Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Groundhog Day.
Un jour sans fin
Titre québécois Le Jour de la marmotte
Titre original Groundhog Day
Réalisation Harold Ramis
Scénario Danny Rubin (histoire)
Danny Rubin et
Harold Ramis (adaptation)
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie romantique
Fantastique
Durée 101 min
Sortie 1993

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Un jour sans fin (Groundhog Day), ou Le Jour de la marmotte au Québec et au Nouveau-Brunswick, est un film américain réalisé par Harold Ramis et sorti en 1993.

Le film met en scène l'histoire de Phil Connors, un présentateur météo sur une chaîne de télévision régionale, prétentieux, aigri et imbu de lui-même. Le 2 février, il part en reportage à l'occasion du Jour de la marmotte, festivité traditionnelle célébrée en Amérique du Nord le jour de la Chandeleur. Mais une fois le sujet tourné, un blizzard le force à passer la nuit sur place. À chaque fois que son réveil sonne, c'est cette même journée qui recommence : Phil semble bloqué dans le temps jusqu'à ce qu'il ait donné un sens à sa vie.

Le film connaît un succès relatif lors de sa sortie aux États-Unis, avant de lentement s'imposer comme référence culturelle[1].

Sommaire

SynopsisModifier

 
Photo du Jour de la marmotte en 2005.

Phil Connors, un présentateur-météo de la station de télévision (fictive) WPBH-TV9 de Pittsburgh, sa productrice Rita et le caméraman nommé Larry partent pour Punxsutawney en Pennsylvanie[2] pour couvrir les festivités annuelles du Jour de la marmotte. Lassé de ce devoir annuel et de la bourgade, Phil enregistre à contrecœur son reportage sur le festival et tente de revenir à Pittsburgh quand une tempête de neige, que ses prévisions avaient localisée dans une autre région, bloque les routes principales. Phil et son équipe sont contraints de rester à Punxsutawney un jour de plus.

Après une nuit de sommeil, Phil, en se réveillant, découvre qu'il revit à nouveau la journée du 2 février. La journée se déroule exactement comme la précédente sans que quiconque semble conscient de cette boucle temporelle sauf Phil, qui se souvient parfaitement des événements qu’il a vécus la « veille ». Chaque matin, il continue de se réveiller à 6 heures le 2 février.

Initialement perturbé ou agacé par cette situation, il commence à en tirer profit sans crainte des conséquences à long terme, utilisant sa connaissance de ce qui va se produire. Il apprend alors les secrets des habitants de la ville et multiplie des actes qu'il n'aurait jamais réalisés en temps normal, comme un vol ou une conduite en état d'ivresse. Il séduit également une femme mais s’aperçoit à cette occasion qu’il est hanté par Rita. Toutefois, ses machinations pour séduire celle-ci se soldent toujours par un échec. Phil devient désespèré et tente de mettre fin à la boucle temporelle, de façon de plus en plus radicale, en enregistrant des reportages ridicules et offensants sur le festival, en abusant des résidents et, finalement, en kidnappant la marmotte mascotte du festival. Après une longue poursuite, il projette sa voiture du haut d’une falaise, semblant se tuer en même temps que la marmotte. Toutefois, en se réveillant, Phil constate que rien n'a changé et que ses nouvelles tentatives de suicide sont tout aussi vaines.

Lorsqu'il explique la situation à Rita en lui donnant des preuves de sa bonne foi, celle-ci lui dit qu'il devrait en profiter pour se perfectionner. Phil s’efforce alors d'en savoir un peu plus sur Rita et améliore chaque jour sa connaissance d'elle-même et de la ville. Il fait aussi une rencontre déterminante : lors d'une soirée, il découvre qu'un vieux clochard, auquel il avait fait un don monétaire important un peu plus tôt, agonise dans une ruelle. Après sa vaine tentative pour le sauver, il recommence chaque jour à tenter de le faire échapper à son destin, en vain. Il commence alors à utiliser sa vaste expérience de cette journée pour aider autant de personnes qu’il le peut. Il utilise également ce temps pour apprendre, entre autres choses, à jouer du piano, à sculpter sur glace et à parler le français (dans le doublage français, il apprend l’italien). Au bout du compte, Phil devient capable de se lier d'amitié avec presque tous ceux qu'il rencontre durant sa journée à répétition. Il utilise son expérience pour sauver des vies, aider toutes sortes de citadins et se rapprocher de Rita. Il enregistre ensuite un reportage sur la célébration de la fête de la Marmotte si éloquent que toutes les autres stations orientent leurs micros vers lui. Après une soirée dansante où on le voit déployer des talents remarquables au piano, des célibataires sont « vendus » aux enchères pour une cause caritative ; Rita, étonnée par l'acharnement de Nancy et d'une autre femme, finit par « remporter » Phil. Plusieurs habitants de Punxsutawney viennent alors tour à tour le remercier, sous les yeux de Rita, ce qui la séduit. Phil et Rita se retirent ensuite dans la chambre de Phil.

Phil, qui a vécu une journée parfaite, se réveille enfin le matin en constatant que la boucle temporelle est brisée : c’est le matin du 3 février et Rita est encore allongée à ses côtés.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
Bill Murray (ici en 2009) interprète de Phil Connors.

AccueilModifier

Le distributeur semblait mettre peu d'espoir dans ce film. Il sortit en salle aux États-Unis au mois de février 1993, une des périodes les plus creuses de l'année, et fin juillet en France, qui était à l'époque la période de plus basse fréquentation et de moindre exposition annuelle. Le film tint pourtant l'été durant à Paris grâce à de bonnes critiques et au bouche à oreille, et termina une honorable carrière d'exclusivité à l'automne.

Le film a rapporté 90 921 898 USD de recettes au box-office mondial, dont 70 906 973 USD aux États-Unis[4] et a réalisé un score modéré en France avec 521 101 entrées [5],[6]. Selon le site IMDb, Un jour sans fin a rapporté 7 731 518 USD au Royaume-Uni, 66 296 USD en Autriche et 12 217 111 USD en Allemagne[7].

Il a reçu un accueil critique très favorable, recueillant 96 % de critiques positives, avec un score moyen de 7,910 et sur la base de cinquante-cinq critiques collectées, sur le site Rotten Tomatoes[8]. Sur le site Metacritic, il obtient un score de 72100, sur la base de quatorze critiques collectées[9].

DistinctionsModifier

Le film a remporté le British Academy Film Award du meilleur scénario original et Andie MacDowell le Saturn Award de la meilleure actrice. Le film a obtenu cinq autres nominations aux Saturn Awards (meilleur film fantastique, meilleur acteur, meilleure réalisation, meilleur scénario et meilleurs costumes) et a été nommé au prix Hugo du meilleur film[10].

En 2000, l'American Film Institute l'a classé 34e meilleure comédie du XXe siècle[11], et, en 2008, 8e film fantastique[12]. En septembre 2011, Time Out London publie un top 100 des meilleurs films de comédie ; le film se retrouve en 8e position[13].

Le film a été inscrit au National Film Registry en 2006[14].

CommentairesModifier

Ce film, basé sur un postulat simple, ouvre la réflexion à plusieurs niveaux. Tout d'abord l'épanouissement personnel, montrant qu'un homme cynique et imbu de sa personne peut devenir un héros local si les circonstances le lui permettent. Ensuite une réflexion philosophique sur le quotidien, car la routine et la répétitivité sont à plusieurs reprises suggérées dans le film. Enfin, le héros est amené à progresser humainement tout au long du film en découvrant que chaque personne, même la plus anonyme, a son identité, son histoire et sa raison d'être, ce qui l'amène à considérer l'autre, et à l'apprécier pour ce qu'il est, différemment de son premier regard. Le film ouvre ainsi une réflexion profonde sur la considération des « autres », la tolérance, l'égoïsme et les préjugés. Le tout situé dans un contexte irréel truffé de drôleries et d'allusions. C'est un film à considérer au second degré si l'on souhaite en percevoir la pleine portée. À ce sujet, dans un de ses livres[15], le politologue Charles Murray conseille à ses lecteurs vingtenaires, « pour rester dans le droit chemin », de voir « périodiquement » le film Un jour sans fin. Murray considère le film comme « une fable morale profonde qui traite des questions les plus fondamentales de la vertu et du bonheur ». Bien comprendre le film « vous aidera à vivre une vie bonne ».

En tant que tel, le film est devenu un favori de certaines personnalités bouddhistes[16], parce qu'ils voient ses thèmes d'altruisme et de renaissance comme un reflet des messages de leur spiritualité.

Aux États-Unis et, dans une moindre mesure, dans d'autres pays anglophones, l'expression « Groundhog Day » (jour de la marmotte) est entrée dans l'usage commun comme une référence à une situation désagréable qui se répète sans cesse[17].

Le film a en outre fait l'objet de plusieurs études scientifiques dans des domaines divers[18].

