Syndicalisme révolutionnaire

le syndicalisme révolutionnaire propose une stratégie de rupture avec le capitalisme basée sur l'auto-organisation des travailleurs et l'autonomie ouvrière, couplée à l'action directe et à la grève générale expropriatrice

L'expression syndicalisme révolutionnaire désigne une pratique syndicale conçue en France dans les syndicats de la CGT entre 1895 et 1914 et, alimenté par son application dans les syndicats d'autres pays industrialisés (États-Unis, Italie, Espagne ...) jusqu'à nos jours.

Syndicalisme révolutionnaire
Image dans Infobox.
Sceau classique du Syndicalisme révolutionnaire, une poignée de main au dessus du globe terrestre. Ici le sceau du NAS néerlandais.
Histoire
Origine
Mouvement autonome des travailleurs syndiqués et des Bourses du travail
Successeur
Cadre
Type
Syndicat, Tendance syndicale, Pratique syndicale
Objectif
Établissement du socialisme
Méthode
Organisation
Personnes clés
Publication
Ouvrier levant le poing

Le syndicalisme révolutionnaire propose une stratégie révolutionnaire pour établir le socialisme, avec une confrontation contre le capitalisme par l'auto-organisation des travailleurs et l'autonomie ouvrière, couplée à l'action directe et à la grève générale expropriatrice.

La syndicalisme révolutionnaire est aussi appelé syndicalisme d’action directe, notamment par Jacques Julliard[1],[2].

La doctrine du syndicalisme révolutionnaire est plurielle car elle intègre à la fois les influences du marxisme (dans une version révisionniste de gauche[3]) et de l'anarchisme (dans sa version proudhonienne[4]), et n'as pas eu de stricte structuration internationale.

Les contributeurs théoriques sont, en France, Fernand Pelloutier, le précurseur[5], Hubert Lagardelle, Georges Sorel, Édouard Berth, Émile Pouget, Pierre Monatte, en Italie, Arturo Labriola et Enrico Leone, et aux Pays-Bas Christiaan Cornelissen.

Ce courant se distingue et s'oppose aussi bien au syndicalisme réformiste qu'aux Parti politique, par son adhésion au vieux principe : « L'émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ».

Le syndicalisme révolutionnaire as représenté un état d'esprit dominant de la CGT française entre 1895 et 1920. En fédérant différentes sensibilités qui défendaient l'autonomie ouvrière contre les arrière-pensées politiques des socialistes guesdistes, il est reconnu comme un courant majoritaire lors du congrès de Bourges en 1904, puis lors du congrès d'Amiens en 1906 où fut voté un ordre du jour célèbre que l'on appela plus tard la Charte d'Amiens.

Après la Révolution russe, de nombreux syndicalistes révolutionnaires adhèrent à l'Internationale Syndicale Rouge qui serviras de concentration des expériences syndicaliste révolutionnaire dans le monde et renouvelleras la doctrine à l’orée de la monté du fascisme. La Révolution russe auras un attrait particulier pour de nombreux syndicaliste révolutionnaire, et sera un repoussoir pour d'autres, et de nombreux syndicaliste révolutionnaire se convertirons au communisme ou fonderons l'anarcho-syndicalisme.

Ce type de syndicalisme est encore présent dans différents pays du monde, par exemple en France à travers des éléments minoritaires au sein de la CGT et de SUD/Solidaire, ou par la CNT et les Comités syndicalistes révolutionnaires.

Tactique et pratiqueModifier

La pratique syndicaliste révolutionnaire née dans les Bourses du travail, elle s'organise à travers des outils d'autonomie prolétarienne comme l'éducation populaire et professionnelle, la sociabilité et la culture ouvrière[6]

La stratégie syndicaliste révolutionnaire connait plusieurs développement:

La base françaiseModifier

Dans la CGT, le syndicalisme révolutionnaire se théorise autours de notions particulières: l'indépendance par rapport au capital et à l'état, l'action directe et la préparation au socialisme. De ces notions découlent plusieurs tactiques qui furent mise en pratique avec la construction de la CGT:

- L'autonomie et l'Action directe[7]:Modifier

L'action directe désigne le fait de ne pas passer par un représentant. Tourné directement contre les partis politiques parlementaire, l'action directe c'est le refus de la délégation de pouvoir à des partis politiques ou à l'état[8]. L'action directe est donc directement corrélée à l'indépendance du syndicat. Le syndicat ne doit pas avoir d'attache avec l'état, avec les partis politique et ne doit pas se référer à une idéologie politique[9],[10], et ce afin d'être libre des jeux institutionnels, de ne pas subir de tutelle d'appareil et de pouvoir accueillir tout les travailleurs quelque soit leur opinion[11].

- Les Syndicat d'industrie:Modifier

Le syndicalisme d'industrie (industrial unionism en anglais) est une forme de structuration syndicale, ou tout les travailleurs sont regroupés dans un syndicat à l'échelle de l'industrie (de la branche professionnel). Elle s'oppose à des conceptions plus corporatives. Celle du syndicat de métier (craft unionism) qui était la norme au début du XXème siècle et l'est toujours dans certains pays. Elle s'oppose aussi au syndicat d'entreprise (company union), fortement associé au syndicalisme jaune à l’époque, qui voit les travailleurs séparés selon leur capitaliste respectif. Ces deux conception divisent les travailleurs, ce qui favorise le camp capitaliste et renferme des travailleurs sur eux-même.

Au contraire, le syndicalisme d'industrie regroupe tout les travailleurs d'une même branche professionnelle. Les syndiquée sont donc coordonnée à l'échelle du territoire par les syndicat locaux d'industrie, et à l’échelle nationale par les fédération d'industrie. Ils sont alors en capacité de connaitre, de coordonnée toutes les entreprises du territoire, et collectivement sont à même de contrôler la production.

- Les Bourse du travail:Modifier

Les Bourses du travail sont tout d'abords des bâtiment alloué aux syndicat par les municipalité républicaine pour servir de bureau de recrutement. Cependant, elles deviennent vite le creuset d'une formidable vie collective. En plus de gérer les embauches elles gèrent aussi les diverses caisses de secours ouvrières (chômage, maladie, viaticum ...), y sont domiciliés dans ces bâtiment des associations culturel ouvrière (club natures, de langue, de sport ...), servent à l'éducation populaire et professionnelle, sont le siège de coopérative socialistes ou encore de lieux de spectacle[12],[13],[14].

- La Grève générale expropriatrice[7]:Modifier

La grève générale est l'arrêt du travail par une majorité des travailleurs d'un territoire. Son but est la transition entre le capitalisme et le socialisme, car une fois assuré de sa force, le prolétariat est censé reprendre en main la production. La grève générale est quelque peu mythifié par les syndicalistes révolutionnaires, mais au début du XXème siècle aucune n'as encore eu lieux. Le terme de grève général, utilisé au début du siècle à perdus de sa valeur, et il est maintenant plus précis de parler de grève générale expropriatrice. La grève générale n'est pas théorisé comme spontanée, mais comme l'aboutissement d'une démarche de renforcement du prolétariat et doit être préparé.

Les ajouts de l'ISR [15]Modifier

Après la révolution russe, les SR rejoignent l’Internationale Syndicale Rouge. Cela leurs permet de mettre en commun les expérience dans les différents pays, mais aussi les nouvelles expériences avec la montée de partis communistes et du fascisme.s

- Front unique ouvrier:Modifier

Avant même la 1èr guerre mondiale, certain pays connaissent une division syndicale (par exemple en Espagne CNT et UGT), et les tensions dans les partis ouvrier pendant et après la 1ère guerre mondiale voient la scission ou le création de nouveaux organes ouvrier. Le front unique est alors le travail en commun de toutes les organisation de classe pour obtenir une situation révolutionnaire. Une traduction directe du front unique est la volonté d'unification ou de réunification des syndicat et des travailleurs, quelque soit leur école politique[16],[17].

Le front commun L'alliance ouvrière / Unidos Hermanos Proletarios (UHP) as mené la révolution Asturienne[18] en 1934.

- Antifascisme:Modifier

L'arrivé du fascisme pose de nouveaux problèmes. En plus de la répression légale, ce mouvement autonome s'affronte fortement avec les organisation ouvrières. Les travailleurs Italiens sont les premiers à en faire les frais, mais permettrons d'avoir un premier recule sur la matière avec les actions unitaires des Arditi del Popolo, minés par une division politique. Le fascisme est analysé comme une contre-révolution, le prolétariat italien ayant perdu le Biennio Rosso, il permet la création d'un nouveau mouvement par des classes moyennes autonomes[19].

Un antifascisme violent et autonome de l'état est assumé afin de se protéger et de combattre le fascisme[20]. Le fascisme est analysé plus en profondeur avec les études de Daniel Guérin entre 1933 et 1936[21]. Daniel Guérin analyse l'origine du fascisme, de ses troupes et la mystique qui les anime; sa tactique offensive face à celle, trop légaliste, du mouvement ouvrier; le rôle des plébéiens qui le rejoignent; son action anti-ouvrière et sa politique économique (une économie de guerre en temps de paix). Le mouvement ouvrier est pris de cours par le fascisme, et la seule issue pour sa sauvegarde est de gagner le pouvoir plus vite que les fascistes. Guérin montre aussi l'adaptation du fascisme en fonction de sa proximité du pouvoir, partant d'un groupe très radical aux prétentions anticapitalistes, pour se transformer en une force d'opposition parlementaire ne remettant plus en cause que les mauvais capitalistes et enfin un partis unique coopérant avec les capitalistes nationaux[22].

- La tendance syndicale:Modifier

Alors que les confédérations syndicales d'avant guerre étaient en majorité syndicaliste révolutionnaire, et que de nombreuses action pacifiste et anti-militariste étaient organisé par les tenants sur syndicalisme révolutionnaire, elle ne s'y sont pas opposé en action. Dans la CGT cela est due à la non organisation des Syndicalistes Révolutionnaires, ne se coordonnant qu'à travers leurs publications. Après guerre, les syndicalistes révolutionnaires, d’abord avec l'initiative de Marie Guillot, se regroupent en Comités Syndicalistes Révolutionnaires (CSR)[23], afin de se regrouper et de faire vivre une tendance dans les syndicats, et d'arracher la direction de la confédération à des réformistes qui ont cautionner la guerre. Quelques années plus tard, des CSR sont créer en Espagne sur le même modèle, afin de combattre l'influence Anarcho-syndicaliste grandissante de la FAI dans la CNT.

La tendance Syndicaliste révolutionnaire as comme but de développer les tactiques du syndicalistes révolutionnaire, en regroupant les syndiqué qui s'en revendique, ce qui permet d'analyser la situation et de réactualiser les tactiques employés et de former ses membres avec la collectivisation des expériences.[24]

- La coordination internationale:Modifier

La structuration internationale des syndicaliste révolutionnaire as été tenté quelques fois, cependant elle n'as jamais eu lieux. L'ISR as permis cette structuration et la réflexion alimenté par des expérience dans divers pays permet une amélioration. De plus, la situation du prolétariat d'un pays est très dépendante de celle du reste de la planète.

HistoriqueModifier

Pour une évocation des prémices en Europe dès 1880, lire Naissance du syndicalisme en Europe.

Il a organisé dans un premier temps les ouvriers qualifiés issus des métiers de l'artisanat et de la petite mécanique, mais aussi, et dès le début, les manœuvres polyvalents du bâtiment et de l'usine, les terrassiers et, en Italie, les ouvriers agricoles, puis les mineurs. À partir de 1910 environ, le syndicalisme révolutionnaire épouse la restructuration industrielle en cours en se transformant en syndicalisme d'industrie, c'est-à-dire en organisant les ouvriers non plus par métier, mais par usine et même, parfois, par branche. Les ouvriers spécialisés, notamment dans la mécanique et l'industrie lourde, devinrent alors le fer de lance de ce syndicalisme de combat. Cette évolution, moins nette en France, fut très marquée en Italie, aux États-Unis et, dans les années 1920, en Argentine.

La doctrine du syndicalisme révolutionnaire fut toujours très plurielle car elle intégrait à la fois les influences du marxisme (dans une version révisionniste de gauche[25]) et de l'anarchisme (dans sa version proudhonienne[26]). Les contributeurs théoriques sont, en France, Fernand Pelloutier, le précurseur[27], Hubert Lagardelle, Georges Sorel, Édouard Berth, Émile Pouget, Pierre Monatte, en Italie, Arturo Labriola et Enrico Leone, et aux Pays-Bas Christiaan Cornelissen.

Appelé aussi syndicalisme d’action directe (notamment par Jacques Julliard), ce courant se distinguait et s'opposait aussi bien au syndicalisme réformiste qu'aux partis politiques, par son adhésion au vieux principe : « L'émancipation des travailleurs doit être l’œuvre des travailleurs eux-mêmes » (extrait des statuts de l'Association internationale des travailleurs, rédigés en 1864 par Karl Marx). Après la Révolution russe, de nombreux syndicalistes révolutionnaires adhèrent à l'Internationale Syndicale Rouge. Ils supportent mal cependant le centralisme autoritaire de l'ISR. En 1923 à Berlin, la grande majorité de ces organisations se détachent et s'organisent au niveau international en fondant une nouvelle Association internationale des travailleurs.

La montée du communisme en France, du fascisme en Italie, du franquisme en Espagne, du populisme en Argentine et de puissants syndicats intégrés aux États-Unis aura raison de ce courant.

Ce type de syndicalisme est encore présent dans différents pays du monde, par exemple en France à travers des éléments très minoritaires au sein de la CGT et de SUD/Solidaire, ou par la CNT et les Comités syndicalistes révolutionnaires.

La CGT syndicaliste révolutionnaire à la Belle ÉpoqueModifier

Le syndicalisme révolutionnaire a représenté un état d'esprit dominant parmi les dirigeants de la CGT française entre 1895 et 1914. En fédérant différentes sensibilités qui défendaient l'autonomie ouvrière contre les arrière-pensées politiques des socialistes guesdistes et des anarchistes, il est reconnu comme un courant majoritaire lors du congrès de Bourges en 1904, puis lors du congrès d'Amiens en 1906 où fut voté un ordre du jour célèbre que l'on appela plus tard la Charte d'Amiens.

La CGT était née en 1895 pour inciter les travailleurs à s'émanciper selon les modalités définies par la Première Internationale (AIT). Dans un premier temps, ces modalités prennent la forme du projet de grève générale insurrectionnelle, dans le but d'abolir le salariat et de renverser la société bourgeoise.

Cependant, cette politique change en 1902, car la grève générale n'arrive pas, les différentes fédérations ne se mettant pas d'accord entre elle, mais une série d’événements pousse certaines fédérations à plus de combativité que d'autres. Ces fédérations de la CGT produisent alors de nombreuses grèves partielles qui éclatent dans toute la France. Désormais, et c'est la particularité du syndicalisme révolutionnaire, le syndicat se doit d'être à la fois l'organe de l'amélioration du quotidien du travailleur et l'organe qui accouchera de la société future à travers la révolution, société égalitaire et fraternelle. En 1906, la Charte d'Amiens confirme le rejet de toute affiliation politique et proclame l'indépendance irréductible de la confédération par rapport aux partis socialiste et groupes anarchistes. C'est une autre particularité du syndicalisme révolutionnaire : le syndicat n'est pas envisagé comme un relais d'un parti politique, contrairement aux syndicalismes anglais et allemand.

En France, le syndicalisme révolutionnaire entre en crise en 1908-09, avec la grève de Draveil-Villeneuve-Saint-Georges, violemment réprimée par Clemenceau. Plusieurs grévistes sont tués, à bout portant, par l'armée. Clemenceau fait arrêter les principaux cadres de la CGT, absents lors du Congrès de Marseille d'octobre 1908. Avec l'adhésion de l'importante Fédération des métallurgistes, plus modérée et pragmatique, les syndicalistes révolutionnaires perdent du terrain.

L'indépendance de la CGT par rapport aux autres organisations politiques est mise à rude épreuve : d'un côté la SFIO cherche des électeurs pour arriver au pouvoir et a une assise importante dans de nombreuses fédérations, de l'autre les anarchistes veulent faire triompher une ligne radicale et anti-autoritaire.

Lorsque la Première Guerre mondiale, la CGT finit par se rallier à l'« Union sacrée », abandonnant la pratique des grève générale insurrectionnelle auparavant prônée par Gustave Hervé dans La Guerre sociale afin de mettre en échec les stratégies « bourgeoises » et « nationalistes », mettant un coup d'arrêt définitif à la main mise des syndicalistes révolutionnaires de la direction de la CGT.

La CGT avec Jouhaux ne s'oppose pas à la mobilisation le . Sans protestation ni grève l'appareil syndical s'est rallié à l'Union sacrée ; ses militants les plus en vue sont exemptés du Front (voir les livres de Rosmer et Julliard). C'est à partir de 1915, année de Zimmerwald, qu'une poignée de militants de La Vie ouvrière, avec Pierre Monatte, tenus en marge et jusque-là privés de moyens d'expression, commencent à se faire entendre. Jamais durant toute la guerre la direction de la CGT ne relèvera le drapeau de l'antimilitarisme qu'elle tenait pourtant déployé avant. De leur côté, les syndicats allemands contrôlés par le SPD, ne mobilisent pas, « trahissant » comme la CGT la solidarité internationale entre travailleurs.

Après la Première Guerre mondialeModifier

Au retour de la guerre, le courant syndicaliste-révolutionnaire se réorganise et crée les Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR), dirigés au départ par Monatte. Le courant ne redevient pas majoritaire et nombre de syndicalistes révolutionnaires se rapprochent des idées de Lénine. La direction de la CGT prenant peur de perdre son pouvoir face à la montée du bolchevisme et ne voulant pas perdre ses relations cordiales avec le gouvernement français qui avait accepté quelques propositions émanant de la CGT, tandis que les syndicalistes révolutionnaires de plus en plus influencés par la Révolution bolchevique espèrent écarter les réformistes. La scission éclate en 1921 avec la création de la Confédération générale du travail unitaire (CGTU) qui prétend représenter l'unité du mouvement ouvrier et rejeter la faute de la scission sur la CGT. C'est à cette occasion qu'est créé le terme d'« anarcho-syndicalisme » par Alexandre Lozovski, précisément pour discréditer la minorité de la CGTU hostile à l'adhésion à l'Internationale syndicale rouge (ISR). Ces minoritaires finiront par créer la CGT-SR (Confédération générale du travail - syndicaliste révolutionnaire).

Le courant syndicaliste-révolutionnaire maintiendra très longtemps son influence dans le mouvement syndical. À tel point qu'aujourd'hui encore quasiment tous les syndicats font référence au congrès de la CGT de 1906 et sa fameuse Charte d'Amiens qui affirme l'indépendance du syndicat et la volonté de transformer la société.

Le courant syndicaliste révolutionnaire perdra de son influence au profit du Parti communiste auquel se rallie la majorité d'entre eux.

CommentairesModifier

  • Pour le philosophe et journaliste Félicien Challaye en 1907 : « Le Syndicalisme révolutionnaire se présente comme une philosophie de l'action. Ouvriers, les syndicalistes ont bien analysé les caractères de l'action ouvrière ; ils ont su découvrir quelle immense influence les travailleurs peuvent, dès aujourd'hui, exercer sur la société, par leur action directe, syndicale et coopérative. Mais, ignorant la complexité des rapports sociaux et des intérêts nationaux, ils se sont à tort représenté comme possible cette grève générale expropriatrice qui doit leur ouvrir les portes de la société parfaite ; ils ont méconnu le rôle nécessaire de l'État, l'utilité relative de l'action politique ; ils ont cru à tort pouvoir réaliser la paix universelle par la propagande anti-patriotique et antimilitariste »[28].

BibliographieModifier

Les autres organisations du début du XXe siècleModifier

Les organisations en France contenant des tendances syndicalistes révolutionnaires au XXIe siècleModifier

  • CGT : animé principalement autour de la tendance Comités syndicalistes révolutionnaires et la survivance dans diverses sections.
  • SUD : en tant que tendances minoritaires de ce syndicat.
  • FO : après le ralliement de certains SR au moment de la création du syndicat en 1947.
  • CNT : qui se réclame du syndicalisme révolutionnaire.

Notes et référencesModifier

  1. Jacques Julliard, Autonomie ouvrière : études sur le syndicalisme d'action directe, Gallimard, (ISBN 2-02-010105-X et 978-2-02-010105-9, OCLC 19621741, lire en ligne)
  2. Jacques Julliard, Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Editions du Seuil, (ISBN 978-2-02-130575-3 et 2-02-130575-9, OCLC 990821468, lire en ligne)
  3. Voir pour exemple les Lettres de Georges Sorel à Eduard Bernstein (1898-1902) «Lettres de Georges Sorel à Eduard Bernstein (1898-1902)».
  4. Les militants parisiens de la Ire internationale et le "proudhonisme" dans les années 1860 dans Les Socialismes français à l'épreuve du pouvoir (1830-1947). Pour une critique mélancolique de la gauche, Alain Maillard et Philippe Corcuff, Paris, Les éditions Textuel, collection "La Discorde", 2006. [1].
  5. Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Jacques Julliard, 1971. [2].
  6. Maxime Leroy, La Coutume ouvrière, Éditions CNT-RP, Paris, 2007, 934 pages
  7. a et b Émile Pouget, La Confédération générale du travail, (lire en ligne)
  8. Pierre Besnard, Les Syndicats Ouvriers et la Révolution sociale, Paris, (lire en ligne), « L'action directe »
  9. « Texte de la "Charte d'Amiens" », L'Actualité de l'histoire, no 16,‎ , p. 1 (ISSN 0398-8120, DOI 10.2307/3776933, lire en ligne, consulté le )
  10. Émile Pouget, Le Parti du Travail, Librairie du travail, (lire en ligne), Chapitre "Résumé historique"
  11. Mikhaïl BAKOUNINE et Mihaïl ELEKSANDROVIC, La politique de l'Internationale, (lire en ligne), p. 3-5
  12. Ken Loach, Paul Laverty;Jimmy's Hall; Sixteen Films, Element Pictures, Why Not Productions, Wild Bunch; 2014
  13. Fernand Pelloutier, Histoire des bourses du travail, Alfred Costes, , 344 p. (lire en ligne [PDF]), p. 141-232
  14. Sandrine Zaslawsky, Retour aux sources : Article La maison du peuple de la chaux-de-fonds, AEHMO, , 111 p. (ISBN 978-2-8290-0580-0 et 2-8290-0580-5, OCLC 1042955768)
  15. « Brochure et rapport de congrès de l'ISR »   [PDF], sur RaDAR | Rassembler, diffuser les archives de révolutionnaires (consulté le )
  16. « Manifeste des 22 »  , sur marxists.org,
  17. Guillaume Goutte, Vive la syndicale! : pour un front unique des exploités, Edition nada, dl 2018, 77 p. (ISBN 979-10-92457-28-5, OCLC 1061147538), p. 32-38
  18. Manuel Grossi, L'insurrection des Asturies : Quinze jours de révolution socialiste, Paris, Etudes et documentation Internationales, , 239 p. (présentation en ligne)
  19. Luiggi Fabbri (trad. de l'italien), La Contre-révolution Préventive [« La controrivoluzione preventiva »], Éditions du Monde libertaire, , 23 p. (lire en ligne)
  20. « Un manifeste pour la défense du syndicalisme lutte de classes »  , sur ArchiveAutonomies, La Révolution Prolétarienne, , p. 18
  21. Daniel Guérin, La peste brune, Spartacus, (ISBN 979-10-94106-31-0, OCLC 1097563560)
  22. Daniel Gérin, Fascisme et grand capital, Libertalia, , 608 p. (ISBN 978-2-918059-52-3 et 2-918059-52-8, OCLC 902784989), aller chercher les pages
  23. Colette Chambelland, Pierre Monatte : une autre voix syndicaliste, Les Éditions de l'Atelier, , 191 p. (ISBN 2-7082-3460-9 et 978-2-7082-3460-4, OCLC 301636711), p. 121
  24. « La tendance syndicale »  , sur Comités syndicalistes révolutionnaires (consulté le )
  25. Voir pour exemple les Lettres de Georges Sorel à Eduard Bernstein (1898-1902) «Lettres de Georges Sorel à Eduard Bernstein (1898-1902)».
  26. Les militants parisiens de la Ire internationale et le "proudhonisme" dans les années 1860 dans Les Socialismes français à l'épreuve du pouvoir (1830-1947). Pour une critique mélancolique de la gauche, Alain Maillard et Philippe Corcuff, Paris, Les éditions Textuel, collection "La Discorde", 2006. [3].
  27. Fernand Pelloutier et les origines du syndicalisme d'action directe, Jacques Julliard, 1971. [4].
  28. Félicien Challaye, Le Syndicalisme révolutionnaire, Revue de Métaphysique et de Morale, Supplément à la Revue de Métaphysique, n°6, novembre 1907, lire en ligne

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Sources et bibliographieModifier

  • Henri Arvon, L'Anarchisme, Presses universitaires de France, Collection « Que sais-je ?, 1951.
  • Jean Maitron, Le syndicalisme révolutionnaire : Paul Delesalle, Les Éditions ouvrières, 1952, 170 pages.
  • Christian Chevandier, « Le syndicalisme révolutionnaire, une indéniable pensée de midi », in Les Rencontres méditerranéennes Albert Camus, Albert Camus et la pensée de midi, Avignon, Editions A. Barthélemy, 2016, p. 153-171.
  • Pierre Monatte, Syndicalisme révolutionnaire et communisme, F. Maspero, 1968, 463 pages.
  • J. A. De Seixas, Mémoire et oubli : Anarchisme et syndicalisme révolutionnaire au Brésil : mythe et histoire, Maison des sciences de l'homme, 1992, lire en ligne.
  • Irène Pereira, « L'esprit pragmatiste du syndicalisme révolutionnaire », Dissidences, Université de Bourgogne, no 5,‎ (lire en ligne).
  • Marco Gervasoni, L'invention du syndicalisme révolutionnaire en France (1903-1907), Mil neuf cent, Revue d'histoire intellectuelle 1/2006, lire en ligne.

Liens externesModifier