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Anna Pavlovna de Russie

Anne Pavlovna de Russie
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de la reine Anne des Pays-Bas par Jean-Baptiste Van der Hulst (1837).

Titres

Reine consort des Pays-Bas


(8 ans et 5 mois)

Prédécesseur Wilhelmine de Prusse
Successeur Sophie de Wurtemberg

Grande-duchesse consort de Luxembourg


(8 ans et 5 mois)

Prédécesseur Wilhelmine de Prusse
Successeur Sophie de Wurtemberg

Duchesse consort de Limbourg


(8 ans et 5 mois)

Prédécesseur Marie-Thérèse de Bourbon-Naples
Successeur Sophie de Wurtemberg
Biographie
Titulature Grande-duchesse de Russie
Dynastie Maison Romanov
Distinctions Ordre de Sainte-Catherine
Ordre de la Reine Marie-Louise
Naissance
Saint-Pétersbourg (Empire russe)
Décès (à 70 ans)
La Haye (Pays-Bas)
Sépulture Nouvelle église de Delft (Pays-Bas)
Père Paul Ier de Russie
Mère Sophie-Dorothée de Wurtemberg
Conjoint Guillaume II des Pays-Bas
Enfants Guillaume Red crown.png
Alexandre
Henri
Ernest Casimir
Sophie
Religion Église orthodoxe de Russie

Anne Pavlovna Romanova (en russe : Анна Павловна) , née le à Saint-Pétersbourg et morte le à La Haye, est une grande-duchesse de Russie devenue reine consort des Pays-Bas par son mariage avec Guillaume II.

BiographieModifier

FamilleModifier

Anne Pavlovna appartient à la première branche de la maison d'Oldenbourg-Russie (Holstein-Gottorp-Romanov) issue de la première branche de la Maison d'Holstein-Gottorp, elle-même issue de la première branche de la Maison d'Oldenbourg. Elle est l'ascendante du roi Guillaume-Alexandre des Pays-Bas.

Elle est le huitième enfant et la sixième fille de Paul Ier de Russie et de Sophie-Dorothée de Wurtemberg[1]. Elle naît à l'époque où les armées françaises envahissent l'Europe et propagent les idées de la Révolution Française. En 1799, le général français Napoléon Bonaparte prend le pouvoir en France et instaure un régime autoritaire. Le tsar Paul Ier envisage un rapprochement avec la France. Il est assassiné en 1801. Le frère aîné de la grande-duchesse Anne, âgé de 24 ans, ceint la couronne sous le nom d'Alexandre Ier de Russie. En 1804, le général Bonaparte se fait proclamer empereur des Français et, de nouveau, la guerre embrase l'Europe. En 1805, il bat les armées austro-russes à Austerlitz. N'ayant pas d'enfant de son épouse Joséphine de Beauharnais, il envisage pour consolider la dynastie qu'il vient de fonder de se séparer d'elle et de se remarier à une princesse européenne issue d'une famille régnante.

Grande-duchesse de RussieModifier

La grande-duchesse Anne fait son entrée sur la scène internationale en 1809, quand l'empereur des Français Napoléon Ier, décidé à avoir à tout prix une descendance légitime, se résigne à divorcer de l'impératrice Joséphine dont il n'a pas d'enfant et à épouser la descendante d'une des dynasties européennes.

Son choix se porte sur deux candidates, Marie-Louise de Habsbourg-Lorraine, archiduchesse d'Autriche, princesse de Bohême et de Hongrie, âgée de dix-huit ans, fille de l'empereur d'Autriche et Anne Romanov, grande-duchesse de Russie, âgée de quatorze ans, sœur de l'empereur de Russie. Les Romanov, notamment l'impératrice douairière, mère du tsar et de la grande-duchesse Anne voient avec horreur une des leurs épouser le parvenu corse. Voulant éviter le ridicule d'une humiliation venant de la cour orthodoxe, l'empereur des Français porte alors son choix sur l'archiduchesse catholique. De plus, à quatorze ans, Anna est encore considérée comme trop jeune.

Un second candidat Français fait son apparition quand en 1814, le tsar Alexandre Ier envisage l'union de sa sœur Anne avec le duc de Berry, fils du comte d'Artois (futur Charles X), dans le but de resserrer les liens entre les cours de France et de Russie[2]. Dans ce cas, c'est le roi Louis XVIII, oncle du duc de Berry, qui trouve que les Romanov ne sont pas dignes d'épouser un Bourbon. De plus, Ce mariage nécessitait par ailleurs la conversion d'Anna au catholicisme, ce qui est rejeté par elle et sa mère[1].

Un autre prétendant est l'archiduc Ferdinand d'Autriche. Cependant, devant des problèmes politiques, le mariage est abandonné[1].

 
Paulownia tomentosa, parfois appelé « arbre d'Anna Paulowna »

Reine des Pays-BasModifier

En 1815, Napoléon est définitivement vaincu et exilé à Sainte-Hélène. Afin d'éviter la montée de nouvelles révolutions, les familles régnantes d'Europe décident de s'entendre, favorisant une politique de mariages[1]. Le tsar Alexandre cherche alors un mari pour Anna, et entend parler due Guillaume, prince d'Orange et héritier du royaume néerlandais surnommé le « Héros de Waterloo ». Celui-ci avait déjà été fiancé à Charlotte de Galles, ce qui explique qu'il n'avait pas été approché jusque là. En , Guillaume d'Orange se rend officiellement à Saint-Pétersbourg pour demander la main d'Anna. Bien que celle-ci avait le plus de naissance et de richesse, elle accueille favorablement ce projet de mariage, car elle obtient le droit de conserver sa foi orthodoxe, malgré le calvinisme de son futur mari[1]. Le a lieu son mariage avec le fils de Guillaume Ier et de la princesse Wilhelmine de Prusse, sœur du roi Frédéric-Guillaume III de Prusse. Le mariage a lieu selon le rite orthodoxe au pavillon des Roses de Saint-Pétersbourg[1]. C'est un mariage moins prestigieux et peu politique. Le , le couple arrive aux Pays-Bas. Habituée au faste orthodoxe, la princesse se retrouve plongée dans une austère cour calviniste. Le , après l'abdication de son beau-père, le roi Guillaume Ier, elle devient reine consort des Pays-Bas et grande-duchesse de Luxembourg.

Elle étudie la langue néerlandaise, la littérature et l'histoire des Pays-Bas. Elle crée de nombreux établissements d'enseignement pour les enfants appartenant aux classes pauvres.

La religion orthodoxe interdisant le mariage entre cousins germains, elle s'oppose au mariage de son fils aîné avec la princesse Sophie de Wurtemberg, fille de sa sœur Catherine.

N'ayant pas eu gain de cause, elle reste très proche de son fils mais traite fort mal sa belle-fille, jeune femme intelligente mariée contre son gré à un rustre.

En 1848, la cour est endeuillée par la mort accidentelle du prince Alexandre, jeune homme brillant qui faisait la joie des siens.

Après la mort de son époux en 1849, elle se retire dans un petit palais d’été de La Haye, le palais de Rustenburg (nl), situé à l'emplacement des jardins du palais de la Paix, siège de la Cour internationale de justice. Elle y meurt en 1865[3] et est inhumée dans la crypte royale de la nouvelle église à Delft.

Mariage et descendanceModifier

Le , elle épouse en la chapelle du palais d'Hiver à Saint-Pétersbourg le prince héritier Guillaume d'Orange, dont elle a cinq enfants :

Comme l'exigeait son mariage, les enfants sont élevés dans la religion calviniste. Cependant, ils conservent certains éléments culturels russes : comme leurs portraits en uniforme russe dans l'ivoire.

DistinctionsModifier

HommagesModifier

ToponymieModifier

Le polder Anna Paulowna est créé en 1860 en Hollande-Septentrionale en son honneur. Ce polder constitue la commune d'Anna Paulowna.

BotaniqueModifier

L'arbre Paulownia tomentosa, originaire du nord de la Chine, a été ainsi nommé en son honneur en 1834 par Philipp Franz von Siebold.


Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f (nl) Marit van Ekelenburg, « De Russische trots van Anna Paulowna », sur Historisch Nieuwsblad, (consulté le 22 février 2019)
  2. J.-H. Pirenne, La Sainte Alliance, Neuchâtel et Paris, .
  3. Un lieu pétri d'histoire - Histoire du palais de la Paix sur son site officiel
  4. (ru) Chevaliers de l'ordre de Sainte-Catherine, truten.ru

AnnexesModifier