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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Thieffry.
Edmond Thieffry vers 1920.

Edmond Thieffry (né à Etterbeek et mort près d'Uvira au Congo belge le ) est un aviateur belge de la Première Guerre mondiale et un des rares as belges, avec dix victoires homologuées entre mars et octobre 1917. Abattu le 23 février 1918, tombé dans les lignes ennemies, blessé et fait prisonnier, il effectua 6 tentatives d'évasion durant sa détention jusqu'à sa libération à la fin de la guerre en novembre 1918. Edmond Thieffry est aussi reconnu pour avoir été l'auteur de l'un des premiers survols de Bruxelles occupée le 24 janvier 1917 à bord d'un Nieuport 17, y jetant 4 drapeaux, le premier au-dessus de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule (centre de Bruxelles), un autre au-dessus du Collège Saint-Michel (Etterbeek) et les 2 derniers au-dessus de la maison de ses parents et de celle de sa fiancée - et future épouse, Madeleine de Loneux - sises également à Etterbeek (rue des Rentiers, devenue rue du Général Leman après la guerre , et Place Van Meyel). En 1925, il réalisa l'exploit incroyable à l'époque de relier Bruxelles (Haren) à Kinshasa, reliant ainsi les 2 continents en survolant des contrées jamais alors explorées...

Sommaire

BiographieModifier

Première Guerre mondialeModifier

Considéré comme le premier as belge dès 1917, il fut le premier à atteindre 5 puis 10 victoires homologuées (dont trois lors d'une confrontation seul contre 9 avions ennemis), Thieffry fut abattu en février 1918 au-dessus des lignes ennemies. Blessé lors du crash, il fut capturé par les Allemands. Détenu en Allemagne, Thieffry tenta à 6 reprises de s'évader (la dernière fois, il fut repris à quelques kilomètres de la frontière suisse), il termina donc la Iére grande guerre en captivité.

Après le conflit, toujours prêt à chambrer ses proches, et à propos du pilote belge ayant détruit le plus grand nombre d'avions (pour la réputation du fameux "as des as") , Edmond Thieffry eut cette boutade à l'adresse de son cher ami Willy Coppens, reconnu officiellement comme étant "l'as des as belges" vu le nombre de ses victoires (35 ballons Drachen et 1 avion ennemi), et fort bien connu pour être très "susceptible" à ce sujet, Thieffry lança à la cantonade: « tu oublies sûrement tous les avions que j'ai cassés lors de mon écolage ! »

Première liaison aérienne Bruxelles-LéopoldvilleModifier

Revenu à la vie civile, il exerça sa profession d'avocat auprès du barreau de Bruxelles mais ne s'éloigna jamais du monde de l'aviation.

Ainsi, avec son équipage, il fut le premier aviateur à relier la Belgique au Congo en avion en 1925 au cours d'un périple de 51 jours dont 75 heures de vol effectif. Cet exploit a pu être réalisé grâce à l'appui inconditionnel du roi Albert Ier, qui a garanti sur sa cassette personnelle la valeur de l'avion à la Sabena en cas de perte. En effet, la Sabena refusait catégoriquement à l'aviateur de tenter cette folle aventure, persuadée que cette tentative se terminerait tragiquement pour l'appareil. L'initiative de ce projet fou vint de M. Mélis, directeur auprès de la SETNA et ami personnel de Thieffry.

Fortement opposée à cette tentative dès le départ, la Sabena coopéra néanmoins à l'exploit en mettant à la disposition d'Edmond Thieffry un tout jeune pilote, fort doué, Léopold Roger, et un mécanicien hors pair, Joseph (dit Jeff) De Bruycker. Une fois l'exploit réussi, la compagnie d'aviation belge fit tout pour exploiter cette ligne à des fins purement commerciales, mais dut attendre le 23 février 1935 pour que la première liaison commerciale soit réalisée (le premier avion, un Fokker F.VII immatriculé OO-AGH, avec comme pilote le commandant Prosper Cocquyt, fut baptisé "Edmond Thieffry" et relia Kinshasa en 5 jours ).

Fort de l'appui royal providentiel et aiguillonné par les aviateurs français qui prévoyaient également de relier Paris à Brazzaville, Edmond Thieffry, entouré de Léopold Roger et de Jeff de Bruycker, survola sur des milliers de kilomètres des régions jamais parcourues encore par des Occidentaux (désert, forêts équatoriales…). Partant le de Haren (aéroport de Bruxelles en ces temps-là), l'équipage dut s'adapter aux conditions météo déplorables, luttant contre des vents violents contraires soufflant à +/- 150 km/h avec une puissance de moteurs limitée à 1 200 kW, une véritable prouesse à l'époque. Le Handley Page W8 (en), équipé de trois moteurs, pesait 3 500 kg et comprenait un réservoir supplémentaire spécialement conçu de 2 500 litres d'essence en lieu et place des sièges passagers. Après moult péripéties (tempête de sable, perte dans le désert, fissure grave d'une hélice due aux conditions atmosphériques extrêmes,…) l'avion atteignit finalement, au bout de 51 jours de voyage[1], Léopoldville, créant un exploit digne des plus grandes réalisations aéronautiques mondiales.

Autres tentativesModifier

Edmond Thieffry fera deux autres tentatives pour atteindre le Congo. La première le sur un ACAZ C.2, avec Joseph Lang et Philippe Quersin, et n'ira pas beaucoup plus loin que Philippeville. La seconde tentative, le 26 juin à bord d'un Stampe et Vertongen RSV.22-180, à nouveau avec Philippe Quersin, échouera également, le vol se terminant cette fois dans un marais à Clapier, près de Vauvert (France).

DécèsModifier

Hélas, le 11 avril 1929, tentant de relier en avion les plus importantes villes du Congo (RDC) en route pour Uvira pour le compte du Msgr Prince de Ligne, Edmond Thieffry, le pilote Julien et le mécanicien Gastuche rencontrèrent un ouragan qui, propulsant leur avion Aviméta 92 au sol près de la baie de Burton, tua les 2 pilotes, blessant grièvement le mécanicien.

Laissant une veuve et cinq enfants, Edmond Thieffry fut enterré sur place (lac Tanganyika près de la plaine de Baraka) malgré la proposition de sa Majesté le Roi Albert 1er de rapatrier son corps en Belgique .

HommagesModifier

 
Statue Edmond Thieffry à Bruxelles

Une souscription publique fut lancée à l'initiative de sa Majesté le Roi Albert 1er, une statue fut érigée en 1932 à Etterbeek (derrière le Collège Saint-Michel, avenue Boileau) et son nom fut donné à la rue Aviateur Thieffry.

La revue "Tintin" no 866 du 27 mai 1965 (édition belge ) a publié sur 4 pages (4 à 7) une petite BD sur "Edmond Thieffry, conquérant du ciel" [Scénario et dessins de Fédor].

En 1976, lors de la création du métro bruxellois, une station - sur la ligne 5 actuelle - fut baptisée Thieffry et est située à quelques dizaines de mètres de la rue Aviateur Thieffry, toujours à Etterbeek

Le 29 janvier 2017, célébrant le centenaire du survol de Bruxelles et des lâchers de drapeaux, la Commune d'Etterbeek a organisé une commémoration en présence de Monsieur le Représentant du Roi, des plus Hautes autorités militaires et de la Commune,de représentants d'Anciens Combattants et de la famille de l'aviateur. À cette occasion, une plaque commémorative à hauteur du no 68 de la rue du Général Leman fut inaugurée .

Le 28 septembre 2018, en commémoration des fêtes de la fin de la 1ère guerre mondiale, et jour de célébration de la naissance de l'aviateur (126 ans) , une manifestation eut lieu en présence de Monsieur le Représentant du Roi, de l'officier Représentant le Ministre de la Défense, de Monsieur le Bourgmestre et des membres de la famille Thieffry eut lieu sur le magnifique plateau du Cinquantenaire, avec plus de 500 personnes (dont une majorité de jeunes écoliers de la Commune)

DécorationsModifier

RéférencesModifier

  1. F. Thieffry, « Historique de la première liaison aérienne entre la Belgique et sa colonie », L'Aérophile, nos 13-14,‎ , p. 200 (lire en ligne)