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En France, plusieurs organisations se réclament du trotskisme. Les effectifs de ces groupes variant d'une dizaine à plusieurs milliers de militants.

Sommaire

HistoriqueModifier

Les débuts : 1929-1940Modifier

Article détaillé : Ligue communiste (1930).

En 1929, Léon Trotski est expulsé d'URSS sur ordre de Joseph Staline. Au niveau international, les militants qui partagent les vues politiques de Trotski et de « l'Opposition de gauche » qu'il a fondée sont expulsés des partis communistes affiliés à la IIIe Internationale stalinisée. Ces premiers « trotskistes » (ce qualificatif est d'abord utilisé par leurs adversaires) s'organisent alors, malgré de grandes difficultés, au niveau national comme international.

En France, sur instruction de Trotski, la «Ligue communiste» (LC) est fondée en avril 1930 par Alfred Rosmer, Pierre Naville, Gérard Rosenthal, Pierre Frank et Raymond Molinier. Ses militants, qui en sont tous membres, sont alors une tendance interne et secrète au sein du Parti communiste, et diffusent leurs idées à travers le journal La Vérité.

En 1934, les « trotskistes » de la Ligue communiste sont ainsi moins d'une quarantaine dans toute la France. Ils en tirent la conclusion qu'ils ne peuvent constituer à eux seuls une alternative crédible au Parti communiste. Sur instruction de Trotski, ils adhérent finalement au Parti socialiste (SFIO) à la faveur de l'adoption par celui-ci de la ligne de Front unique ouvrier PS/PC de la révolution socialiste également adoptée par Trotski qui avait déclaré:

«  Le Front unique du Parti Socialiste et du Parti Communiste renferme en soi de grandioses possibilités. Si seulement il le veut sérieusement, il deviendra demain le maître de la France, mais il doit le vouloir. La clef de la situation est maintenant dans le Front unique[réf. non conforme][1]. »

Mais au Congrès de Mulhouse du Parti Socialiste/SFIO de 1935, le « Groupe bolchevik-léniniste » (GBL) qu'y ont constitué les trotskistes de la Ligue communiste est exclu de celui-ci, le Parti Socialiste/SFIO et le Parti Communiste Français étant passés de la stratégie de « Front unique » à celle de « Front populaire » adoptée par la IIIe Internationale lors de son VIIe Congrès en 1935 (cf Septième congrès du Komintern), laquelle inclut le Parti radical socialiste mais exclut la Ligue communiste. Après les émeutes insurrectionnelles de Brest et Toulon, en août 1935, Trotski déclare finalement qu'il est temps d'abandonner cette stratégie d' « entrisme » et de s'éloigner de la « Gauche révolutionnaire » de Marceau Pivert, tendance que ce dernier a organisée au sein du Parti Socialiste/SFIO après le Congrès de Mulhouse, et dans laquelle certains militants de la Ligue communiste se sont repliés, pour construire un parti révolutionnaire autonome.

Les trotskistes s'organisent (et se divisent) alors comme suit :

  • Pierre Naville, Gérard Rosenthal et leur groupe obtiennent le l'exclusion de Raymond Molinier puis celle de Pierre Frank de la Ligue communiste, - après les avoir exclus en 1930 de sa direction, pour « centrisme », « travail fractionnel » et « malversations financières ». Ils fusionnent leur journal La Vérité avec le journal que Pierre Naville publiait depuis son exclusion du Parti communiste en 1927, La Lutte de classe, dans Lutte ouvrière (différent de l'organe de L'« Union communiste internationaliste » dont Arlette Laguiller a été la porte-parole la plus connue), et celui-ci devient l'organe du « Parti ouvrier révolutionnaire » (POR) qu'ils fondent en avril 1936, la Ligue communiste elle-même, sans être dissoute, étant réduite à un secrétariat chargé des liaisons avec les autres Ligues communistes de l'étranger afin de préparer la fondation de la « Quatrième Internationale » .
  • Raymond Molinier et Pierre Frank créent alors les « Groupes d'action révolutionnaire » (GAR) et le journal La Commune en décembre 1935.
  • Raymond Molinier, Pierre Franck et leurs partisans créent finalement en mars 1936 le « Parti communiste internationaliste » (PCI) à partir des « Groupes d'action Révolutionnaires » (GAR).
  • suivant les directives de Trotski, le Parti ouvrier révolutionnaire (POR) de Pierre Naville et Gérard Rosenthal fusionne après les grèves de juin 1936 avec le Parti communiste internationaliste (PCI) de Raymond Molinier et Pierre Franck et les Jeunesses socialistes révolutionnaires (JSR) de Yvan Craipeau, Fred Zeller, Jean Rous et Pierre Boussel alias Lambert dans le « Parti ouvrier internationaliste » (POI), qui devient en septembre 1938 le représentant français de la «Quatrième Internationale», fondée le 3 septembre 1938 dans le pavillon d'Alfred et Marguerite Rosmer à Périgny (Seine-et-Oise).
  • Raymond Molinier et Pierre Franck quittent/sont rapidement exclus du Parti ouvrier internationaliste (POI). Ils (re)fondent le Parti communiste internationaliste (PCI) et fondent les « Jeunesses communistes internationalistes » (JCI) en juillet 1936 . Ils sont exclus de la Quatrième Internationale en septembre 1938 à la demande de Trotski.
  • Une partie, minoritaire, des militants du Parti ouvrier internationaliste (POI) adhère début 1939, sur instructions de Trotski, au « Parti socialiste ouvrier et paysan » (PSOP) que Marceau Pivert vient de créer fin 1938 après avoir quitté la SFIO avec sa tendance, La Gauche révolutionnaire , après le XXVe Congrès de la SFIO, et s'y constitue en « Comité pour la Quatrième Internationale », qui en est finalement exclu en novembre 1939. Parmi ceux-ci : Yvan Craipeau, Jean Rous et David Korner.
  • Une majorité des militants du Parti ouvrier internationaliste (POI), autour de Pierre Naville et Gérard Rosenthal, ayant refusé d'adhérer au Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP), le Parti ouvrier internationaliste (POI) est exclu en juin 1939 de la Quatrième Internationale et Pierre Naville et Gérard Rosenthal rompent l'un et l'autre avec le mouvement trotskiste.
  • En 1939, le gouvernement dissout les deux principales organisations trotskistes, le Parti ouvrier internationaliste (POI) et le Parti communiste internationaliste (PCI).
  • Le « Groupe communiste / Quatrième internationale » ou «Groupe Barta» est fondé par David Korner, dont un des alias est Barta, en dissidence de la Quatrième Internationale début septembre 1939.
  • Le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP) est dissout en juin 1940 par le gouvernement de Vichy.

