Académie de Stanislas

société savante nancéenne fondée en 1750

L’académie de Stanislas est une société savante fondée le par Stanislas Leszczynski, roi de Pologne, duc de Lorraine et de Bar, sous le nom de Société royale des sciences et belles-lettres de Nancy.

Académie de Stanislas
Image dans Infobox.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
Objectif
Favoriser la croissance et le rayonnement de toutes les valeurs intellectuelles, morales ou spirituelles
Siège
Pays
Langue
Organisation
Présidente
Francine Roze (d)
Affiliation
Publication
Site web

Elle siège dans l'ancien collège des Jésuites, bâtiment qui abrita l'université de Nancy jusqu'à sa suppression temporaire par la Convention en 1793, et qui accueille aujourd'hui la bibliothèque municipale de Nancy.

Elle est reconnue d'utilité publique depuis le décret du [1].

HistoireModifier

 
Stanislas Leszczynski, fondateur de l'Académie.

La fondationModifier

Stanislas Leszczynski, roi de Pologne en exil, beau-père de Louis XV depuis 1725, souhaitait depuis son séjour au château de Chambord (1725-1733) créer autour de lui une institution académique[2].

Devenu duc de Lorraine en 1737, sous contrôle de la cour de France (la Lorraine devant devenir française à la mort de Stanislas, selon le traité de Vienne), il ne peut d'abord réaliser ce souhait en raison de l'opposition du chancelier Antoine-Martin Chaumont de La Galaizière, haut fonctionnaire français (intendant de la généralité de Soissons de 1731 à 1737).

Un changement intervient lorsqu'un ami de Stanislas, le comte de Tressan, est nommé gouverneur de Toul (un des Trois-Évêchés) en 1749. Membre de l'Académie des sciences, il a des liens avec de nombreux intellectuels et encourage les projets de Stanislas.

Celui-ci commence par créer une bibliothèque publique, dont le règlement est promulgué le . Les responsables de la bibliothèque, les « censeurs », sont chargés de choisir les livres, mais aussi de décerner des prix. Ils doivent se réunir tous les jeudis et tenir une séance publique les 8 mai[3] et 20 octobre (date anniversaire de Stanislas). L'inauguration de la bibliothèque a lieu le 8 mai 1751 et c'est à cette occasion qu'un orateur prononçant l'éloge de Stanislas le qualifie de Bienfaisant[4].

Assez rapidement, le groupe des censeurs va être étoffé et devenir une sorte d'académie ; le , Stanislas promulgue le statut de la Société royale des Sciences et Belles-Lettres de Nancy, dans lequel un article utilise même le mot « académie ».

Parmi les membres de la Société royale des premières années, on peut remarquer la présence de Montesquieu. En revanche, Voltaire, pourtant ami de Stanislas (il a fréquemment séjourné à Lunéville en 1748-1749 et correspond régulièrement avec lui), n'a pas été sollicité en raison d'une certaine hostilité de la cour de France.

Évolution ultérieureModifier

Durant la Révolution française, la Société est dissoute à la suite d'une mesure générale prise par la Convention le . Néanmoins, les anciens académiciens restent en contact et, le , otiennent du préfet Marquis l'autorisation de se réunir à nouveau, sous le nom de Société libre des Sciences, Lettres et Arts de Nancy.

À chaque changement de régime politique, elle doit modifier son nom :

En 1852, elle prend le nom d’Académie de Stanislas, qui lui restera définitivement.

Bien que Nancy soit sous le feu des canons allemands à longue portée durant la Première Guerre mondiale, les académiciens restés dans la ville continuent leurs réunions.

En revanche, pendant la Seconde Guerre mondiale, ils ont considéré que l'académie ne pouvait pas se réunir librement et les séances ont été interrompues. Il a donc fallu reconstituer l'académie en 1945 et nommer de nouveaux membres.

Prix et boursesModifier

L'académie de Stanislas délivre de nombreux prix chaque année lors de sa séance de janvier :

  • prix artistique Henri-Galilée : attribué tous les deux ans à un artiste peintre lorrain ;
  • prix Suzanne-Zivi : attribué à un jeune chercheur de l'université de Lorraine ;
  • prix du professeur Jean-Hartemann : attribué à une personne ou association œuvrant pour la santé de la mère et de l'enfant ;
  • prix du doyen Jacques-Parisot : attribué pour des travaux prolongeant ceux du doyen Jacques Parisot dans le domaine social ;
  • prix du professeur Paul-Louis-Drouet : attribué pour un ouvrage ou une thèse dans le domaine de la santé ;
  • prix de dévouement Cadiot, Partouneau, Joly, Roty et prix du professeur Louyot : attribués à des personnes ayant fait preuve de dévouement ou de courage dans des actions sociales ;
  • prix d'architecture : délivré en partenariat avec la Caisse d'épargne de Lorraine et Champagne-Ardenne, à un élève de l'École nationale supérieure d'architecture de Nancy ;
  • prix de la famille ;
  • grand prix : délivré en partenariat avec la banque CIC Est à une personnalité, une institution ou une association ayant œuvré pour des Lorrains ou le renom de la Lorraine.

Elle délivre également plusieurs bourses artistiques.

MembresModifier

PrésidentsModifier

 
La salle des séances.

Les présidents de l'académie sont[5],[6] :

  • Louis-Élisabeth de La Vergne de Tressan (1705-1783), 2d président en 1751 ;
  • Pierre-Aubin Paillart (1795-1869), président en 1837 ;
  • Jules Levallois (1788-1877), président en 1847[7] ;
  • Edmond de Guerle (1829-1894), président en 1882[6] ;
  • Charles de Meixmoron de Dombasle (1839-1912), président en 1900[8] ;
  • Édouard Imbeaux (1861-1943), président en 1907[9] ;
  • Jules Beaupré (1859-1921), président en 1921[10] ;
  • Edmond des Robert, président de la Société d’archéologie lorraine et du Musée lorrain, président en 1927 ;
  • Charles Berlet, président en 1937 ;
  • Henri Colin (1869-1954), président en [?] ;
  • Jean Joly, premier président honoraire de la Cour d’appel de Nancy, président en 1945 ;
  • André Rosambert, président de Chambre à la Cour d’appel de Nancy, président en 1946 ;
  • Félix Senn, recteur honoraire de l’académie de Nancy, président en 1947 ;
  • Jean Thiry, historien, docteur en droit, docteur ès lettres. président de la Fédération nationale des orphelins de guerre, ancien avocat à la Cour d’appel de Paris, 1948 ;
  • Paul Dimoff, professeur honoraire de la Faculté des lettres, président en 1949 ;
  • Édouard Salin, maître de forges, membre de l’Institut, président de la Société d’archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, président en 1950 ;
  • Auguste Oudin, Inspecteur général des Eaux et Forêts, directeur de l’École nationale des Eaux et Forêts, président en 1951 ;
  • Rémy Collin, professeur honoraire de la Faculté de médecine, président en 1952 ;
  • Jean Godfrin, avocat et homme de lettres, lotharingiste, président en 1953[11] ;
  • Maurice Lucien, doyen honoraire de la faculté de médecine, président en 1954 ;
  • Maurice Perrin (1875-1956), professeur honoraire de la faculté de médecine, président en 1955 ;
  • Pierre Bretagne (1881-1962), deux fois président[12] ;
  • Michel Hachet (1922-2018), président en 1987[13] ;
  • Gilles Fabre (1933-2007), président en 1999 ;
  • Albert Ronsin (1928-2007), président en [?] ;
  • Henri Claude (1928-2021), historien de l'art, professeur à l'école des beaux-arts et à l'école d'architecture de Nancy, président en [?][14] ;
  • Bernard Guerrier de Dumast (1932-2019), président en 2005 ;
  • François Le Tacon , président en 2006-2007 ;
  • Jean-Louis Rivail, président en 2008-2009 ;
  • Robert Mainard, président en 2009-2010 ;
  • Christiane Dupuy-Stutzmann, première femme présidente, élue le [15], présidente en 2010-2011 ;
  • Pierre Labrude, président en 2011-2012 ;
  • Bernard Guidot, président en 2012-2013 ;
  • Jean-Pierre Husson, professeur émérite de géographie, président en 2013-2014 ;
  • François Roth (1936-2016), professeur émérite d'histoire contemporaine, président en 2014-2015 ;
  • Paul Vert, professeur émérite de pédiatrie, président en 2015-2016 ;
  • Général Alain Petiot, président en 2016-2017 ;
  • Françoise Mathieu, maître de conférence honoraire de littérature anglaise, présidente en 2017-2018 ;
  • Patrick Corbet (d), professeur d'histoire du Moyen-Age, président en 2018-2019 ;
  • Jean-Marie Simon, architecte, président en 2019-2020 ;
  • Francine Roze (d), conservatrice en chef du patrimoine, présidente actuelle.

Membres actuelsModifier

Les membres titulaires sont au nombre de 36.

Anciens membresModifier

Membres d'honneurModifier

Associés-correspondants célèbresModifier

Associés-correspondants actuelsModifier

Anciens associés-correspondantsModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Liste des associations reconnues d'utilité publique », sur la Plateforme ouverte des données publiques françaises (consulté le )
  2. Anne Muratori-Philip consacre un chapitre de son livre Le Roi Stanislas (Fayard, 2000) à la création de la Société (pages 290 à 298).
  3. Jour de la fête de Saint Stanislas à Cracovie ; voir : La procession de saint Stanislas sur Krakow Travel.
  4. Le Roi Stanislas, p. 293.
  5. academie-stanislas.org: liste des présidents depuis 1945
  6. a et b Les administrateurs de l'Académie de Stanislas (1853-1919)
  7. « Mémoires de l'Académie de Stanislas », sur Gallica, (consulté le ).
  8. artlorrain.com.
  9. Mémoires de l’académie de Stanislas, 1906-1907, CLVIIe année 6e série t. IV, Nancy, Impr. Berger-Levrault et Cie, 1907, p. 310.
  10. Goury G. (1925) - « Jules Beaupré (1859-1921) », Bulletin de la Société des sciences de Nancy série IV tome II fascicule V, Société des sciences de Nancy, Nancy, p. 732.
  11. Godfrin (1894-1965) est catholique (président des anciens du GEC de Nancy en 1931 (La Croix, , « Le congrès des étudiants catholiques à Nancy »), royaliste (il a collaboré dans l'entre-deux-guerres au Courrier de Lorraine et de Franche-Comté), ancien combattant (vice-président d'honneur de la section de l'AMC de Gerbéviller dans les années 1920), lettré et érudit local à l'instar de son ami Charles Berlet. Il est le trésorier de l'Union de la presse périodique de l'Est (1932). Membre depuis 1926 de la société d'archéologie lorraine et du musée historique lorrain, il est associé-correspondant de l'académie de Stanislas en 1937 (Mémoires de l’académie de Stanislas, 1939, présentation de J. Godfrin), membre titulaire (1945) et président de cette société savante (1953-1954). Cf. le Dossier de la Légion d'honneur de Jean Godfrin sur la base Léonore.
  12. Le Pays Lorrain, 1962, no 4, p. 171.
  13. Flaczynski, Cl. (1998) - « Le Cercle d'Études Locales du Toulois fête son cinquantenaire (10 décembre 1948 - 10 décembre 1998) », Études touloises no 88, Cercle d'études locales du Toulois, Toul, p. 18.
  14. http://www.nancy.archi.fr/fr/henri-claude_-e.html
  15. Jean-Luc Georges, « L'Académie au féminin », L'Est républicain,‎ [PDF], archives L'Est républicain
  16. Quelques maîtres de chapelle et compositeurs nancéiens du XXe siècle, sur musimem.com.
  17. Coqueley de Chaussepierre.
  18. Charles Vaillant de Meixmoron Mathieu de Dombasle.
  19. Stéphane Gaber sur data.bnf.fr.

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier