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Comités syndicalistes révolutionnaires

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Les Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR) sont une structure syndicale créée en 1919 au sein de la Confédération générale du travail (CGT).

Sommaire

HistoireModifier

FondationModifier

Ce sont des militants du courant syndicaliste révolutionnaire d'avant-guerre, opposés à la collaboration de la CGT avec le gouvernement pendant la Première Guerre mondiale dans le cadre de « l'Union sacrée », comme Pierre Monatte, qui créent les Comités syndicalistes révolutionnaires (CSR). De façon informelle tout d'abord, au printemps 1919, s'appuyant sur La Vie ouvrière qui reparaît à la veille du Premier mai[1], et autour d'une librairie, La Librairie du Travail, installée Quai de Jemmapes à Paris[2], animée par un ancien comptable anarchisant, Marcel Hasfeld, se regroupe un noyau de militants qui va essaimer et s'organiser en vue du Congrès de la CGT qui se tient à Lyon en septembre 1919. Ils sont notamment relayés, dans le syndicalisme enseignant par l'institutrice Marie Guillot[3] , qui dans l'organe L'École émancipée lance en décembre l'appel à l'organisation des CSR.

Ils déclarent représenter 300 000 syndiqués. Les ouvriers syndicaliste-révolutionnaires revenus des tranchées et radicalisés par la guerre, mais aussi par l'exemple de la Révolution russe se re-syndiquent massivement dans la CGT.

Pierre Monatte en devient secrétaire général en 1921.

Influences dans la CGTModifier

Les syndicalistes-révolutionnaires pensent redevenir rapidement majoritaires dans la CGT mais les oppositions entre la direction réformiste de la CGT emmenée par Léon Jouhaux, les communistes et les syndicalistes-révolutionnaires provoquent la scission de la CGT en 1921 et le départ de nombreux syndicalistes-révolutionnaires vers la CGTU ou l'autonomie.

Le courant syndicaliste-révolutionnaire perdra aussi de son influence au profit du Parti communiste qui est pourtant créé avec le concours de syndicalistes-révolutionnaires. Mais grâce au mythe de la Révolution russe, à la solidarité internationale entre les organisations communistes et au financement par l'Union soviétique, les dirigeants « communistes » finiront par s'imposer à la tête du syndicalisme CGTiste.

Pierre Monatte et d'autres militants syndicalistes-révolutionnaires seront exclus du PCF dès 1924. Ils créeront la Ligue syndicaliste pour regrouper à nouveau les SR et publieront une revue qui prend la suite de la Vie ouvrière, la La Révolution prolétarienne.

1926 a vu la scission de la part anarchisante de la CGT-U et la création de la CGT-SR par ces syndiqués qui refusaient la mainmise communiste sur le syndicat.

L'influence du syndicalisme-révolutionnaire participera à la réunification syndicale de la CGT qui aboutira en 1936 notamment grâce à l'initiative de la Ligue syndicaliste qui lance le Comité des 22 regroupant dès 1930 des militants connus de la CGT, laCGT-U et des syndicats autonomes.

Par rejet de l'influence excessive des partis sur le mouvement syndical mais aussi de la bureaucratie syndicale, de nombreux militants syndicalistes reviennent régulièrement à la pratique syndicaliste-révolutionnaire comme ceux qui quitteront le PCF dans les années 1930 par refus du Front populaire et de l'alliance avec des bourgeois de gauche (SFIO).

Ces militants fonderont les Cercles syndicalistes lutte de classe en 1937.

Aujourd'huiModifier

Le Courant syndicaliste révolutionnaire maintiendra très longtemps son influence dans le mouvement syndical. À tel point qu'aujourd'hui encore les syndicats issus de la confédération ouvrière font pour la plupart d'entre eux référence au congrès de la CGT de 1906 et sa fameuse Charte d'Amiens qui affirme l'indépendance du syndicat et la volonté de transformer la société, même si cette référence est souvent perçue comme historique.

Au lendemain des grèves de 1995[4], un courant syndical reprend l'appellation en se réclamant de ses fondateurs et des nombreuses expériences de syndicalisme révolutionnaire dans le monde.

Ces militants de la CGT, de SUD et de la CNT-Vignoles recréent les Comités syndicalistes révolutionnaires et publient une revue, Syndicaliste !.

BibliographieModifier

  • Edward Sarboni, Le syndicalisme de La Révolution prolétarienne entre 1925 et 1939. Contribution à l'histoire du mouvement ouvrier français, Acratie, 2016 (ISBN 978-2-909899-53-4).
  • Sophie Béroud, Jean-Michel Denis, Guillaume Desage, Baptiste Giraud, Jérôme Pélisse, La lutte continue ? Les conflits du travail dans la France contemporaine, éditions du Croquant, 2008 (ISBN 978-2-914968-49-2).
  • Pierre Cours-Salies, René Mouriaux (direction), L'unité syndicale en France. 1895-1995 Impasses et chemins, éditions Syllepse, 1996, (ISBN 978-2-907993-39-5).
  • Slava Liszek, Marie Guillot, de l'émancipation des femmes à celle du syndicalisme, L'Harmattan, 1994 (ISBN 2-7384-2947-5).
  • Louis Mercier-Vega, Victor Griffuelhes, Anarcho-syndicalisme et syndicalisme-révolutionnaire, Spartacus-René Lefeuvre, Paris, 1978.
  • Marie-Christine Bardouillet, La librairie du travail, Centre d'histoire du syndicalisme-éditions Maspero, 1977 (introduction de Jean Prugnot, réflexion de Marcel Hasfeld).
  • Pierre Monatte, La lutte syndicale (présentation de Colette Chambelland), collection « Bibliothèque socialiste », éditions Maspero, 1976.
  • Daniel Guérin, Front populaire, révolution manquée, éditions Maspero, 1970 ; reéddition « Babel », Actes Sud, 1997, (ISBN 2-7427-1270-4)
  • Les archives de Pierre Monatte, (présentées par Jean Maitron et Colette Chambelland, préface d'Ernest Labrousse), Syndicalisme révolutionnaire et communisme, collection « Bibliothèque socialiste », éditions Maspero, 1968.

Notes et référencesModifier

  1. Colette Chambelland, Pierre Monatte une autre voix syndicaliste, « La part des hommes », Éditions de l'Atelier, Paris, 1999, pages 119 et suiv.
  2. Marie-Christine Bardouillet, La Librairie du Travail, pp. 50-54, « Marcel Hasfeld ».
  3. Slava Liszek, Marie Guillot, de l'émancipation des femmes à celle du syndicalisme, p.169.
  4. Novembre-décembre 1995 histoire d'un mouvement, revue Futurs, communiste autrement, hors série, mars 1996, 98 p.

Lien externeModifier