Autour du filmModifier

Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (février 2019)
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
  • Chaque matin, Phil Connors se réveille au son du tube de Sonny and Cher, I Got You Babe, qui passe à la radio. On peut cependant relever un détail incohérent : Lorsque Phil se lève à 6h du matin, il observe par la fenêtre qu'il fait déjà bien jour. Or en période du 2 février, le soleil ne se lève pas avant 7h25 à Punxsutawney.
  • Buster, le maire de la ville, est interprété par le frère de Bill Murray, Brian Doyle-Murray.
  • Le doublage en version française est l'occasion d'un jeu de mots ne figurant pas dans la version américaine : dans la scène (vers 16 min 25 s) où, de retour à Punxsutawney après le début du blizzard, Phil essaie d'obtenir un appel téléphonique longue distance, le doublage français fait dire à Phil « Vous devez absolument prendre l'appel » une seconde avant que ne passe devant la caméra un personnage portant une pelle de déneigement qui heurte Phil à l'arrière de la tête. Dans la bande son américaine, on entend simplement « Can you patch me through on that line? » (qui constitue une demande de mise en relation avec le correspondant souhaité), sans le jeu de mots entre « l'appel » et « la pelle ».
  • Dans les bonus de l'édition du film en DVD, Harold Ramis, interrogé sur la durée de la boucle temporelle qui enferme Phil à Punxsutawney, donne une estimation d'environ dix ans, puis se corrigera plus tard dans une entrevue en l'estimant à 30 à 40 ans. Un calcul basé sur différentes estimations (notamment du temps que Phil a dû mettre pour apprendre le français, la sculpture sur glace ou le piano) donne une estimation de presque 34 ans[19].
  • Le film n'a pas été tourné à Punxsutawney en Pennsylvanie mais à Woodstock dans l'Illinois car Harold Ramis trouvait que la ville « ne rendait pas assez ».
  • Dans la scène où Phil s'empiffre de gâteaux, au lieu de faire semblant de les manger pour les recracher hors caméra comme cela se fait habituellement, Bill Murray les mange effectivement.
  • Lorsque Phil tente de faire comprendre à Rita qu'il revit infiniment la même journée, il précise qu'il a été poignardé, abattu, empoisonné, gelé, pendu, électrocuté puis brûlé. Ces méthodes sont en fait celles utilisées par les assassins de Rasputin[20].
  • Sur le dernier plan du film, on voit Phil porter Rita pour la faire passer au-dessus du portail de la maison. Ce passage fut en fait improvisé par les acteurs eux-mêmes pour la simple raison que le portail était bloqué par le gel.

Notes et référencesModifier

  1. http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18670109.html
  2. Bien que l'intrigue du film se déroule presque entièrement à Punxsutawney (Pennsylvanie), le tournage a en réalité eu lieu à Woodstock (Illinois). La ville de Punxsutawney est également le cadre du film Planqué malgré lui de John Ford.
  3. (en) « Groundhog Day », sur The Numbers. Consulté le .
  4. (en) « Groundhog Day », sur Box Office Mojo (consulté le 2 février 2011).
  5. « Un Jour sans fin - Box-office France », sur Jp's Box-office (consulté le 2 février 2011).
  6. Julien Lada, « Un jour sans fin : Bill Murray et Harold Ramis, une longue histoire d'amitié », sur Première, (consulté le 28 décembre 2018).
  7. (en) Un jour sans fin sur l’Internet Movie Database.
  8. (en) « Groundhog Day », sur Rotten Tomatoes (consulté le 18 octobre 2012).
  9. (en) « Groundhog Day », sur Metacritic (consulté le 18 octobre 2012).
  10. (en) « Awards for Un jour sans fin », Internet Movie Database (consulté le 18 octobre 2012)
  11. (en) « AFI 100 Years 100 Laughs », American Film Institute (consulté le 18 octobre 2012)
  12. (en) « AFI's Top 10 Fantasy », American Film Institute (consulté le 18 octobre 2012)
  13. On parle de films
  14. (en) « Films Added to National Film Registry », sur Library of Congress (consulté le 18 octobre 2012)
  15. Charles Murray, The Curmudgeon's Guide to Getting Ahead: Dos and Don'ts of Right Behavior, Tough Thinking, Clear Writing, and Living a Good Life, New York, Crown Business, (ISBN 978-0-8041-4144-4)
  16. (en) Paul Schindler, « Groundhog Day The Movie, Buddhism and Me » (consulté le 29 novembre 2009).
  17. (en) « Hurricane Fatigue », USA Today (consulté le 29 novembre 2009).
  18. « Résultats recherche "groundhog day" cinema sur Google Scholar »
  19. http://whatculture.com/film/just-how-many-days-does-bill-murray-really-spend-stuck-reliving-groundhog-day
  20. « Aviez-vous remarqué - Un jour sans fin » sur Allociné.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier