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Nicolas Ponce

dessinateur, graveur de vignettes et d'estampes et écrivain français

BiographieModifier

Élève de Pierre, de Fessard et de Delaunay, graveur ordinaire de Louis XVIII, Ponce s’est fait connaitre par une suite de vignettes, pour les œuvres de Voltaire et de Rousseau, qui eurent un grand succès. Il imagina ensuite de publier Les Illustres Français ou Tableaux historiques des grands hommes de la France (1790-1816), suite de 56 planches dessinées par Marillier où, autour du portrait de tel personnage célèbre, se trouvaient gravés, dans de petits tableaux, les traits les plus remarquables de sa vie, accompagnés d’un texte.

Il grava plus de trois cents pièces d’après Marillier, Eisen, Moreau jeune, Gravelot, Baudouin, Fragonard, Peyron, etc. Marillier lui fit graver trois cents vignettes pour la Bible, Cochin, ses dessins pour les œuvres de l'Arioste, et Monnet ses compositions allégoriques sur la Constitution. Il est également l’éditeur du Roland furieux de Mirabaud (1775, 4 vol. in-8°), et d’une multitude d’autres ouvrages. On trouve néanmoins son nom comme dessinateur au-dessous de quelques figures de La Pariseïde, de Godard d’Aucourt (Paris, Pissot, 1773, 2 vol. in-8°, 2 fig.), la Collection d’estampes représentant les événements de la guerre, pour la liberté de l'Amérique septentrionale, de Godefroy en 16 planches (Paris, 1784, in-4°), le recueil de Recueil de vues des lieux principaux de la colonie françoise de Saint-Domingue, de Moreau de Saint-Méry et Phelipeau (Paris, 1791, gr. in-fol.) ou les portraits de la Princesse de Salm et de l’abbé Caron, 2 dessins à la mine de plomb[2].

Ses principaux ouvrages ont été exécutés pour les œuvres de Voltaire, de Rousseau, de Berquin, de Dorat[3], pour le cabinet Choiseul, la galerie d'Orléans. Ponce a pourtant beaucoup plus interprété les dessinateurs qu’il n’a dessiné lui-même. Homme instruit, il était écrivain, au besoin. En effet, il a écrit, en cette qualité, sur l’histoire et la politique, et rédigé quelques brochures politiques. En l’an IX, il remporta le prix d’histoire proposé par l’Institut national, pour le meilleur mémoire sur cette question : Par quelles causes l’esprit de liberté s’est-il développé en France depuis François Ier jusqu’en 1789 ?, séance du 15 vendémiaire an IX. On lui doit De l’influence de la peinture chez les anciens peuples (Paris, an X, in-8°), opuscule réuni à beaucoup d’autres dans un recueil intitulé Mélanges sur les beaux-arts (Paris, 1826, in-8°), dédié à la princesse de Salm-Dyk. On lui doit la gravure, dans un petit format, des Arabesques antiques des bains de Livie et de la ville adrienne, avec les plafonds de la Ville-Madame, d’après les dessins de Raphaël (Paris, 1786)[4], la publication des peintures trouvées dans les thermes de Titus dans la Collection des tableaux et arabesques antiques trouvés à Rome dans les ruines des thermes de Titus[5]. On cite encore, parmi ses ouvrages, la Bataille de Marengo pour le Musée français, le portrait d’un bey pour le grand livre de la commission d’Égypte, et une Sainte Famille d’après Vouet. Il a aussi réuni sous le titre de Mélanges sur les beaux-arts (1826, in-8°) quelques dissertations sur l’art antique principalement et des notices biographiques lues devant des sociétés savantes. Enfin, il a écrit plusieurs articles dans la Galerie historique de Landon et donné de nombreux articles sur les arts et les artistes dans différents dictionnaires et notamment à la Biographie universelle de Michaud.

Au retour des Bourbons, il fut nommé graveur ordinaire du cabinet de Monsieur, frère du roi, puis chevalier de la Légion d’honneur. Il exposa au Salon des artistes français de 1791 à 1806 et ses ouvrages figurèrent aux expositions de 1794 à 1820. Il était chevalier de l’Ordre national de la Légion d'honneur, de l’Athénée des Arts, de la Société philotechnique, de la Société royale académique des Sciences, de la Société grammaticale, de la Société d'Émulation de Rouen, de l’Académie de Rouen, d’Orléans, d’Amiens, de La Rochelle, de Dijon, de Lyon, de Metz, de Marseille, de Parme, de celles de Châlons-sur-Saône, de Châlons-sur-Marne, Anvers, Douai, Bastia, Troyes, Le Mans et Bourg, et membre correspondant de l’Académie de Stanislas[6] à Nancy.

Le peintre François Dumont a fait une miniature au portrait, conservée au musée du Louvre, département des Arts graphiques, de Nicolas Ponce, qui était marié à Marguerite Hémery[7], née à Paris en 1745, graveuse également, qui a gravé plusieurs planches pour le Cabinet Poulain, l’Iconologie française de Gravelot, inhumée avec lui au cimetière du Père-Lachaise[8].

GravuresModifier

 
La Prise de Pensacola, gravure de Nicolas Ponce (1784).
  • Recueil de vues des lieux principaux de la Colonie Françoise de Saint-Domingue, gravées par les soins de M. Ponce, accompagnées de cartes et plans de la même colonie, gravés par les soins de M. Phelipeau. À Paris, par Moreau de Saint-Méry.
  • Planche du Chant XII de la Jérusalem Délivrée, Musier, 1774.
  • Gravure en couleur d’Annette et Lubin, d’après le tableau de Pierre Antoine Baudouin. Elle est dédicacée à la marquise de l’Aubépine et porte en dessous ses armes.
  • Henry IV dit le Grand : Illustres Français ou Tableaux historiques des Grands Hommes de la France pris dans tous les genres de la célébrité (1790-1816), d'après le tableau de Clément-Pierre Marillier (conservée au musée du château de Pau)[9].
  • La Pariseïde, ou Pâris dans les Gaules, de Godard d’Aucourt, Paris, Pissot, 1773, 2 vol. in-8°, 2 fig. dessinées par Ponce.

PublicationsModifier

  • Mélanges sur les Beaux-Arts, Paris, Leblanc, , 424 p. (OCLC 747290754, lire en ligne)
  • avec Clément-Pierre Marillier, Les illustres français : ou Tableaux historiques des grands hommes de la France d’après les dessins de M. Marillier, Paris, [chez l'auteur], [1790-1816], 1re éd., 58 p., 58 f. dont 56 f. de pl. ; in-2 (OCLC 463442257)
    Une seconde édition, sous le titre de Les illustres français : [ou, Tableaux historique des grands hommes de la France : pris dans tous les genres de célébrité, jusqu’à l’époque de l’établissement de la République, en a été donnée en l’an VII.

Notes et référencesModifier

  1. Blanc et Narcisse Thibaudeau 1858, p. 388.
  2. Vente de Ponce (1831).
  3. Claude-Joseph Dorat, Clément-Pierre Marillier, Emmanuel De Ghendt, Nicolas de Launay, Nicolas Ponce, Charles Louis Lingée et Louis-Joseph Masquelier, Fables : ou Allégories philosophiques, Paris, Delalain, , xxiv-176-[5] p., in-8.
  4. Arabesques antiques des bains de Livie et de la ville adrienne, avec les plafonds de la Ville-Madame : peints d'après les dessins de Raphaël et gravés par les soins de M. Ponce (Nouvelle édition), Paris, Bance aîné, , 2 p.-15 p. de pl. ; gr. in-fol. (lire en ligne)
  5. Collection des tableaux et arabesques antiques trouvés a Rome dans les ruines des thermes de Titus : avec un avant-propos et un texte explicatif abrégé des planches par N. Ponce, Paris, Bance Ainé, 117 p., 51 pl. ill. gravées ; 44 cm (lire en ligne).
  6. « Ponce Nicolas », sur Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) (consulté le 25 octobre 2013).
  7. Les Hémery sont une famille de graveurs qui comprend entre autres Antoine-François Hémery et Thérèse-Éléonore Hémery.
  8. 35e division.
  9. D’après les données de la base joconde

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  •   Charles Gabet et Louis Charles Deschamps, Dictionnaire des artistes de l’école française au XIXe siècle : peinture, sculpture, architecture, gravure, dessin, lithographie et composition musicale, Paris, Madame Vergne, , 710 p. (lire en ligne).
  •   Joseph-Marie Quérard, La France littéraire : ou Dictionnaire bibliographique, t. 11 : Corrections. — Additions. — Auteurs pseudonymes et anonymes dévoilés. Tome premier., Paris, Firmin Didot frères, , 708 p. (lire en ligne), p. 491.
  •   Charles Blanc et Adolphe Narcisse Thibaudeau, Le Trésor de la curiosité, tiré des catalogues de vente de tableaux, dessins, estampes, livres, marbres, bronzes, ivoires, terres cuites, vitraux, médailles, armes, porcelaines, meubles, émaux, laques et autres objets d’art, vol. 2, Paris, Ve J. Renouard, , 636 p. (OCLC 568755762, lire en ligne), p. 388

Liens externesModifier

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