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Bataille de Trouillas

Bataille de Trouillas
Description de cette image, également commentée ci-après
La bataille de Trouillas, par Jean-Baptiste Réville.
Informations générales
Date 22 septembre 1793
Lieu Trouillas, Pyrénées-Orientales
Issue Victoire espagnole
Belligérants
Drapeau de la France République françaiseDrapeau de l'Espagne Royaume d'Espagne
Commandants
Luc Siméon Auguste Dagobert de FontenilleAntonio Ricardos
Forces en présence
22 000 hommes17 000 hommes
Pertes
3 000 morts ou blessés
1 500 prisonniers
10 canons
2 000 morts, blessés ou disparus

Première Coalition

Batailles

Coordonnées 42° 36′ 45″ nord, 2° 48′ 33″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille de Trouillas

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Bataille de Trouillas

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(Voir situation sur carte : Pyrénées-Orientales)
Bataille de Trouillas

La bataille de Trouillas eut lieu le 22 septembre 1793 pendant les guerres de la Révolution française, dans le cadre de la Première Coalition, entre les forces françaises du général Luc Siméon Auguste Dagobert de Fontenille et les forces espagnoles du général Antonio Ricardos. Cette tentative des Français d'exploiter leur succès à la bataille de Peyrestortes quelques jours plus tôt se solda par une victoire espagnole. Cet affrontement de la guerre du Roussillon se déroula près du village de Trouillas dans les Pyrénées-Orientales, à 12 km au sud-ouest de Perpignan.

ContexteModifier

Depuis qu'elle avait envahi le Roussillon en avril 1793, l'armée espagnole du capitaine-général Antonio Ricardos avait remporté plusieurs succès sur les troupes de la République française. Le siège de Bellegarde vit la capitulation de la garnison française le 24 juin 1793[1]. À cette date, les forces espagnoles se tenaient à quelques kilomètres au sud de Perpignan, le chef-lieu du département. Au début du mois de septembre, Ricardos entreprit d'isoler et de capturer Perpignan en envoyant deux divisions à l'ouest de la ville afin de couper la route vers Narbonne, tandis que lui-même commença à bombarder la forteresse par le sud. Des troupes françaises sous le commandement du général de division Eustache Charles d'Aoust et du général de brigade Jacques Gilles Henri Goguet attaquèrent les positions du lieutenant-général Jerónimo Girón-Moctezuma à Peyrestortes et celles du lieutenant-général Juan de Courten à Le Vernet. La bataille de Peyrestortes qui s'ensuivit le 17 septembre fut une importante victoire française et l'armée espagnole, durement éprouvée, se regroupa vers Trouillas[2].

Le lendemain de la bataille, le général de division Luc Siméon Auguste Dagobert de Fontenille fut nommé commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales. Désireux d'exploiter la victoire de Peyrestortes, ce en quoi il était exhorté par le représentant en mission Claude Fabre, Dagobert décida d'attaquer Ricardos à Trouillas[3].

Déroulement de la batailleModifier

Trouillas était sis dans une plaine traversée par le torrent Canterrane, à environ 100 m d'altitude. Le Mas Deu, une commanderie fondée par les Templiers à l'époque médiévale, était situé à 2,4 km à l'est. Enfin, la commune de Thuir se trouvait à 5 km au nord-ouest. Ricardos défendait ces positions avec 17 000 soldats et 38 canons. Le 2e bataillon du régiment d'infanterie de Barcelone avait récemment rejoint l'armée mais ce renfort était loin de compenser les pertes élevées subies par les Espagnols à Peyrestortes. De son côté, Dagobert avait rassemblé pour son offensive 22 000 hommes[3]. L'ordre de bataille français comprenait notamment les 7e, 61e, 70e et 79e demi-brigades d'infanterie ainsi que les gardes nationaux du Gers et du Gard[4].

Dagobert souhaitait envelopper les positions espagnoles par l'ouest, mais Fabre et les autres généraux le persuadèrent de mener une attaque frontale. Le général en chef envoya en conséquence la division du général de brigade Louis Antoine Goguet à l'assaut du flanc gauche espagnol à Thuir tout en détachant une colonne pour attaquer cette localité par l'ouest. La division d'Aoust fut chargée d'attaquer le flanc droit espagnol à Mas Deu, pendant que Dagobert, avec sa propre division, avait pour mission de percer le centre espagnol. Croyant que Thuir était le principal objectif des Français, Ricardos laissa le général Crespo avec seulement 3 000 hommes sur l'aile droite de son armée et dépêcha sur Thuir les troupes des lieutenants-généraux Pedro Téllez-Girón et Luis Firmin de Carvajal. L'attaque de Dagobert bouscula le centre espagnol et se fraya un chemin vers le campement principal des Espagnols à Trouillas. Dans le même temps, Goguet, pris sous le feu intense de l'infanterie et de l'artillerie espagnole, fut repoussé dans le secteur ouest. Ricardos conduisit personnellement une charge de cavalerie pour briser la colonne française détachée avant de retourner au centre du champ de bataille où l'intensité des combats était la plus forte. D'Aoust s'engagea mollement contre Crespo près de Mas Deu et ne constitua pas une menace sérieuse pour le flanc droit espagnol. Cette situation permit à Ricardos de concentrer sa cavalerie contre la division de Dagobert. Après s'être débarrassé de Goguet, Carvajal marcha sur Trouillas afin de prendre le centre français à revers. Trois demi-brigades françaises furent encerclées et capturées en grande partie. À l'issue d'une journée de combats, Dagobert se retira au nord-est sur Canohès[5].

La victoire des Espagnols était due en partie à la désorganisation et aux mauvaises dispositions logistiques du camp français[3].

Bilan et conséquencesModifier

Bien que Dagobert n'eut admis que 1 500 pertes, l'historien britannique Digby Smith estime que les Français perdirent au cours de cette bataille 3 000 tués ou blessés, 1 500 prisonniers et 10 canons. L'armée espagnole dénombra quant à elle 2 000 tués, blessés ou disparus[4]. Les représentants Fabre et Raymond Gaston relevèrent Dagobert de son commandement le 28 septembre et le remplacèrent temporairement par d'Aoust. Dagobert retourna en Cerdagne avec sa division et pilla la ville espagnole de Camprodon le 4 octobre[6]. Malgré sa victoire de Trouillas, Ricardos jugea rapidement opportun de se replier sur le Tech. Le 3 octobre, le général en chef espagnol avec 15 000 hommes repoussa les 16 000 soldats de d'Aoust au Boulou, sur le Tech. Lors de cet affrontement, les Français déplorèrent 1 200 hommes hors de combat contre seulement 300 chez les Espagnols[4].

RéférencesModifier

  1. Smith 1998, p. 48.
  2. Bernard Prats, « 17 septembre 1793-La bataille de Peyrestortes », sur prats.fr, (consulté le 6 novembre 2018).
  3. a b et c Bernard Prats, « Mort à la bataille de Trouillas, où est ta victoire ? », sur prats.fr, (consulté le 6 novembre 2018).
  4. a b et c Smith 1998, p. 57.
  5. (en) J. Rickard, « Battle of Truillas, 22 September 1793 », sur historyofwar.org, (consulté le 7 novembre 2018).
  6. Bernard Prats, « La revanche de Luc Siméon Auguste Dagobert de Fontenille », sur prats.fr, (consulté le 7 novembre 2018).

BibliographieModifier

  • (en) Digby Smith, The Greenhill Napoleonic Wars Data Book: Actions and Losses in Personnel, Colours, Standards and Artillery, 1792-1815, Londres, Greenhill Books, , 582 p. (ISBN 1-85367-276-9, notice BnF no FRBNF38973152).