La Seconde Guerre mondiale : 1940-1945Modifier

  • Raymond Molinier et Pierre Frank, leaders du Parti communiste internationaliste (PCI), (exclu de la IVe Internationale en 1938, puis dissout en 1939), sont en Belgique lors de l'offensive allemande de mai 1940, d'où ils gagnent Londres, où Pierre Frank est arrêté pour désertion. Il y reste emprisonné pendant toute la guerre, tandis que Raymond Molinier, d'abord engagé dans les Forces Belges Libres, est finalement envoyé en mission à Lisbonne par l'Intelligence Service, d'où il fait exfiltrer un certain nombre de militants trotskistes au nez et à la barbe des Allemands, avant de devoir se réfugier au Brésil, où il demeurera.
  • Après avoir adopté une position de « défaitisme révolutionnaire » durant la drôle de guerre, les trotskistes français se divisent durant la guerre sur la question de la stratégie à adopter entre entrisme dans les mouvements collaborationnistes et résistance internationaliste à travers un travail de propagande en direction des soldats de la Wehrmacht (« derrière chaque soldat allemand se trouve un travailleur allemand »).
  • L'antisémitisme nazi n'est pas considéré comme un point central par les trotskistes, qui l'analysent en termes de classes (thèse qui a continué d'être soutenue par Pierre Boussel, alias Pierre Lambert,- militant du PCI depuis 1937 - jusque dans les années 1970-1980[2]). Pourtant, selon l'historien Maurice Rajsfus, alors que sauver les Juifs n'aurait jamais été un objectif des directions dominantes de la Résistance, le journal La Vérité aurait été un des premiers à dénoncer la vague antisémite en France, dès sa première parution illégale.
  • Les militants du Parti communiste internationaliste (PCI) (exclu de la IVe Internationale en 1938, rappelons le à nouveau) prônent l'entrisme, y compris, pour certains, dans le «Rassemblement national populaire» (RNP) de Marcel Déat dont Henri Molinier, frère de Raymond, Maurice Déglise ou encore Roger Foirier deviennent membres [3], suscitant de violentes discussions.
  • Mais il s'agit là d'exceptions : beaucoup des trotskistes refusant la lutte armée contre l'Occupant lui préfèrent plutôt des actions de propagande en direction de la Wehrmacht visant à gagner à la cause révolutionnaire les soldats allemands. Cette activité, risquée, conduit à la déportation de plusieurs d'entre eux. David Rousset, qui écrira à son retour des camps L'univers concentrationnaire, en est un des plus célèbres. Citons aussi Jean-René Chauvin[4], qui, avant d'être déporté, effectua de nombreuses liaisons (entre David Rousset, Marcel Hic et Yvan Craipeau du POI) et diffusa La Vérité et des journaux en langue allemande. Chauvin raconte son expérience des camps de Mauthausen (de son annexe du Loïbl Pass), Auschwitz (mines de Jawizowitch) et Buchenwald, ainsi que les deux terribles marches de la mort auxquelles il a survécu, et analyse aussi le phénomène concentrationnaire (fasciste et stalinien) dans son unique livre, paru en 2006, 50 ans plus tard, alors qu'il se revendique toujours trotskiste, livre intitulé Un trotskiste dans l'enfer nazi[5].
  • D'un autre côté, certains groupes de militants finissent par admettre une alliance de résistance contre le Troisième Reich « avec la bourgeoisie ». C'est le cas du «Mouvement national révolutionnaire» (MNR) de Fred Zeller, Jean Rous et Maurice Jaquier , qui prône l'alliance avec Londres et la création d'« États-Unis socialistes d'Europe ». Cela leur vaut l'accusation de « social-chauvinisme » par le « [[Comité pour la IVe Internationale]] » (également exclu de celle-ci en 1939, cf supra) d'Yvan Craipeau. C'est aussi le cas du Parti ouvrier internationaliste (POI), (exclu lui aussi de la IVe Internationale, puis dissout en 1939, rappelons le) désormais dirigé, avec David Rousset, par Marcel Hic (qui pourra en déportation) qui estime également, à l'été 1940, la résistance et l'« alliance avec les petits-bourgeois » nécessaire. (Selon le journaliste Christophe Nick, cela en fait « la première organisation politique française authentiquement résistante[6] ».) En 1942, Jean Moulin demandera même au Parti ouvrier internationaliste (POI) de lui fournir son secrétariat[6]. Mais Marcel Hic, repris en main par la IVe Internationale qui l'accuse de « social-chauvinisme », ne donnera finalement pas suite à cette demande, revenant à des positions plus « orthodoxes »[6].
  • David Korner, alias Barta et son Groupe Barta est l'un des plus violents critiques de cette alliance « hérétique[6] ».
  • Face à ces questions comme à d'autres, l'assassinat de Léon Trotski le 21 août 1940 à Mexico par l'espion soviétique Ramon Mercader laisse la IVe Internationale sans véritable direction et amplifie les difficultés pour les organisations trotskistes.
  • Et alors qu'en décembre 1943, le « Secrétariat provisoire de la IVe Internationale » se rallie, quoique modérément, à la Résistance, en proclamant une « résolution sur le mouvement des partisans » prônant l'entrisme dans les organisations armées afin d'appuyer une structuration sur une base de classe, La Vérité organe clandestin du POI écrit au contraire, le , dans un article intitulé « Ils se valent ! » : « En réalité, la libération de Roosevelt vaut tout autant que le socialisme de Hitler[7]. » et suggère aux ouvriers de s'organiser dans des comités au sein de leurs usines pour se libérer eux-mêmes, sans les Alliés[7]. Marcel Bleibtreu, responsable du journal à l'époque, s'est dit avoir alors été scandalisé de ce « raccourci », attribué à Rodolphe Prager, qui fut exclu du journal[7].

De la réunification de 1945 aux lendemains de la scission pablistes/lambertistes de 1952Modifier

  • Le petit groupe de quatre puis sept militants dirigé par David Korner alias Barta, le Groupe Barta, refuse de s'y joindre et devient « officiellement » « l'Union communiste internationaliste » (UCI) qui éclatera vers 1950, mais sera à l'origine de la fondation après mai 1968 de « Lutte ouvrière » (LO) (en fait nom du journal de « L'Union communiste internationaliste ») après être resté longtemps marginal.

Après guerre, le Parti communiste internationaliste-Section française de la Quatrième Internationale (PCI-SFQI) est rapidement affecté par une série de scissions :

  • en novembre 1952, la « grande scission » du Parti communiste internationaliste-Section française de la Quatrième Internationale (PCI-SFQI) entre PCI « pabliste » et PCI « lambertiste »: consécutive à l'adoption des thèses de Michel Raptis alias Michel Pablo par le 3e Congrès Mondial de la Quatrième Internationale d'aout 1951, cette scission oppose d'abord, au niveau de la Quatrième Internationale, les partisans de Michel Raptis alias Pablo: Ernest Mandel, Pierre Frank, etc à ceux de Pierre Boussel alias Pierre Lambert, Marcel Bleibtreu, Michel Lequenne, etc. Ces derniers, majoritaires dans le Parti communiste internationaliste- Section française de la Quatrième Internationale (PCI-SFQI), et ultérieurement désignés « PCI majoritaire », sont exclus de la Quatrième Internationale, dont la direction devenue « pabliste » fonde un nouveau PCI français, dit « PCI minoritaire », autour de ses partisans français.

Causée par le refus lors du 8e Congrès du Parti communiste internationaliste-Section française de la Quatrième Internationale (PCI-SFQI) de juillet 1952 d'une majorité, - qui deviendra donc le « PCI majoritaire » - d'accepter et mettre en oeuvre la décision du 3e Congrès Mondial de la Quatrième Internationale, - motivée par l'imminence supposée d'un conflit mondial (on est en pleine guerre de Corée) supposément suivi d'une période révolutionnaire -, d'adopter les thèses de Michel Pablo et de ses partisans de pratiquer un entrisme « à drapeau déployé » non seulement chez les sociaux-démocrates (pour les français dans la SFIO et Force ouvrière) mais aussi dans les partis communistes staliniens et les syndicats affiliés (pour les français dans le PCF et la CGT) ce qui promettait d'être problématique, voire dans le Tiers Monde dans certains partis populistes, cette scission divise finalement tout le mouvement trotskiste international, jusqu'à causer l'éclatement de la Quatrième Internationale et de nombre de sections nationales. Parmi celles-ci, seuls les Partis communistes internationalistes (PCI) italien, ceylanais, bolivien et quelques sections d'Amérique latine deviennent alors « pablistes » sans se diviser[9].

  • Cinquante ans après les faits, la scission entre « lambertistes » et « pablistes » continue à diviser certains trotskistes et ex-trotskistes : le journaliste Christophe Nick attribue ainsi à cette querelle les accusations d'Edwy Plenel, ex-pabliste, à l'encontre de Lionel Jospin, ex-lambertiste[10].

De la guerre d'Algérie à mai 1968Modifier

  • une cinquantaine de « lambertistes » est restée dans le Parti communiste internationaliste (PCI) « majoritaire » autour de Pierre Boussel alias Pierre Lambert,

Les trotskistes et la guerre d'Algérie:

  • les « pablistes » du Parti communiste internationaliste (PCI) « minoritaire » et ceux de La Voix Communiste s'engagent à plein temps dans le soutien au FLN lors de la guerre d'Algérie, salariant même deux de ses membres Pierre Avot-Meyers et Louis Fontaine pour leurs activités d'impression clandestine de tracts, de faux papiers, de faux monnayage, et même de création d'une usine d'armement secrète au Maroc[12]. Ils sont ainsi le premier parti français à prendre cause pour l'indépendance[12].

Simonne Minguet, Raymond Bouvet et Janine Weil sont arrêtés en 1956, après la découverte d'une imprimerie clandestine du Parti communiste internationaliste (PCI) « minoritaire » ( « pabliste » ) [12]. En 1959, c'est au tour de Gérard Spitzer, membre de La Voix Communiste  et de son réseau de soutien au FLN d'être arrêté[12]. Michel Raptis alias Michel Pablo est arrêté en juin 1960, puis libéré en octobre 1961 grâce à une campagne internationale en sa faveur[12]. C'est le futur historien Mohamed Harbi qui est alors le contact entre le FLN et le Parti communiste internationaliste (PCI) « minoritaire » ( « pabliste »)[12].

L'après-guerre d'Algérie:

  • en juin 1963, les deux anciens courants du Parti communiste internationaliste — la tendance « pabliste », restée à la tête du Secrétariat international de la Quatrième Internationale (SIQI), et la tendance « lambertiste », elle-même à la tête di « Comité international de la Quatrième Internationale » (CIQI), — participent au 7e Congrès Mondial de la Quatrième Internationale, dit « Congrès de la réunification », sur la base d'une compréhension et d'un soutien communs à la Révolution cubaine de Castro et, au-delà aux différents Mouvement de libération nationale.
  • se forme alors la « Quatrième Internationale - Secrétariat unifié » (QI-SU), à laquelle ne participent cependant pas le Parti communiste internationaliste (PCI) « majoritaire » (« lambertiste ») français de Pierre Boussel, la Socialist Labour League (SLL) britannique de Gerry Healy (qui formera plus tard le Socialist Workers Party (SWP) ), ni le groupe des partisans de l'Argentin Juan Posadas (qui a lui-même quitté la Quatrième Internationale en 1962), et, opposé à Castro, a formé de son côté la « Quatrième internationale posadiste » dont les prises de position seront ensuite de plus en plus desservies par les écrits (non politiques) de Juan Posadas (sur les OVNI, les possibilités de dialogue avec certains animaux, le clonage, la parthénogénèse, etc.)
  • en 1965 également, un courant, mené par Pierre Frank, qui considère qu'il vaudrait mieux poursuivre la stratégie de mobilisation en France au sein des groupes communistes plutôt que de se focaliser sur l'Algérie et les autres mouvements de libération nationale devient majoritaire au sein du désormais seul groupe propriétaire du nom « Parti communiste internationaliste » (PCI): l'ex-Parti communiste internationaliste « minoritaire » ex « pabliste ».
  • Michel Raptis alias Michel Pablo quitte/est alors exclu de ce Parti communiste internationaliste (PCI) et créé la « Tendance marxiste révolutionnaire internationaliste », (TMRI) et la « Commission Africaine de la Quatrième Internationale » (CAQI) et sa revue, Sous le drapeau du socialisme.
  • cette rupture est officialisée en décembre 1965, au cours d'un congrès houleux, auquel les « pablistes » ne sont pas conviés, et qui voit leur expulsion de la IVe Internationale. C'est une simple majorité (51 % du congrès) des militants de la IVe Internationale qui approuve Pierre Frank. Les quelques dizaines de militants expulsés constituent alors autour de Michel Raptis alias Michel Pablo, Gilbert Marquis, Michel Fiant, etc. la « Tendance marxiste révolutionnaire de la IVe Internationale » (TMR-IV).
  • de leur côté, les militants du Parti communiste internationaliste (PCI) restés « pablistes » qui faisaient partie du Front universitaire antifasciste (FUA), exclu comme on vient de le voir de l'Union des étudiants communistes (UEC), ne constituent pas une nouvelle organisation, mais se rangent aux côtés du courant dit « italien » de l'Union des étudiants communistes (UEC), qui regarde d'un œil favorable les effets du krouchtchevisme.

De mai 1968 à aujourd'huiModifier

  • à écrire : les trotskistes en mai 1968
  • En 1969, d'ex militants « pablistes » du Parti communiste internationaliste (PCI) sont à l'origine de la fondation de l'« Alliance marxiste révolutionnaire » (AMR).
  • Ils co-signent un appel à l'unité des organisations se réclamant du trotskisme, dont le Parti communiste internationaliste (PCI) de Pierre Frank et le groupe Voix Ouvrière, fondé vers 1956 par une des deux entités entre lesquelles le Groupe Barta s'est scindé en 1950: celle de Robert Barcia et Pierre Bois, future « Lutte ouvrière ».
  • Ils s'impliquent, avec des dissidents du PCF, notamment issus de la mouvance « italienne », dans le « Comité d'Initiative pour un Mouvement Révolutionnaire » (CIMR), et sont actifs dans la solidarité avec le peuple tchécoslovaque.
  • En 1969, ils soutiennent la candidature d'Alain Krivine aux élections présidentielles.
  • Dissout par le décret du 12 juin 1968 après les évènements de Mai 1968, le Parti communiste internationaliste (PCI) a fondé avec la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR) la « Ligue communiste » (LC) au début de cette année 1969 qui devient la Section française de la Quatrième Internationale (SFQI).
  • Dissoute le , après avoir participé avec d'autres groupes à des affrontements lors d'une manifestation contre la tenue d’un meeting du groupe d'extrême droite Ordre nouveau à la Maison de la Mutualité, la Ligue communiste (LC) se reconstitue l'année suivante sous le nom de « Ligue communiste révolutionnaire » (LCR), menée par Alain Krivine, Daniel Bensaïd et Henri Weber.
  • Dissout par le même décret de 1968, Voix ouvrière se reforme sous le nom de « Lutte ouvrière » (LO) et sort progressivement de la marginalité.
  • De son côté, L'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR) des « pablistes » appuie au printemps 1974 la candidature à l'élection présidentielle de Charles Piaget, syndicaliste de la CFDT, actif à l'usine de Lip où une expérience d'autogestion fut mise en place.
  • Dans le même temps, Michel Rocard arrive à imposer au sein du PSU le soutien à la candidature de François Mitterrand.
  • Le départ de Michel Rocard du PSU pour le PS après l'élection présidentielle de 1974 donne l'occasion à l'Alliance marxiste révolutionnaire (AMR) de réaliser sa fusion dans le PSU. Le PSU regroupe alors dans cette dynamique de fusion plusieurs centaines de militants.
  • Trois ans plus tard, en 1977, la plupart des ex-militants de l'AMR quittent le PSU pour fonder les « Comités communistes pour l'autogestion » (CCA) avec des membres de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR).


  • Au passage, en 1986, plus de 400 militants de la tendance « Convergence socialiste » menée par Jean-Christophe Cambadélis et Benjamin Stora quittent le Mouvement pour un parti des travailleurs (MPPT) pour le PS.
  • En 1994, ce sont 140 militants de la tendance « Démocratie et révolution » de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), menés par Gérard Filoche et Daniel Assouline qui rejoignent le PS.
  • La fin du XXe siècle est marquée par la notoriété certaine et les résultats électoraux de la porte-parole de Lutte ouvrière (LO), Arlette Laguiller.
  • Le début du XXIe siècle est marqué par celle qu'acquiert le candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), Olivier Besancenot à l'élection présidentielle de 2002.

Ces deux organisations font d'ailleurs liste commune aux élections européennes de 1999 et régionales de 2004.

  • Juste avant cela, en 2003, la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) a renoncé à l'objectif de « dictature du prolétariat » pour se faire davantage le relais de mots d'ordre issus de l'altermondialisme, de l'écologie antinucléaire, anti-OGM, etc., et, finalement, se dissoudre, en 2009, dans une formation politique plus large, le « Nouveau Parti anticapitaliste » (NPA) rassemblant au-delà des seuls trotskistes.

Le trotskisme aujourd'hui en FranceModifier

 
Meeting de Lutte ouvrière en 2008 (Arlette Laguiller, troisième en partant de la gauche).

Depuis Mai 68, le phénomène trotskiste a gagné de l'importance dans la sphère politique française, notamment avec la popularité grandissante de personnalités comme Arlette Laguiller ou Olivier Besancenot. Du point de vue électoral, le trotskisme rassemble entre 4 et 10 % des suffrages lors des pics atteints lors de l'élection présidentielle de 2002[14] et de 2007.

Formations importantesModifier

Depuis la dissolution de la Ligue communiste révolutionnaire au sein du NPA en 2009, Lutte ouvrière est le seul parti politique d'envergure nationale se revendiquant explicitement du trotskisme en France.

Autres formationsModifier

Organisations constituées en tendance dans d'autres partisModifier

Organisations politiques indépendantesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Léon Trotski,
  2. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 304
  3. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 306
  4. Voir sur chs.univ-paris1.fr.
  5. Un trotskiste dans l'enfer nazi, Jean-René Chauvin, édition Syllepse, 2006.
  6. a b c et d Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 311
  7. a b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 315
  8. Fonds d'Archives au Centre d'Histoire Sociale, 9, rue Mahler, Paris
  9. Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 374
  10. a b c d e f et g Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 368
  11. a b et c Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 411 sq
  12. a b c d e f g h i j et k Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 381-409
  13. a et b Christophe Nick, Les Trotskistes, Fayard, 2002, p. 416
  14. « Résultat des élections présidentielles de 2002 », Ministère de l'intérieur
  15. « NPA : élection du Conseil politique national, 45 % d'anciens de la LCR », dépêche AFP sur le site du NPA
  16. « Accueil » sur le site internet de l'asmsfqi
  17. Communiqué du NPA. Votte des militants pour le 1er congrès du NPA, le
  18. « Déclaration officiel du CCI », sur le site du POI
  19. Julie Ducourau, « Congrès du NPA : pas d'avancée, le duel Besancenot-Mélenchon se précise », dépêche AFP, 13 février 2011.
  20. Plateforme du GMI, sur le site de Révolution Socialiste

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier