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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Aldrin.

Buzz Aldrin
Aldrin en 1969.
Aldrin en 1969.

Nationalité Drapeau des États-Unis Américain
Sélection Groupe 3 de la NASA, 1963
Naissance (89 ans)
Glen Ridge, New Jersey
Occupation précédente Pilote de chasse
Grade Colonel, US Air Force
Durée cumulée des missions 12 j 4 h 53 min
Mission(s) Gemini 12, Apollo 11
Insigne(s) Gemini 12 insignia.png Apollo 11 insignia.png

Buzz Aldrin, né Edwin Eugene Aldrin junior le à Glen Ridge dans le New Jersey[Note 1], est un astronaute, deuxième homme à marcher sur la Lune. Il est aviateur de l'armée de l'air américaine et ingénieur américain.

En octobre 1963, il fait partie du troisième groupe d'astronautes recruté par la NASA. En novembre 1966, il pilote la dernière mission du programme Gemini, Gemini 12, au cours de laquelle il effectue trois sorties extravéhiculaires démontrant qu'il est possible de travailler dans l'espace. Le , il pilote le module lunaire d'Apollo 11, premier vaisseau habité à se poser sur la Lune. Il quitte la NASA et l'Armée de l'air en 1972 et entame une difficile reconversion à la vie civile. Il publie par la suite cinq ouvrages de fiction et autobiographiques rédigés en collaboration et portant tous sur l'aventure spatiale.

Sommaire

FormationModifier

Edwin Eugene Aldrin junior surnommé Buzz[Note 1] est le fils d'Edwin Eugene Aldrin Sr (1896-1974), pilote militaire, et de Marion Moon (1903-1968)[1]. Ses parents sont d'origine écossaise et suédoise.

Il naît à Glen Ridge le [2]. Il a deux sœurs plus âgées que lui. Lorsque les États-Unis entrent en guerre en 1942, son père est affecté loin de sa famille et ne fait plus que de courts séjours au domicile. Sa mère, dont le nom de jeune fille signifie « Lune » en anglais, devient dépressive et a des problèmes d'alcoolisme. Elle se suicide en 1968, avant la mission Apollo 11.

Après avoir été diplômé de la Montclair High School, il entre à l'académie militaire de West Point, et en sort brillamment troisième en 1951 avec l'équivalent d'une licence en mécanique.

Pilote militaireModifier

Buzz Aldrin entre dans l'Armée de l'Air en tant que sous-lieutenant[3] ("second lieutenant") servant comme pilote de chasse. Il participe à la guerre de Corée et effectue 66 missions de combat sur le chasseur à réaction Sabre au cours desquelles il abat deux MiG-15. Les photos prises par la caméra du bord de son avion lors de l'une de ses victoires montrant le pilote russe en train de s'éjecter sont publiées dans le magazine Life car il s'agit de la première éjection filmée en combat. À la fin de la guerre, il est nommé instructeur à la base aérienne de Nellis puis assistant du doyen de l'École de l'Armée de l'Air inaugurée en 1955. Il est nommé par la suite commandant d'une escadrille de chasseurs à réaction Super Sabre à la base aérienne de Bitburg en Allemagne. En 1959, il entame un cycle d'études supérieures en Ingénierie spatiale au Massachusetts Institute of Technology (MIT) et décroche en 1963, un doctorat en sciences astronautiques avec une thèse sur les techniques de rendez-vous orbital entre vaisseaux avec équipage[4]. Il retourne à la vie militaire et est affecté au 'Gemini Target Office' dans la division des systèmes spatiaux de l'Armée de l'Air à Los Angeles.

AstronauteModifier

 
Aldrin au cours d'une des sorties dans l'espace de la mission Gemini 12.

Le 25 mai 1961, un mois seulement après l'envoi du premier homme dans l'espace, le soviétique Youri Gagarine, le président John Kennedy lance publiquement le pari (voir Special Message to the Congress on Urgent National Needs) que son pays enverra un homme se poser sur la Lune avant la fin de la décennie. Au printemps 1963, la Course à l'espace entre les États-Unis et l'Union soviétique bat son plein. Dans les deux pays, les premiers programmes de vols habités, Mercury et Vostok, s'achèvent. Monoplaces et peu maniables, les vaisseaux étaient purement expérimentaux. Les États-Unis se mobilisent pour un programme intermédiaire, le programme Gemini, en vue de mettre au point les techniques qui seront nécessaires au débarquement sur la Lune. L'agence spatiale américaine, la NASA, recrute de nouveaux astronautes, ceux qui constitueront les équipages du programme Apollo. Profitant du fait qu'il n'est désormais plus nécessaire d'avoir une expérience hautement qualifiée de pilote d'essais, Aldrin pose sa candidature, faisant valoir un doctorat sur les techniques de rendez-vous spatial. Le 18 octobre, il intègre le troisième groupe d'astronautes de la NASA.

Gemini 12Modifier

Article détaillé : Gemini 12.

De même que quelques autres de ses collègues, Aldrin est affecté au programme Gemini, qui se déroule en 1965 et 1966 et dont l'objectif est de maîtriser les techniques nécessaires pour les missions du programme Apollo, notamment celles du rendez-vous spatial et des sorties extravéhiculaires. Il utilise ses connaissances en mécanique spatiale pour mettre au point les procédures de rendez-vous en orbite. En août 1965, il assure la liaison radio avec l'équipage de Gemini 5. Peu après, James Lovell et lui sont désignés comme remplaçants pour la mission Gemini 10. Les équipages des dernières missions du programme sont déjà désignés et ils n'en font pas partie. Mais en février 1966, après le décès accidentel de l'équipage de Gemini 9, ils en sont désignés équipage de rechange, ce qui, d'office, les désigne comme équipage principal de Gemini 12, la toute dernière étape du programme. Lors des vols précédents, on avait constaté combien il est difficile de se mouvoir dans une combinaison spatiale. Gemini 12 décolle le pour une mission de quatre jours. Aldrin, qui a eu l'idée de s'entraîner en piscine afin de se préparer au mieux, effectue sans difficulté trois sorties extravéhiculaires. Au cours de la seconde, relié par un cordon de 9 mètres, il effectue différentes tâches sur le vaisseau cible Agena GATV-12, auquel Gemini 12 s'est préalablement arrimé. Principalement grâce à son habileté, le vol est couronné de succès.

Apollo 11Modifier

 
Aldrin à bord du module lunaire durant la mission Apollo 11.
Article détaillé : Apollo 11.

Lorsque le programme Gemini s'achève, la NASA choisit le groupe des astronautes à partir desquels seront constitués les équipages des prochaines missions du programme Apollo. Aldrin, qui revient juste d'une mission, n'en fait pas partie. Mais à la suite du décès de l'équipage d'Apollo 1 (en janvier 1967, lors d'un test au sol), il est réintégré dans le groupe. Il est d'abord affecté dans l'équipage de remplacement de la mission Apollo 8 (qui, en décembre 1968, sera la toute première mission humaine autour de la Lune), d'abord en tant que pilote du module lunaire puis comme pilote du module de commande. Le 9 janvier 1969, Il est finalement affecté à la mission Apollo 11 comme pilote du module lunaire avec Neil Armstrong comme commandant et Michael Collins comme pilote du module de commande.

La mission Apollo 11 décolle du centre spatial Kennedy le 16 juillet 1969. En attendant l'ouverture de la porte du module, Aldrin prit la parole pour demander aux téléspectateurs de prendre un moment de silence pour contempler, chacun à sa manière, les évènements sur la Lune, puis il prit le pain et le vin que son église, la Webster Presbyterian Church, dans laquelle il était diacre, lui avait remis pour accomplir le rituel de la communion, rituel qui ne fut pas diffusé par peur de recours judiciaires, comme celui que Madalyn Murray O'Hair entreprit à la suite de la lecture des premiers chapitres de la Genèse au cours d'Apollo 8. Il s'agissait, comme Aldrin l'a déclaré dans des interviews qu'il a données après l'expédition, du premier acte religieux accompli sur la Lune, ainsi que de la première consommation d'aliments sur la Lune[5],[6],[7],[8],[9][Note 2].

Le 21, à 3h15 UTC, vingt minutes après Armstrong, Aldrin devient le deuxième homme à fouler le sol lunaire. Sa première action sur le sol lunaire, qu'il raconte en s'amusant, est de « soulager un besoin naturel dans [sa] poche à urine » ; « à chacun sa première sur la Lune »[10]. Sa mission principale est d'installer deux appareils scientifiques : un sismomètre ainsi qu'un réflecteur laser (qui permettra de calculer plus tard la distance Terre-Lune avec une extrême précision)[11],[12]. Les deux astronautes ne s'éloignent guère du module lunaire. Ils le réintègrent au bout de 2h30, après avoir récolté 21,7 kg d'échantillons de sol.

Après le retour sur Terre, les astronautes d'Apollo 11 entament un tour du monde de 45 jours au cours duquel ils visitent 23 pays. À l'issue de ses deux missions, Aldrin a passé 289 heures et 53 minutes dans l'espace dont 7h52 à l'extérieur du vaisseau (record de temps de sortie extravéhiculaire jusqu'en 1971). Depuis sa retraite de la NASA, et à la différence de son collègue Armstrong, beaucoup plus réservé que lui, Aldrin multiplie les apparitions publiques et les commémorations médiatiques de ses exploits.

Retour à la vie civileModifier

 
L'équipage d'Apollo 11 (Michael Collins à gauche, Neil Armstrong, et Buzz Aldrin à droite) reçu à la Maison Blanche en 2004.

Il quitte la NASA et l'Armée de l'Air en 1972 et entame une difficile reconversion à la vie civile marquée par l'alcoolisme et la dépression. Il publie par la suite cinq ouvrages rédigés en collaboration et tous centrés sur l'aventure spatiale : des récits autobiographiques Return to Earth (1973), Men From Earth (1989) et Magnificent Desolation (2009) ainsi que des romans de science-fiction avec John Barnes Encounter with Tiber (1996) et The Return (2000).

En 2010, il participe à la 10e saison de la populaire émission Dancing with the Stars. Il est en compétition au côté notamment de la comédienne Shannen Doherty, Pamela Anderson, le footballeur Chad Ochocinco, le champion olympique Evan Lysacek, l’acteur Aiden Turner, et la gagnante, la chanteuse Nicole Scherzinger. Au bout de la troisième semaine, il est éliminé.

En 2011, il apparaît brièvement dans le film Transformers 3 dans son propre rôle face au personnage fictif Optimus Prime.

Il est membre de la National Space Society. Très actif sur les réseaux sociaux, il publie notamment sur ses comptes en juillet et août 2015 la note de frais établie par la NASA après son épopée lunaire. La compagnie spatiale lui a ainsi remboursé 33,31 $ pour son déplacement en voiture entre son domicile et la base de Houston[13]. Il déclare également que le président Kennedy avait manifesté à l'origine son désir d'envoyer une expédition vers la planète Mars[14].

En décembre 2016, par l'intermédiaire d'une entreprise de tourisme privée, il fait partie d'un groupe de touristes qui visitent la base antarctique Amundsen–Scott. Âgé alors de 86 ans[15], il obtient ainsi le record de la personne la plus âgée à avoir atteint le Pôle sud. Mais en raison de sa santé fragile et des rudes conditions locales, il doit être évacué vers la base antarctique McMurdo puis vers la Nouvelle-Zélande.

Le 19 juillet 2019, il est reçu avec Michael Collins et les deux fils de Neil Armstrong, par Donald Trump, à la Maison Blanche pour les cinquante ans de la mission lunaire. En cette occasion, est évoquée l'idée d'une prochaine mission directement sur Mars.

PostéritéModifier

  • Un cratère lunaire a été baptisé de son nom, de même que l'astéroïde n°6470.
  • Buzz l'Éclair, nom utilisé pour l'un des protagonistes des longs-métrages d'animation en images de synthèse des studios Pixar, Toy Story, a été inspiré par Buzz Aldrin[16]. En 2009, Aldrin rendit hommage au personnage lorsqu'il fit apparaître à ses côtés une miniature du célèbre ranger de l'espace au Magic Kingdom de Walt Disney[17].
  • En 2017, l'auteur compositeur interprète "Cyclope Espion" rend hommage à la mission Apollo 11 en nommant Buzz Aldrin et Neil Armstrong dans sa chanson "Satellite" extraite de l'album "Friday Night Epitaph" sur le label New-yorkais '201a Records' [18]

GalerieModifier

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ŒuvresModifier

  • Avec Wayne Warga, Return to Earth, Bantam, 1975 (ISBN 978-0-552-68486-6) (1re édition 1973 chez Random House)
  • Avec Ken Abraham, Magnificent Desolation, Crown Publishing Group, 2009 (ISBN 978-0-307-46345-6)
  • Avec Ken Abraham, No Dream Is Too High: Life Lessons From a Man Who Walked on the Moon, National Geographic, 2016 (ISBN 978-1426216497)

FilmographieModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. (en) Biography - Site officiel de Buzz Aldrin
  2. James R. Hansen, First Man: The Life of Neil A. Armstrong, Simon & Schuster, 2005 p. 348 : « His birth certificate lists Glen Ridge as his birthplace ».
  3. https://www.nellis.af.mil/News/Features/Article/286368/famed-astronaut-traces-steps-back-to-air-force/
  4. Thèse sur Dspace
  5. (en) Erin Blakemore, « Buzz Aldrin Took Holy Communion on the Moon. NASA Kept it Quiet », sur HISTORY, (consulté le 19 juillet 2019)
  6. (en-GB) Matthew Cresswell, « How Buzz Aldrin's communion on the moon was hushed up », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 19 juillet 2019)
  7. Olivier COUDERC, « De la lecture des versets de la Genèse par les astronautes d'Apollo 8 », sur Les anecdotes de la Conquête de l'Espace (consulté le 19 juillet 2019)
  8. « La mystérieuse cérémonie de Buzz Aldrin sur la Lune... », sur La Revue Internationale, (consulté le 19 juillet 2019)
  9. Domitille Farret d'Astiès, « On a communié sur la Lune », sur Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, (consulté le 19 juillet 2019)
  10. [vidéo] In the Shadow of the Moon de David Sington (en), documentaire sorti en 2007
  11. (en) Eric M Jones, « Apollo 11 : AS11-40-5886 », sur Apollo 11 Lunar surface Journal,
  12. (en) Eric M Jones, « Apollo 11 :Mobility and Photography », sur Apollo 11 Lunar surface Journal,
  13. La NASA a remboursé 33 dollars à Buzz Aldrin après sa mission lunaire
  14. « Buzz Aldrin - #DidYouKnow that President John F. Kennedy... », sur www.facebook.com (consulté le 27 février 2016)
  15. « Buzz Aldrin, le deuxième homme à marcher sur la Lune, doit être évacué du pôle Sud », sur europe1.fr, Europe 1 (consulté le 19 juillet 2019)
  16. (en) « Toy Story 3 Featurette - Buzz Lightyear », sur Trailer Addict (consulté le 11 avril 2016)
  17. (en) Marcia Dunn, « 'Real Buzz' welcomes Buzz Lightyear back », sur NBC News (consulté le 11 avril 2016)
  18. (en-US) Stephen Carradini, « Independent Clauses Cyclope Espion » (consulté le 19 juillet 2019)
  19. « Transformers: Dark of the Moon (2011) » (consulté le 2 juillet 2017)

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier