Bill Murray

acteur américain
Bill Murray
Description de cette image, également commentée ci-après
Bill Murray lors du Festival de Cannes 2019.
Nom de naissance William James Murray
Naissance (71 ans)
Evanston (Illinois, États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Profession Acteur
Humoriste
Réalisateur
Films notables SOS Fantômes (saga)
Un jour sans fin
Lost in Translation
Broken Flowers
La Vie aquatique
Séries notables Olive Kitteridge

William James Murray dit Bill Murray [bɪl ˈmʌɹi][1], né le à Evanston (Illinois), est un acteur, humoriste et réalisateur américain.

Il est révélé au public américain par ses prestations comiques dans l'émission télévisée Saturday Night Live et joue ensuite dans plusieurs comédies à succès, dont les films SOS Fantômes (1984, 1989), dans lesquels il interprète le Dr Peter Venkman et Un jour sans fin (1993). Il aborde par la suite d'autres registres, et son rôle dans Lost in Translation (2003) de Sofia Coppola lui vaut plusieurs récompenses et une nomination à l'Oscar du meilleur acteur. Par la suite, il continue dans le registre dramatique, en apparaissant notamment dans Broken Flowers (2005), St. Vincent et Olive Kitteridge (2014). Il apparaît dans tous les films de Wes Anderson depuis Rushmore (1998) et a collaboré avec Jim Jarmusch dans quatre de ses films.

Il prête, de manière occasionnelle, sa voix à des personnages, dont notamment à Clive Badger dans Fantastic Mr. Fox (2009), Baloo dans le remake de 2016 du film d'animation Le Livre de la jungle (1967), ou encore à Boss dans L'Île aux chiens (2018).

Il reçoit en 2017 le prix Mark-Twain de l'humour américain.

BiographieModifier

Né à Evanston, en banlieue de Chicago, William James Murray est le cinquième d'une famille de neuf enfants d'origine irlandaise[2]. Il fait ses études secondaires à la Loyola Academy, un lycée privé jésuite et travaille comme caddy pour payer ses études[3]. Il fait aussi du théâtre et est le chanteur d'un groupe de rock appelé les Dutch Masters. Son père meurt en 1967 de complications dues à un diabète[3]. Il s'inscrit à l'université de Regis à Denver pour étudier la médecine, mais abandonne après quelques démêlés avec la justice[3]. En 1971, son frère Brian l'invite alors à intégrer la troupe du Second City, un cabaret de comédie improvisée situé à Chicago[4].

Il part pour New York en 1974 et rejoint la National Lampoon Radio Hour, une émission radiophonique comique, avec plusieurs autres humoristes tels que Chevy Chase, Gilda Radner, et John Belushi[5]. Cependant, alors que ses trois acolytes font partie des membres fondateurs du Saturday Night Live originel (1975), il décide de rejoindre pour sa part le Saturday Night Live with Howard Cosell, qui débute la même année[4]. Cette émission est un échec et est annulée en janvier 1976, mais il a en 1977 l'occasion de rejoindre le Saturday Night Live à la suite du départ de Chevy Chase. Il se révèle au grand public avec cette émission, à laquelle il collabore jusqu'en 1980, et a une relation amoureuse avec Gilda Radner durant cette période[6].

Murray obtient son premier rôle important au cinéma dans Arrête de ramer, t'es sur le sable (1979) avant d'incarner le célèbre écrivain Hunter S. Thompson dans Where the Buffalo Roam (1980). Au début des années 1980, il tient des rôles importants dans des comédies à succès comme Le Golf en folie, Les Bleus et Tootsie. C'est avec SOS Fantômes (1984) qu'il se fait vraiment un nom au cinéma. Le film est le plus grand succès au box-office de l'année et ce rôle lui permet de financer Le Fil du rasoir, un film dont il a écrit le scénario et dans lequel il tient son premier rôle dramatique[7]. Ce film est un échec commercial et Murray prend ses distances avec le cinéma pendant quelques années pendant lesquelles il étudie la philosophie et l'histoire à la Sorbonne et fréquente la Cinémathèque française[5].

Il revient au cinéma en 1988 avec Fantômes en fête et enchaîne l'année suivante avec SOS Fantômes 2. En 1990, il fait son unique incursion dans le domaine de la réalisation en coréalisant Quick Change avec Howard Franklin. Il joue ensuite le premier rôle dans deux comédies qui remportent un grand succès : Quoi de neuf Bob ? (1991) et surtout Un jour sans fin (1993), où il incarne un présentateur météo prétentieux tombant sous le charme de sa collègue (interprétée par Andie MacDowell), alors qu'une boucle temporelle le condamne à revivre sans fin la même journée, celle du 2 février, date de la fête de la marmotte à Punxsutawney. Les films dans lesquels il apparaît par la suite ont moins de succès auprès du public mais certains sont acclamés par la critique, notamment Ed Wood (1994), où il tient un second rôle, et Rushmore (1998), pour lequel il remporte plusieurs récompenses.

Il passe dans ses rôles suivants à un registre plus grave, même s'il continue à jouer des rôles comiques dans Charlie et ses drôles de dames (2000) et Osmosis Jones (2001), et remporte un immense succès avec Lost in Translation (2003) de Sofia Coppola. Son interprétation d'un acteur sur le retour à la vie de couple compliquée qui fait la rencontre d'une jeune femme un peu déboussolée (interprétée par Scarlett Johansson) lors d'un voyage à Tokyo lui permet de remporter notamment le Golden Globe du meilleur acteur dans un film musical ou une comédie et le British Academy Film Award du meilleur acteur et d'être nommé à l'Oscar du meilleur acteur (remporté par Sean Penn). En 2004, il collabore pour la troisième fois avec le réalisateur Wes Anderson dans La Vie aquatique puis joue un autre rôle sérieux, celui d'un père en quête de son fils, dans Broken Flowers de Jim Jarmusch, qui remporte le Grand prix du Festival de Cannes en 2005.

 
Bill Murray en 2009.

Murray annonce en 2005 qu'il met sa carrière d'acteur entre parenthèses et, à l'exception de son rôle dans La Cité de l'ombre (2008), il n'apparaît plus que pour des caméos, dont celui très remarqué dans Bienvenue à Zombieland (2009) où il joue son propre rôle, jusqu'à la fin des années 2000. En 2010, il opère son retour avec Le Grand Jour. Depuis lors, il apparaît notamment dans Moonrise Kingdom (2012), Week-end royal (2012) et Monuments Men (2014).

Murray mène une vie très détachée de l'univers d'Hollywood et n'a pas d'agent. Il choisit ses rôles en consultant de façon irrégulière la boîte vocale d'un téléphone spécialement destiné à cet emploi[8]. Cette façon peu orthodoxe de travailler l'a parfois privé de certains rôles pour lesquels il a exprimé plus tard de l'intérêt, comme ceux de Sulley dans Monstres et Cie, Eddie Valiant dans Qui veut la peau de Roger Rabbit, Bernard Berkman dans Les Berkman se séparent, Frank Ginsberg dans Little Miss Sunshine et Willy Wonka dans Charlie et la Chocolaterie[9].

Vie privéeModifier

Bill Murray se marie à Las Vegas avec Margaret Kelly le [3]. Deux fils naissent de ce mariage : Homer (né en 1982) et Luke (né en 1985). Le couple divorce en 1996 en raison de la liaison entretenue par Murray depuis déjà quelques années avec Jennifer Butler. Il se marie avec Jennifer Butler en 1997. Ils auront quatre fils : Caleb (né en 1993), Jackson (né en 1995), Cooper (né en 1997) et Lincoln (né en 2001). Jennifer Butler demande et obtient le divorce en 2008, accusant notamment Murray d'adultère et de violences conjugales[10].

Murray est un passionné de golf et joue souvent dans des tournois de célébrités. Il expose tout son amour pour ce sport dans un livre écrit en 1999, Cinderella Story: My Life in Golf, à mi-chemin entre l'autobiographie et l'essai. Le nom de ce livre provient d'une réplique qu'il prononce dans un de ses premiers films, Le Golf en folie, et qui est classée à la 92e place dans le classement des répliques de films américains AFI's 100 Years... 100 Movie Quotes. Il possède avec ses frères un restaurant près de Saint Augustine, le Murray Bros. Caddy Shack[11]. Il soutient les équipes sportives de Chicago, notamment les Cubs[12], les Bears et les Bulls. En 2000, il soutient la candidature à la présidence des États-Unis de Ralph Nader du parti vert[13].

En 2007 et 2010, il a participé au Crossroads Guitar Festival organisé par Eric Clapton[14]. En 2007, le groupe virtuel Gorillaz sur l'album D-Sides lui dédie une chanson appelée Bill Murray. En 2012, le collectif Eclectic Method (en) lui dédie un mashup appelé lui aussi Bill Murray.

FilmographieModifier

CinémaModifier

FilmsModifier

Années 1970Modifier
Années 1980Modifier
Années 1990Modifier
Années 2000Modifier
Années 2010Modifier
Années 2020Modifier

Films d'animationModifier

TélévisionModifier

DistinctionsModifier

Cette section récapitule les principales récompenses et nominations obtenues par Bill Murray. Pour une liste plus complète, se référer à l'Internet Movie Database[15].

RécompensesModifier

NominationsModifier

Voix francophonesModifier

En France, Bill Murray a été doublé par de nombreux comédiens. Le doublant pour la première fois dans Hamlet sorti en 2000, Bernard Métraux devient la voix française régulière de Bill Murray à partir du milieu des années 2000[17]. Parmi les autres voix marquantes, Richard Darbois[18] l'a doublé à sept reprises tandis que Bernard Murat l'a doublé dans la duologie SOS fantômes et La Petite Boutique des horreurs[18].

Il a également été doublé à trois reprises chacun par Patrick Floersheim[19],[20],[21] dans Broadway, 39e rue, La Vie aquatique et Le Grand Jour, Patrick Poivey dans Les Bleus, Tootsie et La Vie en plus ainsi que par Patrick Guillemin dans Quick Change, Quoi de neuf, Bob ? et L'Homme qui en savait trop... peu. Dominique Collignon-Maurin l'a doublé à deux reprises dans Fantômes en fête et Mad Dog and Glory.

À titre exceptionnel, Bill Murray a été doublé par Dominique Paturel dans Arrête de ramer, t'es sur le sable, Marc François dans Le Golf en folie, Bernard Alane dans Ed Wood, Joël Martineau dans Charlie et ses drôles de dames, Gabriel Le Doze dans La Famille Tenenbaum[20], Didier Flamand dans Week-end royal, Jean-Michel Vovk dans St. Vincent, Pierre Dourlens dans Welcome Back et Patrick Béthune dans Parks and Recreation.

Au Québec, Marc Bellier est la voix québécoise régulière de l'acteur[22]. Il a également été doublé par Carl Béchard[22] dans Monnaie courante et Max la Menace, Guy Nadon[22] dans À Miami faut le faire, Daniel Lesourd dans Le Roi de la quille[22], Hubert Gagnon dans Les Racoleuses[22]

Versions françaises
  • Bernard Métraux dans Lost in Translation, Coffee and Cigarettes, Broken Flowers, Bienvenue à Zombieland, Moonrise Kingdom, The Grand Budapest Hotel, Olive Kitteridge, SOS Fantômes (2016), On the Rocksetc.
  • Richard Darbois dans Un jour sans fin, Un éléphant sur les bras, Space Jam, Sexcrimes, Rushmore, Osmosis Jones, Max la Menace

Notes et référencesModifier

  1. Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.
  2. (en) Sean Elder, « Bill Murray », sur Salon.com (consulté le )
  3. a b c et d (en) Timothy White, « The Rumpled Anarchy of Bill Murray », sur The New York Times (consulté le )
  4. a et b (en) Chris Chase, « Bill Murray, A Black Sheep Now in Stripes », The New York Times,‎
  5. a et b (en) Jay Carr, « Bill Murray's Somber Side », The Boston Globe,‎
  6. (en) Gilda Radner, It's Always Something, Simon & Schuster,
  7. (en) Dan Fierman, « Bill Murray Is Ready To See You Now », sur GQ.com (consulté le )
  8. (en) « How we work: Bill Murray, actor », sur rodcorp.com (consulté le )
  9. (en) Lee Harvey, « Bill Murray gets lost in transportation », sur msn.com (consulté le )
  10. (en) Ron Menchaca, « Bill Murray sued for divorce », sur The Post and Courier (consulté le ).
  11. (en) « Caddy Shack », sur murraybroscaddyshack.com (consulté le ).
  12. (en) Tom Keller, « Murray visits with Cubs prior to finale », sur mlb.com (consulté le ).
  13. (en) David W. Chen, « In Nader Supporters' Math, Gore Equals Bush », sur The New York Times (consulté le ).
  14. (en) Kathy Coleman, « Eric Clapton - Crossroads Guitar Festival 2007 », sur about.com (consulté le ).
  15. (en) « Awards for Bill Murray », sur Internet Movie Database (consulté le )
  16. « Golden Globes 2021 : les nominations », sur Vogue Paris (consulté le )
  17. Voir aussi les cartons du doublage français sur le DVD zone 2 des films.
  18. a et b « Comédiens ayant doublé Bill Murray en France » sur Doublagissimo
  19. « Décès de Patrick Floersheim », sur RS Doublage, .
  20. a et b « Comédiens ayant doublé Bill Murray en France », sur RS Doublage.
  21. François Justamand, « Décès de Patrick Floersheim (1944-2016) », sur Objectif-cinema.com, .
  22. a b c d et e « Comédiens ayant doublé Bill Murray au Québec », sur Doublage.qc.ca (consulté le )

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Robert Schnakenberg (trad. de l'anglais), Lost in Bill Murray, Grenoble/impr. en Slovénie, Glénat, coll. « Over the pop », , 255 p. (ISBN 978-2-344-02572-7)
  • Yal Sadat, Bill Murray : Commencez sans moi, Capricci, coll. « Capricci stories », , 128 p.

Liens externesModifier