Bernard Stiegler

philosophe français

Bernard Stiegler, né le à Villebon-sur-Yvette (Essonne) et mort à Épineuil-le-Fleuriel le [1], est un philosophe français qui axe sa réflexion sur les enjeux des mutations actuelles — sociales, politiques, économiques, psychologiques — portées par le développement technologique et notamment les technologies numériques[2].

Bernard Stiegler
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Bernard Stiegler en 2016.
Fonction
Directeur
Institut de recherche et coordination acoustique/musique
-
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Formation
Activité
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
Directeur de thèse
Influencé par
Distinction
Œuvres principales
La Technique et le temps (d), Aimer, s'aimer, nous aimer : du 11 septembre au 21 avril (d), De la misère symbolique (d), Réenchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel (d)Voir et modifier les données sur Wikidata

Fondateur et président d'un groupe de réflexion philosophique, Ars industrialis, créé en 2005, il dirige également à partir d'avril 2006 l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) qu'il a créé au sein du centre Georges-Pompidou.

BiographieModifier

Années de jeunesseModifier

Né d'un père électronicien et d'une mère employée de banque[3], Bernard Stiegler grandit à Sarcelles[4]. Après avoir mis fin à ses études après la classe de seconde[3], il commence en 1969 des études (qu'il n'achèvera pas) d'assistant réalisateur au Conservatoire libre du cinéma français ; puis accomplit en 1973 un stage d'analyste programmeur à l'IRIA (aujourd'hui dénommé INRIA). Stiegler exerce alors ponctuellement différents métiers : ouvrier agricole, serveur[3]. Après mai 68 et jusqu'en 1976, il est adhérent au Parti communiste français[5], qu'il quitte en raison de son rejet du « stalinisme imposé par Georges Marchais »[6].

Expérience de la prisonModifier

Après avoir travaillé deux ans comme agent de planning pour les travaux d'entretien à la ville de Sarcelles, ayant de grandes difficultés financières, âgé de vingt-deux ans, Bernard Stiegler part avec sa famille, sa première épouse et leur fille Barbara, à la campagne et s'installe dans une ferme de la famille de sa femme, près de Monflanquin, où il élève des chèvres[7]. Mais la sécheresse de 1976 est une catastrophe qui l'oblige à vendre sa ferme[8]. Il monte ensuite un petit restaurant à Toulouse, puis rachète un bar à prostituées qu'il transforme en bar à concerts, nommé « L'Écume des jours »[9], où il invite des musiciens de jazz. C'est là qu'il rencontre le philosophe Gérard Granel, passionné de jazz, qui devient son ami[8]. Mais les finances sont très tendues, et quand son banquier supprime son autorisation de découvert, il décide, pour subvenir à ses besoins, de braquer sa propre agence bancaire[9]. Suivront trois autres attaques à main armée, dont la dernière, en juin 1978, se conclut par son arrestation[9] en flagrant délit par une patrouille de police. Il est condamné à huit ans de réclusion criminelle et sera libéré au bout de cinq ans. Il avouera : « J'aurais pu en prendre pour quinze ans mais j'avais un très bon avocat[6]. » Entre 1978 et 1983[9], il est incarcéré à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis au centre de détention de Muret.

Bernard Stiegler met à profit ses années de prison pour étudier la linguistique et la philosophie[10]. Il suit par correspondance des études de philosophie à l'université Toulouse II-Le Mirail et reçoit le soutien de Jacques Derrida[11]. Servant comme écrivain public, il prend goût à l'enseignement et aide des détenus à préparer le baccalauréat[6]. Plus tard, dans un essai publié en 2003 intitulé Passer à l'acte, il évoque cette incarcération, provoquée par un « passage à l'acte » accidentel, et surtout la véritable ascèse qu'il s'est imposée pour sa formation philosophique, ce qu'il nomme « [s]on devenir-philosophe en acte »,

« [qui] fut l’effet d’une anamnèse produite par une situation objective dans le cours accidentel de mon existence. […] cinq années de pratique philosophique, de phénoménologie expérimentale, et de passage aux limites de la phénoménologie, après ce “passage à l’acte” qui n’avait, en soi, strictement rien de philosophique. On doit toujours être prêt à philosopher à mort, comme le fait Socrate, et philosopher dans le mourir qu’est une vie ; mais “une vie”, cela veut dire ici une existence et une facticité, c’est-à-dire une accidentalité[12]. »

Années 1980Modifier

En 1983, il est consultant au cabinet TEN, spécialisé dans les questions de développement technologique et urbain.

En 1984, il est élu pour six ans directeur des programmes de recherche au Collège international de philosophie puis, en 1985, chargé par le ministère de la Recherche d'une étude sur les enjeux des technologies de l'information et de la communication.

En 1987, il conçoit l'exposition « Mémoires du futur » et en assure le commissariat au Centre Georges-Pompidou.

Enseignant-chercheur à l'Université de technologie de Compiègne en 1988, Bernard Stiegler est chargé d'un séminaire à l'École d'architecture de Marseille-Luminy, sur les instruments de communication assistée par ordinateur et sur l'image numérique.

En 1989, il est chargé de constituer et présider un groupe de recherches auprès de la Bibliothèque nationale de France pour la conception de postes de lecture assistée par ordinateur. Ce travail donnera lieu à de nombreuses publications, et à la réalisation d'un prototype industriel par la société AIS Berger-Levrault. Un changement de gouvernement et un changement de direction à la BNF, en 1993, interrompent le projet.

Années 1990Modifier

En 1990, Bernard Stiegler est chargé d'écrire le scénario de l'exposition du pavillon français à l'Exposition universelle de 1992 à Séville.

Sous la direction de Jacques Derrida, Bernard Stiegler soutient sa thèse « La faute d'Épiméthée. La technique et le temps[13] » (qu'il reprendra comme base de son premier ouvrage La Technique et le temps. La Faute d'Épiméthée) à l'École des hautes études en sciences sociales en 1993, et obtient ainsi son doctorat de philosophie[14].

Professeur associé, et directeur de l'unité de recherche qu'il a fondée en 1993, « Connaissances, organisations et systèmes techniques » à l'Université de technologie de Compiègne (UTC), Bernard Stiegler a également été directeur général adjoint de l'Institut national de l'audiovisuel (INA), chef du département Innovation, de 1996 à 1999.

Il a lancé le projet Lecao (« lecture et écriture critiques assistées par ordinateur ») avec le soutien du ministère de la Recherche ; il a créé et lancé le séminaire de sciences et technologies cognitives de Compiègne, qui se poursuit depuis, chaque année, au cours de la dernière semaine de janvier, et qui aura reçu plus de mille doctorants et chercheurs français et étrangers ; il a lancé le programme Open (« outil personnalisable d'édition numérique », logiciel réalisé sur la base du logiciel 4D).

Années 2000Modifier

 
Bernard Stiegler en conversation avec Michel Bauwens[15] en 2014.
 
Bernard Stiegler, lors des 11e ROUMICS[16] en 2014 à Lille, discutant de la question du « Bien commun » avec Amandine Piron[17] ; Michel Bauwens ; Michel Briand[18] ; Simon Sarazin[19] et Emmanuel Vandamme[20].

Bernard Stiegler poursuit son travail sur le numérique et la société, et publie de nombreux ouvrages, seul ou en collaboration, notamment sur ces thèmes.

En 2002, il est nommé directeur de l'Institut de recherche et coordination acoustique/musique (IRCAM)[21]. Il y reste jusqu'au , date à laquelle il devient Directeur du développement culturel du Centre Pompidou[22].

En 2005, avec Marc Crépon, George Collins, Catherine Perret et Caroline Stiegler, il fonde l'association Ars Industrialis, qui devient très vite internationale, et regroupe des chercheurs de multiples domaines (philosophes, psychanalystes, anthropologues, sociologues, mathématiciens, physiciens, informaticiens, ingénieurs, linguistes, juristes, architectes, mais aussi des écrivains, artistes) « pour une politique industrielle des technologies de l'esprit »[23]. Engagée dans différents champs d'activité et réflexion, l'association cherche à dégager « la vie de l'esprit » de la soumission aux impératifs de l'économie de marché[24].

Parallèlement à Ars Industrialis, à partir d'avril 2006, il dirige au sein du centre Georges-Pompidou, l'Institut de recherche et d'innovation (IRI) qu'il a créé avec Vincent Puig. Conçu à la fois comme un observatoire et laboratoire, cet institut a pour but de développer de nouvelles pratiques et technologies culturelles et cognitives, dans le contexte de la révolution numérique[25].

Il est nommé pour trois ans membre du Conseil national du numérique (CNN) en janvier 2013[26].

Il est membre du comité d’orientation et de prospective du forum Vies Mobiles[27], think tank de la SNCF.

À partir d'avril 2013, il est membre du conseil scientifique de l'observatoire B2V des Mémoires.

MortModifier

Bernard Stiegler meurt le 5 août 2020[28],[29] à l’âge de 68 ans. Il met fin à ses jours[30], dans sa maison d'Épineuil-le-Fleuriel[31], un ancien moulin où il s'était installé en 2012[32]. Dans son blog, Paul Jorion évoque ses problèmes de santé, dus aux complications d'une occlusion intestinale[33] et Philosophie Magazine fait également mention de sa maladie[34]. Par ailleurs, Stiegler lui-même avait à plusieurs reprises fait état de son « état dépressif » et de sa « pulsion suicidaire »[35].

Huit jours avant sa mort, Bernard Stiegler contacte Philosophie Magazine dans l'objectif de publier rapidement divers articles récents qu'il avait écrits[36]. Il devait par ailleurs participer au colloque « Agir pour le vivant », programmé à Arles du 24 au 30 août.

Vie privéeModifier

Bernard Stiegler est marié et père de quatre enfants, parmi lesquels sa fille aînée[37] née en 1971, Barbara Stiegler, est philosophe et professeure au département de philosophie de l’université Bordeaux-Montaigne.

DécorationModifier

L'œuvreModifier

Philosophie et techniqueModifier

Selon Bernard Stiegler, la philosophie grecque se constitue en oubliant la question de la technique. C'est en reléguant ce qu'elle surnomme la technique à un simple « dehors » que la philosophie crée ce « dedans », cette enceinte de savoir plein à laquelle elle s'identifie. La philosophie grecque s'articule en se démarquant ainsi de ce qu'elle nomme la technè, dont s'inspirent les sophistes, en opposition à l'épistémè. Ce dehors de la technique est supposé ne contribuer en rien au savoir plein du dedans, et n'a par conséquent de statut que comme auxiliaire. Le philosophe peut bien se servir de la technique (de l'écriture, par exemple), mais la technique n'est pas supposée participer à la constitution de la vérité philosophique. La technique n'a rien d'original ou d'originaire, elle est toujours dérivée, et elle est donc la supposition même de l'origine (la vie et le savoir pleins).

Toute « pensée » de la technique excède nécessairement les limites de la philosophie. Une approche « pensante » de la technique ne peut que toucher aux bords de la pensée, ne peut que mettre en péril les schémas philosophiques. Néanmoins, à partir de son premier essai, La Faute d’Épiméthée (Galilée, 1994), qui constitue le premier tome de La Technique et le Temps, Bernard Stiegler s'attache à montrer, en reprenant notamment les travaux de André Leroi-Gourhan, Gilbert Simondon ou encore Bertrand Gille, et en critiquant le discours de Martin Heidegger, que la technique n'est pas extérieure à l'homme, mais constitutive de l'homme, participant au processus même d'hominisation. Ainsi, selon lui, tous les savoirs, et les savoir-faire, sont liés à des techniques, depuis le premier silex taillé jusqu'à l'ordinateur, en passant par l'écriture, l'imprimerie, etc. « L'esprit [...] suppose toujours des techniques ou des technologies de l'esprit, des “instruments spirituels”[39] ». Bernard Stiegler recourt à la figure mythologique d'Épiméthée, le frère jumeau de Prométhée, comme image symbolique de l'homme sans essence et inachevé, dont « le défaut d'origine » le rend toujours perfectible, dans un devenir lié à la technique. Les techniques, les artifices, les artefacts, tout comme les arts, sont donc indispensables à la vie de l'homme, mais selon l'acception donnée par Socrate et Platon, sont des pharmaka, c'est-à-dire à la fois des remèdes et des poisons. Tout objet technique est ainsi « pharmacologique » : à la fois poison et remède[40] ; et par conséquent toute technologie est porteuse du pire comme du meilleur. À partir de cette vision, dans ses recherches et dans le cadre collectif de son association Ars Industrialis, Stiegler étudie les effets suscités par ces techniques sur la société, les comportements, la sensibilité, etc., en montrant que leur utilisation industrielle et soumission au marché, au consumérisme, à l'ultralibéralisme, au « populisme industriel[41] », et au capitalisme « culturel » ou « cognitif », aboutit à une « baisse de la valeur esprit » (selon l'expression de Paul Valéry), et même une « crétinisation des esprits ».

Face à ces dérives et catastrophes, dans un souci de « réenchanter le monde », à travers sa pratique de la philosophie, axée sur les techniques, et notamment les nouvelles technologies numériques, Stiegler cherche à combattre leur toxicité, en se les appropriant, car selon lui il ne s'agit pas de « rejeter les techniques, mais les critiquer et les transformer », comme il le redit dans son dernier entretien radiophonique[42]. La pensée qui ne prend pas soin du monde qui l'entoure n'étant qu'une spéculation, il convient selon lui de réévaluer le rôle de l'esprit dans les pratiques, l'agencement et l'utilisation que nous faisons de ces techniques.

La question de l'hommeModifier

Selon Stiegler, la technique doit être appréhendée comme une constituante anthropologique. La technicité participe originairement à la constitution de l'homme (l’hominisation). C'est pourquoi l'homme n'a d'essence que par accident, ainsi que l'écrit le philosophe : « L'homme est cet accident d’auto mobilité que provoque une panne d'essence[43]». L'homme est ce vivant qui n'a de qualités que dans un ajout originaire d'artificialité. Son essence est faite d’artefacts. Sa nature est originairement secondaire et inachevée ; c'est pourquoi Bernard Stiegler la rapproche du défaut d'origine illustré par le mythe d'Épiméthée, « celui qui réfléchit après coup ». Si l'essence de l'homme (sa destination, ses fins) est « artéfactuelle », elle est toujours sujet de débat, de controverse, de polémique et même de guerre : les hommes ne peuvent que se disputer sur leurs qualités. La technicité de l'homme contient toujours le risque du combat, amical ou belliqueux. Ce risque est sans fin.

C'est ainsi que la constitution technique (ou factice) de l'homme fait la nature politique de l'homme : la technicité, c'est la question de l'essence de l'homme (fins, destination, origine : des questions philosophiques, donc), ainsi que la question politique (comment vivre ensemble ?).

Dérèglement du climat et risques d'effondrementModifier

Bernard Stiegler est l'un des rares philosophes français (avec Bruno Latour et Dominique Bourg) à traiter à bras le corps l'urgence écologique et les risques d'effondrement de la civilisation industrielle. Le deuxième tome de ce qui devait être sa trilogie Qu'appelle-t-on panser ? a pour sous-titre "La leçon de Greta Thunberg"[44], dans lequel il considère que « la génération Greta » est bien plus éclairée et responsable que ses ainés face au dérèglement climatique et qu'il faut créer des liens entre les générations et des passages entre les savoirs afin d'œuvrer contre l'entropie, cette déperdition d'énergie qui mène à l'effondrement systémique[45],[46]. Un risque d'effondrement que Bernard Stiegler relie essentiellement à l'ultralibéralisme, et à l'exploitation et destruction du monde qu'il opère, selon une véritable « doctrine du choc[47] ». Face à ces catastrophes en cours, soucieux de l'avenir et des générations futures, Stiegler invite donc à penser par nous-mêmes, sachant que penser est aussi panser, donc « prendre soin »[48] de la société et de notre environnement, et qu'il n'y a pas de je sans un nous. Cette vision des relations entre les hommes, et d'une pensée foncièrement expérimentale, ancrée dans le monde et le vivant, le conduit donc à privilégier la coopération, la transdisciplinarité et la « mutualisation » des connaissances et des savoir-faire, dans un souci, politique et éthique, d'agir sur le monde[49].

PublicationsModifier

  • La Technique et le Temps, Paris, Galilée :
  • Échographies de la télévision, entretiens filmés avec Jacques Derrida, 1996 (ISBN 2718604808)
  • Passer à l'acte, Paris, Galilée, 2003 (ISBN 2718606169)
  • Aimer, s'aimer, nous aimer : du 11 septembre au 21 avril, Paris, Galilée, 2003 (ISBN 2718606290)
  • De la misère symbolique, Paris, Galilée :
  • Philosopher par accident, entretiens avec Elie During, Paris, Galilée, 2004 (ISBN 2718606487)
  • Mécréance et Discrédit, Paris, Galilée :
    • tome 1 : La Décadence des démocraties industrielles, 2004 (ISBN 2718606606)
    • tome 2 : Les Sociétés incontrôlables d'individus désaffectés, 2006 (ISBN 2718607068)
    • tome 3 : L'Esprit perdu du capitalisme, 2006 (ISBN 2718607157)
  • Constituer l'Europe, Paris, Galilée :
  • Des pieds et des mains. Petite conférence sur l'homme et son désir de grandir, Paris, Bayard, 2006 (ISBN 2227475668)
  • La Télécratie contre la démocratie. Lettre ouverte aux représentants politiques, Paris, Flammarion, 2006 (ISBN 2082105695)
  • Prendre soin, de la jeunesse et des générations, Paris, Flammarion, 2008
  • Économie de l'hypermatériel et psychopouvoir, entretiens avec Philippe Petit et Vincent Bontems, Paris, Mille et une Nuits, 2008
  • Pour une nouvelle critique de l'économie politique, Paris, Galilée, 2009
  • Ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue, de la pharmacologie, Paris, Flammarion, 2010 (ISBN 9782081220355)
  • États de choc - Bêtise et savoir au XXIe siècle, Paris, Fayard/Mille et une nuits, 2012 (ISBN 9782755506457)
  • Pharmacologie du Front National, suivi du Vocabulaire d'Ars Industrialis par Victor Petit, Paris, Flammarion, 2013
  • La Société automatique : 1. L'avenir du travail, Paris, Fayard, 2015, 300 p. (ISBN 978-2213685656)
  • L'emploi est mort, vive le travail ! entretien avec Ariel Kyrou, Paris, Fayard/Mille et une nuits, 2015, 118 p. (ISBN 978-2755507461)
  • La Technique et le Temps. 1. La faute d’Épiméthée — 2. La désorientation — 3. Le temps du cinéma et la question du mal-être. Suivis de Le nouveau conflit des facultés et des fonctions dans l’Anthropocène, Paris, Fayard, 2018, 970 p. (ISBN 978-2213700878)
  • Qu’appelle-t-on panser ?, Paris, Les Liens qui libèrent :

En collaborationModifier

Participations à des revuesModifier

  • Entrevue avec Bernard Stiegler, revue Gruppen n° 5, GRUPPEN éditions, 2012 (ISBN 9782919103041)
  • « Nous avons à devenir la quasi-cause du rien, du nihil », entretien avec Bernard Stiegler, La Deleuziana, 2016/3

Participations à des filmsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Bernard Stiegler, philosophe de la technique au parcours atypique, est mort », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 8 août 2020)
  2. Interview de Bernard Stiegler par Bastamag, Bernard Stiegler : « Le marketing détruit tous les outils du savoir », in Bastamag, publié le 20 mars, consulté le 22 mars 2012
  3. a b et c « Bernard Stiegler, un philosophe pas comme les autres », suite101.fr, Frédéric Perrault, 31 mars 2012.
  4. Interview de Bernard Stiegler par Philosophie magazine, « Bernard Stiegler : “La prison a été ma grande maîtresse” », in Philosophie magazine.
  5. Bibliographie, biographie et enregistrements audio et vidéo sur les pages de Bernard Stiegler.
  6. a b et c « Bernard Stiegler, un philosophe interactif », Le Monde, janvier 2006.
  7. « Bernard Stiegler, la philosophie et la vie (5 épisodes) Épisode 2 : Errer, penser et bifurquer », sur France Culture, (consulté le 15 août 2020).
  8. a et b Voir sur franceculture.fr.
  9. a b c et d Florent Latrive, « Bernard Stiegler, il accorde son violon », sur Libération, (consulté le 15 août 2020).
  10. Hind Meddeb, « Bernard Stiegler, jamais dans la demi-mesure », sur France Info, (consulté le 15 août 2020).
  11. « Un laboratoire carcéral - Ép. 3/5 - Bernard Stiegler, la philosophie et la vie », sur France Culture (consulté le 18 août 2020)
  12. Passer à l'acte, Galilée, 2003, quatrième de couverture. Il confie plus tard : « La prison a été ma grande maîtresse », entretien dans Philosophie Magazine, 28 septembre 2012.
  13. Fichier des thèses [1]
  14. Notice d'autorité personne de la BNF.
  15. Théoricien du pair à pair, auteur et conférencier sur des sujets technologiques et culturels proches de ceux traités par Stiegler.
  16. ROUMICS : « Rencontres Ouvertes du Multimédia et de l’Internet Citoyen et Solidaire ».
  17. Amandine Piron est cofondatrice de l'association Collporterre
  18. M. Briand a été élu brestois (1995-2014), est responsable d'internet et du multimédia et à Brest Métropole Océane, co-anime le magazine Innovation-pédagogique. Il est aussi membre du Conseil national du numérique, chargé de l'Économie sociale et solidaire et de l’aménagement numérique du territoire. Il travaille à Telecom Bretagne.
  19. Simon Sarazin travaille sur le thème des « communs », il est notamment cofondateur de la Coroutine, tiers-lieu lillois consacré au coworking et à la création de communs.
  20. Innovation sociale et numérique, président d’ANIS, responsable du Pôle numérique de l’École supérieure de journalisme (ESJ) de Lille
  21. Bruno Serrou, « Bernard Stiegler, nouveau directeur de l'IRCAM », sur ResMusica, .
  22. Michel Alberganti, « Bernard Stiegler, un philosophe interactif », sur Le Monde, .
  23. Site de Ars Industrialis
  24. Manifeste de Ars Industrialis [2]
  25. Ressources en ligne, expérimentations, projets et outils Ministère de l'éducation nationale et de la jeunesse
  26. Boris Manenti, « Le nouveau Conseil national du numérique dévoilé », sur nouvelobs.com, (consulté le 18 janvier 2013).
  27. « Le Comité d’Orientation et de Prospective du Forum Vies Mobiles », sur forumviesmobiles.org (consulté le 10 mars 2017).
  28. « Bernard Stiegler, la philosophie et la vie », France Culture, 6 août 2020.
  29. « Addiction, Bêtise, Capitalisme… Bernard Stiegler est mort », sur L'Obs (consulté le 11 août 2020)
  30. « Le philosophe Bernard Stiegler disparaît subitement », Le Temps,‎ (ISSN 1423-3967, lire en ligne, consulté le 11 août 2020)
  31. « Bernard Stiegler, le grand philosophe français d'Epineuil-le-Fleuriel, est décédé », Le Berry républicain.
  32. Voir sur La Croix.
  33. Blog de Paul Jorion
  34. philomag, « Bernard Stiegler. L’enchanteur de la technique », sur Philosophie Magazine (consulté le 31 août 2020)
  35. Par exemple dans son essai Dans la Disruption. Comment ne pas devenir fou ?, Les Liens qui libèrent, 2016, sous-chapitre « Laroxyl et écriture », p. 299-300, et aussi p. 315. Dans son entretien avec Ariel Kyrou, il disait aussi ceci : « Les gens sont malheureux et dépressifs [...] Je suis moi-même dépressif et accablé par tout cela [l'Anthropocène et les destructions liées de la planète] », L'emploi est mort, vive le travail !, Mille et Une Nuits / Fayard, 2015, p. 90.
  36. « Les dernières pensées de Bernard Stiegler », sur www.philomag.com (consulté le 19 août 2020)
  37. « Dans la famille Stiegler, je demande la fille », sur christian-faure.net (consulté le 17 mai 2019).
  38. Arrêté du 10 février 2016 portant nomination et promotion dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  39. Réenchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel, Flammarion, 2006, p. 21.
  40. Voir le vocabulaire de Ars Industrialis : « pharmakon (pharmacologie) » [3].
  41. Voir son essai Réenchanter le monde : la valeur esprit contre le populisme industriel, Flammarion, 2006.
  42. France Culture, « Les chemins de la philosophie », série « Profession philosophe » (épisode 62), avec Adèle Van Reeth, 11 juin 2020 [4]
  43. La Technique et le temps. La Faute d'Épiméthée, éd. Galilée, 1994, p. 153.
  44. Entretien avec Bernard Stiegler dans Marianne, 12 février 2020 [5]
  45. « Bernard Stiegler : la science des priorités », sur Libération.fr, (consulté le 12 août 2020)
  46. https://www.la-croix.com/Debats/Forum-et-debats/Face-crise-climatique-sociale-jusquou-revoir-modeles-2020-01-10-1201070866
  47. Bernard Stiegler reprend ainsi et modifie la traduction en français du livre de Naomi Klein La Stratégie du choc, dont le titre original est The Shock Doctrine. Voir « Nous avons à devenir la quasi-cause du décès de Bernard Stiegler », Mediapart, 15 août 2020[6].
  48. Prendre soin, de la jeunesse et des générations est le titre d'un essai qu'il publie chez Flammarion en 2008.
  49. « Bernard Stiegler, la philosophie et la vie (5 épisodes) Épisode 5 : Prendre soin de nos désirs », sur France Culture, .
  50. https://www.liberation.fr/debats/2016/07/01/bernard-stiegler-l-acceleration-de-l-innovation-court-circuite-tout-ce-qui-contribue-a-l-elaboration_1463430.
  51. The Ister sur le site theister.com.
  52. En partant de la phrase de Patrick Le Lay, ancien directeur de TF1, « ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible », Bernard Stiegler expose son analyse d'une société poussée à un comportement pulsionnel par des stratégies de marketing à court-terme.
  53. Temps de cerveaux disponible.
  54. Diffusion : 17 mars 2010 sur France 2.
  55. AlloCine, « Casting de Après la gauche » (consulté le 8 décembre 2017).
  56. Voir sur vimeo.com.
  57. « Un monde sans humains ? (2012) », sur Sens Critique, .
  58. Philippe Borrel, « "Un monde sans humains ?" (96 min / Cinétévé & ARTE / 2012). Un film de Philippe Borrel », sur Film-documentaire.fr.
  59. « Philippe Borrel », sur Vimeo (consulté le 8 août 2020).

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Jean-Hugues Barthélémy, « De la finitude rétentionnelle. Sur La technique et le temps de Bernard Stiegler » in Pierre-Étienne Schmit et Pierre-Antoine Chardel (dir.), Phénoménologie et technique(s), Paris, Le Cercle herméneutique éditeur / VRIN, 2008.
  • Jean-Hugues Barthélémy, « Memoria, Immaginazione e Tecnica nell’opera di B. Stiegler » (trad. M. Feyles), in Martino Feyles (dir.), Memoria, Immaginazione e tecnica, Rome, NEU, 2010, p. 189-198.
  • Jean-Hugues Barthélémy, « Penser après Simondon et par-delà Deleuze », Cahiers Simondon N° 2, Paris, L'Harmattan, 2010.
  • Jean-Hugues Barthélémy, "Individuation and knowledge. The refutation of idealism in Simondon’s Heritage in France", trad. M. Hayward & A. De Boever, SubStance, no 3, University of Wisconsin Press, 2012.
  • Pierre-Antoine Chardel, « De l’écriture aux télé-technologies (ou le jeu de la différence en question) », in P-E Schmit et P-A Chardel, (dir.), Phénoménologie et technique(s), Paris, Le Cercle Herméneutique éditeur / VRIN, 2008.
  • Pierre-Antoine Chardel, « L’identité de la conscience à l’épreuve des industries culturelles. Réflexions à partir de La technique et le temps. 3. Le temps du cinéma et la question du mal-être de Bernard Stiegler », in Sophie-Jan Arrien & Jean-Pierre Sirois-Trahan, (dir.), Le montage des identités, PUL, Québec, 2008.
  • Alain Jugnon, Individu premier, Cinématographie de Bernard Stiegler, Bordeaux, Éditions de l’Attente, 2012.
  • Christina Howells, Gerald Moore (dir.), Stiegler and Technics, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2013.
  • Benoît Dillet & Alain Jugnon (dir.), Technologiques. La Pharmarcie de Bernard Stiegler, Nantes, Éditions Nouvelles Cécile Defaut, 2013.
  • Alexandre Moatti, « Bernard Stiegler : lost in disruption ?», Carnet Zilsel, septembre 2017 (étude critique).

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