Synapsida

Groupe de tétrapodes incluant les mammifères et leurs parents éteints

Synapsides

Les synapsides (Synapsida) forment un groupe de tétrapodes qui inclut les mammifères et tous les représentants plus proches de ces derniers que des autres membres du clade des amniotes[3], comme le groupe frère des sauropsides (« reptiles » et oiseaux), avec lequel ils partagent un ancêtre commun.

Ils sont apparus au Carbonifère supérieur, il y a environ 312 millions d'années et sont représentés par plusieurs groupes fossiles, qui sont d'ailleurs souvent surnommés « reptiles mammaliens »[4],[5], mais ils sont plus correctement référencés par le terme « synapsides non-mammaliens » ou « proto-mammifères »[6] car n'appartenant pas à la classe des sauropsides. Ils sont caractérisés par le fait que leur crâne possède une seule fosse temporale, bordée par l’os jugal, l’os postorbitaire, l’os squamosal, ainsi que l’os quadratojugal pour les plus anciens. Ces mêmes caractéristiques se retrouvent toujours dans le crâne des mammifères (dont fait partie l’être humain).

ÉtymologieModifier

Le nom du taxon signifie littéralement avec liaison (du grec sun « avec » et apsis « arche »).

SystématiqueModifier

 
Crâne de synapside avec une fosse temporale au-dessous de l'arcade squamoso-postorbitaire.
j : os jugal ; *p : pariétal ; *po : postorbitaire ;
*q : carré ; *qj : quadratojugal ; *sq : squamosal

Systématique traditionnelleModifier

Les synapsides ont tout d'abord été considérés comme une des quatre divisions des reptiles, celle conduisant à la lignée des mammifères. C'est la raison pour laquelle ils ont été surnommés « reptiles mammaliens ». Cette classification excluait les mammifères.

Systématique phylogénétiqueModifier

Avec l'essor de la cladistique, les synapsides sont maintenant considérés comme un clade qui inclut les « anciens » synapsides (formant donc une classe) et tous leurs descendants, dont les mammifères. L’expression « reptile mammalien » qui était auparavant un synonyme de synapside désigne désormais un groupe paraphylétique qui contient tous les synapsides qui ne sont pas des mammifères.

ClassificationModifier

Cladogramme établi par R. J. Benson en 2012 en suivant la phylogénie des synapsides[7]

Dans cette approche, la classe des synapsides est elle-même divisée en deux clades, les Caseasauria, disparus sans descendance, et les Eupelycosauria, dont font partie les mammifères.

ÉvolutionModifier

Les seuls synapsides existant encore de nos jours étant les mammifères, leur histoire se confond avec celle de ces derniers. Ils sont les premiers amniotes à s'être diversifiés.

Les premiers synapsides appartiennent au groupe des pélycosauriens. Les plus anciens fossiles trouvés sont datés du pennsylvanien (carbonifère supérieur) vers -312 Ma. Après une grande diversification pendant toute la fin du carbonifère et le début du permien, les pélycosauriens se sont éteints au Permien. Leur représentant le plus connu dimetrodon est caractérisé par une grande voile dorsale portée par une rangée d'épines vertébrale hypertrophiée ; tous étaient loin d'en posséder une. Cette voile est considérée par certains comme une première ébauche de thermorégulation. Cette voile disparaît chez les pélycosauriens les plus tardifs remplacée par une thermorégulation d'origine endogène, c'est en tout cas ainsi qu'est interprétée la position des membres.

Issus des sphénacodontes, un groupe de pélycosauriens, les thérapsides, prendra la suite à partir du permien moyen. Ils se diviseront en 4 branches :

La plupart des traits caractéristiques des mammifères se sont mis en place dans ce groupe : des membres en position semi-érigée et une différenciation des dents en incisives, canines et molaires. La mâchoire inférieure se simplifie, la dentition prend une importance croissante[réf. souhaitée]. Les autres os constituant la mâchoire se réduisent en taille et migrent dans le crâne où ils forment les osselets de l'oreille moyenne. Certains cynodontes sont couverts de poils[réf. souhaitée]. On soupçonne pour d'autres des traces de lactation et une thermorégulation.

Tous les thérapsides seront affectés par la crise de la fin du Permien. Beaucoup de groupes s'éteindront, dont les gorgonopsiens auparavant en pleine expansion. Certains groupes, les dicynodontes (anomodontes) et les cynodontes (thériodontes) retrouveront cependant une certaine vitalité après la crise avant d'être supplantés par les dinosaures. Les dicynodontes s'éteindront à la fin du Trias. En revanche les cynodontes donneront naissance aux mammifères. Les mammifères eux-mêmes, seuls synapsides existant encore, apparaîtront au Jurassique. Ils survivront à l'extinction de la fin du crétacé pour occuper les niches écologiques laissées vacantes par la disparition des dinosaures non aviens.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexesModifier

Liens externesModifier

  1. Spindler, F. 2016. Morphological description and taxonomic status of Palaeohatteria and Pantelosaurus (Synapsida: Sphenacodontia). Freiberger Forschungshefte C550(23): 1–57. https://www.researchgate.net/publication/321129043_Morphological_description_and_taxonomic_status_of_Palaeohatteria_and_Pantelosaurus_Synapsida_Sphenacodontia
  2. Harry Govier Seeley, « Researches on the Structure, Organisation, and Classification of the Fossil Reptilia. Part X. On the Complete Skeleton of an Anomodont Reptile (Aristodesmus rutimeyeri, Wiedersheim), from the Bunter Sandstone of Reihen, near Basel, Giving New Evidence of the Relation of the Anomodontia to the Monotremata », Proceedings of the Royal Society of London, vol. 59,‎ , p. 167–169 (DOI 10.1098/rspl.1895.0070, lire en ligne)
  3. (en) Laurin, Michel, and Robert R. Reisz: Synapsida: Mammals and their extinct relatives. Version 14, 2011. In: The Tree of Life Web Project
  4. (en) Carroll, Robert L. (1988). Vertebrate Paleontology and Evolution. New York: W.H. Freeman & Co. (ISBN 0-7167-1822-7). p. 397
  5. (en) Benton, Michael J. (2005). Vertebrate Palaeontology, 3rd ed. Oxford: Blackwell Science Ltd. (ISBN 0-632-05637-1). p. 122
  6. (en) « New proto-mammal fossil sheds light on evolution of earliest mammals », University of Chicago,
  7. (en) R.J. Benson, « Interrelationships of basal synapsids: cranial and postcranial morphological partitions suggest different topologies », Journal of Systematic Palaeontology, vol. 10, no 2,‎ , p. 601–624 (DOI 10.1080/14772019.2011.631042)