Maria Mitchell

astronome américaine

Maria Mitchell, née le sur l'île de Nantucket dans le Massachusetts et morte le à Lynn dans le Massachusetts, est une astronome américaine.

Maria Mitchell, assise dans le dôme du Vassar College Observatory, avec son étudiante Mary Watson Whitney vers 1877[1],[2]

BiographieModifier

Née de parents quakers, ces derniers décident de lui donner la même éducation que les garçons reçoivent, ce qui n'est pas courant pour l'époque. Elle découvre l'astronomie en assistant son père, William Mitchell, dans son observatoire[3].

À la fin des années 1830, elle est bibliothécaire au Nantucket Athenaeum et consulte les livres à sa disposition pour parfaire son éducation et sa culture. Le soir elle travaille avec son père. Il lui transmet sa passion pour l’astronomie et elle installe un observatoire sommaire sur le toit de la banque où il travaille. Elle passe la majorité de ses nuits à observer le ciel[3].

Le à 22 h 30, Maria Mitchell aperçoit une comète grâce à son télescope : la « comète de mademoiselle Mitchell » (Miss Mitchell's Comet), dont le nom officiel est C/1847 T1 (Mitchell) (en)[4],[3].

Elle relève ses coordonnées que son père communique au professeur Bond, de l’Université Harvard, figure dominante de l’astronomie américaine. Deux jours plus tard à Rome, le père De Vico aperçoit la même comète. Comme le roi du Danemark Frédéric VI avait promis, depuis déjà seize ans, une médaille d’or à la première personne qui observerait une « comète télescopique » (comète non visible à l’œil nu), s'ensuit une querelle d'un an entre les deux observateurs pour prouver qui était dans son bon droit[3].

Maria Mitchell, récompensée, est ensuite admise dans plusieurs institutions scientifiques américaines, comme l' American Academy of Arts and Sciences en 1848[3]. Elle resta la seule jusqu'en 1942 car les femmes furent exclues de cette institution jusqu'à cette date[5]. Elle intègre également l' American Association for the Advancement of Science en 1850 et l'American Philosophical Society en 1869. Elle devient la première Américaine nommée professeur d'astronomie[6],[7].

Plus tard, elle travaille à l'observatoire naval des États-Unis qui calcule les tables de positions de Vénus. Elle voyage ensuite à travers l'Europe avec l'écrivain Nathaniel Hawthorne et sa famille.

En 1865, elle devient professeur d'astronomie au Vassar College (encore une première aux États-Unis) et première enseignante titulaire de la jeune université[3]. Elle est également nommée directrice du Vassar College Observatory. Plus tard, lorsqu'en dépit de son expérience, de sa renommée et de son ancienneté, elle apprend que son salaire est plus faible que celui de plusieurs jeunes astronomes, elle obtient d'être augmentée[3].

La romancière Elizabeth Williams Champney qu'elle a eu pour élève au Vassar College lui dédie In the Sky Garden, publié en 1877[8].

En 1842, elle abandonne la foi quaker pour suivre les principes unitaristes.

En signe de protestation contre l'esclavage[3], elle refuse de porter des vêtements en coton. Elle est également l'amie de plusieurs militantes pour que le droit de vote des femmes soit accordé[3] et est la cofondatrice de l'Association for the Advancement of Women.

Pour des raisons de santé, elle est contrainte de quitter l'université de Vassar en 1888 et décède l'année suivante.

HommagesModifier

Références bibliographiquesModifier

  • Nicole Hulin (postface Claudine Hermann), Les femmes, l'enseignement et les sciences : Un Long Cheminement (XIXe-XXe Siècle), Paris Budapest Torino, l'Harmattan, coll. « Histoire des sciences humaines. », , 238 p. (ISBN 978-2-296-05606-0, OCLC 496736526)
  • Jean-René Roy (préf. Hubert Reeves), L'astronomie et son histoire, Québec, Presses de l'Université du Québec, , 665 p. (ISBN 978-1-441-60897-0, OCLC 417079804)
  • (en) David Abbott, The Biographical dictionary of scientists, New York, P. Bedrick Books, , 204 p. (ISBN 978-0-911-74580-1, OCLC 10723382)
  • Eric Sartori, Histoire des femmes scientifiques de l'Antiquité au XXe siècle : les filles d'Hypatie, Paris, Plon, , 443 p. (ISBN 978-2-259-20288-6, OCLC 319924383)
  • Jean-Pierre Poirier (préf. Claudie Haigneré), Histoire des femmes de science en France, Paris, Pygmalion/Gérard Watelet, , 410 p. (ISBN 978-2-857-04789-6, OCLC 491622240)

Notes et référencesModifier

  1. Tappan, Eva March (en), Heroes of Progress: Stories of Successful Americans, Houghton Mifflin Company, 1921. Cf.p. 54-60
  2. Maria Mitchell biography - Universalist Church
  3. a b c d e f g h i et j Nina Strochlic, Sara Manco, « Les pionnières », National Geographic France, no 246,‎ , p. 108-129
  4. (en) « Maria Mitchell Biography », Biography (consulté le 15 janvier 2017)
  5. Margaret W. Rossiter, Women Scientists in America: Struggles and Strategies, The Johns Hopkins University Press, 1984, 464 p., p. 324
  6. « Maria Mitchell », National Women's History Museum (consulté le 11 juillet 2018)
  7. « Maria Mitchell Discovers a Comet », This Month in Physics History, American Physical Society (consulté le 1er novembre 2012)
  8. http://www.mariamitchell.org/tag/lizzie-champney

Liens externesModifier