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Chronologie de la place des femmes dans les sciences

Égypte ancienne, IVe dynastie de l’Ancien Empire (2670 à 2450 avant J.-C.)Modifier

MésopotamieModifier

VIe siècle av. J.-C.Modifier

  • Théano, philosophe, mathématicienne et médecin grecque, femme de Pythagore, prend la tête avec ses fils de l'école de son mari après la mort de celui-ci. D'autres femmes étaient élèves de cette école.

IIIe siècle av. J.-C.Modifier

  • Marie la Juive, à qui l'on attribue l'origine de certains ustensiles de laboratoire ainsi que la technique du bain-marie.

IIe siècle av. J.-C.Modifier

  • Aglaonice de Thessalie, considérée comme la première femme astronome. Elle étudie le mouvement des astres et sait prédire les éclipses. Un cratère de Vénus est nommé en son honneur.

Ier siècle av. J.-C.Modifier

  • Agnodice, femme médecin et gynécologue grecque.

IVe siècleModifier

XIe siècleModifier

 
Enluminure du début du XIVe siècle représentant une femme médecin, potentiellement Trotula de Salerne.

XIIe siècleModifier

 
Allégorie de la Philosophie et des sept arts libéraux, enluminure de l'Hortus Deliciarum.

XIVe siècleModifier

  • Abella de Salerne, femme médecin italienne du milieu du XIVe siècle.
  • 1360Dorotea Bocchi (aussi nommée Dorotea Bucca) devient professeure de médecine, à la suite de son père, à l'université de Bologne, et ce, pour plus de quarante ans[2].

XVe siècleModifier

XVIe siècleModifier

  • Sophie Brahe (1556 ou 1559–1643) pratique la chimie et montre ses applications à la médecine et à l'horticulture. Elle était aussi généalogiste et a assisté son frère Tycho dans ses travaux d'astronomie.

XVIIe siècleModifier

  • 1673François Poullain de La Barre (1647–1725) fait paraître anonymement De l'égalité des deux sexes, discours physique et moral où l'on voit l'importance de se défaire des préjugés où il dénonce l'injustice du traitement réservé aux femmes, soutient qu'il faut leur permettre de suivre les mêmes études que les hommes et qu'il faut leur ouvrir toutes les carrières, y compris scientifiques. On lui doit la célèbre formule l'esprit n'a point de sexe.
 
Métamorphose d'un papillon (1705) par Anna Maria Sibylla Merian.
  • 1678Elena Cornaro Piscopia (1646–1684) est la première femme à obtenir un diplôme de philosophie, décerné par l'Université de Padoue.
  • 1679Anna Maria Sibylla Merian (1647–1717) fait paraître une étude sur le cycle de développement des papillons, l'une des toutes premières recherches en ce domaine.
  • 1686Fontenelle (1657–1757), fait paraître son ouvrage de vulgarisation, Entretiens sur la pluralité des mondes, à l’usage des dames : « J'ai mis dans ces entretiens une femme que l'on instruit, et qui n'a jamais ouï parler de ces choses-là. J'ai cru que cette fiction me servirait et à rendre l'ouvrage plus susceptible d'agrément, et à encourager les dames par l'exemple d'une femme qui, ne sortant jamais des bornes d'une personne qui n'a nulle teinture de science, ne laisse pas d'entendre ce qu'on lui dit, et de ranger dans sa tête sans confusion les tourbillons et les mondes. »
  • 1699Anna Maria Sibylla Merian (1647–1717), à 51 ans, entreprend un voyage au Suriname pour y étudier les papillons vivants directement dans leur milieu. C'est probablement la première expédition entièrement consacrée à l'entomologie. Elle finance son voyage grâce à la vente de spécimens qu'elle rapporte d'Amérique. Elle devient célèbre à la suite du succès que rencontre le compte rendu de ses observations, Métamorphose des insectes du Surinam (dix-neuf éditions entre 1675 et 1771).

XVIIIe siècleModifier

 
Instituzioni analitiche, page de frontispice de l'édition italienne de l'ouvrage de synthèse des connaissances mathématiques, de Maria Gaetana Agnelli, 1848.
  • 1702Maria Margarethe Kirch (1670-1720), astronome célèbre en Allemagne à son époque, est la première femme à découvrir une comète[3].
  • 1733Laura Bassi (1711–1778) commence à enseigner la physique et les mathématiques à l'université de Bologne.
  • 1737Francesco Algarotti (1712–1764) fait paraître un ouvrage de vulgarisation de l’optique de Sir Isaac Newton (1643–1727), Neutonianismo per le dame. Ce livre rencontre un immense succès européen (il est traduit en français dès l'année suivante, Le Newtonianisme pour les dames, et en anglais celle d'après) : il marque le début des livres sur les sciences destinées aux femmes.
 
Gabrielle Émilie le Tonnelier de Breteuil, marquise du Châtelet.
  • 1738Maria Gaetana Agnesi (1718–1799) fait paraître un plaidoyer pour l'éducation des femmes : « la nature a doté l'esprit féminin de la possibilité de comprendre toutes les connaissances, et, […] en privant les femmes de la possibilité de s'instruire, les hommes travaillent contre le plus grand intérêt du bien public[4] ».
  • 1748 — La même Maria Gaetana Agnesi, mathématicienne, fait paraître ses Instituzioni analitiche, ad uso della gioventù italiana, grand ouvrage de synthèse des connaissances mathématiques et qui sera traduit en anglais et en français. En 1749, elle est nommée par le pape Benoît XIV lectrice honoraire à l'université de Bologne mais n'y enseigne pas.
  • 1748Eva Ekeblad (1724-1786), scientifique suédoise, devient la première femme membre de l’Académie royale des sciences de Suède.
  • 1756Gabrielle Émilie Le Tonnelier de Breteuil (1706–1749), plus connue sous le nom de Madame du Châtelet, traduit en français les Principia Mathematica de Sir Isaac Newton (1643–1727).
  • 1762Jean-Jacques Rousseau (1712–1778) conseille aux femmes l'étude de la botanique, seule discipline qu'il juge accessible à l'esprit féminin : La recherche des vérités abstraites et spéculatives, des principes, des axiomes dans les sciences, tout ce qui tend à généraliser les idées n'est point du ressort des femmes, leurs études doivent se rapporter toutes à la pratique; c'est à elles à faire l'application des principes que l'homme a trouvés, et c'est à elles de faire les observations qui mènent l'homme à l'établissement des principes (Émile ou De l'éducation).
  • 1780William Withering (1741–1799) renonce à suivre le système de classification des fleurs proposé par le Suédois Carl von Linné (1707–1778) car celui-ci utilise des caractéristiques sexuelles pouvant heurter les femmes, fort amatrices, à cette époque, de botanique.
  • 1784Marie Le Masson Le Golft publie sa Balance de la Nature, où elle évalue tous les objets de la nature à travers des tables de notation.
  • 1787Caroline Herschel (1750–1848) devient la première astronome professionnelle, le roi George III (1738–1820) lui accordant un salaire annuel de 50 livres sterling pour assister son frère. Sa principale contribution à l'astronomie est la découverte de nouvelles comètes, en particulier la comète périodique 35P/Herschel-Rigollet, qui porte son nom.

XIXe siècleModifier

 
Phototype de la fougère Dictyota dichotoma d'Anna Atkins (1799–1871).
  • 1836 — Création de la Société botanique de Londres dont 10 % des membres sont des femmes.
  • 18421843 — En note du mémoire du mathématicien italien Federico Luigi, comte de Menabrea (1809–1896) sur la machine analytique qu'elle traduisit en français pour Charles Babbage (1791–1871), Ada Lovelace (1815–1852) décrivit une méthode très détaillée pour calculer les nombres de Bernoulli avec la machine. Elle est ainsi considérée comme l'inventeur du premier programme informatique de l'Histoire. Le nom du langage de programmation Ada a été choisi en son honneur.
  • 1843Anna Atkins (1799–1871) fait paraître le premier ouvrage constitué de cyanotypes, British Algae: Cyanotype Impressions sur les algues britanniques.
  • 1846Mary Anning (1799–1847), collectionneuse de fossiles, découvre un important squelette de plésiosaure. La Société géologique de Londres, qui n'admet aucune femme de par ses statuts, lui ouvre pourtant ses portes comme membre honoraire.
  • 1849Elizabeth Blackwell (1821-1910) devient la première femme médecin aux États-Unis ; elle deviendra en 1869 la première femme membre de l'ordre des médecins en Grande-Bretagne.
  • 1861 — En France, Julie-Victoire Daubié devient la première femme française à obtenir le droit de se présenter au baccalauréat et la première bachelière ; elle poursuivra ses études et deviendra en 1871 la première femme française licenciée es lettres ; elle écrivit plusieurs articles et mémoires en faveur de l'égalité femmes-hommes[5],[6].
  • 1863Emma Chenu (1835-1912) devient la première française à être diplômée du baccalauréat ès sciences auprès de la Faculté des sciences de Paris[7].
  • 1868 — En France, les jeunes filles sont enfin autorisées à étudier la médecine. Elles sont quatre à la rentrée scolaire 1868/1869. Catherine Gontcharov (Russe) Mary Corinna Putnam (Américaine) et Elizabeth Garrett (Anglaise)[8]. Madeleine Brès est la première femme française à obtenir un doctorat de médecine de la Faculté de médecine de Paris en 1875. Interne provisoire durant le siège de Paris, elle ne peut ni conserver ce titre, ni passer le concours d'internat à la fin de la guerre. Emma Chenu (1835-1912) devient la première licenciée ès sciences de France après s'être préparée seule.
  • 1870Elizabeth Garrett est la première docteur de la Faculté de médecine de Paris.
  • 1874Sofia Kovalevskaïa (1850–1891) est la première femme à obtenir le titre de docteur ès mathématiques.
  • 1883Kadambini Ganguly et Anandi Gopal Joshi[9] sont les premières femmes indiennes à recevoir un diplôme universitaire en médecine occidentale et ainsi à devenir médecins.
  • 1884Maria Mitchell (1818–1889) est la première femme à obtenir un doctorat d'astronomie avec une thèse sur les anneaux de Saturne.
  • 1889Cécile Vogt (1875–1962) fonde avec son mari la Neurologische Zentralstation à Berlin. Au cours des années suivantes, elle s'imposera comme l'une des premières neuroscientifiques de premier plan.

XXe siècleModifier

 
Marie Curie vers 1920.

XXIe siècleModifier

  • 2008Françoise Barré-Sinoussi (1947–) reçoit le prix Nobel de physiologie ou médecine pour la découverte du VIH.
  • 2008 — Une étude portant sur un test de mathématiques réalisé par 300 000 adolescents des deux sexes dans 40 pays montre que l’écart de performance en mathématiques entre les garçons et les filles est corrélé à l'index d'émancipation des femmes, soulignant ainsi l'influence de l’éducation et de la culture (notamment l'estime de soi et les stéréotypes de genre)[19]. Ainsi, la culture égalitaire aux États-Unis explique la disparition entre 1990 et 2008 de l’écart de performance en mathématiques entre les deux sexes[20]. Ces études remettent en cause l’idéologie du déterminisme biologique pour expliquer la sous-représentation des femmes dans les sciences.
  • 2009Ada Yonath et Elizabeth Blackburn reçoivent respectivement un Prix Nobel de Chimie et un Prix Nobel de Médecine, après avoir été toutes deux lauréates du Prix L'Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science en 2008.
  • 2014Maryam Mirzakhani devient la première femme récipiendaire de la médaille Fields[21].

Frise chronologiqueModifier

 


Prix Femmes et SciencesModifier

Afin de promouvoir la place des femmes dans la recherche et de mettre en lumière des carrières exemplaires de femmes scientifiques, le Ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche et la Fondation d'entreprise EADS ont décidé de s'engager et de créer le Prix Irène-Joliot-Curie en 2001[22]. À ce jour, 36 femmes sont lauréates de ce prix dans les catégories :

  • femme scientifique de l'année ;
  • jeune femme scientifique de l'année ;
  • parcours femme entreprise ;
  • mentorat.

La Fondation L'Oréal et l'UNESCO ont créé en 1998 les prix L'Oréal-UNESCO Pour les Femmes et la Science récompensant chaque année cinq femmes scientifiques issues des cinq continents. Le programme L'Oréal–UNESCO Pour les Femmes et la Science distribue également des bourses à des jeunes femmes scientifiques en thèse ou en post doc pour les encourager à persévérer dans la carrière scientifique. Chaque année, plus de 200 bourses sont attribuées dans 50 pays du monde.

BibliographieModifier

ComplémentsModifier

RéférencesModifier

  1. Antoine Flandrin, « Les femmes au temps des pharaons », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2017)
  2. « Brooklyn Museum: Dorotea Bucca », sur www.brooklynmuseum.org (consulté le 28 octobre 2017)
  3. (en) « Maria Kirch - German astronomer », sur www.britannica.com (consulté en octobre 2017)
  4. Cité par Éric Sartori, 2006. Ce texte a probablement été écrit par ses professeurs, Agnesi n'en assurant que la traduction.
  5. Paulette Bascou-Bance, « La première femme bachelière : Julie Daubié », Bulletin de l'Association Guillaume Budé,‎ , p. 107-113 (lire en ligne)
  6. « Un bachelier nommé Victoire », leparisien.fr,‎ 2014-06-21cest00:00:00+02:00 (lire en ligne, consulté le 28 octobre 2017)
  7. La première bachelière française étant Julie-Victoire Daubié, en lettres.
  8. Natalie Pigeard-Micault, Charles-Adolphe Wurtz : un savant dans la tourmente : entre bouleversements politiques et revendications féministes, SnesAdapt/Hermann, 2011, p. 63-85.
  9. « Anandi Gopal Joshi (1865-1887) », sur data.bnf.fr (consulté en octobre 2017)
  10. Pour la liste des femmes du laboratoire Curie, voir N. Pigeard-Micault Le laboratoire Curie et ses Femmes (1906–1934), Ann. Sci., .
  11. (en-US) Natalie Angier, « Emmy Noether, the Most Significant Mathematician You’ve Never Heard Of », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 28 octobre 2017)
  12. Jean Lebrec, Joseph Malègue : romancier et penseur (avec des documents inédits), Paris, H. Dessain et Tolra, , 464 p., In-8° 24 cm (notice BnF no FRBNF35320607), p. 100.
  13. (en) « in recognition of their synthesis of new radioactive elements » in Personnel de rédaction, « The Nobel Prize in chemistry 1935 », Fondation Nobel, 2010. Consulté le 12 août 2010.
  14. « INA - Jalons - Lise Meitner, une aventurière de l'atome - Ina.fr », sur INA - Jalons (consulté le 28 octobre 2017)
  15. Les femmes en sciences au Canada - Elizabeth Muriel Gregory MacGill (Elsie).
  16. « Maria Goeppert Mayer - Facts », sur www.nobelprize.org (consulté le 28 octobre 2017)
  17. Éditions Larousse, « Encyclopédie Larousse en ligne - Maria Goeppert-Mayer », sur www.larousse.fr (consulté le 28 octobre 2017)
  18. Encyclopædia Universalis, « MARIA GOEPPERT-MAYER », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 28 octobre 2017)
  19. (en) L. Guiso, F. Monte, P. Sapienza et L. Zingales, « Diversity : Culture, Gender, and Math », Science, vol. 320, no 5880,‎ , p. 1164–1165 (DOI 10.1126/science.1154094).
  20. (en) J. S. Hyde, S. M. Lindberg, M. C. Linn, A. B. Ellis et C. C. Williams, « Diversity : Gender Similarities Characterize Math Performance », Science, vol. 321, no 5888,‎ , p. 494-495 (DOI 10.1126/science.1160364).
  21. Prizes, Mathunion.
  22. Présentation du Prix Irène Joliot-Curie en faveur de plus de parité dans les sciences

Articles connexesModifier