Marguerite Perey

chimiste française
Marguerite Perey
Description de cette image, également commentée ci-après
Marguerite Perey (1909-1975), chimiste française découvreuse du francium.
Nom de naissance Marguerite Catherine Perey
Naissance
Villemomble (France)
Décès (à 65 ans)
Louveciennes (France)
Nationalité française
Domaines Chimie
Physique
Institutions Institut du radium
université de Strasbourg
Diplôme diplôme de chimiste en 1929
Renommé pour Découverte du francium

Marguerite Perey, née à Villemomble le et morte à Louveciennes le , est une chimiste française.

Elle est connue pour avoir isolé le francium en 1939. En 1949, elle est professeur titulaire de la chaire de chimie nucléaire à l'université de Strasbourg dans l'Institut de recherche nucléaire. Elle est la première femme élue correspondant de l'Académie des sciences en 1962.

BiographieModifier

Marguerite Perey est née le à Villemomble. Elle est la plus jeune fille d’Émile Louis Perey, propriétaire d'un moulin (qui meurt en ), et d'Anne Jeanne Ruissel. Elle a trois frères et une sœur : Jacques, Jean, Paul et Madeleine[1].

Elle suit des études à l'École d'enseignement technique féminine, dont elle sort avec le diplôme d'État de chimiste en 1929[2].

Elle rejoint alors l'équipe de Marie Curie à l'Institut du radium à Paris et y devient sa préparatrice particulière de 1929 à 1934[3]. En 1934, à la mort de Marie Curie, Marguerite Perey obtient un poste de radiochimiste, toujours à l'Institut du radium, auprès du nouveau directeur André Debierne[3],[4]. En 1939, Marguerite Perey isole par purification de lanthane contenant de l'actinium le premier isotope d'un élément chimique qui se place dans la case 87 encore vide du système périodique, en dessous du césium dans la classification périodique. Il était alors connu sous le nom provisoire eka-césium[5]. Elle nommera cet élément francium en hommage à Marie Curie qui avait nommé le polonium[6],[7]. C'est le dernier élément existant découvert à l'état naturel[5].

Dès les années 1870, la communauté des chimistes pensait qu'il devait exister un métal de type alcalin de numéro atomique 87[8], en dessous du césium dans la classification périodique. Il était alors connu sous le nom provisoire eka-césium[5]. Les chercheurs essayaient de découvrir et d'isoler cet élément manquant. Au moins quatre annonces prématurées furent faites avant qu'il ne soit effectivement découvert par Marguerite Perey[9]. Le francium n'a actuellement aucune application connue car il ne possède aucun isotope stable et le moins instable, 223Fr, n'a une demi-vie que de 22 minutes.

Ayant repris ses études pendant la guerre, Marguerite Perey soutient un doctorat de sciences à la Sorbonne en 1946, sur l'« Élément 87, actinium K » et devient maître de recherches au CNRS[2] à l'Institut du radium sous la direction d'Irène Joliot-Curie jusqu'en 1949[10]. Elle est alors nommée professeur titulaire de la chaire de chimie nucléaire à l'université de Strasbourg dans l'Institut de recherche nucléaire tout juste créé. Le , elle est la première femme élue correspondant de l'Académie des sciences[2].

À partir du début des années 1950, les nombreuses douleurs qu'elle ressent perturbent ses activités. En 1958, le Dr Warren, un Américain, lui fait passer en Suisse un scanner corps entier qui révèle la contamination de l'ensemble de son squelette à l'actinium, du fait des nombreuses manipulations des sources de ce radioélément au cours de sa carrière. Un cancer des os lui est diagnostiqué en 1960. Elle doit arrêter ses activités scientifiques puis s'installer à Nice pour se faire soigner dans une clinique où la progression de la maladie l'affaiblit progressivement. Le cancer finit par se généraliser et elle meurt le [11],[12].

Marguerite Perey, elle-même victime des radiations, a eu à cœur d'introduire dans ses laboratoires des mesures de protection[2].

Sélection de publicationsModifier

  • Marguerite Perey, « Sur un élément 87, dérivé de l'actinium », C.R. Hebd. Seances Acad. Sci., vol. 208,‎ , p. 97-99 (lire en ligne).
  • Marguerite Perey, « Francium: élément 87 », Bull. Soc. Chim. Fr., vol. 18,‎ , p. 779 (ISSN 0037-8968).
  • Marguerite Perey et Jean-Pierre Adloff, « Sur la descendance de l'actinium k : 22387Fr », Journal de Physique et Le Radium, vol. 17, no 7,‎ , p. 545-547 (lire en ligne).

DistinctionsModifier

DécorationsModifier

Le , Marguerite Perey est nommée au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur, faite chevalier de l'ordre le , promue au grade d'officier dans l'ordre le et faite officier de l'ordre le [13].

Elle est commandeur de l'ordre des Palmes académiques en 1960 et de l'ordre national du Mérite en 1973[2], le discours est prononcé par Alfred Kastler, prix Nobel de physique.

PrixModifier

  • Prix Wilde de l'Académie des sciences (1950)
  • Prix Le Conte de l'Académie des sciences (1960)
  • Grand prix scientifique de la ville de Paris[2] (1960)
  • Élue correspondante de l'Académie des sciences (1962) sur proposition de Francis Perrin
  • Prix Lavoisier de la Société française de chimie[2] (1964)
  • Médaille d'argent de la Société chimique de France[2] (1964)

HommagesModifier

Une école élémentaire et une école maternelle de Strasbourg portent son nom, de même qu'une rue dans le quartier de la Robertsau[14] et une place à Palaiseau.

La promotion 2017 de l'école d'ingénieur Télécom physique Strasbourg porte son nom.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

Article connexeModifier

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Ogilvie et Harvey 2000, p. 1006.
  2. a b c d e f g et h Marguerite Catherine Perey (1909-1975), par Jean-Pierre Adloff et George B. Kauffman, dans Out of the shadows, contributions of twentieth-century women to physics, édité par Nina Byers et Gary Williams.
  3. a et b Jean C. Baudet, Curieuses Histoires des dames de la science : les pionnières de la recherche, Paris Bruxelles, Editions Jourdan, , 318 p. (ISBN 978-2-87466-157-0), p. 173.
  4. Natalie Pigeard-Micault, Les femmes du laboratoire de Marie Curie, Paris, Editions Glyphe, , 298 p. (ISBN 978-2-35815-111-5, 2-35815-111-4 et 2-35815-111-4), p. 199-205.
  5. a b et c (en) Jean-Pierre Adloff et George B. Kauffman, « Francium (Atomic Number 87), the Last Discovered Natural Element », Chem. Educator, vol. 10, no 5,‎ , p. 387-394 (ISSN 1430-4171, DOI 10.1333/s00897050956a).
  6. Marguerite Perey, « Sur un élément 87, dérivé de l'actinium », C.R. Hebd. Seances Acad. Sci., vol. 208,‎ , p. 97-99 (lire en ligne).
  7. Marguerite Perey, « Francium : élément 87 », Bull. Soc. Chim. Fr., vol. 18,‎ , p. 779 (ISSN 0037-8968).
  8. (en) Andy Price, « Francium », sur www.andyscouse.com, (consulté le ).
  9. (en) Brady Haran, avec l'aide du Pr. Sir Martyn Poliakoff, « Francium (new video) - Periodic Table of Videos - YouTube », sur Periodic Videos, (consulté le ) ;
  10. Dossier de carrière au CNRS conservé aux Archives nationales sous la cote 20070296/427.
  11. encyclopedia.com : Perey, Marguerite Catherine .
  12. Catholic University of America : MARGUERITE C. PEREY.
  13. « Cote c-340401 », base Léonore, ministère français de la Culture.
  14. Maurice Moszberger (dir.), Dictionnaire historique des rues de Strasbourg, Le Verger, Barr, 2012 (nouvelle éd. révisée), p. 438 (ISBN 9782845741393).