Ouvrir le menu principal

Comité Vietnam national

groupe français constitué à l'automne 1966 pour protester contre l'intervention américaine au Vietnam
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir CVN.

Le Comité Vietnam national (CVN) est un groupe français constitué à l'automne 1966 pour protester contre l'intervention américaine au Vietnam. Présidé par le mathématicien Laurent Schwartz, qui une dizaine d'années plus tôt avait présidé un autre comité, le comité Maurice-Audin, dans le contexte de la guerre d'Algérie, le CVN rassemblait de nombreuses personnalités ainsi que beaucoup d'étudiants et de lycéens actifs dans les premières réunions de sensibilisation de la jeunesse à la cause vietnamienne.

Membres célèbresModifier

Outre Laurent Schwartz, le CVN comprenait des intellectuels de gauche mais non communistes, comme l'historien Pierre Vidal-Naquet (lui aussi naguère membre du comité Maurice-Audin et militant contre la torture pendant la guerre d'Algérie), Jean-Paul Sartre ou Vladimir Jankélévitch (autre philosophe), le physicien Alfred Kastleretc.

ActionsModifier

Hétérogène, le groupe, qui bénéficiait de l'appui de la revue des Temps Modernes, publiait un journal, Vietnam. Les manifestations organisées par le CVN (dont les Six heures de la Mutualité le , auxquelles participent Schwartz, Sartre et Jankélévitch devant plusieurs milliers de personnes) s'effectuaient souvent avec le soutien du syndicat étudiant de l'UNEF.

Le mercredi 20 mars 1968, vers 18h30, quartier de l'Opéra, à Paris : environ deux-cents militants du CVN, dont le nombre est gonflé par celui du Comité d'action lycéen[1], soit environ 200 personnes, surgissent devant l'American Express dont ils cassent les vitrines à coups de barres de fer et de projectiles, et dont ils bombent la façade de slogans anti-impérialistes[2]. L'action ne dure que quelques minutes et les militants s'éparpillent très rapidement. Six personnes seront tout de même interpellées, sur place ou à leur domicile[3], dont Nicolas Boulte secrétaire du CVN et Xavier Langlade membre du service d'ordre de la Jeunesse communiste révolutionnaire (JCR). Les jours suivants, leur libération sera l'une des revendications des étudiants de la faculté de Nanterre, contribuant à déclencher Mai 68[4].

L'Union des jeunesses communistes marxistes-léninistes (UJCml, maoïste) a de son côté fondé à la même époque et pour le même combat un comité cependant rival, le groupe des Comités Viêtnam de base (CVB).

Notes et référencesModifier

  1. Gérard Grizbec, « Feuilleton : avoir 20 ans en mai 68 - 4/5 », franceinfo,
  2. Le Roman vrai de Mai 68. Patrick Fillioud, Lemieux Éditeur, Paris 2016, p. 85
  3. Le Roman vrai de Mai 68. Patrick Fillioud, Lemieux Éditeur, Paris 2016, p. 347
  4. Michelle Zancarini-Fournel, « Mai 68 : « Le mouvement du 22 mars à Nanterre peut être perçu comme un détonateur » », sur lemonde.fr, (consulté le 22 mars 2018).

AnnexesModifier