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Cet article résume l'Histoire des Pays-Bas.

Sommaire

Préhistoire et protohistoireModifier

 
Les Pays-Bas en 5500 avant J.-C.

Les Pays-Bas ont été habités à partir de la dernière période glaciaire. Tout d'abord par des chasseurs nomades[1] en particulier dans la Drenthe.

Bien que les premiers signes d'agriculture apparaissent vers 5000 avant notre ère, c'est lors du premier Âge de Pierre (entre 4000 et 2500 avant notre ère), que des communautés d'agriculteurs s'y installent. En particulier, entre 3400-3200 avant notre ère, certaines (liées à la Culture campaniforme) vont ériger des chambres funéraires sous la forme de mégalithes (dolmen "à couloirs"[2] appelé hunebed en néerlandais) en Drenthe, Overijssel et Groningue[1].

Dans le Limbourg, à Fauquemont-sur-Gueule, une exploitation de mines souterraines pour l'extraction du silex[3] est datée vers 3300 avant notre ère. Cette industrie est présente également à Rijckholt dont les mines sont exploitées entre 3950 et 2650 avant notre ère. Mais pour avoir retrouvé, lors de fouilles, de grands poignards en silex jaune en provenance des sites du Grand-Pressigny (en Indre et Loire), cela démontre que des échanges existaient déjà sur de longues distances[2].

Une culture spécifique dite Culture d'Hilversum se développe entre 1 870 et 1 050 ans avant notre ère, caractérisée par des artefacts en bronze et des céramiques et rayonnera jusqu'au nord de la France ainsi qu'en Angleterre (notamment les tumuli du hameau de Toterfout, situés dans la commune de Veldhoven).

La crémation des morts est notée à partir de 1500 avant notre ère dans le sud et à partir de 1000 avant notre ère dans le nord[1]. De nombreux tumuli sont répartis sur le territoire, chacun préservant une sépulture ou une urne funéraire. Les urnes funéraires ont été utilisées de 1150 à 800 avant notre ère. Les cas de ré-emploi des tumuli ne sont pas isolés.

Dans la province du Brabant-Septentrional, à Someren, un champ d'urnes (urnenveld en néerlandais), daté de 600 avant notre ère a été découvert en 1991. Les collines funéraires arasées en raison de l'activité des labours agricoles au fil des années, étaient rassemblées et chacune contenait une urne[1],[4]. Un autre site remarquable de même type, daté vers 800 avant notre ère, est situé dans le Limbourg. Ce champ d'urnes est situé dans le Boshoverheide (nl), à quelques kilomètres à l'ouest de Weert[1],[5].

Vers 500 avant notre ère les Frisons s'installent au nord. En raison d'une élévation généralisée du niveau des eaux, ils s'adaptent en édifiant des collines artificielles (terpen en néerlandais) sur lesquelles ils vont vivre et devenir une caractéristique de leur mode de vie[6].

Une découverte archéologique récente[7] effectuée lors de la construction de l'échangeur autoroutier Blakenburg, permet d'apporter des connaissances sur l'histoire de Flardingue en Hollande-Méridionale. Un panier de vannage (ou van), daté de 300 avant notre ère, indique qu'au-delà de l'élevage, les agriculteurs qui vivaient dans la région à l'âge du fer ont aussi cultivé des céréales. Des zones de peuplement et des vestiges de fermes de cette époque avaient déjà été découverts lors de fouilles dans les tourbières.

Une momie des tourbières a été exhumée près du petit village d'Yde en Drenthe dans les marais de Bourtange en 1897. Elle est connue sous le nom de Fille d'Yde.

AntiquitéModifier

Plusieurs peuplades habitaient le territoire actuel des Pays-Bas et de la Belgique. Outre les Belgae et les Frisons, les Francs et les Saxons, il y avait les Bataves[8], qui furent par la suite assimilés par les Francs saliens.

Jules César conquit les Pays-Bas autour de l'année 58 av. J.-C., ce qui en fit la frontière nordique de l'empire romain. Dans la Guerre des Gaules, Jules César ne fait aucune mention des Bataves[9]. La première référence aux Bataves remonte à l'an 12 av. J.-C.. Les Romains construisirent les premières villes et introduisirent l'écriture.

Entre -55 et 10 av. J.-C., les Bataves s'installent dans la zone des fleuves (qui deviendra l'Insula Batavorum pour les Romains), les Cananefates sur la côte et les Frisons dans le nord[1].

En 15 apr. J.-C., Drusus franchit le Rhin et occupe l'Insula Batavorum jusqu'au lac Flevo (Zuiderzee). Il va organiser le creusement d'un canal Fossa Drusiana entre le fleuve et le lac. De là, il lancera une expédition militaire vers les territoires de la Germanie dite libre (actuelle Allemagne) et les peuples qui y résident[10].

Sous le règne de Tibère, en 28 apr. J.-C.[11],[12], les Frisons se révoltent contre le régime de taxation de l'empire. Cet événement permettra à ce peuple de négocier le statut d'alliés de Rome.

En 47 apr. J.-C., le général Cnaeus Domitius Corbulo dit « Corbulon », relie les embouchures des rivières du Rhin et de la Meuse par un canal connu sous le nom de « Fossa Corbulonis » ou canal de Corbulon.

En 50 apr. J.-C., les Romains définissent le Rhin comme frontière nord de l'Empire, en établissant des villes à Utrecht (fondée en 47 apr. J.-C. lorsque les Romains ont construit un camp militaire près d'un gué sur le Rhin) et à Maastricht (Trajectum ad Mosam où la Meuse pouvait être traversée à pied, sur la route romaine qui conduisait de Colonia Claudia Ara Agrippinensium/Cologne à Bononia/Boulogne). Ils garantissent la sécurité de cette zone et tout particulièrement la navigation sur le Rhin en prolongeant le Limes grâce à l'installation de forts, de castellum et de tours de guet. Cette partie sera intégrée à la province de la Germanie inférieure.

La partie septentrionale des Pays-Bas, qui était en dehors de l'Empire romain et où les Frisons vivaient, fut également fortement influencée par son puissant voisin méridional.

Menés par Julius Civilis[13], les Bataves se révoltent en 69-70 apr. J.-C.. Noviomagus est incendiée[14]. Les Romains commandés par Petilius Cerialis, interviennent à nouveau et matent cette rébellion par la force à la fin de l'année 70[15].

Vers 85 apr. J.-C., sous Domitien, la zone militaire va être élevée officiellement au titre de province sous le nom de Germania inferior[16].

Les légions stationnées en Germanie inférieure ont été [17]:

Des invasions au royaume des FrancsModifier

La civilisation romaine céda la place aux peuples germaniques qui fusionnèrent avec les habitants pour former trois peuples : les Frisons le long de la côte, les Saxons dans l'est et les Francs dans le sud.

La fin du royaume de Frise survint en 734 à la bataille du Boarn, où les Frisons furent défaits par les Francs, qui conquirent la partie occidentale jusqu'au petit fleuve Lauwers. Les Francs conquirent l'est du Lauwers en 785, quand Charlemagne battit Widukind.

Saint-Empire romain germaniqueModifier

Article détaillé : Saint-Empire romain germanique.

En 843, par le traité de Verdun, l'empire franc fut divisé en trois, la Francie occidentale (qui deviendra le royaume de France en 1205), la Francie médiane, du centre de l'Italie à la Frise, et la Francie orientale (communément nommée Germanie, noyau du futur Saint-Empire romain germanique). Le territoire des Pays-Bas actuels faisait partie de la Francie médiane. Celle-ci va rapidement disparaître : les terres néerlandaises contemporaines furent finalement annexées par l'Empire germanique (traités de Meerssen et de Ribemont).

La plupart des Pays-Bas était occupée par le Viking jutes Rorik de Dorestad aux environs de 840 à 880. La suprématie des Vikings fut stoppée en 920 quand le roi Henri Ier de Germanie libéra Utrecht. Les Pays-Bas sont alors réintégrés dans le Saint-Empire entre les Xe et XIe siècles.

De la fin de la période romaine jusque autour de 1100, une grande partie de l'ouest des Pays-Bas est restée à peine habitée. Vers 1000, les fermiers flamands et de la région d'Utrecht commencèrent à acheter les terres marécageuses, les assécher et les cultiver. Ce processus progressa rapidement, et ce territoire inhabité fut occupé en quelques générations. Des fermes indépendantes, qui ne faisaient pas partie de villages, furent construites, ce qui était alors une chose unique en Europe. Avant cette période, la région était identifiée comme la Frise occidentale (Westfriesland). et la majeure partie des habitants étaient de langue et de culture frisonne. La conquête de nouvelles terres progressant, la région devient au XIIe siècle la région de Hollande. Des villes y surgissent et s'épanouissent, particulièrement dans le Comté de Flandre et dans le Duché de Brabant.

Le Saint-Empire romain germanique ne pouvait pas maintenir une réelle unité politique. En plus de l'indépendance croissante des villes, les lois locales transformèrent les comtés et duchés en royaumes autonomes, et entre ces diverses puissances féodales régnait un état de guerre presque continuel.

Les Pays-Bas bourguignonsModifier

Article détaillé : Pays-Bas bourguignons.

Les provinces formant actuellement les Pays-Bas furent progressivement rassemblées, par mariage, achat ou conquête par les ducs de Bourgogne (1342-1477).

Les Pays-Bas espagnolsModifier

Article détaillé : Pays-Bas espagnols.

Cet ensemble passa par héritage aux Habsbourg, Marie de Bourgogne, la fille de Charles le Téméraire, ayant épousé l'empereur Maximilien Ier. La Frise, l'Utrecht, le Groningue et les Ommelanden, Drenthe et la Gueldre sont rattachés progressivement au domaine des Habsbourg après des décennies de relations conflictuelles avec le duc de Gueldre. Sous le règne de Charles Quint, empereur du Saint-Empire romain germanique et roi d'Espagne, la région faisait partie des 17 provinces des Pays-Bas espagnols qui comprenait également la Belgique et le Nord-Pas-de-Calais actuels.

La République des Provinces-UniesModifier

Article détaillé : Histoire des Provinces-Unies.
 
La prise de Schenkenschanz en avril 1636 par le prince Frédéric-Henri de Nassau

C'est en janvier 1579 que l'indépendance des Provinces-Unies est consacrée par l'Union d'Utrecht. La république ainsi créée comporte un ensemble de sept provinces (plus leurs dépendances) ayant chacune un parlement, ainsi qu'un gouverneur. Ces provinces sont indépendantes les unes des autres, et peuvent lever les impôts ainsi que des armées séparément. La jeune république des Provinces-Unies ne sera reconnue qu'en 1596 par la France et en 1648 par l'Espagne. Au Sud des Provinces-Unies, le pays de la Généralité (comprend l'actuelle Zélande, Brabant du Nord) forme alors un glacis stratégique entre les Pays-Bas espagnols au sud (la future Belgique) et les Pays-Bas protestants et calvinistes au Nord conduits par Amsterdam.

Le cas des Provinces-Unies à la fin du XVIe siècle est tout à fait particulier, puisque le jeune stathouder Guillaume d'Orange va mener une véritable révolution, connue sous le nom de guerre de Quatre-Vingts Ans, de 1568 à 1648, conduisant les Provinces-Unies à l'indépendance. Les Pays-Bas vont alors entrer dans la période du « Gouden Eeuw » (Siècle d'Or), caractérisée par une grande prospérité économique et culturelle, ainsi que par la fierté des Hollandais, défiant les monarchies voisines (France et Angleterre notamment).

Les compagnies des IndesModifier

 
Prise de Kochi aux Portugais par la compagnie des Indes orientales en 1663.

Au XVIe siècle, le Portugal et l'Espagne deviennent, grâce à leurs conquêtes coloniales, les premières puissances européennes, et des puissances mondiales. Dès 1580, les Néerlandais lanceront des raids sur le Brésil, et s'empareront du Nordeste, de 1630 à 1661, ce qui leur permettra d'y créer d'immense plantations de canne à sucre. Les Hollandais et les Zélandais sont aussi de redoutables corsaires et arriveront maintes fois à détourner des marchandises de navires d´autres nations européennes.

En 1608, les Néerlandais forment des sociétés par actions (dont la Compagnie des Indes orientales et la Compagnie des Indes occidentales) qui se lancent dans le commerce des épices avec l'Insulinde et l'Inde, et aussi dans la traite négrière. Les Bataves s'empareront des comptoirs portugais en Angola, puis sur tout le pourtour de l'Afrique et dans l'océan Indien. Aux Amériques, ils sont beaucoup moins présents et on estime qu'ils n'assureront au total qu'à peine 4 % de la traite négrière dans l'ensemble de l'histoire de l'esclavage. Dès 1619, les Néerlandais fondent à Java le comptoir de Batavia et supplantent ainsi les Portugais dans le commerce des épices avec l'Insulinde, dont ils s´assurent le monopole.

En 1626, le navigateur Pierre Minuit achète l'île de Manhattan à des Indiens pour la valeur de 60 florins en colifichets et verroteries. Pendant une quarantaine d'années, les Néerlandais coloniseront la région comprise entre les fleuves Delaware et Connecticut : la Nouvelle-Néerlande. À la suite de la Deuxième guerre anglo-néerlandaise, les Anglais obtiennent la colonie nord-américaine néerlandaise, alors peuplée de 7 000 à 10 000 colons, contre le Suriname anglais. Cet échange permet aux Néerlandais d'écarter une nation rivale de la Côte sauvage sud-américaine, zone qui se trouve entre les embouchures de l'Orénoque et de l'Amazone.

Les Néerlandais ont apporté nombre de connaissances en géographie, cartographie et dans la construction navale. Plusieurs navigateurs hollandais laisseront leurs noms dans l'histoire et la géographie : Abel Tasman, qui explora le sud de l'Australie et à qui la mer de Tasman doit son nom, Willem Schouten qui découvrit le cap Horn, Hudson, Baffin, Abel Dirrecksen, etc.

Les navigateurs néerlandaisModifier

 
Bataille de Focchies, où s'affrontent une flotte combinée de vaisseaux néerlandais et vénitiens contre l'Empire ottoman durant la guerre de Crête en 1656.

En 1652, les explorateurs néerlandais trouvèrent commode d'installer un comptoir permanent en Afrique du Sud pour y faire escale lors des retours en provenance des Indes Orientales. C'est ainsi que Le Cap fut fondé. La côte sud-africaine fut rebaptisée par la suite : Windhoek (« le coin venteux ») en Namibie, Franshoek ("le coin des Français") ou Vereniging ("réunion") en Afrique du Sud, pôles majeurs du futur État du Transvaal où les Boers ("fermiers") séjourneront et établiront plus tard les bases raciales de l'apartheid.

Le commerce des épices avec les Indes se révèle lucratif, à tel point que la Compagnie néerlandaise des Indes orientales devient une menace pour le royaume espagnol, dont elle rachète allègrement les colonies (Aruba) afin d'étendre ses compétences. À la tête de cette compagnie, les "Messieurs Douze", véritables gouverneurs, dont le pouvoir politique est immense. En 1625 est fondée la Compagnie Néerlandaise des Indes Occidentales, spécialisée dans le commerce des fourrures venues d'Amérique du Nord notamment. L'essor colonial favorise la création de manufactures et de raffineries de sucre. On fabrique tissu, armes, verre pour l'échanger contre des esclaves. L'action des Néerlandais aura ruiné le Portugal, qui pour se protéger devra faire appel à l'Angleterre. En contrepartie les Anglais obtiendront des monopoles commerciaux avec le Portugal et le Brésil : on a dit que le Brésil fera désormais partie de l´empire invisible britannique.

Sur l'océan indien, la ville de Batavia (actuellement Jakarta) est conquise (1619) et rebâtie à l'image d'Amsterdam, (canaux, pignons de style hollandais), de même pour Bandoeng (en français Bandung). Au XVIIe siècle, les navires hollandais sont les mieux armés du monde, en partie grâce au succès de la Compagnie des Indes.

Culture et patrimoine : l'héritage du siècle d'orModifier

 
Carte des Pays-Bas datant de 1748.

C'est au Siècle d'Or que s'expriment tous les talents : dans le domaine maritime, les Provinces-Unies sont pionnières en matière de technologies. Le sextant (inventé au XVIIe siècle par un pasteur calviniste d'Amsterdam), le yacht (abusivement prononcé à l'anglaise) ainsi que de nombreux termes de marine (foc, etc.) sont autant de témoignages de la créativité des Provinces-Unies au Siècle d'Or. De plus, les Hollandais sont les seuls au XVIIe siècle à maîtriser l'armement de navires de manière aussi rapide, ce qui fait d'eux des ennemis redoutables en plus de marins expérimentés (amiraux Tromp et de Ruyter notamment).

Amsterdam devient un haut lieu de culture et de recherche scientifique, ce qui est permis notamment par la grande liberté de mœurs propre aux Hollandais et à leur héritage calviniste. Les scientifiques européens viennent à Amsterdam pour pouvoir y étudier les sciences de l'anatomie (cf. La Leçon d'anatomie de Rembrandt), que Descartes viendra étudier en 1625 entre autres. Descartes, qui a vécu en plusieurs endroits aux Pays-Bas, a essayé de faire accepter sa philosophie aux universités des Pays-Bas, mais il a rencontré une résistance farouche du côté des théologiens hollandais. La philosophie est aussi représentée par le fameux Spinoza, qui, lui, vivait tranquillement à Rijnsburg sans chercher ouvertement les conflits, mais dont c'étaient plutôt les adhérents et amis qui ont réussi à diffuser sa philosophie panthéiste (ou athée, selon certains) à partir de ce pays. De nombreuses religions sont tolérées à Amsterdam qui rassemble aussi bien protestants (les Français viennent notamment s'y réfugier en 1685 après la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV) que catholiques, sectes (marranes, Juifs du secret). La puissante république dont l'économie ne semble limitée que par le manque de bras, est un réceptacle pour l'immigration juive (dits juifs du Portugal et d'Espagne), allemande, scandinave et des Pays-Bas espagnols. Dans ce contexte, les Néerlandais montrent une grande tolérance pour l'époque.

Les Provinces-Unies deviennent également le siège des artistes : Rembrandt de Leyde, Vermeer de Delft et Frans Hals de Haarlem qui vont s'imposer comme les grands maîtres de l'école hollandaise du XVIIe siècle, Pieter de Hooch, Jan van Goyen, Van Ostade, Willem Claeszoon Heda (natures mortes), les Van de Velde père et fils (scène de batailles marines), Gerrit Berckheyde (vues de villes), Pieter Saenredam (intérieurs d'églises), Jan Steen (scènes d'intérieur), Van Ruysdael (paysages), Meindert Hobbema, les peintres de l'école caravagesque d'Utrecht étant moins reconnus.

Le siècle d'Or des Pays-Bas s'est imposé comme la période charnière de l'histoire des Pays-Bas : siècle de prospérité tant économique et culturelle que militaire. Le modèle social hollandais qui n'a pourtant aucune prétention à s'exporter en Europe va cependant susciter la jalousie des États voisins, notamment la France de Louis XIV qui déclarera la guerre aux Provinces-Unies à la fin du XVIIe siècle (siège de Maastricht où périra d'Artagnan, capitaine des mousquetaires du Roi), scellant par là la fin de la période de gloire et de prospérité des Provinces-Unies.

La période franco-bataveModifier

Articles détaillés : République batave et Royaume de Hollande.
 
Le pont de Moerdijk, en 1814.

En 1793, la Convention nationale française déclare la guerre à l'Angleterre et aux Provinces-Unies. Après une première tentative de Dumouriez, les armées françaises commandées par Pichegru envahissent en 1795 le Brabant, Utrecht et la Hollande à la faveur de l'hiver qui gèle les canaux. Le stathouder Guillaume V d'Orange fuit le 19 janvier. Les patriotes bataves se soulèvent dans les grandes villes et épurent les administrations municipales. Ils fondent la République batave. Alliée à la France dans la guerre contre l'Angleterre, la République batave devient rapidement un de ses satellites. L'influence française sur le pays se fera sentir jusqu'en 1813.

La première Assemblée nationale se réunit le et travaille à l'élaboration d'une constitution. Un premier projet est rejeté par référendum en août 1797. Le 22 janvier 1798, un coup d'État épure l'Assemblée qui rédige un nouveau projet inspiré par la constitution française de l'an III qui est adopté en avril. Le 12 juin, un nouveau coup d'État chasse du pouvoir les rédacteurs de la constitution, d'inspiration jacobine, et place au gouvernement des modérés. En 1801, un troisième coup d'État a lieu pour imposer une nouvelle constitution, moins jacobine et plus fédérale. Fatigué par les oppositions rencontrées par son ambassadeur Sémonville avec le gouvernement batave, Napoléon Bonaparte confie à Rutger Jan Schimmelpenninck la tâche de rédiger une nouvelle constitution, qui est promulguée en avril 1805. Schimmelpenninck devient le chef de l'État, le grand-pensionnaire.

Un an plus tard, Napoléon force la disparition de la République batave en replaçant le grand pensionnaire par son frère Louis Bonaparte, qui devient roi de Hollande. Jusqu'en 1810, le nouveau roi essaie de résister aux exigences de son frère mais il finit par abdiquer en juillet. La Hollande est alors annexée par la France et divisée en départements français.

En 1813, les armées françaises sont chassées des départements hollandais et le fils du dernier stathouder débarque à Scheveningue. Il devient roi des Pays-Bas en 1815 sous le nom de Guillaume Ier.

Le royaume uni des Pays-Bas, puis l'indépendance de la BelgiqueModifier

Article détaillé : Royaume des Pays-Bas (1815-1830).
 
Carte des Pays-Bas en 1843 après rétrocession de Maastricht et du Limbourg oriental par la Belgique.
 
Peinture d'un bateau à Uitdam, vers 1880.
 
Rotterdam en 1920.

Le royaume des Pays-Bas a été fondé lors du congrès de Vienne de 1815 sous le nom de « royaume uni des Pays-Bas ». Il rassemblait alors les actuels territoires du Benelux ainsi que les colonies néerlandaises, dont la plus importante était les Indes orientales néerlandaises, actuelle Indonésie. Son premier roi fut Guillaume d'Orange-Nassau, un des vainqueurs de la bataille de Waterloo. Le royaume avait 2 capitales : Amsterdam et Bruxelles.

En 1830, la Belgique, peuplée de catholiques qui supportaient mal le règne du protestant Guillaume Ier, se souleva et obtint son indépendance du royaume pour former le nouveau royaume de Belgique, qui intégrait également la moitié occidentale du Luxembourg. La moitié orientale resta unie au royaume des Pays-Bas jusqu'en 1839, date à laquelle elle fut érigée en État indépendant, le grand-duché de Luxembourg, membre de la confédération germanique. Le Luxembourg et le royaume des Pays-Bas restèrent toutefois jusqu'en 1890 en union personnelle, c'est-à-dire partageant le même souverain.

Les Pays-Bas durant la Seconde Guerre mondialeModifier

Les Pays-Bas depuis la Seconde Guerre mondialeModifier

La Seconde Guerre mondiale a vu l'effondrement de l'armée néerlandaise et le contrôle de ses colonies orientales par les Japonais, ceci marque le déclin de la puissance commerciale coloniale néerlandaise. En 1945 l'indépendance de l'Indonésie est proclamée par Sukarno, poussé par les Japonais se retirant du pays. S'ensuit un conflit de quatre ans au terme duquel les Pays-Bas sont conduits à reconnaître l'indépendance indonésienne. En 1948, les Pays-Bas approuvent le principe d'une autonomie des Antilles néerlandaises, autonomie qui est proclamée en 1954. Le royaume compte depuis cette date plusieurs entités autonomes égales en droit et comportant chacune une constitution propre. En 1975 la Guyane néerlandaise, actuel Suriname, prend son indépendance du royaume. Enfin en 1986, l'île d'Aruba se détache des Antilles néerlandaises pour former la troisième entité du royaume.

Dès sa libération la nécessité de la reconstruction de la métropole permet cependant de relancer son économie. Et la perte des marchés de son ancien empire coloniale est très largement compensée par l'intensification des échanges économiques avec ses voisins européens et occidentaux, avec qui les liens se renforcent : les bases du Benelux sont posées dès 1944, les Pays-Bas sont membres fondateurs de l'OTAN en 1949, du Conseil de l'Europe la même année, et des autres institutions européennes, dont la Communauté économique européenne en 1957. Cette intégration dans l'économie internationale permet aux Pays-Bas de bénéficier pleinement de l'essor des Trente Glorieuses.

 
Après des émeutes, dégâts dans une artère d'Amsterdam, le 14 juin 1966. Au milieu de débris, un véhicule a été renversé, un autre incendié.

Prospère économiquement, ouvert sur le monde, le pays a sa part dans les mouvements de contestations de la société de consommation, qui naissent en occident. Amsterdam joue ainsi un rôle central dans l'émergence du mouvement contestataire Provo, initié dans les happenings de l'artiste Robert Jasper Grootveld, sur le Spui, à partir de 1964[19]. Mais les émeutes et les affrontements avec la police se multiplient. Le 10 mars 1966, des bombes fumigènes sont jetées au passage du cortège nuptial, juste avant le mariage à la Westerkerk de la princesse Béatrix avec le diplomate allemand Claus von Amsberg. Le 13 juin 1966 et pendant plusieurs jours, consécutive à une manifestation d'ouvriers du bâtiment vite rejoints par d'autres mécontents, notamment des jeunes, une flambée de violence ravage le centre historique[20]. Selon un bilan qui aurait pu être encore plus grave, on comptabilise des dizaines de blessés, mais un seul mort, Jan Weggelaar, un ouvrier de cinquante ans décédé d'une crise cardiaque au début des troubles. Durant des années, de nombreux squatters sont expulsés par la force. Le 30 avril 1980, alors que Béatrix prête serment lors de son accession au trône, les protestataires, composés en majorité de membres du « mouvement des squatteurs », affrontent la police à l'extérieur de la Nieuwe Kerk, au cours des « émeutes du couronnement » qui sont aujourd'hui considérés comme l'un des pires épisodes d'émeutes ayant eu lieu en temps de paix dans l'Histoire du pays[21].

L'essor économique est soutenu dans les années 1960 par l'exploitation des gisements de gaz, ce qui contribue entre autres mécanismes complexes à l'accroissement du cours du florin ; ceci a des effets négatifs sur la compétitivité du pays, ce phénomène est à l'origine du l'éclosion du terme économique : maladie hollandaise. Le premier choc pétrolier dans les années 1970, touche sévèrement le pays, puis le deuxième. Cependant, de plus en plus tertiarisé, le pays reste aujourd'hui une puissance et un pôle économique important dans le cadre de la mondialisation.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e et f Eyewitness Travel - The Netherlands Ed. Dorling Kindersley Limited London 2014 (ISBN 978-1-40932-958-9).
  2. a et b in Une histoire du monde antique sous la direction de Claude Mossé Ed. Bibliothèque historique Larousse 2008, (ISBN 978-2-03-584177-3)
  3. Monument classé n°511161. Terrain et paroi rocheuse avec des traces d'extraction de silex du Néolithique. (nl)
  4. Monument classé n°45989. Terrain dans lequel se situe un champ d'urne. Datation : Âge du bronze tardif. (nl)
  5. Monument classé n°46174. Terrain dans lequel se situe un champ d'urne. Datation : Âge du bronze tardif - Âge du fer. (nl)
  6. v. Christophe de Voogd, Hatier.
  7. (nl) « oudste-wan-van-nederland-gevonden-in-vlaardingen », sur https://www.nu.nl (consulté le 30 octobre 2018) Article Le plus vieux panier de vannage des Pays-Bas trouvé à Flardingue du 08 octobre 2018 11:43.
  8. qui furent par la suite considérés, selon des vues nationalistes, comme les ancêtres des Néerlandais, comme le montre le choix du nom de la République batave
  9. L'allusion relevée dans le Livre IV est « considérée comme apocryphe » (Christophe de Voogd, p. 29 Hatier)
  10. Carte in 'Atlas de la Rome Antique 800 av. JC / 540 ap. JC' de Chris Scarre Collection Atlas/Mémoires Ed. Autrement 1995 ( (ISBN 2-86260-568-9)).
  11. source Tacite, Annales, IV
  12. p.419 Chronology in Pax Romana d'Adrian Goldsworthy Ed. The Orion Publishing Group Ltd - Hachette UK Company 2016 (ISBN 978-1-4746-0437-6)
  13. in Atlas du monde romain de T. Cornell et J. Matthews Ed. Fernand Nathan (1984) p.79 (ISBN 2-09-294103-8)
  14. Carte Les guerres de 68-70 apr. J-C in Atlas du monde romain de T. Cornell et J. Matthews Ed. Fernand Nathan (1984) p.84
  15. in La civilisation romaine de Pierre Grimal Ed. Arthaud (1968) p.70
  16. p.41 in Grens van het Romeinse rijk – De limes in Gelderland de Paul van der Heijden - Ed. Uitgeverij Matrijs - mars 2016 (ISBN 978-90-5345-327-8) - non traduit
  17. p.63 Carte Les légions romaines 24 - 150 ap. JC in Atlas de la Rome Antique 800 av. JC / 540 ap. JC de Chris Scarre Collection Atlas/Mémoires Ed. Autrement 1995 (ISBN 2-86260-568-9).
  18. Carte La conquête romaine mentionne à Vetera (Xanten ?) Legio XXX Ulpia comme légion présente en 200 apr. J.-C. in Une Histoire Antique sous la Direction de Claude Mossé Ed. Bibliothèque historique Larousse 2008 (ISBN 978-2-03-584177-3).
  19. (nl) Grondlegger van hippe reputatie Amsterdam, De Volkskrant. Consulté le 13 septembre 2013.
  20. https://www.cairn.info/revue-historique-2005-2-page-343.htm
  21. (nl) Inhuldigingsrellen, Archives de la ville d'Amsterdam. Consulté le 13 septembre 2013.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Pascal Dayez-Burgeon, Belgique Nederland Luxembourg, éditions Belin Sup, 1994.
  • Christophe de Voogd, Histoire des Pays-Bas. Première édition : Hatier, 1992. Nouvelle édition : Paris, Fayard, 2003, (ISBN 2213615667).
  • Mark Edward Hay: "Van Rusland naar Arnhem. De militaire operaties in Nederland in de context van de Zesde Coalitieoorlog: conflicterende belangen, moeilijkheden van bondgenootschappelijke oorlogvoering, zelfredzaamheid", in Arnhem 1813. Bezetting en Bestorming. Verloren, Hilversum, 2013, (ISBN 9789087043797).

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

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