, dont la durée est identique à celle mentionnée dans le procès-verbal de la conférence, soit 85 minutes.

En 2001, le téléfilm américano-britannique Conspiration réalisé par Frank Pierson, retrace également le déroulement de la conférence, l'acteur shakespearien Kenneth Branagh y tient le rôle de Heydrich et Stanley Tucci celui d'Eichmann.

Du côté littéraire, le roman Fatherland de Robert Harris utilise la conférence comme point central du récit.

Notes et référencesModifier

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Wannsee Conference » (voir la liste des auteurs).
(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Wannseekonferenz » (voir la liste des auteurs).

NotesModifier

  1. Prononciation en haut allemand (allemand standard) retranscrite selon la norme API
  2. Ces mesures d’exclusion sont détaillées par Hilberg[1] et par Saul Friedländer dans Les années de persécution.
  3. Est considérée comme d'ascendance non aryenne, toute personne qui compte parmi ses ascendants au premier ou second degré, une personne ou plus appartenant à la religion judaïque.
  4. Contrairement au décret du , la définition utilisée n'est plus celle de non-aryens mais de Juifs.
  5. Décret sur les entreprises de service du , sur la profession médicale le , sur les avocats, le
  6. Exclusion du système scolaire en , retrait du permis de conduire en décembre, couvre-feu spécifique en
  7. 233 810 personnes selon le recensement du .
  8. La citation est tirée des notes de Bormann, présentées en tant que preuve lors du procès de Nuremberg[17].
  9. Breitman aborde les réflexions de Himmler relatives à l’effet sur le moral de ses hommes dû au meurtre de masse de Juifs allemands à Riga et en d’autres endroits[20].
  10. Adam Tooze examine les impératifs économiques qui sous-tendent l’extermination des Juifs[25]. Selon lui, en 1941, le manque criant de main d’œuvre dans l’industrie d’armement allemande rend nécessaire le recours à des millions de travailleurs forcés provenant des territoires occupés ; nourrir de manière satisfaisante ces travailleurs, ainsi que la population allemande et celle des pays occupés à l’ouest, plus privilégiés comme la France et les Pays-Bas, nécessite une réduction drastique des bouches inutiles, dont les millions de Juifs sont, aux yeux de l’idéologie nazie, l’exemple le plus caractéristique.
  11. Selon l'historien allemand Christian Gerlach, Adolf Hitler a clairement approuvé la politique d'extermination lors d'un discours à des officiers supérieurs à Berlin, le [26].
  12. voir aussi Evans[27]
  13. Les ministères des Finances et du Transport qui collaborent sans frictions dans le programme des déportations ne seront don pas invités [32].
  14. L'histoire et la description de la villa son présentées dans le dépliant « House of the Wannsee Conference Memorial Berlin », Stadtvandel Verlag, disponible au mémorial.
  15. a et b En Allemagne, le titre de secrétaire d'État est le plus haut rang dans une administration mais n'est pas une fonction gouvernementale. Le titre de Unterstaatssekretär lui est immédiatement inférieur.
  16. L’ensemble de la population juive d’Union soviétique est estimée quant à elle à cinq millions de personnes ; une grande partie de celle-ci vit cependant dans des zones qui n’ont pas été envahies ou ont été évacuées avant l'invasion allemande.
  17. Dans les faits, l’exception mise en place pour les Juifs de plus de soixante-cinq ans n’a été observée que sporadiquement et la situation alimentaire à Theresienstadt était telle que beaucoup de déportés y moururent rapidement. Par la suite, nombre d’entre eux furent transférés à Auschwitz pour y être assassinés.
  18. Comme pour le point précédent, le détail de ces mesures ne fut que rarement appliqué, et elles furent généralement durcies par les responsables nazis locaux, de manière aléatoire.
  19. « En fait, contrairement aux Juifs des autres pays sous l'occupation nazie, les Juifs du Danemark ne furent jamais forcés de porter une marque d'identification telle qu'une étoile jaune. […] Le roi et la population danoise apportèrent leur soutien à leurs concitoyens juifs et jouèrent un rôle crucial dans les opérations de sauvetage qui permirent à la grande majorité d'entre eux d'échapper à la persécution nazie et à la mort[45]. »
  20. Göring et ses adjoints feront des efforts persistants pour éviter la déportation et l’assassinat des travailleurs qualifiés ; mais à partir de 1943, Himmler est devenu plus puissant que Göring et les travailleurs juifs employés dans le cadre de l’effort de guerre sont eux aussi envoyés à la mort[46].

RéférencesModifier

  1. Hilberg, tome I, p. 114-331.
  2. Hilberg, tome I, p. 115-116.
  3. Hilberg, tome I, p. 121-128.
  4. Friedländer, Persécution, p. 331.
  5. Friedländer, Persécution, p. 357-368.
  6. Hilberg, tome I, p. 165.
  7. Hilberg, tome I, p. 277.
  8. Hilberg, tome I, p. 333.
  9. Mayer 1990, p. 213.
  10. Knopp 2006, p. 175.
  11. Hilberg, tome I, p. 363-374.
  12. Hilberg, tome I, p. 394-395.
  13. Hilberg, tome I, p. 516-517.
  14. Rhodes 2004, p. 24.
  15. Husson 2008, p. 447-451.
  16. Hilberg, tome I, p. 521.
  17. Browning 2007, p. 288.
  18. Kershaw 2002, tome 2, p. 396.
  19. Breitman 2004, p. 169.
  20. Breitman 2004, p. 220.
  21. Husson, p. 242.
  22. Mayer, p. 437.
  23. a et b Mayer, p. 331.
  24. Browning 2007, p. 337.
  25. Tooze 2006, p. 538–549.
  26. (en) Christian Gerlach, « The Wannsee Conference, the Fate of German Jews, and Hitler's Decision in Principle to Exterminate All European Jews », Journal of Modern History,‎ , p. 759–812.
  27. Evans, p. 314.
  28. Browning 2005, p. 410.
  29. Browning 2005, p. 405.
  30. a b et c Grynberg, p. 90-93.
  31. a b et c Evans, p. 311.
  32. a et b Browning, p. 429.
  33. (en) Götz Aly, December 21 1941, publié d’abord dans le Berliner Zeitung, 13 December 1997, disponible en anglais sur le site de l'histoire de l'Holocauste.
  34. Browning 2005, p. 433.
  35. a et b Browning 2005, p. 411.
  36. Browning, p. 435.
  37. a b et c Evans, p. 315.
  38. Cesarani, p. 112.
  39. Husson, p. 321-322.
  40. a et b Evans, p. 316.
  41. Evans, p. 317.
  42. Marrus, Paxton et Hoffmann 1981.
  43. Cesarani, p. 151–155 et 159–195.
  44. Husson 2012, p. 533.
  45. ushmm.org.
  46. Tooze 2006, p. 522-529.
  47. Protocole dit de Wannsee. Document original aux archives de l’Auswärtiges Amt, Bonn.
  48. a b et c Browning 2007, p. 236-237.
  49. Evans, p. 318.
  50. Cesarani, p. 111.
  51. Peter Longerich, « The Wannsee Conference in the Development of the 'Final Solution' »
  52. Husson, p. 313-314.
  53. Husson, p. 315.
  54. Browning, p. 434.
  55. Husson, p. 313.
  56. Cesarani, p. 117–118.
  57. « Reversal of Fortune: Robert Kempner », sur le site de l'United States Holocaust Memorial Museum.
  58. Husson, p. 311.
  59. Christopher R. Browning, Evidence for the Implementation of the Final Solution, Lewis H. Beck Center for Electronic Collections and Services, Emory University Atlanta, GA 540 Asbury Circle Woodruff Library Atlanta, GA 30322, consultable en ligne.
  60. Goebbels 2009, p. 514-515.
  61. Cesarani, p. 113.
  62. Browning 2007, p. 435.
  63. Browning 2007, p. 436.
  64. Cesarani, p. 114.

BibliographieModifier

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Génocide »], Paris, Louis Audibert, , 201 p. (ISBN 978-2-702-87909-2, OCLC 469928239)

Voir aussiModifier

Liens externesModifier