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Tannay (Nièvre)

commune française du département de la Nièvre
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Tannay.

Tannay
Tannay (Nièvre)
La collégiale Saint-Léger et le monument aux morts.
Blason de Tannay
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Clamecy
Canton Clamecy
Intercommunalité Communauté de communes Tannay-Brinon-Corbigny
Maire
Mandat
Philippe Nolot
2014-2020
Code postal 58190
Code commune 58286
Démographie
Gentilé Tannaisien, Tannaisienne
Population
municipale
588 hab. (2016 en diminution de 4,23 % par rapport à 2011)
Densité 38 hab./km2
Géographie
Coordonnées 47° 22′ 07″ nord, 3° 35′ 33″ est
Altitude Min. 161 m
Max. 366 m
Superficie 15,36 km2
Localisation

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Tannay

Tannay (Tan nè en nivernais) est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Ses habitants sont appelés les Tannaysiens.

GéographieModifier

Le village est implanté sur un coteau à flanc de colline, dominant la vallée de l'Yonne.

HydrographieModifier

L'Yonne, qui est doublée par le canal du Nivernais, navigable.

Villages, hameaux, lieux-dits, écartsModifier

  • Pignol
  • Tanneau
  • Les Enseignes
  • Belle-vue
  • Tannay Port

Communes limitrophesModifier

ToponymieModifier

Le village est cité dès 1121, sous la forme latinisée Tanneio. Il s'agit d'un toponyme roman, fondé sur le terme tan (d'où tanner) au sens ancien de « chêne » (issu du gaulois tanno- « chêne vert », cf. breton tannen « chêne rouvre ») auquel est accolé le suffixe -ay (ancienne forme de -aie : chênaie, issu du bas latin -etu(m)) et qui désigne un ensemble d'arbres appartenant à la même espèce. La signification est donc celle de « chênaie »[1].

Homonymie étymologique avec Tannay, Tanay, Thenney, Tanis, etc.

HistoireModifier

Le site est occupé depuis la période celtique de Hallstatt.

A l'issue du haut Moyen Age dont subsistent quelques sarcophages (qui étaient encore exposés à côté de la mairie avant les derniers travaux de réfection), la paroisse est créée au IXè siècle et un collège de chanoines y est fondé en 1201. La commune est affranchie en 1352 par une charte octroyée par les seigneurs, et approuvée par Marguerite de France, comtesse de Flandre et de Nevers.

La ville est ravagée en 1356 par les troupes de Charles le Mauvais. Elle est donc fortifiée vers 1410, mais un siècle plus tard les murailles sont déjà délabrées. En 1530, seigneurs et habitants s'engagent à construire des remparts de 2 m d'épaisseur, flanqués d'un fossé de 12 m de large et 4 à 5 m de profondeur. 4 portes à pont-levis et 11 tours défendaient la ville. Mais Richelieu ordonna le démantèlement des places fortes, qui fut terminé à Tannay en 1652. La dernière porte ne fut rasée qu'en 1842, mais le pentagone ceinturant le bourg est toujours bien visible sur le plan : c'est la rue des Fossés, qui fait tout le tour du village !

En 1791, les immeubles du chapitre des Chanoines, déclarés biens nationaux, furent vendus à Limanton de Jaugy, avocat, maire de Tannay !

En 1793, les "chaumes communes" furent partagées entre 1010 ayants-droit.

En 1815, Tannay dut subir l'occupation de nombreuses troupes étrangères.

En 1821, André-Jacques-Jean-Népomucène Debèze, émigré de 1794 à 1803, fut nommé maire de Tannay. Il démissionna en 1830 pour ne pas servir Louis-Philippe !

L'hôtel de ville fut construit de 1832 à 1836, et agrandi en 1869.

En 1854 on établit un champ de foire sur la place de l'église.

Pendant la guerre de 1914-1918, un hôpital auxiliaire fut installé dans l'ancienne "école des soeurs".

L'adduction d'eau est implantée en 1932.

Lors de la 2ème guerre mondiale, Tannay fut un lieu de repos pour les armées allemandes. Pendant ce temps, le "maquis du Loup" s'organisait dans les bois proches, pour mener la lutte armée contre l'occupant !

HéraldiqueModifier

  Blasonnement :
« De gueules chevronné de quatre pièces d'or. »

Politique et administrationModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1995 en cours Philippe Nolot DVD Médecin, conseiller général
1983 1995 Jean Siméon SE Artisan commerçant
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[2]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[3].

En 2016, la commune comptait 588 habitants[Note 1], en diminution de 4,23 % par rapport à 2011 (Nièvre : -4,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1381 1631 2711 2781 3141 3961 3961 4871 479
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 3481 3941 4221 4051 3731 3901 3221 2201 177
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 1601 1501 1131 012926803831876791
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
727746741699667584608612615
2013 2016 - - - - - - -
596588-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2006[5].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

ÉconomieModifier

L'activité est essentiellement agricole, centrée sur l'élevage bovin et le vin. Plusieurs commerces alimentent les villages alentour :

  • une boulangerie ;
  • deux magasins de chaussures ;
  • deux salons de coiffure ;
  • une maison de la presse/librairie/cadeaux/jouets proposant différents services dont un relais colis et un service pressing ;
  • une quincaillerie ;
  • deux bars ;
  • une moyenne surface implantée depuis 2003 à l'entrée du village ;
  • une concession de matériel agricole est implantée à l'entrée du village depuis 2014[6].

Plusieurs services sont également disponibles :

  • une brigade de gendarmerie ;
  • une école maternelle et une école primaire
  • un centre aéré
  • un cabinet d'assurance
  • un local restaurant du cœur
  • une déchèterie
  • un bureau postal ;
  • deux cabinets médicaux
  • regroupement médical incluant deux ou trois généraliste, deux kinésithérapeutes, deux infirmières en domicile ;
  • une pharmacie ;
  • deux cabinets d'assurances ;
  • un établissement bancaire ;
  • un cabinet vétérinaire ;
  • une société d'ambulances.
  • un vestiaire de la Croix-rouge

Enfin, une dizaine d'artisans propose leurs services.

Lieux et monumentsModifier

Religieux
  • L'ancienne collégiale Saint-Léger : classée Monument historique en 1840. Belle et imposante église, nef à trois vaisseaux, transept non saillant et chevet plat.
  • Au XIe siècle, Tannay avait déjà son église, probablement près de la place de la mairie, là où des caves font penser à une crypte. Erigée en paroisse en 1130, elle appartenait au chapitre de Nevers. Les "chapelains" demandèrent à l'évêque de transformer cette paroisse en Collégiale, et de se constituer, avec plusieurs clercs de la ville, en un chapitre de chanoines, auquel ils apporteraient leurs biens. La charte de fondation de la collégiale de Tannay fut signée par l'évêque Gauthier en juillet 1201 (très beau parchemin conservé aux archives départementales). Ce chapitre devait durer jusqu'en 1791...
  • les chanoines firent élever une nouvelle église au cours du XIIIe siècle. Elle fut consacrée et placée sous le patronage de saint Léger, évêque d'Autun au VIIe siècle, le 26 avril 1313. Pendant la guerre de Cent Ans, des bandes de pillards, puis les soldats navarrais de Charles le Mauvais, mirent à sac le bourg et les hameaux. De l'église, il ne restait plus que l'abside et le choeur. Le retour à la paix permit la reconstruction de l'église, telle que nous la voyons aujourd'hui, ou presque : le chevet du XIIIe et les murs attenants furent conservés, la nef fut rebâtie sur un plan plus vaste, mais les travaux s'échelonnèrent pendant tout le XVe siècle et même au-delà.
  • Les fenêtres gothiques de 3 types, de l'arc brisé simple jusqu'aux dentelles de pierre du style flamboyant, en passant par les arcs lancéolés, indiquent, par leur diversité, la longue durée des travaux et les modifications successives du projet. La maçonnerie des murs, les diverses provenances des matériaux employés, montrent bien le manque d'unité dans la conception architecturale. Les fenêtres du clocher sont encore plus disparates : linteau droit, baies en plein cintre, en ogive, en anse de panier ... Détail amusant : on peut découvrir à l'extérieur, côté nord du chevet, juste sous la toiture, une sculpture assez primitive représentant une chouette. Il s'agit de toute évidence d'un réemploi, de plus l'endroit choisi est très bizarre, ce qui confirme le manque d'unité architecturale. Cet oiseau est très souvent représenté sur les églises bourguignonnes. La plus célèbre est celle de Dijon, mais il en existe une très près de Tannay, à Metz-le Comte, cette fois à l'intérieur de l'édifice, remarquable par ailleurs.
  • On remarquera à l'intérieur les piliers sans chapiteaux, s'élançant tels des palmiers vers les croisées d'ogives, ainsi que les nefs latérales de même hauteur que la nef centrale.
  • À l'intérieur :
    • La Cène, 1729, huile sur toile attribuée à René Huet ;
    • Saint Roch, 1522, statue en pierre polychrome sur un socle en pierre   Classé MH (1933)[2]
    • bas-relief représentant la légende de saint Hubert, fin XVI.
  • Chapelle Saint-Charles, fin XIXe siècle.
  • L'église est ouverte tous les jours[7] ;
Civils
  • Le village garde un certain nombre de maisons des XVe siècle et XVIe siècle, dont une ayant appartenu à Théodore de Bèze. A noter au 14 rue d'Enfer, sur le mur gouttereau, une maxime pleine de sens gravée dans dans une pierre calcaire moulurée : "Quoy que tu face pense a ce que tu faics et regarde la fin" 1568.
  • Le château de Pignol : témoignage de l'architecture privée de la première moitié du XVIIe siècle.
  • Une partie des remparts (XVe et XVIe siècles) est encore visible ;
  • La coopérative vinicole occupe un chai du XVIe siècle ;
  • L'hôtel de ville a été construit en 1869.
  • La maison des Chanoines : située rue de Bèze. La très belle cheminée Renaissance, à l'étage, classée à l'ISMH, montre que les occupants n'étaient pas de quelconques bourgeois. Le linteau du manteau est sculpté d'un rinceau encadrant un écu dont les armoiries ont été martelées à la Révolution. Elles auraient pu sinon nous donner une indication précieuse sur l'origine du bâtiment. Peut-être propriété du chapitre, cet immeuble aurait été déclaré bien national, et acheté par un commerçant ou un artisan. Les propriétaires successifs l'aménagèrent chacun à sa façon, détruisant ce qui en faisait l'originalité et la valeur architecturale ou historique : fenêtre à meneaux, cheminée monumentale du rez-de chaussée, ... Le dernier occupant, un ferronnier, mourut en 1958. La maison fut mise en vente. Un groupe de sept amis eut l'idée de l'acheter, et de fonder à cette fin une association, nommée "Collège des Chanoines de Tannay", qui finança l'achat, puis les importants travaux de restauration. Parmi les nouveaux chanoines, on trouvait Emile Berthelot, architecte, et Marcel Couturaud, docteur en médecine, maire de Tannay de 1959 à 1971. Les "chanoines" du XXe siècle ont eu pour but de ressusciter à Tannay une activité économique, culturelle, et folklorique. En particulier ils fêtaient saint Vincent, patron des vignerons, et ont fait le serment de promouvoir le vin blanc de Tannay, qui, pendant des siècles, fit la richesse de la ville, jusqu'à la catastrophe du phylloxera. Et si l'escalier en hélice tourne à gauche (chose rare) pour monter à la salle du Chapitre, il tourne à droite pour descendre à la cave où chaque chanoine rangeait ses meilleures bouteilles dans un casier cadenassé !

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Personnalités liées à la communeModifier

JumelagesModifier

  Norheim (Allemagne) depuis 1968, voir Norheim (de).

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieu en France, Paris, Librairie Guénégaud, (ISBN 2-85023-076-6), p. 669a
  2. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  3. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  6. Implantation concession Consulté le 22/04/2014.
  7. Dépliant touristique du diocèse de Nevers, Visitez les églises de la Nièvre, Pastorale Tourisme et Loisirs, 2013.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier