Willy Coppens

as de l'aviation belge, écrivain

Willy Coppens Willy Omer François Jean Coppens de Houthulst (né le à Watermael-Boitsfort et mort le à Anvers) est un as de l'aviation belge de la Première Guerre mondiale avec 37 victoires homologuées et six probables.

BiographieModifier

Willy Coppens est le fils de l'artiste-peintre orientaliste Omer Coppens.

Dans sa jeunesse, il se passionne pour la moto et, pendant les vacances passées en famille à La Panne, en 1907, il imagine et crée un char à voile qu’il monte et pilote avec fougue sur la plage. Le char monté sur pneus est doté d'une voile houari de 5 m2.

Milicien en 1912 dans un régiment de grenadiers, il est rappelé au début de la guerre. En , il passe dans l'aviation. Deux mois plus tard, il obtient son brevet civil en Angleterre, puis il est envoyé à l'école militaire belge d'aviation d'Étampes[1].

Durant la guerre, il est surnommé par les Allemands, le Diable bleu, car il a fait peindre en bleu turquoise son avion, un Hanriot HD 1.

Ses survols de Bruxelles à hauteur des toits le rendent célèbre. Le , par exemple, il traverse de long en large la capitale et va rendre visite à ses parents qu'il salue d'un battement d'ailes, puis rentre à sa base malgré les chasseurs allemands qui tentent de l'abattre.

Dans le ciel des Flandres, cet as du combat aérien s'était spécialisé dans la chasse aux Drachens (les ballons de repérage de l'artillerie) ce qui lui vaut le surnom du « tueur de Drachen ». Il emprunte aux Français une munition spéciale, les fusées Le Prieur, ancêtres des roquettes, avec lesquelles il fait des ravages contre les ballons ennemis. Cette munition impose de s'approcher à moins de 50 mètres du ballon, ce qui est extrêmement risqué car les servants de l'engin sont fortement armés et les troupes au sol tirent inlassablement sur tout avion intrus.

 
Le roi Albert 1er décore et félicite Willy Coppens.

Le , il est gravement blessé lors d'une mission ; il est amputé d'une jambe. Après la guerre, le lieutenant Coppens est promu capitaine et anobli par le roi Albert de Belgique sous le nom de chevalier Coppens de Houthulst, du nom de la forêt au-dessus de laquelle il remporta plusieurs de ses victoires. Il est décoré par la Belgique (Ordre de Léopold II, Ordre de la Couronne, Croix de Guerre et Officier de l'Ordre de Léopold avec Palme), par la France (Croix de Guerre et Légion d'honneur), par l'Angleterre (Military Cross et Distinguished Service Order) et par la Serbie l'Ordre de l'Aigle blanc. Le roi Albert Ier a dit de lui : « Là-haut, dans le ciel, vous avez montré ce que peuvent les Belges. » Et Willy Coppens d'ajouter «...grâce au Hanriot H.D.1 ».

Entre les deux guerres, il est attaché de l'armée de l'air belge auprès de la France, de la Grande-Bretagne, de l'Italie et de la Suisse. En , il effectue, un saut de 6 000 mètres en parachute, pulvérisant le record d’Europe détenu alors par l’Allemagne. Il prend sa retraite à Genève en Suisse en 1940 ; il y vit avec sa femme et ses deux enfants. Durant la guerre, il intervient, via la Croix-Rouge et les organisations internationales, pour aider et secourir les prisonniers belges en Allemagne.

Après la guerre, il revient habiter La Panne, près des lieux où il s’était, jadis, illustré. Peu avant sa fin, il s’installe dans une résidence à Anvers où il meurt le .

Anecdote : un jour, Coppens rentre à la base dans un appareil très abîmé pendant sa mission. Comme on l'en félicite, il répond : « Bien sûr que je l'ai ramené, j'en avais besoin pour rentrer ! ».

VictoiresModifier

 
Un Hanover CL allemand
Date Heure Escadrille Appareil Adversaire Lieu
12.20 9e Hanriot (en) Scout Saint-Georges-sur-l'Aa
7.10 9e Hanriot Ballon Zarren
9.55 9e Hanriot Ballon Houthulst
8.07 9e Hanriot Ballon Houthulst
9.45 9e Hanriot Ballon Houthulst
6.40 9e Hanriot Ballon Houthulst
9.22 9e Hanriot Ballon Zonnebeke
7.47 9e Hanriot Ballon Ploegsteert
6.45 9e Hanriot Ballon Warneton
6.46 9e Hanriot Hannover CL Ploegsteert
6.30 9e Hanriot Ballon Bovekerke
8.30 9e Hanriot Ballon Gheluvelt
8.34 9e Hanriot Ballon Passendale
9.30 9e Hanriot Ballon Passendale
18.55 9e Hanriot Ballon Bovekerke
19.20 9e Hanriot Ballon Ruyterhoek
5.57 9e Hanriot Ballon Houthulst
7.30 9e Hanriot Ballon Geluwe
7.31 9e Hanriot Ballon Wervik
7.34 9e Hanriot Ballon Comines
19.20 9e Hanriot Ballon Ruyterhoek
7.50 9e Hanriot Ballon Reutel
6.05 9e Hanriot Ballon Leffinge
6.25 9e Hanriot Ballon Ruyterhoek
7.45 9e Hanriot Ballon Leffinge
14.55 9e Hanriot Ballon Ploegsteert
14.57 9e Hanriot Ballon Warneton
11.02 9e Hanriot Ballon Ten-Brielen
9.23 9e Hanriot Ballon Wercken
11.05 9e Hanriot Ballon Leffinge
11.06 9e Hanriot Ballon Leffinge
10.05 9e Hanriot Bi-place Leffinge
15.20 9e Hanriot Ballon Leffinge
8.14 9e Hanriot Ballon Lendelede
8.20 9e Hanriot Ballon Cruypenaerde
6.00 9e Hanriot Ballon Praatbos
6.05 9e Hanriot Ballon Torhout

ÉcritsModifier

  • Feuilles volantes, J.E. Goosens, Bruxelles, 1927[2]
  • Becs et plumes, Rouffé, 1928
  • Jours envolés : mémoires, Nouvelles éditions latines, 1932
  • Albert Ier, aviateur, Éditions du Comité des œuvres sociales du Ministère de l'air, 1934
  • Un homme volant, Jan Olieslagers, Les éditions Rex, 1935
  • L'homme a conquis le ciel (illustré par Marcel Jeanjean), Hachette, 1937
  • Commentaires sur l'aviation de chasse, conférence, 1938
  • Reclassements. Hélice en croix, Éditions du Rhône-Genève, 1945
  • Reclassements. II, Vue cavalière, Éditions du Rhône-Genève, 1946
  • La grande conquête, Marabout éd., Verviers, 1955
  • Introduction et adaptation de Cap 300, Léon Divoy, Pierre de Meyere éd., Bruxelles, 1965
  • La justice belge cul par-dessus-tête : cartes sur table, D.M.N. éd., Bruxelles, 1967
  • La justice belge déculottée : épilogue, D.M.N. éd., Bruxelles, 1968
  • Gens sans honneur : j'accuse, D.M.N. éd. Bruxelles, 1969
  • Polenri Spaak : pour servir à l'histoire de notre décadence, illustré par Bugh, D.M.N. éd. Bruxelles, 1970
  • Aviateurs célèbres au temps des hélices, Éditions Erel, Ostende, 1973
  • Une figure de proue : Jan Olieslagers, Éditions Everling, Arlon, 1973
  • Londres et Paris en contrepoint, Éditions Erel, Ostende, 1974
  • Jours envolés, réédition, Editions De Schorre, 2018
  • Bevlogen dagen, heruitgeven, Uitgeverij De Schorre, 2018

RéférencesModifier

  1. « L'aviateur W. Coppens de l'armée belge », in Le Pays de France, no 210, 24 octobre 1918, p. 3
  2. Avec un portrait de l'auteur par Lucien Wollès, (1862-1938).

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Christopher Campbell, Aces and aircraft of World War I, Poole, Dorset, Blandford Press, , 144 p. (ISBN 978-0-713-70954-4, OCLC 7441309)
  • Yves William Delzenne et Jean Houyoux, Le nouveau dictionnaire des Belges : de 1830 à nos jours, Bruxelles, Le Cri éditions La Libre Belgique, (ISBN 978-2-871-06212-7), p. 103
  • (nl) Ludo Vrancken, De geschiedenis van de Belgische militaire vliegerij, 1910-1918 : een geïllustreerde geschiedenis, Bruxelles, Musée royal de l'Armée, , 335 p. (ISBN 9-071-93616-3)
  • Robert Sainte, L'Épi mûr : D'après le journal de guerre de Carlo Verbessem, pilote de chasse, juillet 1914 - décembre 1917, Bruxelles, Racine, , 126 p. (ISBN 978-2-873-86148-3)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier