Maria Cunitz

Astronome allemand
Maria Cunitz
Description de cette image, également commentée ci-après
La page de titre d'Urania propitia par Maria Cunitz (1650)
Naissance 1610
Wołów, Silésie
Décès
Byczyna, Silésie
Domaines Astronomie

Maria Cunitz ou Maria Cunitia[1],[2] (d'autres orthographes du nom rencontrées : Cunicia, Cunitzin[3], Kunic, Cunitiae, Kunicia, Kunicka[4]) (1610, Wołów, Silésie Byczyna, Silésie) est une astronome née en Silésie. Elle est l'auteur de l'ouvrage Urania propitia dans lequel elle apporte de nouvelles tables, de nouvelles éphémérides et une nouvelle solution élégante au problème de Kepler. Le cratère Cunitz sur Vénus est nommé d'après elle. Le planétoïde (12624) Mariacunitia est nommé en son honneur[5].

BiographieModifier

Maria Cunitz naît à Wołów, Saint-Empire romain germanique[6],[7]. Elle la fille aînée de l'immigrant germano-balte Dr Heinrich Cunitz[8],[9], docteur et propriétaire terrien qui a vécu à Schweidnitz la plus grande partie de sa vie, et de Maria Scholtz, originaire de Liegnitz[10],[11], fille du scientifique allemand Anton von Scholtz[12] (1560–1622), mathématicien et conseiller du duc Joachim-Frédéric de Brzeg. La famille déménage à Schweidnitz (de nos jours Świdnica, en Pologne). Maria se marie jeune (en 1623) avec l'avocat David von Gerstmann. Après la mort de son mari en 1626, elle se marie en 1630 avec le Dr Elias von Löwen[13], également de Silésie[14]. Elias et Maria auront trois fils : Elias Theodor, Anton Heinrich et Franz Ludwig.

La plus grande œuvre de Maria Cunitz est écrite sur les terres du couvent cistercien de Łubnice près de Kalisz, Pologne, où elle et son mari ont trouvé refuge lors de la déclaration de la guerre de Trente Ans (ils étaient protestants ; ses frères et sœurs restés en Silésie se convertirent au Catholicisme). Après leur retour en Silésie, ils publient à leurs propres frais le livre de Maria en 1650. L’œuvre est dédiée à l'Empereur Ferdinand III. En 1655, un feu à Pitschen[15] (polonais : Byczyna) détruit leurs papiers scientifiques et les instruments et réactifs utilisés pour fabriquer des médicaments. Ce feu réduit drastiquement leurs revenus. Maria devient veuve en 1661 et meurt à Pitzen en 1664[13].

L'année de naissance de Maria Cunitz est incertaine. Aucun document de naissance ou de baptême n'a été découvert. L'année de naissance a été avancée pour la première fois dans la première publication en langue allemande sur Maria Cunitz en 1798[16]. Le Dr Paul Knötel semble être le premier à avoir donné l'année 1604 comme étant son année de naissance[17]. Cette date semble plausible car ses parents se sont mariés l'année précédente. La preuve qu'elle est en fait née en 1610 est donnée par une anthologie regroupant des poèmes de félicitations pour son premier mariage et par une lettre d'Elias A Leonibus à Johannes Hevelius datant de 1651 et découverte par le Dr Ingrid Guentherodt[18],[19].

ŒuvreModifier

 
Un mémorial en l'honneur de Maria Cunitz à Świdnica, Pologne.

La publication de l'ouvrage Urania propitia (Olse[20] -Silésie, 1650) donne à Maria Cunitz une réputation européenne. Elle est acclamée comme la femme la plus savante en astronomie depuis Hypatie d'Alexandrie[21]. Fait important pour une publication technique de cette époque, son livre est écrit en latin et en allemand (peut-être pour augmenter l’accessibilité de son travail). Urania propitia est une simplification des tables rudolphines. Ce livre donne de nouvelles tables et éphémérides et une solution plus élégante au problème de Kepler, qui consiste à déterminer la position d'une planète sur son orbite comme une fonction du temps ; de plus, elle corrige des erreurs dans les travaux de Kepler[22]. De nos jours son livre est également montré comme une contribution au développement de la langue allemande scientifique[23].

À cause de ses talents multiples et de ses réussites, Cunitz était surnommée la « Pallas de Silésie ». En 1727, dans son livre Educated Silesian Women and Female Poets, Johann Caspar Eberti écrit[24] que « (Maria) Cunicia ou Cunitzin est la famille du renommé Henrici Cunitii. Elle était une femme bien éduquée, comme une reine parmi les femmes de Silésie. Elle pouvait converser en sept langues, allemand, italien, français, polonais, latin, grec et hébreu, était une musicienne expérimentée et une peintre accomplie. Elle était une astronome dévouée et appréciait spécialement les problèmes astronomiques. »

Notes et référencesModifier

  1. Cunitz, Maria. "Urania propitia, sive Tabulæ Astronomicæ mirè faciles, vim hypothesium physicarum à Kepplero proditarum complexae; facillimo calculandi compendio, sine ullâ logarithmorum mentione paenomenis satisfacientes; Quarum usum pro tempore praesente, exacto et futuro succincte praescriptum cum artis cultoribus communicat Maria Cunitia. Das ist: Newe und Langgewünschete, leichte Astronomische Tabelln, etc.", Oels, Silesia, 1650.
  2. « Katalog z wystawy Astronom Maria Kunic », sur www.olesnica.org
  3. Zedler's Universallexikon, Halle-Leipzig, 1737, Bd. 15, Sp. 2134f, Stichwort: Kunitzin [1]
  4. Storm Dunlop, Michèle Gerbaldi, "Stargazers: the contribution of amateurs to astronomy", Springer-Verlag, 1988, pg. 40
  5. « Discovery Circumstances: Numbered Minor Planets (10001)-(15000) », sur www.cfa.harvard.edu
  6. Locations during her life on Blaeu's 1645 Dutch map of Silesia File:Blaeu 1645 - Nova totius Germaniæ descriptio.jpg
  7. Locations during her life on Blaeu's 1645 map of Lower Silesia File:Blaeu 1645 - Silesia Inferior.jpg
  8. Allgemeines Schriftsteller- und Gelehrten-Lexikon der Provinzen Livland, Esthland und Kurland, Volume 1, J.F. Steffenhagen und Sohn, 1827 [2]
  9. Sigrid Dienel: Die Pestschrift des schlesischen Arztes Heinrich Cunitz (1580-1629) aus dem Jahr 1625: ein zeitgenössisches medizinisch-pharmazeutisches Dokument? : eine vergleichende Untersuchung mit Pestschriften aus dem 16. und 17. Jahrhundert, 2000 [3]
  10. Marilyn Bailey Ogilvie, The Biographical Dictionary of Women in Science: Pioneering Lives From Ancient Times to the Mid-20th Century, 2000, page 309.
  11. Name Lignitz on the map from that period File:Blaeu 1645 - Nova totius Germaniæ descriptio.jpg
  12. Johann Heinrich Zedler, Universal Lexicon, 68 tomes, Leipzig 1732–1754, hier: Band 35, Spalte 1618f. [4]
  13. a et b Chisholm 1911
  14. Article „Löwen, Elias von“ in: Allgemeine Deutsche Biographie, herausgegeben von der Historischen Kommission bei der Bayrischen Akademie der Wissenschaften, Band 19 (1884), ab Seite 311, Digitale Volltext-Ausgabe in Wikisource, URL: http://de.wikisource.org/w/index.php?title=ADB:L%C3%B6wen,_Elias_von&oldid=810951 (Version vom 21. August 2009, 02:44 Uhr UTC)
  15. Name Pitzen as on Blaeu's 1645 map of Silesia File:Blaeu 1645 - Silesia Ducatus.jpg
  16. Johann Ephraim Scheibel: Nachrichten von der Frau von Lewen geb. Cunitzin. In: Astronomische Bibliographie, der 3. Abteilung, zweite Fortsetzung, Schriften aus dem siebzehnten Jahrhundert von 1631 bis 1650 aus der Reihe Einleitung zur mathematischen Bücherkenntnis. Nr. 20, Breslau 1798, pages 361-378.
  17. Paul Knötel: Maria Cunitia. In: Friedrich Andreae (Hrsg.): Schlesier des 17. bis 19. Jahrhunderts, Schlesische Lebensbilder. Nr. 3, Breslau 1928, pages 61-65.
  18. Ingrid Guentherodt: Maria Cunitia. Urania propitia; Intendiertes, erwartetes und tatsächliches Lesepublikum einer Astronomin des 17. Jh.. In: Daphnis. Zeitschrift für mittlere deutsche Literatur. Nr. 20, 1991, pages 311-353.
  19. Ingrid Guentherodt: Frühe Spuren von Maria Cunitia und Daniel Czepko in Schweidnitz 1623. In: Daphnis. Zeitschrift für mittlere deutsche Literatur. Nr. 20, 1991, pages 547-584.
  20. Name Olse as on Blaeu's 1645 map of Silesia File:Blaeu 1645 - Silesia Ducatus.jpg
  21. Jean Baptiste Joseph Delambre, Histoire de l'astronomie moderne, t. Second, Paris, M V COURCIER, LIBRAIRE POUR LES SCIENCES,
  22. (en) « Unforgotten sisters: The woman who bested Kepler | Cosmos », sur cosmosmagazine.com (consulté le 7 avril 2018)
  23. Ingrid Güntherodt (Guentherodt), Maria Cunitz und Maria Sibylla Merian: Pionirinnen der Deutsches Wissenschaftssprache im 17. Jahrhundret, Zeitschrift für Germanistische Linguistik, Vol. 14, 1, pp. 23-49, DOI: 10.1515/zfgl.1986.14.1.23, Oct.2009.
  24. Johann C. Eberti. "Eröffnetes Cabinet dess gelehrten Frauen-Zimmers. Darinnen die berühmtesten dieses Geschlechtes." Iudicium, Munich 2004, (ISBN 3-89129-998-2). (Repr. of "Schlesiens hoch- und wohlgelahrtes Frauen-Zimmer", Breslau 1727), pages 25-28.

Voir aussiModifier

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