Un jour sans fin

film sorti en 1993
Un jour sans fin
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Titre québécois Le Jour de la marmotte
Titre original Groundhog Day
Réalisation Harold Ramis
Scénario Danny Rubin (histoire)
Danny Rubin et Harold Ramis (adaptation)
Musique George Fenton
Acteurs principaux
Sociétés de production Columbia Pictures
Pays d’origine Drapeau des États-Unis États-Unis
Genre Comédie romantique
Fantastique
Durée 101 min
Sortie 1993


Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Un jour sans fin (Groundhog Day), ou Le Jour de la marmotte au Québec et au Nouveau-Brunswick, est une comédie fantastique américaine réalisée par Harold Ramis, écrite par Ramis et Danny Rubin et sortie en 1993.

Bill Murray y interprète Phil Connors, un cynique et misanthrope présentateur météo chargé de couvrir le traditionnel jour de la marmotte à Punxsutawney, petite ville de Pennsylvanie, et qui se retrouve bloqué dans une boucle temporelle le forçant à revivre indéfiniment ce qu'il estime être la journée la plus ennuyeuse. Andie MacDowell, Chris Elliott, Stephen Tobolowsky et Brian Doyle-Murray interprètent les autres personnages importants.

Rubin imagine l'intrigue d’Un jour sans fin au début des années 1990. Il écrit le script spéculatif avec pour objectif de rencontrer des producteurs et l'aider à financer d'autres de ses projets. Le scénario attire finalement l'attention de Ramis qui le retravaille avec Rubin pour le rendre moins sombre et plus acceptable aux yeux du grand public, y incorporant une grande part de comédie. Après avoir été choisi, Murray se dispute Ramis sur la teneur du script. Murray désire en effet se concentrer sur les éléments philosophiques alors que Ramis préfère développer les aspects humoristiques. Le tournage a lieu de mars à juin 1992 presqu'entièrement à Woodstock (Illinois) et rencontre de nombreuses difficultés, en partie à cause de la météo très froide, mais surtout à cause des conflits opposant Ramis et Murray.

Le film est un succès au box-office américain à sa sortie, bien que modeste, rapportant 70,9 millions de dollars et devient l'un plus gros succès de 1993. L'accueil critique est généralement favorable, la presse spécialisée louant son équilibre réussi entre moments très sentimentaux et d'autres profondément cyniques, ainsi que son message philosophique sous-jacent à la comédie. Il est nominé à de nombreuses récompenses et remporte le BAFTA du meilleur scénario original. Malgré ce succès, Un jour sans fin marque la fin de la longue collaboration entre Ramis et Murray, débutée avec Arrête de ramer, t'es sur le sable (Meatballs, 1979) et ayant donné des films culte tels que SOS Fantômes (Ghostbusters, 1984). Les deux hommes ne se sont plus adressés la parole après le tournage jusqu'à peu avant la mort de Ramis en 2004. Le film a servi de vitrine pour Murray ; alors uniquement vu comme acteur comique, sa performance l'a conduit à des premiers rôles plus sérieux dans des films salués par la critique.

Depuis sa sortie, le film a gagné en estime et est désormais considéré comme l'un des meilleurs films des années 1990 et comme l'une des meilleures comédies de tous les temps. Il s'impose désormais comme une référence culturelle[1] et a un impact certain dans la pop culture. Le terme « Groundhog Day » est devenu, dans le lexique anglophone, synonyme d'une situation monotone, déplaisante et répétitive. Le film a été analysé en tant qu'allégorie religieuse du point de vue bouddhiste, chrétien et juif pour l'aspect profondément philosophique de son intrigue. Un jour sans fin est aussi vu comme l'un des films ayant témoigné de l'acceptation du grand public pour les comédies avec des éléments fantastiques. En 2006, le film est sélectionné pour préservation par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique ». Un jour sans fin a été adapté en 2016 en comédie musicale et en jeu vidéo sous la forme d'une sequel, intitulée Groundhog Day: Like Father Like Son.

SynopsisModifier

Phil Connors, un présentateur météo qui travaille au sein de la station de télévision régionale (fictive) WPBH-TV9, basée à Pittsburgh, est un homme abject. Méprisant ses auditeurs, imbu de lui-même, Phil est très orgueilleux. Accablant ses collaborateurs de sarcasmes, il est par conséquent unanimement détesté par ses collègues de travail[non pertinent].

Un jour, Phil annonce à l’antenne qu’il doit couvrir les festivités annuelles du jour de la marmotte à Punxsutawney en Pennsylvanie[2]. À cette occasion, il fait la connaissance de Rita, sa productrice, pour laquelle il ressent d’emblée une attirance. Lors du voyage vers Punxsutawney, dans la camionnette de WPBH-TV9 conduite par le caméraman Larry — qui connaît bien Phil et qui n'en pense pas du bien —, Rita a tout le temps de découvrir la personnalité exécrable de Phil.

Le lendemain, Connors enregistre son reportage à contrecœur : c’est la quatrième année de suite qu'il se rend dans cette ville et il est lassé de mettre en lumière un événement selon lui sans intérêt, auquel participent des « bouseux ». Peu après, l'équipe repart en camionnette vers Pittsburgh, mais un blizzard (que les prévisions avaient localisé dans une autre région) bloque les routes principales. Phil et son équipe sont alors contraints de rester à Punxsutawney un jour de plus.

Après une nuit de sommeil, Phil découvre avec stupeur que le programme qu'il entend à la radio (la chanson I Got You Babe de Sonny and Cher) est exactement le même que la veille. Pire : les événements de la journée semblent aussi se reproduire exactement comme la veille. La réaction initiale de Phil est de douter de lui-même, en mettant cette situation sur le compte d’une impression de déjà-vu ; mais son malaise augmente, alors que toutes les situations déjà vécues se reproduisent à l’identique, les heures passant. Son malaise initial se transforme ensuite en colère, le « jour » suivant. Rita, Larry et les autres gens trouvent son comportement de plus en plus erratique car il devient violent, mais Phil est toujours piégé dans la boucle et son comportement reste sans effet sur le « lendemain » suivant.

En réalité, Phil est « coincé » dans la journée du , qui devient une boucle temporelle : à partir de h du matin, Phil s'éveille, ce qui enclenche de nouveau la même journée continuelle. Après la réinitialisation au réveil, tout le monde semble avoir oublié que cette journée a déjà été vécue, sauf Phil. Une fois la boucle de la journée achevée, rien de ce que Phil a fait n’a la moindre incidence : il se réveille invariablement à h dans sa chambre d’hôtel, quoi qu'il ait fait précédemment.

Phil, qui cherche une réponse à cette situation, se fait ausculter et consulte un psychiatre, en vain. Il tente d’appeler Rita à l’aide, mais son histoire est à peine crédible et Rita n’a aucune sympathie pour lui : c’est un échec.

La colère et le déni de Phil se transforment ensuite en résignation. Revivant sans cesse sa journée, il finit par connaître par cœur une bonne partie des événements constituant celle-ci, notamment les petites habitudes de chacun, mais le tout est d’un ennui mortel. Il découvre ensuite qu’il peut tirer parti de la situation : rien de ce qu’il fait dans la journée n’ayant de conséquences véritables, il peut alors se laisser aller à toutes sortes d’abus qu’il ne se serait pas permis autrement (boulimie, conduite dangereuse, vol de billets de banque, etc). Il séduit également Nancy, une participante à la fête, en se faisant passer pour un ancien camarade de classe, en utilisant les informations qu’il lui a soutirées la « veille » et en faisant valoir son métier. Mais, alors qu’ils font l’amour, il réalise qu’il est hanté par Rita.

Il décide alors de la séduire d’une manière tout à fait malhonnête. À cet effet, il prépare la journée « parfaite » : il propose à Rita tout ce qu’elle aime, fait semblant d'avoir les mêmes goûts qu’elle et la faire rire à chaque plaisanterie, l’objectif final étant de l’attirer dans son lit. Pour ce faire, il emploie la méthode essai-erreur, chaque réussite lui permettant d’aller plus loin, chaque erreur étant corrigée le « jour » suivant. Malheureusement, il n'arrive pas à aboutir plus loin que des baisers, et toute tentative de contourner cet obstacle se termine toujours par une gifle.

Se voyant dans une impasse et son ego ayant beaucoup souffert, Phil sombre dans le désespoir et décide de briser la boucle de façon radicale. À l’issue de la présentation publique de la marmotte, il l’enlève dans un pick-up et, après une course-poursuite avec la police, se précipite dans le vide avec le véhicule et le rongeur. Il teste ensuite, chaque « jour », une nouvelle manière de mourir, mais se réveille invariablement à h dans sa chambre d’hôte, bien vivant et sans souffrances.

Il retourne ensuite vers Rita et lui expose sa situation d’une nouvelle manière. Lui disant qu’il connaît les actes de tout le monde et tous les faits qui doivent se passer durant la journée, Rita, à défaut d’être réellement convaincue, décide de lui accorder le bénéfice du doute. Ils passent alors la journée ensemble sans que Phil ne tente de la séduire. Dépouillé de ses sarcasmes, Phil paraît à Rita bien plus sympathique. Il lui expose les divers talents qu’il a eu le temps d’acquérir au cours de cette journée sans fin, Rita lui suggérant de profiter de cette occasion pour devenir meilleur. La journée se termine dans la chambre de Phil, où ils sont côte à côte sur le lit. À cette occasion, Phil découvre la tendresse et ouvre son cœur à Rita alors qu’elle est assoupie.

Le « lendemain », le moral de Phil est à l’acceptation. Il commence à utiliser cette journée perpétuellement renouvelée pour apprendre de nouvelles choses, entre autres le piano, la sculpture sur glace et à parler le français[3]. Un « soir », il fait une rencontre déterminante : il découvre qu'un vieux sans-abri, auquel il avait fait un don d'argent important un peu plus tôt, agonise dans une ruelle et meurt devant lui. Après sa vaine tentative pour le sauver, il recommence chaque jour à tenter de le faire échapper à son destin, en vain. Il commence alors à utiliser sa vaste expérience de cette journée pour aider, préserver et sauver autant de personnes qu’il le peut. Au bout du compte, Phil devient capable de se lier d'amitié avec presque tous ceux qu'il rencontre durant sa journée à répétition.

Enfin, il enregistre un reportage sur la célébration de la fête de la Marmotte si éloquent que toutes les autres stations orientent leurs micros vers lui. Il s’éclipse ensuite et passe le reste de la journée à voler au secours des gens dans le besoin, étant adorable avec tout le monde et sincèrement attentif. Après une soirée dansante où on le voit déployer des talents remarquables au piano, les habitants locaux viennent tour à tour le remercier, sous les yeux effarés de Rita. Une foire aux célibataires, organisée pour une œuvre caritative, démarre alors. Phil accepte, sous la pression du public, de se mettre « en vente ». Devant l’acharnement de Nancy et d’une autre femme, Rita, intriguée, tente le tout pour le tout et finit par « remporter » Phil. L’enchère terminée, le « défilé » des habitants de Punxsutawney reprend, et Rita finit par se laisser séduire. Phil et Rita se retirent ensuite dans la chambre de Phil.

Phil, qui a vécu une journée parfaite, se réveille enfin le matin en constatant que la boucle temporelle est brisée : le matin du vient d'arriver et Rita est encore allongée à ses côtés, assoupie.

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

 
Bill Murray (ici en 1989), l'interprète de Phil Connors.

ProductionModifier

Concept et première versionModifier

 
Lestat le vampire d’Anne Rice (photo) a servi d'inspiration initiale pour le script de Danny Rubin.

Danny Rubin a l'idée originelle d’Un jour sans fin en 1990, dans un cinéma de Los Angeles. Attendant que le film ne débute, il poursuit sa lecture de Lestat le vampire (The Vampire Lestat, 1985) d'Anne Rice et se met à réfléchir sur l'immortalité vampirique et ce qu'il pourrait faire de son temps s'il était illimité[7],[8],[9]. Il voit alors les vampires comme des personnes normales qui ne sont pas obligées d'adhérer aux mêmes règles et limites morales[8],[9]. En découlent de nombreuses questions : est-ce que l'immortalité ne deviendrait pas ennuyeuse ? À quel moment le sera-t-elle ? Est-ce qu'une personne immortelle changerait avec le temps, en particulier si cette personne n'avait pas connu de changement substantiel dans sa vie mortelle et limitée ?[8] Il pense aussi à certains hommes connaissant un blocage psychologique, enfermés dans leur adolescence[8],[9].

Ayant récemment vendu son premier scénario qui deviendra par la suite le thriller Hear No Evil (en) (Robert Greenwald, 1993), son agent l'incite a développer un script « carte de visite » dont il pourrait se servir pour obtenir des rendez-vous avec des producteurs. Rubin commence à travailler sur son idée d'un homme changeant au cours de sa vie éternelle mais il comprend rapidement que cette idée est difficilement réalisable à cause des coûts qu'engendrerait la mise en scène d'évènements historiques ou futurs. C'est à ce moment que Rubin se souvient d'un concept qu'il avait imaginé deux ans auparavant, une histoire brève mettant en scène un homme qui se réveille chaque matin et qui constate qu'il s'agit de la même journée se répétant inlassablement. Rubin associe ces deux idées pour créer les grandes lignes d’Un jour sans fin. En représentant l'éternité comme un cycle répétitif au lieu d'une ligne droite à travers l'histoire, il évacue la problématique des coûts de production liés aux changements de décors[8]. Il pense également que la répétition lui offre plus de possibilités dramatiques et comiques[9].

Rubin ouvre un calendrier et choisit la célébration la plus proche, le , le fameux jour de la marmotte. Il voit dans cette date le potentiel de raconter son histoire car il s'agit aux États-Unis d'une fête reconnue mais ne recevant que peu d'attention. Pour lui, les gens n'ont qu'une vague connaissance de ces festivités utilisant une marmotte pour prédire le changement de saison. Quand bien même, il est persuadé que peu de personnes étrangères à la Pennsylvanie ne savent que le festival a lieu dans la petite ville de Punxsutawney, chose que lui-même connait pour avoir travaillé dans une compagnie téléphonique locale[8]. Situer l'histoire à Punxsutawney lui fournti un espace limité où bloquer Phil Connors, tandis que réaliser un reportage sur l'événement donne au personnage une raison de la visiter[8]. Il espère que le film deviendra un classique des films de noël à l'instar de La vie est belle (It's a Wonderful Life de Frank Capra, 1946) ou Joyeux Noël, Charlie Brown ! (A Charlie Brown Christmas de Bill Meléndez, 1965)[10],[11].

Rubin travaille huit semaines sur son histoire : sept pour définir les règles et les personnages et une seule pour écrire le scénario[8],[9]. La tâche se complique lorsqu'il faut réfléchir à la cause de la boucle temporelle et Rubin réfléchit à des origines technologiques, magiques ou célestes. Finalement, il estime que ces explications sont interchangeables et surtout qu'elles sont sans importance et pourraient distraire les spectateurs des éléments scénaristiques sur lesquels il veut se concentrer. Rubin explique que l'absence de justification permet de mieux s'identifier à la situation de Phil, précisant « [qu']aucun d'entre nous ne sait exactement comment nous nous sommes retrouvés piégés ici[8] ». Il choisit de débuter son histoire in medias res, Phil étant déjà pris dans la boucle temporelle[8]. La première scène met en scène Phil se réveillant sur I Got You Babe de Sonny and Cher (1965), prédisant les plaisanteries du présentateurs et les actions des gérants de l'hôtel, et attaquant un piéton dans la rue. Rubin pense alors que cela intriguerait le public de savoir comment et pourquoi il agit ainsi[9]. Il choisit I Got You Babe pour ses paroles répétitives et sa thématique de l'amour, ce qui a selon lui des résonances avec son intrigue[12]. Il compare ce scénario original à la comédie noire britannique Noblesse oblige (Kind Hearts and Coronets de Robert Hamer, 1949), en particulier la manière désinvolte dont sont mis en scène les multiples suicides de Phil[8].

Rubin n'imagine pas Un jour sans fin comme une comédie grand public et l'écrit avec plus de fantaisie. Il trouve que les passages les plus drôles sont les plus faciles à créer. Une des premières scènes qu'il écrit voit Phil utilisant son savoir toujours croissant pour séduire les femmes[9]. Dans certaines boucles, Phil essaye de fuir de Punxsutawney ; inévitablement, il revient à la ville au recommencement de la boucle[13]. Cependant, le script se concentre beaucoup plus sur la solitude de Phil et la boucle se brise seulement après avoir compris qu'il existe d'autres personnes tout aussi seules que lui et qu'il peut faire une bonne action en les rendant heureuses. Certaines scènes présentes dans le film tel qu'on le connait apparaissent beaucoup plus tôt dans le script de Rubin, comme celle où Phil se jette d'une falaise en voiture, qui aurait du se dérouler dans la toute première boucle. Le passage du temps aurait dû également être éclairci : Phil en aurait pris conscience en lisant une page de livre par jour avant de réaliser qu'il avait lu tous les livres disponibles. La fin aurait du comporter un retournement de situation : Phil brise sa boucle temporelle et avoue son amour pour Rita. La perspective devient alors celle de Rita qui, ayant repoussé les avances de Phil parce qu'elle n'est pas prête pour l'amour, découvre qu'elle est bloquée dans une boucle qui lui est propre[7].

DéveloppementModifier

Le script permet à l'agent de Rubin d'arranger quelques rendez-vous avec des producteurs. Bien qu'il ne se vende pas, ces réunions génèrent d'autres travaux pour Rubin[8],[9]. En 1991, après que son agent ait quitté l'industrie, Rubin envoie le script d’Un jour sans fin à plusieurs agences artistiques afin de chercher un nouveau représentant. Il attire l'attention de Richard Lovett de la Creative Artists Agency[9],[14]. Lovett explique à Robin qu'il ne peut cependant pas le représenter mais fait passer le script à son propre client, Harold Ramis[9].

Au début des années 1990, Ramis commence à s'éloigner des comédies antiautoritaires et anti-institutionnelles qui avaient défini le début de sa carrière, telles que Le Golf en folie (Caddyshack, 1980) et Bonjour les vacances... (National Lampoon's Vacation, 1983)[11],[14]. Bien qu'il connaisse un certain succès en tant que scénariste, sa dernière tentative de réalisation, Club Paradis (Club Paradise, 1986) s'est avéré être un échec cuisant autant commercial que critique[15],[16],[17]. Il veut réaliser un projet inhabituel et est particulièrement intéressé par les comédies abordant la rédemption et la découverte de son but dans la vie[11],[14]. Rubin connait le travail de Ramis pour l'avoir découvert à la télévision et au cinéma[8].

Ramis admet qu'il n'a pas rit une seule fois à la lecture du script de Rubin. Il est intéressé par la spiritualité sous-jacente et la romance présente mais il désire apporter plus d'humour[15]. Les deux hommes discutent des idées fondamentales du scénario, soulevant des parallèles avec le bouddhisme et la réincarnation[8]. Ils se demandent également s'il est éthique pour Superman - un surhomme ayant le pouvoir de sauver la vie d'innombrables personnes et d'empêcher des désastres - de gâcher son temps avec des aventures avec sa partenaire Lois Lane[8],[15].

Deux studios se disputent le scénario : d'un côté, Columbia Pictures, via Ramis, prévoit un gros budget mais Rubin perdrait le contrôle créatif ; de l'autre, un petit studio indépendant au budget modeste de 3 millions de dollars qui laisserait Rubin avoir la mainmise sur son concept original. Rubin choisit l'offre de Ramis et, comme prévu, le studio demande plusieurs changements[7].

Adaptation et réécritureModifier

Rubin admet être sur la défensive vis-à-vis des changements réclamés par le studio. Il craint que les modifications retirent ce qu'il considère être des éléments d'intrigue innovants et transforme le film en comédie générique[8]. Ramis supervise la réécriture[15] et s'attache à équilibrer le désir d'originalité de Rubin et les demandes du studio d'en faire une comédie grand public[7]. Ramis et Rubin s'appuient librement sur le modèle de Kübler-Ross et ses cinq étapes du deuil (déni, colère, marchandage, dépression et acceptation) pour sous-tendre la structure narrative[18],[7]. Ramis s'imagine dans la peau de Phil pour savoir ce qu'il ferait et ressentirait piégé dans sa situation[7]. Ils passent plusieurs semaines à réécrire le scénario[10]. Ramis suggère de retirer la fin d'origine imaginée par Rubin, dans laquelle Rita se retrouve elle-même bloquée dans une boucle temporelle. Il pense que le public n'appréciera pas une conclusion qui ne lui apporte aucune catharsis[14],[19]. De la même manière, il trouve important de conserver les éléments les plus sombres de l'histoire tels que les suicides de Phil, ces scènes permettant de contrebalancer les passages sentimentaux obligés[15].

Rubin livre son nouveau projet le 2 février 1991[7]. Contractuellement, il a le droit d'écrire une nouvelle version mais le studio préfère que Ramis prenne la main, mettant un terme à l'implication de Rubin[20]. Ramis commence la réécriture seul à partir du dernier scénario de Rubin[8],[7]. Ramis trouve la sentimentalité et la sincérité complètement opposées à ce dont il appris à faire en tant que comédien. Il tempère délibérément les moments les plus tendres par un ton cynique et grognon[15]. Parmi les grands changements qu'il apporte, Ramis réorganise le scénario en trois actes narratifs traditionnels[21]. Il consolide le personnage de Phil en lui conférant une attitude suffisante ce qui l'éloigne des autres personnages, développant ainsi un arc narratif comique classique où le personnage mérite sa punition[14],[11]. Ramis apprécie le concept de Rubin de débuter dans une boucle en cours mais la productrice associée Whitney White suggère de débuter le film avant la première boucle, permettant de voir la réaction initiale de Phil, ce qui serait plus intéressant pour le public[22],[23].

Ramis supprime le personnage de Max, le petit-ami de Rita, et ajoute (puis retire) celui de Gill Hawley, le producteur de Phil[24]. Cette version comporte plus de scènes de débauche se concentrant sur les conquêtes sexuelles de Phil[25] et supprime du contenu jugé mesquin, comme Phil proposant à Rita d'être son « esclave amoureux » (« love-slave »). Dans la version finale du film, cette tendance est inversée lorque Rita achète Phil et affirme qu'il lui appartient[24]. Les tentatives de Phil de quitter Punxsutawney sont également supprimées, Ramis ne voulant pas que les spectateurs se focalisent sur les règles de la boucle temporelle et pensant que circonscrire l'action au village lui ajoute un côté claustophobique[26]. L'exposition via Phil (notamment l'utilisation de voix off) est aussi évacuée[8],[23], de même que plusieurs scènes témoignant des bonnes actions du personnage et ses méthodes toujours plus ingénieuses afin d'empêcher les accidents de se réaliser tout en profitant au maximum de son temps. Par exemple, Phil aurait du placer sur une route un énorme rocher afin d'empêcher un camion de livrer du poisson à un patron de restaurant à cause duquel celui-ci se serait plus tard étouffé[27]. Là où le scrénario original de Rubin parait moralisateur, Ramis apporte une touche plus optimiste[14],[22]. Les extraits du scénario d'origine de Rubin (à gauche) et la réécriture de Ramis (à droite) témoignent de l'emphase sur l'attitude suffisante de Phil et le noyau romantique du film. Il s'agit d'une scène de diner entre Phil et Rita[14],[11] :

Scénario original de Rubin
PHIL (voix off) « Et Rita et moi — ensemble — c'était la chose la plus évidente du monde... »
PHIL « As-tu déjà eu l'impression de revivre le même jour encore et encore ? »
RITA « Comme un déjà vu ? »
PHIL « Plutôt comme un déjà, déjà, déjà, déjà... »
RITA « Donc, tu penses toujours être déjà venu ici ? » Phil hoche de la tête.
RITA « Et comment se déroule la soirée ? »

PHIL « Je vais te dire ce que je sais. Même dans une journée aussi longue que celle-ci, même dans une vie de répétition sans fin, il y a toujours de la place pour des possibilités. »[14]

Réécriture de Ramis
PHIL « Qu'est-ce que vous aimez ? Quel est votre homme idéal ? »
RITA « D'abord, il est trop humble pour savoir qu'il est parfait. »
PHIL « C'est moi ! »
RITA « Il est intelligent, attentionné, drôle... »
PHIL « Intelligent, attentionné, drôle. Moi, moi, moi. »
RITA (réfléchit) « Il est romantique et courageux. »
PHIL « Aussi moi. »
RITA « Il est beau, mais ne se regarde pas dans la glace toutes les deux minutes. »
PHIL « Je suis beau, et il m'arrive de ne pas me regarder pendant des mois. »
RITA « Il est gentil, sensible, et doux. Il n'a pas peur de pleurer en face de moi. »

PHIL « On parle bien d'un homme, hein ? »[14]

C'est la version de Ramis qui attire Bill Murray sur le projet, même si Murray et Ramis se disputent immédiatement sur le ton du film. Murray veut se focaliser sur les éléments philosophiques tandis que Ramis soutient qu'il s'agit avant tout d'une comédie[7],[14],[24]. Le studio est plus enthousiaste vis-à-vis de la copie de Ramis et pense que les changements le rendent plus attractif pour le grand public[7]. Columbia Pictures réembauche Rubin pour évaluer le scénario et l'annoter. Celui-ci rend le scénario avec des pages complètes de notes honnêtes et parfois sarcastiques, ce qui plait à Murray qui recommande de le réembaucher complètement pour aider sur le scénario[28].

Un des plus gros changements que le studio réclame vis-à-vis de la première version du scénario est une explication des causes de la boucle temporelle[8]. Le studio refuse en effet de donner son feu vert au projet si les raisons ne sont pas explicitées[22]. Le producteur décrit une scène où l'un des producteurs délégués de la Columbia demande « Pourquoi la journée se répète ? Pourquoi, bon sang ? J'aime bien, c'est bien, mais je comprends pas pourquoi il se retrouve bloqué dans cette boucle[22]. » Rubin avait imaginé plusieurs causes à la boucle, compris la malédiction d'une conquête éconduite ou encore l'invention détraquée d'un scientifique fou[22]. Albert et Ramis travaillent avec Rubin afin d'essayer d'apaiser le studio, tout en se mettant d'accord sur la place trop tardive de ces scènes dans le planning de tournage pour être filmées - et s'ils sont obligés de les tourner, de ne tout simplement pas les incorporer au film[22].

Le conflit opposant Murray et Ramis se poursuit. Ramis demande à Rubin de travailler sur le scénario avec Murray ; il pense en effet que c'est la seule façon d'empêcher Murray de l'appeler très tôt tous les matins. Quand Ramis les appelle pour vérifier leur progression, Murray demande à Rubin de faire semblant d'être absent[7],[14]. Murray et Rubin se rendent au festival du jour de la marmotte de Punxsutawney en 1992 afin de mieux connaitre l'événement mais font profil bas et ne révèlent pas les raisons de leur visite[29],[30]. Ils passent ensuite plusieurs semaines à New York à retravailler le scénario[10],[31]. Rubin trouve l'approche plus décontractée de l'écriture de Murray « frustrante[32] ». Un mois avant le début du tournage, le scénario n'est toujours pas finalisé et se rapproche de plus en plus du scénario original de Rubin[7].

Rubin et Ramis collaborent sur une nouvelle réécriture. Chacun travaille sur une section individuelle puis retravaille la section de l'autre. Ramis passe ensuite quelques jours à les affiner au sein du scénario[7],[8]. Rubin recommande de n'inclure aucune référence aux années 1990 ou même à d'autres périodes spécifiques pour lui permettre de rester intemporel[32],[33]. La version finale du film est, selon Rubin, en grande partie proche de son scénario[15]. Il regrette cependant la disparition de quelques scènes comme celle où un enfant de 14 ans se comporte comme Phil au début du film, contrastant avec le développement de Phil à ce stade de l'intrigue[34]. D'autres scènes ont été écrites mais jamais tournées, tels que Phil priant dans une église, faisant des paris ou encore une scène à laquelle Murray a personnellement opposée son veto, où Phil se déshabille pour obliger un homme âgé de sortir d'une piscine[7],[15]. Bien que le scénario soit complété, il continue à subir plusieurs changements durant le tournage[35],[36].

Distribution des rôlesModifier

 
Chris Elliott (ici en 2011) interprète Larry le cameraman.

Pour le rôle de Phil Connors, Chevy Chase[37], Tom Hanks[38] et Michael Keaton[39] sont aussi envisagés. Hanks est le premier choix de Ramis mais il refuse le rôle. L'acteur explique qu'il était catalogué dans les rôles de « gentils garçons » et que le public se serait attendu à son inévitable rédemption, tandis que Murray est « un tel enfoiré à l'écran et hors écran » (« such a miserable [son of a bitch] on- and off-screen ») que le résultat serait moins prévisible. Keaton pense que le personnage « ironique, sardonique et désinvolte » est parfait pour lui mais il reconnaît n'avoir tout simplement pas compris le film. Plus tard, il avouera regretter d'avoir refusé le rôle[38],[39]. Phil est à l'origine écrit comme un homme plus jeune mais ce trait est modifié lorsque la production constate que tous les acteurs comiques qu'elle envisage sont plus âgés[40].

Murray et Ramis sont amis depuis longtemps et ont collaboré sur de nombreux projets depuis 1974, dont cinq films à succès parmi lesquels Arrête de ramer, t'es sur le sable (Meatballs, 1979), Le Golf en folie (Caddyshack, 1980) et SOS Fantômes (Ghostbusters, 1984)[14],[21]. Rubin n'a pas écrit le personnage comme particulièrement méchant mais plutôt comme une personne ordinaire propulsée dans une situation extraordinaire. En castant Murray, Phil devient un protagoniste plus cynique, sarcastique et détaché mais pas assez malveillant pour ne plus avoir le soutien du public[41]. Rubin souhaite Kevin Kline pour le rôle car il pense que Murray n'a pas les capacités pour l'interpréter[42] mais Ramis le rassure, lui affirmant « Ne t'inquiète pas. Murray peut le faire. Il peut être si méchant et pourtant te faire l'aimer ». Andie MacDowell, sa partenaire à l'écran, le confirme : « C'est un crétin mais il vous fait rire[41] ».

Albert fait auditionner plusieurs comédiennes pour le rôle de Rita mais réalise que prendre quelqu'un qui rivalise avec Murray en matière de comédie serait préjudiciable au film. Le personnage de Rita n'est pas écrit pour échanger des commentaires spirituels avec Phil mais offre plutôt une certaine chaleur humaine et de l'intelligence. MacDowell est choisie par sa capacité à donner aisément la grâce qu'il convient au personnage de Rita. Sur le tournage, MacDowell essaye de s'adapter à l'improvisation naturelle de Murray. Elle pense que l'humour de son personnage vient de son honnêteté sans être extravagante[41]. La chanteuse Tori Amos a été un temps envisagée[43].

Stephen Tobolowsky est embauché dans le rôle de Ned Ryerson après avoir livré une prestation « extrêmement désagréable » à son audition[44]. Michael Shannon qui incarne le futur marié Fred obtient ici le premier rôle de sa carrière. Il passe une grande partie du tournage de la scène du dîner en arrière-plan car l'équipe veut que les acteurs soient à leur place même si la caméra n'est pas focalisée sur eux[45]. Une marmotte vivante, baptisée Scooter, est utilisée pour interpréter Punxsutawney Phil. La mairie de Punxsutawney, déçue que la vile de soit pas utilisée pour le tournage, refuse de laisser le véritable Punxsutawney Phil apparaitre dans le film[19],[46]. Scooter n'a pas été spécialement dressé auparavant et a été capturé seulement quelques semaines avant le tournage[29].

PréproductionModifier

 
Le véritable Gobbler's Knob à Punxsutawney, résidence de Phil la marmotte (2012).

La production veut utiliser une "ville américaine par excellence" pour le tournage, un endroit intemporel, qui ne semble pas être spécifique à une période donnée[11]. La commission du film de Pennsylvanie (Pennsylvania Film Commission) envoie des vidéos de repérage du village de Punxsutawney mais celui-ci ne présente que peu de lieux de tournage pouvant être exploités pour correspondre au scénario[11],[29]. Question logistique, Punxsutawney est aussi bien trop éloigné des installations nécessaires. Le village, rural, se trouve à près de 130 km de Pittsburgh, la grande ville la plus proche, et n'offre pas assez de logements pour accueillir l'équipe technique et les acteurs[29],[47].

Originaire de Chicago, Ramis apprécie de tourner dans l'Illinois et sait que la région peut répondre à ses besoins[11],[29]. Dotée d'une esthétique hivernale, sa proximité d'une métropole majeure et son accès rapide aux axes autoroutiers permettraient de compléter la production aussi vite que possible[29],[47]. Ramis recherche également une Main Street identique à celle de Punxsutawney et le repéreur Bob Hudgins pense que Mineral Point au Wisconsin pourrait convenir. Durant son voyage, l'équipe de repérage s'arrête à la ville de Baraboo dont la place serait plus à même de répondre aux attentes et aux besoins du tournage qu'une main street. Ramis demande de trouver un lieu similaire mais moins éloigné de Chicago[48]. Après avoir visité une soixantaine de villes, l'équipe de repérage arrive à Woodstock, village d'environ 25 000 habitants qu'Hudgins connait bien pour y avoir tourné Un ticket pour deux (Planes, Trains and Automobiles de John Hughes, 1987). Si elle est un peu plus éloignée que prévue (une centaine de kilomètres de Chicago), elle offre le côté intemporel que la production recherche ; la vue depuis le clocher de l'Opéra finit de convaincre Ramis et Albert[29],[48].

Une forêt préservée aux abords de McHenry est dans un premier temps envisagée pour tourner les séquences du Gobbler's Knob mais la production opte finalement pour la place du village[48], recréant la résidence de Punxsutawney Phil avec précision à l'aide de notes détaillées et de vidéos[11],[29],[47], augmentant considérablement l'impact sur Woodstock. On fait ainsi appel à des milliers de figurants pour de nombreuses prises et des entreprises locales s'unissent, inquiètes de l'impact qu'aurait la présence d'autant de personnes à la fois sur la place et sur leurs devantures pour une période indéterminée[48]. Hudgins se dit fier que le chiffre "23" affiché sur les badges comme autant d'entreprises mécontentes soit descendu à "14" au fur et à mesure qu'il les rallie au projet. Le conseil municipal lui-même est partagé sur la question[48]. Trois entrepreneurs poursuivent en justice Columbia Pictures après le tournage du film, demandant une compensation pour la perte de profit durant la production : l'un des affaires est réglée à l'amiable, le résultat des deux autres n'est pas connu[49].

TournageModifier

 
Le Tip Top Bistro, recréé sur le site du Tip Top Cafe fictif à Woodstock.

Le tournage débute le et se termine 86 jours plus tard, le [50]. Il se déroule en majeure partie à Woodstock mais aussi en studio à Cary et à Hollywood[29],[51]. Le budget alloué varie selon les sources entre 14,6 millions de dollars et 30 millions de dollars[5],[29],[52].

Les conditions météorologiques varient considérablement durant le tournage. La plupart des scènes sont tournées par un temps glacial, au froid mordant, qui persiste jusque fin mai[11]. Bill Murray tourne jusqu'à 12 heures par jour les scènes d'extérieurs à des températures atteignant parfois les −7 °C , ce qui lui cause des inflammations de la peau et le rend irritable[29]. Vers la fin du tournage, les températures estivalles obligent à utiliser de la fausse neige pour remplacer celle fondue mais les acteurs doivent continuer à porter leur équipement d'hiver malgré la chaleur[45]. Ramis n'arrive pas à se décider quel environnement choisir pour la rencontre entre Phil et Ned, il tourne donc les neuf scènes à plusieurs reprises dans différentes conditions[11]. La scène de l'accident de voiture demande à elle seule deux semaines de tournage[53].

Le tensions opposant Ramis et Murray s'aggravent durant le tournage. Ramis continue à vouloir réaliser une comédie romantique tandis que Murray ambitionne un film plus contemplatif[11],[54]. Murray, en instance de divorce de la mère de ses deux enfants, Margaret Kelly[15], a un comportement jugé erratique, multiplie les crises de colère et contredit régulièrement les décisions du réalisateur[21],[54]. Selon Ramis, Murray arrive constamment en retard sur le tournage et fait preuve d'une attitude « irrationnellement méchante et inaccessible »[54]. Ils continuent à se disputer sur la teneur du scénario mais aussi sur le jeu des autres acteurs[15]. Lorsque Michael Shannon avoue à Ramis qu'il pense avoir dérangé Murray, le réalisateur oblige l'acteur-star à s'excuser auprès de Shannon devant toute l'équipe de tournage[45]. Stephen Tobolowski explique qu'avant leur première scène, Murray a acheté toutes les pâtisseries d'une boulangerie pour les jeter aux spectateurs rassemblés, Tobolowski l'aidant à porter la cargaison[36].

 
L'opéra de Woodstock a servi pour l'extérieur de l'hôtel de Rita et l'une des scènes de suicide de Phil.

Le scénario continue d'être modifié durant le tournage. Lorsque Tobolowski arrive pour sa première scène, il a en main une nouvelle version du scénario et il estime qu'environ un tiers en est différent de la première. Par exemple, assez tôt dans le film, Phil casse un crayon pour savoir s'il se répare le jour suivant. Dans un premier temps, une autre scène est filmée où Phil dégrade les murs à la bombe de peinture, détruits les objets de sa chambre et se fait une crête iroquoise. La scène est filmée sur trois jours et coûte beaucoup d'argent mais Ramis lui préfère quelque chose de plus calme, simple et moins délirant. La structure change aussi : le scénario met en scène plus de mésaventures de Phil et ses tentative de suicide sont situées plus tard, proches de la fin du film. Ces scènes sont replacées en amont afin de laisser tout le troisième acte centré sur Phil reprenant goût à la vie[35],[36].

Murray se laisse heurter physiquement lors de certaines scènes. Pour se préparer à entrer dans le nid-de-poule rempli d'eau, il enveloppe son pied dans un film plastique, du néoprène et deux paires de chaussettes. Une fois la prise terminée, il se met à jurer et insulter jusqu'à ce que le département des costumes sèche complètement son pied pour éviter les engelures[11]. Murray demande à MacDowell de réellement le gifler sur plusieurs prises et, lors de la bataille de boules de neige, Ramis ordonne aux enfants de lancer avec force[41],[54]. Lors de la scène où Phil s'enfuit avec Phil la marmotte, l'animal mord et blesse Murray au doigt, malgré l'utilisation de gants. Elle le mord une nouvelle fois au même endroit lors d'une prise ultérieure[19],[46].

Murray a quelques hésitations concernant sa scène finale dans laquelle Phil se réveille aux côtés de Rita, en particulier la façon dont est habillé Phil pourrait affecter le ton de la révélation de la sortie de la boucle temporelle. Ramis fait un sondage auprès de l'équipe de tournage pour savoir si Phil doit porter d'autres vêtements que la veille, sous-entendant que les deux personnages ont eu une relation intime, jusqu'à ce qu'une jeune membre de la production départage, expliquant qu'ils doivent porter les mêmes vêtements : « n'importe quoi d'autre […] ruinerait le film »[11]. Lors du dénouement, alors que Phil et Rita sortent de l'hôtel Cherry Tree, le scénario faisait dire au premier « Vivons ici » mais Murray improvise la réplique « On va commencer par louer » ce qui tempère la scène[55].

Plusieurs lieux de Woodstock sont utilisés par la production. La place du village apparait à de nombreuses reprises. Un bar de l'ancien tribunal est utilisé comme bar de l'hôtel de Rita. L'opéra sert d'extérieur à l'hôtel de Rita et sa tour comme lieu de suicide de Phil[51],[56]. L'hôtel Cherry Tree est en réalité une résidence privée, l'intérieur est tourné en studio[51]. Le Tip Top Cafe, lieu de plusieurs séquences entre Phil et Rita, est construit de toutes pièces pour le film. Les habitants ont par la suite réclamé un diner fonctionnel à l'endroit même où était planté le décor[56],[57]. Les enchères de célibataires se déroulent au Woodstock Moose Lodge[51],[56]. La scène du suicide en voiture a été tournée à la carrière de Nimtz à Loves Park, à environ 55 km de Woodstock. Un système de rails est utilisé pour propulser deux véhicules dans la carrière afin de donner à Ramis le choix du plan et de l'angle, l'explosion étant contrôlée par pyrotechnie[53].

Sortie et accueilModifier

 
L'avant-première d'Un jour sans fin s'est tenue le 4 février 1993 au Fox Theater (en) de Westwood (Los Angeles).

Au début des années 1990, Hollywood est souvent critiquée pour son utilisation à outrance de sexe et de violence dans les films. L'atmosphère générale est particulièrement morose, notamment à cause de la récession, et le public a un besoin de divertissement[58],[59]. 1993 est alors vue comme l'année des films familiaux[60]. Avec l'augmentation des coûts de production, les studios considèrent la création de films acceptables à la fois pour les adultes et les enfants comme l'opportunité de faire des profits en sortie cinéma et en vidéo-club. A l'époque, les trois plus gros succès au box-office nord américain sont des films destinés à la famille : E.T., l'extra-terrestre (E.T. the Extra-Terrestrial de Steven Spielberg, 1982), La Guerre des étoiles (Star Wars de Georges Lucas, 1977) et Maman, j'ai raté l'avion ! (Home Alone de Chris Columbus, 1990). Les films familiaux encouragent également la fidélisation de la clientèle et offrent plus de possibilités de vendre des produits dérivés[58],[59]. Le président de Columbia Pictures Mark Canton explique alors que les films classés PG (grand public mais avec certains éléments non destinés aux plus jeunes) ont plus de chance de dépasser les 100 millions de dollars de recette que les films destinés aux seuls adultes. Un Jour sans fin est lui même classé PG, permettant aux enfants d'y assister avec une permission parentale. Il est décrit comme un succès surprise potentiel[61],[62].

Un Jour sans fin est l'un des nombreux films familiaux sortis cette année, parmi lesquels Sauvez Willy (Free Willy de Simon Wincer), Last Action Hero (John McTiernan) et le très attendu Jurassic Park (Steven Spielberg) qui deviendra le film le plus rentable de son époque[63]. 1993 est par ailleurs une année chargée du cinéma américain et est désormais vue comme l'une de ses meilleures années dans une grande variété de genres[64],[65] : des succès publics tels que Madame Doubtfire (Mrs. Doubtfire de Chris Columbus) et Proposition indécente (Indecent Proposal d'Adrian Lyne), les succès critiques La Liste de Schindler (Schindler's List de Steven Spielberg) et Philadelphia (Jonathan Demme)[65],[66],[67] ou encore de futurs classiques comme Génération rebelle (Dazed and Confused de Richard Linklater), Batman contre le fantôme masqué (Batman: Mask of the Phantasm d'Eric Radomski et Bruce Timm) et L'Étrange Noël de monsieur Jack (The Nightmare Before Christmas de Henry Selick)[67],[68],[69].

L'avant-première d'Un jour sans fin a lieu le 4 février 1993, au Fox Theater (en) de Westwood de Los Angeles. Bill Murray n'assiste pas l'événement plutôt modeste. Parmi les invités ce soir-là, on compte notamment le comédien Rodney Dangerfield et les actrices Catherine O'Hara, Mimi Rogers et Virginia Madsen. Les 40 000 dollars récoltés à la vente de billets sont donnés à une fondation pour la recherche sur la sclérodermie et à Turning Point Shelter, une association contre les violences sexuelles et domestiques[70]. Une seconde avant-première a lieu le lendemain à Crystal Lake (Illinois), suivie d'une mise aux enchères d'accessoires et d'équipements signés. Les recettes sont données au système scolaire du district de Woodstock[49].

Box-officeModifier

Le film sort le 12 février 1993 en Amérique du Nord dans 1640 salles. Il bénéficie d'un week-end prolongé grâce à la fête nationale du Presidents Day le lundi. A l'issue de ces quatre jours, il récolte 14,6 millions de dollars au box office américain, soit une moyenne 8 934 USD par écran, faisant de lui le second meilleur démarrage pour un film sorti en hiver, derrière Wayne's World de Penelope Spheeris (18 millions USD) sorti l'année précédente. Un jour sans fin termine à la première place du box-office du week-end , devant la comédie romantique Sommersby de Jon Amiel (9,9 millions) et la comédie d'aventure L'Incroyable Voyage (Homeward Bound: The Incredible Journey) de Duwayne Dunham (8,1 millions), tous deux dans leur seconde semaine d'exploitation[71],[72],[73]. En moyenne, 80% des salles affichent "complet". 65% des spectateurs interrogés le recommandent sans hésiter ("definitely recommend")[74].

Le film garde cette première place au box-office durant son second week-end d'exploitation , engrangeant 9,3 millions USD supplémentaires[75]. Le troisième week-end voit l'arrivée du thriller de Joel Schumacher Chute libre (Falling Down) et ses 8,7 millions USD de recette. Les 7,6 millions USD font descendre le film de Ramis à la seconde place[71],[76]. Un jour sans fin reste dans le top 10 des films les plus rentables pendant quatre autres semaines, totalisant 57,6 millions USD de recette. Il quitte le haut du classement pour le reste de son exploitation, à l'exception de deux brèves résurgences, la première durant le week-end prolongé de Pâques où il grimpe à la seconde place et la deuxième à environ la quinzième semaine d'exploitation durant laquelle il sort dans des salles à tickets au prix réduit ce qui le fait remonter à la septième position[71],[77],[78].

Au final, le film rapporte 70 906 973 USD aux États-Unis[79]. Bien qu'il ne brise aucun record, il est considéré comme un succès, même modeste[33],[80],[81]. Il arrive à la 10e place des films les plus rentables de 1993 derrière Sauvez Willy (78 millions USD) et Cliffhanger de Renny Harlin (84 millions USD)[60]. En prenant en compte les films sortis en fin d'année 1993 mais ayant rapporté la majeure partie de leur recette en 1994, Un jour sans fin arrive à la 14e position[52]. Dans le monde, le film rapporte 90 921 898 USD de recettes et réalise un score modéré en France avec 521 101 entrées [82],[83]. Selon le site IMDb, Un jour sans fin a rapporté 7 731 518 USD au Royaume-Uni, 66 296 USD en Autriche et 12 217 111 USD en Allemagne[84].

Cependant, il est à noter que le distributeur semble mettre peu d'espoir dans le film. Il sort en salle aux États-Unis au mois de , une des périodes les plus creuses de l'année, et fin juillet en France, qui est à l'époque la période de plus basse fréquentation et de moindre exposition annuelle. Le film tient pourtant l'été durant à Paris grâce à de bonnes critiques et au bouche-à-oreille, et termine une honorable carrière d'exclusivité à l'automne.[réf. nécessaire]

Réception critique et publiqueModifier

 
L'interprétation de Stephen Tobolowsky (ici en 2012) dans le rôle du vendeur d'assurances insupportable Ned Ryerson a été bien accueillie[85],[86].

Au moment de sa sortie, Un jour sans fin est reçu favorablement par la critique en général[87]. Un sondage de CinemaScore rapporte que les cinéphiles lui donnent une moyenne de "B+" sur une échelle allant de A+ à F[88].

Les analystes notent un changement significatif comparé aux précédentes œuvres de Murray et Ramis[89]. Kenneth Turan du Los Angeles Times le trouve doux, attachant et à échelle humaine[89]. Dans les pages du Washington Post, Hal Hinson le décrit comme la meilleure comédie américaine depuis Tootsie de Sydney Pollack en 1982 (et dans lequel jouait aussi Murray). Il relève que Ramis connait la rythmique comique et qu'il sait mettre en scène une intrigue intelligente sans prétention[90]. Les critiques le compare à un mix entre La vie est belle (1946) de Frank Capra et la série de science-fiction et fantastique La Quatrième Dimension (Rod Serling, 1959)[86],[90],[91]. Roger Ebert le compare à un autre film de Murray, Fantômes en fête (Scrooged de Richard Donner, 1988), dans lequel le personnage passe d'égoïste à altruiste en précisant que là où ce dernier offre un "mécontentement sinistre" ("grim discontent"), Un Jour sans fin offre de l'optimisme[92].

Les critiques sont d'accord sur la présence d'une morale évidente mais s'opposent sur sa présentation. Desson Thomson trouve le film tout d'abord intriguant mais pense qu'il se détériore au fil du temps en un conte moral typiquement hollywoodien[93]. Pour Turan, le film débute comme une histoire hollywoodienne traditionnelle mais est assez sincère pour convertir le public au final et possède une "innocence romantique" qui l'empêche de devenir conventionnel[89]. Hinson explique que le cœur moral de l'intrigue n'est jamais présenté d'une façon qui insulte l'intelligence du spectateur ou qui lui demande de sacrifier son cynisme pour l'accepter. Il poursuit en expliquant que Phil évolue en une meilleure version de lui-même mais ne s'arrête jamais d'être un crétin[90]. Selon Janet Maslin, le film trouve son équilibre entre sentimentalité et nihiliste[86]. Duane Byrge du Hollywood Reporter apprécie le film pour sa valorisation des codes moraux des petites villes et leur effet positif sur Phil[91]. Le New Statesman note qu'il fait appel à la fois au cynisme et à l'optimisme[94].

Certains critiques décrivent le ton comme inégal et le film mal rythmé, certaines scènes s'éternisant[85]. Owen Gleiberman d' Entertainment Weekly le compare, en sa défaveur, à un autre film de voyage dans le temps, Retour vers le futur (Back to the Future de Robert Zemeckis, 1985), qu'il trouve mieux structuré. Certaines scènes sont pour lui des sketchs comiques isolés plutôt qu'intégrés à la narration globale[95]. Howe désapprouve la répétition des scènes qui agit contre le bien du film, donnant l'impression qu'il ne progresse jamais[93], contrairement à Hinson qui trouve que les légères modifications des scènes font leur intérêt dans un scénario "complexe" et "brillamment imaginatif"[90]. Certains retours font état d'un humour souvent faible, suscitant quelques sourires plutôt qu'une hilarité franche[86],[95] quand Hinson le trouve "follement drôle"[90]. Byrge écrit qu'Un jour sans fin offre tout un éventail de comédie et de satire, tempéré par l'histoire d'amour entre Phil et Rita[91]. D'autres critiques soulignent la présence d'une intrigue plus profonde sous-jacente à la comédie, notamment Ebert qui explique qu'il s'agit d'une comédie à la surface, cachant une véritable réflexion[92].

Murray ne reçoit que des louanges pour sa prestation[85],[89],[90],[93], affirmant que celle-ci était essentielle pour que le film réussisse à rendre la transformation de Phil crédible[85],[86],[96]. Gene Siskel affirme qu'aucun autre acteur ne serait parvenu à empêcher Un jour sans fin d'être un film "à l'eau de rose[96]". Turan confirme en expliquant que le côté bourru et le comique naturels de Murray déjouent la sur-sentimentalité. Le journaliste apprécie également un rôle plus attachant que les prestations antérieures de Murray, plus corrosives[89]. Pour Hinson, Murray n'a jamais été aussi drôle et est un élément essentiel afin que le film ne sombre pas dans un optimisme qui paraitrait malhonnête ou fabriqué. Il apprécie également que même après sa rédemption, Phil garde son côté cynique[90]. Gleiberman pense que c'est l'indifférence de Murray qui retient l'attention du public mais que, si l'acteur est assez talentueux pour jouer un personnage racheté, cela ne lui correspond pas[95]. Ebert trouve Murray beaucoup plus drôle en antagoniste sarcastique qu'en protagoniste amical[92].

MacDowell n'est pas en reste et nombreux sont ceux qui saluent sa prestation. Siskel dit qu'elle illumine l'écran à chaque apparition[96]. Maslin la qualifie de "total ravissement", expliquant que sa prestation offre une présence comique et réconfortante[86]. Hinson décrit l'alchimie à l'écran entre MacDowell et Murray comme étant "d'un autre monde" et qu'elle s'adapte parfaitement à la comédie[90].

En France, les critiques sont toutes aussi enthousiastes[97], soulignant à la fois son aspect comique et son esprit. Les Cahiers du cinéma, par le biais de Jacques Morice, explique que le film "marie finalement le rire à l'intelligence" quand Positif note qu'il "démontre que dans le cadre d'une production commerciale "grand public" peut se nicher une grisante autoréflexion sur le langage cinématographique". Isabelle Danel de Télérama le rapproche du "conte philosophique" et Aurélien Ferenczi dans Les Echos dit que le film s'inscrit parfaitement dans le genre : "miracle habituel des comédies américaines, Un jour sans fin, surprend, divertit, et puis, mine de rien, en dit long sur ce qui peut réunir un homme et une femme". Le Monde regrette cependant un film "[virant], hélas, de la satire vacharde au conte de fées romantique et sucrée".

DistinctionsModifier

En 1993, Un Jour sans fin est nommé dans la catégorie "Meilleur scénario" aux New York Film Critics Circle Awards mais perd face à La Leçon de piano (The Piano) de Jane Campion[98]. La même année, il obtient le titre de meilleure comédie aux British Comedy Awards[99]. Pour la première fois de l'histoire des Oscars du cinéma, Columbia Picture envoie à plus de 4500 membres de l'Académie une boîte nominative contenant les cassettes de neuf de leurs films éligibles, parmi lesquels figure Un jour sans fin. Le coût de la campagne est estimé entre 400 000 et 650 000$. Le film ne reçoit cependant aucune nomination lors de sa 66e cérémonie[100].

En 1994, le film remporte le British Academy Film Award du meilleur scénario original[101] et Andie MacDowell le Saturn Award de la meilleure actrice. Un jour sans fin était nominé dans cinq autres catégories aux Saturn Awards : meilleur film fantastique (perdu face à L'Étrange Noël de monsieur Jack d'Henry Selick), meilleur acteur (perdu face à Robert Downey Jr. dans Drôles de fantômes de Ron Underwood), meilleure réalisation et meilleur scénario (tous deux perdus face à Jurassic Park de Steven Spielberg) et meilleurs costumes (perdu face à Hocus Pocus de Kenny Ortega)[102]. Aux American Comedy Awards, Murray et Elliott sont nommés respectivement dans les catégories "Acteur le plus drôle" (remporté par Robin Williams pour Madame Doubtfire de Chris Columbus) et "Acteur secondaire le plus drôle" (remporté par Charles Grodin pour Président d'un jour d'Ivan Reitman)[103]. Le film est également nommé au Prix Hugo de la meilleure présentation dramatique mais perd face à Jurassic Park[104].

En 2000, l'American Film Institute l'a classé 34e meilleure comédie du XXe siècle[105], et, en 2008, 8e film fantastique[106]. En , Time Out London publie un top 100 des meilleurs films de comédie ; le film se retrouve en 8e position[107].

Le film a été inscrit au National Film Registry en 2006[108].

Après la sortieModifier

ConséquencesModifier

 
L'auteur Richard A. Lupoff a menacé de poursuivre en justice la production, estimant que sa nouvelle 12:01 PM (en) a été copiée.

Malgré son relatif succès, l'idée dune suite est évacuée dés novembre 1993[109]. Un jour sans fin est considéré comme l'un des films ayant permis à la Columbia d'inverser sa tendance à l'échec au box-office, aux côtés de Dracula (Bram Stoker's Dracula) de Francis Ford Coppola, Des hommes d'honneur (A Few Good Men) de Rob Reiner et Une équipe hors du commun (A League of Their Own) de Penny Marshall, tous trois sortis en 1992[110]. Peu après la sortie en salle, l'auteur Richard A. Lupoff menace d'intenter une action en justice, estimant que le film est un plagiat de sa nouvelle 12:01 PM (en) et son adaptation (en) en court métrage sorti en 1990, où un homme est bloqué dans une boucle temporelle. L'affaire n'a jamais été officiellement déposée car la société de production du film, Chanticleer Films, refuse de soutenir une action en justice[10],[111]. De même, Leon Arden tente également une action en justice, affirmant que le film est une copie de celui qu'il a présenté sans succès à Columbia Pictures à propos d'un homme qui revit éternellement le 15 avril. Le juge statue contre Arden[111].

Dans un premier temps, Murray déteste la version finale d'Un jour sans fin[54]. Dans une interview de 1993, il explique qu'il voulait se concentrer sur la comédie et sur la thématique sous-jacente de l'individu répétant éternellement sa vie par crainte du changement. Ramis préférait développer le pouvoir rédempteur de l'amour. Malgré tout, l'acteur dit finalement approuver la direction qu'a prise le réalisateur[46]. Le film marque la fin d'une collaboration entre les deux hommes débutée 20 ans auparavant et ayant donné, entre autres, des films tels que Le Golf en folie (Caddyshack, 1980), Les Bleus (Stripes d'Ivan Reitman, 1981) ou encore SOS Fantômes (Ghostbusters de Reitman, 1984). Après la fin du tournage, Murray arrête tout contact avec Ramis et refuse de parler de lui en interview[14]. Ramis parle ouvertement de Murray, critiquant son comportement autant que partageant ses espoirs de réunion avec son ami[21],[54]. Certaines de leurs proches connaissances, à l'instar du producteur Michael Shamberg, pensent que Murray s'est senti désabusé par le fait que l'on pense que ses meilleurs prestations sont dûes à sa collaboration avec Ramis ou que celui-ci est responsable de son image publique[14],[21]. Ramis déclare qu'il pouvait rendre Murray aussi drôle que possible, et en retour, les talent d'improvisation de Murray pouvaient sauver même les scripts les plus ternes[21].

Murray sent qu'Un jour sans fin lui a donné l'opportunité de dévoiler une autre de ses facettes[46]. Il a l'impression que ses précédents films se focalisent trop sur l'humour sans donner de sous-textes plus profonds, ce qui le frustre même s'il avoue avoir trouvé un certain réconfort à rencontrer des personnes égayées par son travail[46]. Pour Ramis, le virage entrepris par Murray dans des rôles plus dramatiques tels que celui de Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003) en dit plus sur Murray que n'importe quoi d'autre et que l'acteur est fatigué d'être la personne énergique portant seul le film et qu'il voulait explorer son potentiel[112]. Quelques années plus tard, Ramis tente de contacter Murray pour lui proposer un rôle dans sa comédie noire Faux Amis (The Ice Harvest, 2005). Brian Doyle-Murray, frère de Bill et interprète du maire Buster Green dans Un jour sans fin, refuse en son nom. Lorsque le réalisateur demande davantage d'explications, Brian explique que Bill ne parle jamais de Ramis[14]. A l'exception de quelques brefs échanges lors d'événements publics, les deux hommes ne s'adressent pas la parole pendant presque deux décennies[14]. Ils ne se réunissent uniquement qu'en 2014, quelques mois avant la mort de Ramis, atteint d'une grave maladie. Rubin explique que Murray et son frère parlent désormais de Ramis avec beaucoup d'affection[11].

Malgré le succès du film, Rubin n'écrira que peu d'autres scénarios. S'il est très demandé, l'auteur refuse d'écrire des histoires traditionnelles hollywoodiennes ; il préfère en effet défier les attentes et les structures scénaristiques ce que n'acceptent pas les studios, souhaitant simplement qu'il apporte une touche Rubin-esque à une intrigue conventionnelle. Finalement, les offres s'arrêtent. Il continue à écrire des scénarios mais aucun n'aboutit. En 2017, il avoue regretter que son plus gros succès soit Un jour sans fin[10].

Éditions vidéo et rediffusionsModifier

Un Jour sans fin sort sur support VHS début septembre 1993. Il débute à la 11e place des classements de location et grimpe à la 1re place fin septembre, remplaçant Chute libre (Falling Down) de Joel Schumacher[113],[114],[115]. Il reste le film le plus emprunté jusque mi-octobre quand Aladdin (John Musker et Ron Clements) et Nom de code : Nina (Point of No Return de John Badham) prennent respectivement la première et seconde place[116],[117]. Il est considéré comme la comédie la plus populaire sortie fin 1993[118]. En 1997, on estime que le film a engrangé 32,5 millions USD en location[119].

La première version du film en DVD date de 1998[120]. En 2002 est distribué un DVD "Special Edition" comprenant les bandes annonces du film, un commentaire audio de Ramis et The Weight of Time, un making-of du film avec des interviews des acteurs et de la production[121],[122]. Murray n'y participe pas[123]. Une édition pour le 15e anniversaire du film, restauré digitalement par Ramis pour l'occasion, sort janvier 2008[124] et inclut les bonus de l'édition spéciale ainsi qu'une interview de Ramis, un court documentaire sur les marmottes et des scènes coupées[122],[123],[125]. Cette version ressort en Blu-ray en 2009, avec en supplément Tobolowski reprenant le rôle de Ted donnant quelques informations sur le film [126].

En février 2018, pour célébrer son 25e anniversaire, une version remasterisée 4K sort dans quelques salles[127]. En avril de la même année, l'Academy of Motion Picture Arts and Sciences projette pour une soirée la version remasterisée au Samuel Goldwyn Theater (en) à Beverly Hills[128]. La version remasterisée sort également en Blu-ray, en Blu-ray Ultra HD et en version numérique, avec les mêmes suppléments que l'édition du 15e anniversaire[122].

AnalyseModifier

Durée de la boucle temporelleModifier

La durée de l'emprisonnement de Phil dans sa boucle temporelle a été l'objet de nombreux débats[38],[129]. Ramis donne à plusieurs reprises, dont dans les bonus du DVD, une estimation d'environ 10 ans[38]. Cependant, lorsqu'un blogueur estime la boucle à 9 ans, Ramis contredit cette version mais également la sienne. Considérant qu'il faut au moins 10 ans pour être bon dans une unique activité (apprendre le français, la sculpture sur glace ou le piano) et en ajoutant "les temps morts et les années malavisées qu'il a passées, ça serait plus 30 ou 40 ans[130]". Une estimation similaire suggère qu'il faut au moins 10 000 heures d'étude (environ une année) pour être expert dans un domaine, et vu le nombre de boucles mises en scène ou mentionnées à l'écran et celui des heures qu'il pourrait passer à étudier par jour, Phil passe environ 34 ans enfermé[129],[131]. Dans le scénario original de Rubin, Phil estime lui-même qu'il reste piégé pendant 70 ou 80 ans, utilisant les livres qu'il a lu pour suivre le passage du temps[7].

Né dans une famille juive, Ramis adopte un mode de vie bouddhiste au contact de sa seconde femme, embrassant certains de ses préceptes[14],[132],[133]. Il explique que, selon la doctrine bouddhiste, il faut approximativement 10 000 ans pour qu'une âme évolue au stade supérieur[11]. En 2005, Rubin décrit "c'est devenu étrangement politique parce que si vous demandez au studio "combien de temps dure la répétition ?", ils diront "deux semaines". Mais pour moi, le but du film est de vous faire endurer quelque chose qui a lieu pendant très longtemps. [...] Pour moi, ça devait être... Je sais pas. Une centaine d'années. Toute une vie[134]". Dans son livre Groundhog Day, Ryan Gilbey, également journaliste à The Guardian, pense que le flou entretenu autour de la durée de la boucle est l'un des éléments les plus remarquables du film. Comme il n'y a aucune justification de la raison pour laquelle Phil est piégé dans la boucle, celle-ci dure juste assez longtemps pour que Phil puisse devenir un meilleur individu[33].

Analyse thématiqueModifier

 
Le bas-relief d'un Bodhisattva daté du IXe siècle. Le personnage de Phil a été interprété comme étant un Bodhisattva, quelqu'un qui aide les autres à atteindre le Nirvana.

Un jour sans fin a eu de nombreuses interprétations selon différents groupes[10],[14]. Rubin explique qu'il n'avait pas l'intention d'écrire le film comme une analogie religieuse mais plutôt raconter une histoire sur certaines périodes de nos vies où on se sent coincé dans un cycle peu importe notre envie d'y échapper[135]. Pour le scnénariste, il ne s'agit pas "seulement d'un homme répétant la même journée mais d'une histoire sur comment vivre. Quelle vie n'est pas une série de jours ? Qui ne se sent pas coincé de temps à autre ?[8]". Dans la scène de la ruelle du bowling, Phil demande à deux habitants de Punxsutawney s'ils comprennent ce que c'est d'être coincé dans un endroit où rien de ce qu'ils font n'importe. Il fait référence à sa propre situation mais les deux hommes, bien que non touchés par une quelconque boucle temporelle, affirment comprendre exactement ce qu'il veut dire[86].

Si Ramis et Rubin ont discuté de plusieurs des aspects philosophiques et spirituels du film, ils n'ont "jamais voulu qu'il soit autre chose qu'une bonne histoire, divertissante et sincère[8]". Murray voit dans le scénario original l'interprétation du fait que les gens répètent la même journée encore et encore par peur du changement[46]. Rubin ajoute qu'au commencement de la boucle, c'est le pire jour de la vie de Phil. En étant forcé de changer qui il est, d'embrasser le monde environnant et chaque moment de sa journée, cela devient le plus beau jour de sa vie, le jour où il tombe amoureux[9]. Dans une interview de 2017, Murray explique qu'il pense qu'Un jour sans fin résonne encore aujourd'hui parce que c'est "l'idée que l'on doit juste essayer une nouvelle fois... C'est une idée tellement belle, tellement puissante[136]".

Au fil des années, Rubin est contacté par différents experts soumettant leurs propres interprétations[137]. Certains y voient une allégorie chrétienne où Phil la marmotte représenterait Jésus-Christ[137], d'autres une représentation du concept nietzschéen de l'éternel retour, l'esprit du Judaïsme, l'essence de l'homéopathie[9],[10] ou encore l'adaptation du mythe de Sisyphe, condamné lui aussi à une éternelle et journalière punition[138]. Ramis lui même s'est dit fasciné par le script originel de Rubin et son concept de réincarnation[139]. La date du jour de la marmotte a ses implications : elle est située entre la fin de l'hiver (période marquée par la satire et la fin des choses dans le film) et le printemps (représenté par la comédie et connecté avec les thématiques du renouveau et de la rédemption)[140].

Les leaders bouddhistes ont salué la représentation des idéologies de régénération. Phil peut être vu comme un bodhisattva, quelqu'un qui a atteint le Nirnava et qui revient sur Terre pour aider les autres à faire de même. Dans la foi juive, l'évasion ou la récompense de Phil peuvent être considérées comme un retour sur Terre pour accomplir des actes moraux ou des mitzvot - les préceptes et commandements de Dieu. Du point de vue chrétien, son périple peut être interprété comme une forme de résurrection ou un moyen de sécuriser une place au Paradis. Pour le Falun Gong, le film serait un message selon lequel le soi spirituel ne peut évoluer tant qu'il n'a pas appris de ses erreurs passées[137],[139],[141]. Dans le Catholicisme, la situation de Phil peut être une forme de purgatoire, s'y échappant uniquement en embrassant une forme d'altruisme[133]. Macdowell confirme "ne serait-ce pas génial si nous avions ce genre d'expérience et si nous en tirions une leçon ? On traverse la vie et on n'en est pas toujours conscient... Quelque soit la religion que vous désirez adopter, c'est finalement la raison pour laquelle nous sommes ici[139]". Un jour sans fin peut également être interprété comme un conte laïque dans lequel Phil vit une crise existentielle où les indulgences primitives ne sont plus satisfaisantes, le faisant tomber dans une dépression dont il s'échappe en reprenant possession de sa propre progression. Il utilise alors la meilleure version de lui-même pour aider les autres[142].

Phil se compare à l'origine à un dieu, déclarant qu'en tant que météorologiste, il crée la météo[139]. Après plusieurs boucles, il vient à penser qu'il est un dieu pour qui l'omnipotence provient uniquement du fait d'avoir tout vécu pendant si longtemps et donc tout connaitre[133]. A l'aide de ses connaissances, il est capable de manipuler les événements en sa faveur[132]. La répétition permet à Phil d'échapper à son propre isolement narcissique. Ne désirant pas changer, les moyens de le faire lui sont imposés[132]. Sa situation, le rejet constant de la part de Rita et de son idée de l'amour dépriment Phil qui se suicide à plusieurs reprises. Au bout du compte, il suggère qu'il s'est oté la vie suffisamment de fois pour ne plus exister. C'est à ce moment là, d'après Ramis, que Phil devient prêt à changer[132],[138].

C'est seulement lorsque Phil arrête d'utiliser les boucles pour satisfaire ses propres désirs mais plutôt les utiliser pour aider les autres par altruisme qu'il est libéré[15]. En échouant sans cesse à sauver le vieux sans-abri, Phil est forcé d'accepter le fait qu'il n'est pas un dieu[143]. De la même façon, malgré les renseignements récoltés à son sujet et malgré ses talents appris grâce aux boucles, Phil est incapable d'impressionner Rita, du moins pas assez pour mériter son amour. Il l'obtient uniquement lorsqu'il arrête d'essayer, lorsqu'il témoigne d'une honnête volonté d'aider son prochain sans simulacre ou intérêt personnel, sachant que la journée se renouvellera et que tout ce qu'il a fait aura été vain. C'est seulement à ce moment là que Rita lui retourne son affection[14],[15],[138]. Les aspects de Rita que Phil tournait en dérision au début du film sont devenus des qualités que lui-même admire et respecte ; en retour, Phil reçoit l'amour de Rita, non pas parce qu'il le désire, mais parce qu'il est véritablement devenu le type de personne que Rita pourrait aimer[144]. C'est le pouvoir rédempteur de l'amour sur lequel Ramis voulait s'attarder[46],[138]. Pour le réalisateur, le sujet d'Un jour sans fin est d'avoir la force et le savoir pour changer les choses lorsque l'on est confronté à l'opportunité de répéter les mêmes erreurs[132].

Le journaliste Richard Brookhiser affirme que c'est parce Phil apprécie pleinement chaque facette de sa journée qu'il est récompensé en lui retirant cette journée et précise : "aimer la vie, c'est aussi aimer le fait qu'elle s'en aille"[133]. Le professeur en psychologie John Seamon analyse que là où les autres films utilisent la mémoire comme un moyen de réflexion ou d'échappatoire, Phil vit de fait à travers ses souvenirs, les répétant indéfiniment ; il n'a aucun espoir dans le futur parce que tout va se réinitialiser. En se souvenant et appréciant de nouveaux détails, Phil est capable de grandir en tant qu'individu et devient l'agent de son propre changement[145]. Rubin explique que Phil ne reviendra plus jamais à ses anciennes manies après cette expérience mais peut être déçu qu'aucun jour ne soit à la hauteur de cette version finale et parfaite du 2 février après lequel il perd en définitive ses super-pouvoirs[146].

PostéritéModifier

 
Une plaque commémorant le nid-de-poule dans lequel le personnage de Bill Murray marche dans Un jour sans fin.

Un jour sans fin est considéré comme l'une des meilleures comédies ayant été réalisées, un classique du cinéma et une pierre angulaire de la pop culture[11],[147],[148]. En 2020, le magazine Paste dit qu'il possède "un statut dans la pop culture permanent et mythique, réservé à peu de films"[81]. Le succès du film a donné à Ramis une crédibilité certaine dans le genre de la comédie, lui ouvrant plus d'opportunités artistiques[149],[150] notamment durant la fin des années 1990 avec Mes doubles, ma femme et moi (Multiplicity, 1996) également avec MacDowell, Mafia Blues (Analyze This, 1999) et Endiablé (Bedazzled, 2000)[14],[150]. Un jour sans fin a aussi permis à Murray de démontrer ses talents d'acteur, modifiant son image aux yeux du public et de la profession et faisant de lui un acteur au jeu plus ouvert et crédible dans des premiers rôles romantiques. Sa prestation est désormais reconnue comme le pivot de sa carrière qui l'a amené à interpréter des rôles plus sérieux tels que dans les films Rushmore (Wes Anderson, 1998), Lost in Translation (Sofia Coppola, 2003) pour lequel il a été nominé aux Oscars et Moonrise Kingdom (Wes Anderson, 2012)[33]. Rubin crée un blog en 2007, le mettant en scène dans des conversations fictives avec Phil Connors, depuis retiré pour vivre dans les montagnes de Taos au Nouveau-Mexique. Il a enseigné l'écriture de scénario durant de nombreuses à l'Université d'Harvard[10].

L'impact du film sur les villes de Woodstock et Punxsutawney a été durable et significatif. Depuis la sortie du film, Woodstock a créé son propre festival du jour de la marmotte. Elle a adopté une marmotte nommée Woodstock Willie[51], projette le film sur grand écran et organise des visites guidées des lieux de tournage[56]. La ville attire environ 1000 touristes pour l'événement qui a par ailleurs connu la visite d'Albert, Rubin et Tobolowski[11]. Punxsutawney, qui n'attirait que quelques centaines de visiteurs pour son festival, en attire désormais plusieurs dizaines de milliers. L'année suivant la sortie du film, plus de 35 000 personnes assistent au jour de la marmotte de la ville[8],[11]. Les habitants apprécient l'impact du film sur la ville mais assurent qu'ils préfèrent se concentrer sur Punxsutawney Phil et le festival[11]. A Woodstock, des plaques sont positionnées dans les lieux clés utilisés dans le film, commémorant des scènes telles que la rencontre entre Phil et Ned, le nid-de-poule dans lequel Phil marche ou encore le pavillon où dansent Phil et Rita[51],[151].

En 2016, Rubin continuait à recevoir du courrier de fans, de philosophes et de leaders religieux, allant de simples lettres à des sermons et des dissertations. Il a discuté avec des psychiatres qui recommandent le film à leurs patients et à des toxicoanes qui lui ont expliqué que le film les a aidé à se rendre compte à quel point ils étaient eux-mêmes piégés dans un cycle répétitif[8],[10]. Quelque temps après la sortie du film, Murray change d'avis à son propos. Il est "probablement la meilleure oeuvre que j'ai faite [...] et probablement la meilleure oeuvre qu'Harold [Ramis] ne fera jamais[33],[152]". En 2018, Tobolowski affirme "je pense que [l]a prestation [de Murray] sera considérée comme l'une des plus grandes prestations comique de tous les temps... Il est capable d'être à la fois antagoniste et protagoniste en même temps et dans le même film. Il est tout ce qui est horrible et tout ce qui est merveilleux... Je pense que cela restera comme cela tant que des films seront créés[11]".

Réception contemporaineModifier

Un jour sans fin est désormais considéré par de nombreux critiques et journalistes comme l'un des meilleurs films de tous les temps[133],[153],[154],[155]. Il figure dans l'ouvrage de référence 1001 films à voir avant de mourir qui précise :

« Bill Murray livre peut être la meilleure et la plus chaleureuse prestation de sa carrière dans cette comédie de génie - sans doute la meilleure des années 1990. [...] C'est une idée superbe (qui n'est jamais expliquée, ce qui la rend encore meilleure) [...] Un jour sans fin est à la fois merveilleusement intelligent et hysteriquement drôle. La comédie est rarement aussi parfaite[156]. »

En 2004, The New Yorker affirme qu'il s'agit du chef d'oeuvre de Ramis[14]. En 2005, à l'occasion de sa série de livres The Great Movies, Roger Ebert revoit sa note à la hausse pour atteindre trois étoiles sur quatre[9],[157]. Dans cette critique mise à jour, Ebert avoue avoir sous-estimé le film et note que la prestation de Murray est essentielle dans la réussite du film[10],[153]. La même année, Jonag Goldberg du National Review avance qu'il s'agit de l'un des meilleurs films de quarante dernières années, le classant aux côtés de La vie est belle (It's a Wonderful Life de Frank Capra, 1946) comme l'un des films américains les plus réjouissants et les plus intemporels[133]. En 2009, le théoricien de la littérature Stanley Fish le mentionne dans sa liste des dix meilleurs films américains : "la comédie et la philosophie (comment devrait-on vivre ?) n'évoluent pas côte à côte mais s'entremêlent dans une unité incroyablement satisfaisante[158]". The Guardian attribue son intemporalité à l'utilisation d'un arc narratif redempteur classique à l'instar de celui d'Ebenezer Scrooge dans le conte de Charles Dickens, Un chant de Noël (A Christmas Carol, 1843), et son refus d'expliquer pourquoi la boucle a lieu l'éloigne du schéma du film grand public typique[33].

En 2000, l'American Film Institute (AFI) classe Un jour sans fin à la 34e place de sa liste intitulée 100 Years... 100 Laughs qui recense les meilleures comédies de l'histoire[159]. En 2005, son scénario arrive à la 27e place de la liste des 101 meilleurs scénarios des 75 années précédentes établie par la Writers Guild of America (WGA)[160],[161]. En 2008, dans un sondage réalisé auprès de 1500 professionnels du cinéma, Un jour sans fin est nommé 8e meilleur film fantastique de tous les temps[162],[163]. La même année, le magazine Empire le classe à la 259e position de sa liste des 500 meilleurs films de tous les temps[154]. En 2014, un sondage du Hollywood Reporter auprès de 2120 professionnels du divertissement le nomme 63e meilleur film de tous les temps[155]. En 2015, le scénario se hisse à la 3e place de la liste des 101 scénarios les plus drôles de la WGA, juste derrière Certains l'aiment chaud (Some Like It Hot de Billy Wilder, 1958) et Annie Hall (Woody Allen, 1977)[164],[165]. En 2017, la BBC sonde 253 critiques (118 femmes et 135 hommes) de 52 pays différents pour élire le film le plus drôle de tous les temps. Un jour sans fin arrive à la quatrième position, derrière Annie Hall, Docteur Folamour (Dr. Strangelove de Stanley Kubrick, 1964) et Certains l'aiment chaud[166].

Plusieurs publications l'ont classé parmi les plus grandes comédies de tous les temps dont Empire (n°1)[167], Time Out (n°5)[168], Rotten Tomatoes (n°10)[169], IGN (n°11)[170], Paste (n°18)[171], The Daily Telegraph (n°23)[172], Film School Rejects et Vogue (non classé)[173],[174]. Rotten Tomatoes le positionne également à la 86e place de ses 200 films essentiels à regarder[175]. De la même façon, il est considéré comme l'un des meilleurs films des années 1990 notamment par IndieWire (n°4)[176], Slate (n°5)[177], Rolling Stone (n°11)[178], ShortList (n°12)[179], The A.V. Club (n°15)[180], Rotten Tomatoes (n°28)[181], Slant Magazine (n°41)[182], le British Film Institute (n°55)[183] et Time Out (non classé)[184]. Sur le site Rotten Tomatoes, le film recueille 96 % de critiques positives, avec une note moyenne de 7,910 sur la base de cinquante-cinq critiques collectées. Le consensus critique du site résume : « Intelligent, tendre et inventif, Un jour sans fin met en valeur le talent dramatique de Bill Murray tout en laissant une large place à l'humour[185] ». Sur le site Metacritic, il obtient un score de 72100 sur la base de quatorze critiques collectées[186].

Les spectateurs ont également très bien reçu le film. En octobre 2020, il est ainsi noté 810 sur le site IMDb avec plus de 571 000 notes[187], 7,410 sur SensCritique avec plus de 37 000 notes[188] et 45 sur Allociné avec 23 800 notes[189].

Impact culturelModifier

En 1993, William Goldman dit : "Je pense que, parmi tous les films sortis cette année, Un jour sans fin sera celui dont on se souviendra dans dix ans[9]". La même année, Desson Thompson est d'avis que le film "ne sera jamais considéré comme un trésor cinématographique national par la Bibliothèque du Congrès[93]". En 2006, le film est sélectionné pour préservation par le National Film Registry de la bibliothèque du Congrès des États-Unis en raison de son intérêt « culturel, historique ou esthétique[190] ».

 
En 1996, Bill Clinton fait référence au film pour décrire le quotidien des troupes stationnées en Bosnie-Herzégovine.

Plusieurs cinéastes ont déclaré leur admiration pour Un jour sans fin ou l'ont cité comme influence dans leur œuvre, dont David O. Russell, Terry Jones[33] ou encore Jay Roach, qui dit qu'il s'agit du film qui "l'a changé[14]". Gillian Wearing dit que c'est l'un de ses films préférés, soulignant sa structure originale et son message philosophique intelligent[33]. Le succès du film a aidé à légitimer l'utilisation du fantastique dans les comédies grand public, posant les fondations pour de futures comédies fantastiques telles que Menteur, menteur (Liar Liar de Tom Shadyac, 1997), The Truman Show (Peter Weir, 1998) ou Click : Télécommandez votre vie (Click de Frank Coraci, 2006)[33].

Aux États-Unis et, dans une moindre mesure, dans d'autres pays anglophones, l'expression « Groundhog Day » (jour de la marmotte) est entrée dans le langage courant comme une référence à une situation désagréable et monotone qui se répète sans cesse[33],[191]. Son entrée dans les dictionnaires correspond à deux définitions : les festivités en elles-mêmes et "une situation dans laquelle les événements sont ou semblent se répéter continuellement[192],[193],[194]". Son utilisation est telle qu'elle est désormais vue comme un cliché, notamment dans le journalisme[194]. Elle a été invoquée (parfois à tort) par des chanteurs, des sportifs, des comédiens, des acteurs, des hommes politiques[148],[195], des archevêques[152] et d'anciens détenus du camp de Guantánamo[196]. En 1996, le président des États-Unis Bill Clinton fait référence au film dans un discours aux troupes stationnées en Bosnie-Herzégovine[197]. Le terme est également utilisé durant la pandémie de Covid-19 de 2020 pour décrire la monotonie de la quarantaine et de l'isolation associées aux tentatives pour endiguer la propagation du virus[198],[199].

Les origines du concept narratif d'un individu piégé dans un segment temporel répétitif remontent à 1904[10] et le procédé a toujours eu une certaine popularité, en particulier en science fiction, mais Un jour sans fin est responsable de sa démocratisation auprès du grand public[10],[147]. Les boucles temporelles ont été depuis utilisées à de nombreuses reprises au cinéma comme dans, entre autres, Source Code (Duncan Jones, 2011), Edge of Tomorrow (Doug Liman, 2014), Happy Birthdead (Happy Death Day de Christopher Landon, 2017) ou encore Palm Springs (Max Barbakow, 2020)[200],[201], mais aussi à la télévision dans les séries Poupée russe (Russian Doll de Natasha Lyonne, Leslye Headland et Amy Poehler)[200], Buffy contre les vampires (Buffy the Vampire Slayer de Joss Whedon, 1997), Angel (Whedon et David Greenwalt, 1999) et X-Files (Chris Carter, 1993)[202]. L'influence d' Un jour sans fin est telle que le site TV Tropes se réfère à cet arc narratif sous l'appellation "Groundhog Day Loop[202]". Rubin explique qu'avec son scénario, il est "tombé sur une histoire avec tous les ingrédients d'un classique, si simple et si sincère qu'elle peut être reprise de façons totalement différentes par de nombreux conteurs différents[8]". On y fait référence dans des médias aussi divers que le roman À propos d'un gamin (About a Boy de Nick Hornby, 1998), le clip musical 7 Days (2000) de Craig David ou encore l'audio drama Flip-Flop (2003) issu de l'univers de Doctor Who (1963), où les habitants de la planète Puxatornee (sic) sont bloqués dans une boucle temporelle[203].

Le 2 février 2016, des fans de Liverpool en Angleterre se réunissent pour regarder le film en boucle pendant 24 heures[204]. Tous les 2 février depuis 2016 (à l'exception de 2017), la chaine de télévision britanique Sky Cinema Disney diffuse le film en boucle pendant 24 heures[205],[206]. En 2018, le Museum of Modern Art (MoMA) de New York débute une série de projection de films choisis via un sondage auprès de 35 universitaires en littérature et religion avec celle d'Un jour sans fin. Un conflit oppose les chercheurs, trop nombreux à vouloir écrire sur le film pour sa présentation[133].

CommentairesModifier

Ce film, basé sur un postulat simple, ouvre la réflexion à plusieurs niveaux.

  • Tout d'abord l'épanouissement personnel : un homme cynique et imbu de sa personne peut devenir un héros local si les circonstances le lui permettent.
  • Ensuite une réflexion philosophique sur le quotidien, car la routine et la répétitivité sans saveur sont à plusieurs reprises suggérées dans le film.
  • Enfin, le héros est amené à progresser humainement tout au long du film en découvrant que chaque personne, même la plus anonyme, a son identité, son histoire et sa raison d'être, ce qui l'amène à considérer l'autre et à l'apprécier pour ce qu'il est, différemment de son premier regard.
  • Le film ouvre ainsi une réflexion profonde sur la considération des « autres », la tolérance, l'égoïsme, le mépris et les préjugés.

Le tout situé dans un contexte irréel truffé de drôleries et d'allusions. C'est un film à considérer au second degré si l'on souhaite en percevoir la pleine portée. À ce sujet, dans un de ses livres[207], le politologue Charles Murray conseille à ses lecteurs vingtenaires, « pour rester dans le droit chemin », de voir « périodiquement » le film Un jour sans fin. Murray considère le film comme « une fable morale profonde qui traite des questions les plus fondamentales de la vertu et du bonheur ». Bien comprendre le film « vous aidera à vivre une vie bonne ».

En tant que tel, le film est devenu un favori de certaines personnalités bouddhistes[208], parce qu'ils voient ses thèmes d'altruisme et de renaissance comme un reflet des messages de leur spiritualité.

Aux États-Unis et, dans une moindre mesure, dans d'autres pays anglophones, l'expression « Groundhog Day » (jour de la marmotte) est entrée dans l'usage commun comme une référence à une situation désagréable qui se répète sans cesse[209].

Le film a, en outre, fait l'objet de plusieurs études scientifiques dans des domaines divers[210].

Autour du filmModifier

  • Chaque matin, Phil Connors se réveille au son de I Got You Babe, le tube de Sonny and Cher qui passe à la radio. On peut, cependant, relever un détail incohérent : lorsque Phil se lève à h du matin, il observe par la fenêtre qu'il fait déjà bien jour. Or, à la période du , le soleil ne se lève pas avant h 25 à Punxsutawney.
  • Le doublage en version française est l'occasion d'un jeu de mots ne figurant pas dans la version américaine : dans la scène (vers 16 min 25 s) où, de retour à Punxsutawney après le début du blizzard, Phil essaie d'obtenir un appel téléphonique longue distance, le doublage français fait dire à Phil « Vous devez absolument prendre l'appel » une seconde avant que ne passe, devant la caméra, un personnage portant une pelle de déneigement qui heurte Phil à l'arrière de la tête. Dans la bande son américaine, on entend simplement « Can you patch me through on that line? » (qui constitue une demande de mise en relation avec le correspondant souhaité), sans le jeu de mots entre « l'appel » et « la pelle ».
  • Dans les bonus de l'édition du film en DVD, Harold Ramis, interrogé sur la durée de la boucle temporelle qui enferme Phil à Punxsutawney, donne une estimation d'environ dix ans, puis se corrigera plus tard dans une entrevue en l'estimant à 30 à 40 ans. Un calcul basé sur différentes estimations (notamment du temps que Phil a dû mettre pour apprendre le français, la sculpture sur glace ou le piano) donne une estimation de presque 34 ans[131].
  • Le film n'a pas été tourné à Punxsutawney, en Pennsylvanie mais à Woodstock, dans l'Illinois, car Harold Ramis trouvait que la ville « ne rendait pas assez ».
  • Dans la scène où Phil s'empiffre de gâteaux, au lieu de faire semblant de les manger pour les recracher hors caméra comme cela se fait habituellement, Bill Murray les avale effectivement.
  • Lorsque Phil tente de faire comprendre à Rita qu'il revit infiniment la même journée, il précise qu'il a été poignardé, abattu, empoisonné, gelé, pendu, électrocuté, puis brûlé. Ces méthodes sont en fait celles utilisées par les assassins de Raspoutine[211].
  • Sur le dernier plan du film, on voit Phil porter Rita pour la faire passer au-dessus du portail de la maison. Ce passage fut en fait improvisé par les acteurs eux-mêmes pour la simple raison que le portail était bloqué par le gel.[réf. nécessaire]
  • Bill Murray a repris son rôle dans une pub pour la marque Jeep diffusée aux États-Unis le , pour le jour de la marmotte.

Notes et référencesModifier

  1. « Un jour sans fin sur OCS City : retour sur le clash entre Bill Murray et Harold Ramis », Vincent Formica, Allociné.fr, 31 juillet 2018.
  2. Bien que l'intrigue du film se déroule presque entièrement à Punxsutawney (Pennsylvanie), le tournage a en réalité eu lieu à Woodstock (Illinois). La ville de Punxsutawney est également le cadre du film Planqué malgré lui (When Willie Comes Marching Home, 1950) de John Ford.
  3. Dans la version française du film, Phil apprend l’italien.
  4. (en) « Groundhog Day », sur The Numbers. Consulté le .
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