Ouvrir le menu principal

Patrick Le Lay

homme d'affaires français

BiographieModifier

Enfance et formationModifier

Le père de Patrick Le Lay, Pierre Le Lay, est un professeur de mathématiques normalien. La famille le Lay vit pendant la Seconde Guerre mondiale à Plémet, commune où se réfugie la famille d'Abraham Drucker, père de Michel Drucker. Pierre Le Lay a sauvé la mère de Michel Drucker (enceinte de ce dernier à ce moment) d'une arrestation par la Gestapo à la gare de Rennes[1],[2].

Patrick Le Lay effectue une partie de sa scolarité au lycée Saint-Vincent de Rennes. Il étudie par la suite à l'École spéciale des travaux publics puis au Centre des hautes études de la construction avant d'intégrer l'univers du bâtiment et travaux publics (BTP). Il est également ancien élève du Centre de perfectionnement aux affaires (CPA), l'« executive MBA » d'HEC.

Carrière professionnelleModifier

Groupe BouyguesModifier

Ingénieur des travaux publics, Patrick Le Lay passe par plusieurs sociétés de construction avant d'intégrer le groupe Bouygues en 1981. C'est en tant que responsable de la diversification de ce groupe qu'il prépare le dossier de candidature à la privatisation de la chaîne de télévision française TF1 en 1987, selon la volonté de Francis Bouygues.

PDG de TF1Modifier

Vice-président de TF1 lors de la privatisation de la chaîne en avril 1987, Patrick Le Lay succède à Francis Bouygues comme président-directeur général le 11 octobre 1988[3]. Il positionne la chaîne sur un créneau grand public et fait de sa chaîne le leader en Europe.

En 2001, Patrick Le Lay signe un contrat d'exclusivité avec Endemol pour racheter les droits concernant toutes les futures émissions de télé-réalité produites par Endemol.[4]

À partir du 22 mai 2007, il est président du conseil d'administration de la chaîne, laissant la direction générale à Nonce Paolini[5],[6]. En novembre 2007, il remporte à New York l'Emmy Award du meilleur directeur de télévision[7].

Le 27 juillet 2008, il annonce qu'il va quitter progressivement TF1. Le 31 juillet 2008, il démissionne de son poste de président du conseil d'administration de TF1, Nonce Paolini lui succède[8]. Son salaire en tant que PDG de TF1 était en 2008 d'environ 1 930 000 [9].

En juillet 2012, il est renvoyé devant le tribunal correctionnel de Nanterre pour recours abusif à des contrats à durée déterminée durant sa période à TF1[10].

Président du fond SerendipityModifier

Patrick Le Lay préside ensuite le fonds d'investissement Serendipity[11] dont les actionnaires principaux sont Artémis, holding de la famille Pinault, et Bouygues (propriétaire de TF1). Ce fonds d'investissement est chargé du développement du groupe en direction de l'ouverture du marché du jeu en France et Le Lay crée Eurosportbet.com, le site de paris sportifs en ligne de la chaîne sportive Eurosport, filiale du groupe audiovisuel Bouygues.

En janvier 2010, il est définitivement écarté de la direction de Serendipity par l'actionnaire principal de la holding, Martin Bouygues. Ce renvoi vient terminer une longue série d'étapes qui ont permis au groupe Bouygues d'écarter définitivement Patrick Le Lay des arcanes du pouvoir, à la fois au cœur de la chaîne de télévision mais également au cœur des nouveaux projets du groupe[12].

Président du Stade rennaisModifier

Le , Patrick Le Lay est nommé par l'homme d'affaires François Pinault président du Stade rennais football club, en remplacement de Frédéric de Saint-Sernin, démissionnaire pour raisons de santé[13],[14].

Le , il quitte ses fonctions de président du Stade rennais et est remplacé par son prédécesseur, Frédéric de Saint-Sernin[15].

Prises de positionModifier

Nationalisme bretonModifier

Breton affirmé, Patrick Le Lay est à l'origine de la création de la chaîne régionale bretonne TV Breizh, filiale du groupe TF1[réf. nécessaire].

En août 2005, dans le magazine Bretons, il accuse la France d'avoir organisé un génocide culturel (ethnocide) en Bretagne, et il affirme : « Je ne suis pas français, je suis breton. Je suis un étranger quand je suis en France. »[16]

En décembre 2012[17], dans une interview accordée à France Bleu Breizh Izel, il se déclare ouvertement favorable à l'indépendance de la Bretagne[17].

Points de vue concernant la publicité et polémiquesModifier

Patrick Le Lay est particulièrement réputé pour ses analyses perçues comme franches (ou brutales), incisives (ou cyniques) et sujettes à polémique, de même que par sa propension à cautionner les raccourcis pris par certains de ses journalistes.

En 1987, il analysait ainsi les rapports entre culture et Audimat :

« On ne vit plus qu'avec les chiffres de l'Audimat. [...]. Passer une émission culturelle sur une chaîne commerciale à 20 h 30, c'est un crime économique ! C'est quand même à l'État d'apporter la culture, pas aux industriels[18][source insuffisante]. »

Cependant en 1986, lors de l'audition pour la reprise de TF1 qui venait d'être privatisé par le gouvernement Chirac, il déclarait : « Faire absorber au public français des séries américaines, ce n'est pas une fatalité » et s'affirmait pour une défense de la culture française[N 1].

En , une polémique fit rage à la suite de la publication de ses propos, recueillis dans le livre Les Dirigeants français et le changement par la société de conseil EIM qui y présentait les réponses de dirigeants tels que Patrick Le Lay, Michel Bon (ex-France Télécom), Robert Louis-Dreyfus (LD Com), Michel Pébereau (BNP Paribas), Henri de Castries (Axa), à des questions portant sur les nouveaux défis des entreprises françaises face au changement. Il y déclarait notamment « Ce que nous vendons à Coca-Cola, c'est du temps de cerveau humain disponible ».

Un reportage de Jean-Pierre Pernaut diffusé [Quand ?] au journal de 13 h de TF1 dans lequel étaient cités les propos du préfet hors cadre et président de Miviludes Jean-Michel Roulet, lui valut une condamnation prononcée par la 17e chambre correctionnelle de Paris, en même temps que celle de l'animateur du 13 heures (le ), pour diffamation envers le mouvement TFP (Tradition, Famille, Propriété).[réf. nécessaire]

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. « Le projet de reprise de TF1 que nous vous présentons aujourd'hui est bâti autour de quelques idées simples. Tout d'abord respecter le téléspectateur. [...] En second lieu, nous avons cherché à donner une dynamique nouvelle à la création française. Faire absorber au public français des séries américaines, ce n'est pas une fatalité. [...] Je crois que le fonds de commerce, la réputation d'une chaîne, elle est faite bien sûr de son audience, mais elle est faite aussi de sa réputation. Et une chaîne de télévision qui prétend être la première en France ne peut pas le rester uniquement sur la diffusion des programmes les plus simples à absorber.[...] La culture française est menacée, c'est vrai. Mais la culture française doit résister. Parce que la culture, elle exprime le besoin et le désir de vivre ensemble, parce que la culture exprime une vraie communauté de mémoire, une vraie communauté de projet. »

RéférencesModifier

  1. Nicolas Carnec, « Rennes, le nouveau défi de Patrick le Lay », Ouest-France,‎ , p. 21
  2. Annick Cojean, « Le club des trente patrons bretons », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  3. Après l'accession de M. Le Lay à la présidence de TF1 Le groupe Bouygues face aux pressions de ses partenaires, Le Monde, 13 octobre 1988
  4. « Les dessous douteux de la tele-realite », sur http://television.telerama.fr/, (consulté le 8 janvier 2017)
  5. toutelatele.com Patrick Le Lay
  6. telerama.fr TF1 de règne.
  7. « Patrick Le Lay et Muriel Robin distingués aux Emmy Awards », Agence France-Presse, 20 novembre 2007.
  8. « TF1 : Patrick Le Lay démissionne, Nonce Paolini devient PDG », Julien Lalande, http://www.ozap.com, 31 juillet 2008.
  9. « TF1: Voici les salaires de Nonce Paolini et Patrick le Lay », http://www.jeanmarcmorandini.com.
  10. « TF1 : Le Lay jugé pour emplois précaires », Le Figaro, 25 juillet 2012.
  11. « Patrick Poivre d’Arvor et son ancien patron Patrick Le Lay ont déjeuné ensemble », http://www.capital.fr.
  12. « Dernière minute : Lelay écarté de la direction de Eurosportbet », http://www.casinoweb.org.
  13. « Patrick Le Lay nouveau président du SRFC », sur staderennais.com, (consulté le 7 mai 2010)
  14. Benjamin Keltz, « Le Lay : « Le Stade rennais ? C'est MON club » », sur lemensuelderennes.fr, (consulté le 7 mai 2010)
  15. « Frédéric de Saint-Sernin nommé président du Stade rennais », Liberation.fr, 25 juin 2012.
  16. « Le Lay accuse la France de "génocide culturel de la langue bretonne" », 20 minutes.fr, 5 septembre 2005.
  17. a et b « Patrick Le Lay se déclare indépendantiste », Philippe Argouarch, agencebretagnepresse.com, 24 décembre 2012.
  18. Article dans Libération le 9 septembre 1987.[source insuffisante]
  19. Article sur france-courtoise.info.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier