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Les seigneurs de la Ferté sont les anciens seigneurs de la Ferté-Vidame, aujourd'hui commune d'Eure-et-Loir, connus depuis le Xe siècle.

Un vidame désigne à l'origine celui qui mène l'armée d'un évêque et exerce au nom de celui-ci un certain nombre de droits féodaux. À l'époque moderne, le titre de vidame est intégré à la hiérarchie nobiliaire, et équivalait à celui de vicomte. Certains titres de vidames étaient attachés à des fiefs, d'autres purement héréditaires : les vidames de Chartres relèvent au début de la deuxième sorte, ils n'étaient pas au départ liés à une terre précise et, notamment, pas à La Ferté ; puis sous l'Ancien Régime on associe volontiers les vidames de Chartres à la terre de La Ferté-Arnaud (ou La Ferté-Ernault), enfin devenue La Ferté-Vidame, qu'ils possèdent alors systématiquement jusqu'en 1784. Mais les premiers seigneurs de La Ferté, insistons sur ce point, n'étaient pas les vidames de Chartres.

Les premiers seigneurs de La Ferté, connus depuis le Xe siècleModifier

Les premiers sires de La Ferté-Arnaud[1] remontent au Xe siècle, et ne sont pas encore à cette époque vidames de Chartres. Ils sont mal connus, on trouve parmi eux des seigneurs Hubert, Hugues... (cf. vers 970, 985).

  • Un siècle et demi plus tard, passé 1100, on rencontre Guillaume Ier, fl. 1101 ; ses frères sont Guy de La Ferté ; et aussi Hugues d'Etampes, prévôt de la cathédrale de Chartres et archevêque de Tours en 1134-46 ? ; père de :
    • Ernaud Ier (fl. 1128, † vers 1140), qui donne son nom à la terre : La Ferté-(Ernault, Ernaud, Ernaut, Arnault, Arnaud).
    • Les coseigneurs et frères puînés d'Ernaud Ier sont : Hugues ; et Guillaume II de La Ferté dit « de Ferrières » (né vers 1085, † vers 1130-40), qui épouse vers 1115 Isabelle, vidamesse de Chartres ci-dessous

Les premiers vidames de Chartres, jusqu'à la première union avec les sires de La Ferté au XIIe siècleModifier

Les premiers vidames de Chartres[2] apparaissent aussi au Xe siècle, mais ils n'ont pas alors La Ferté. Mal connus eux aussi, nous les donnons sous toute réserve : notamment Aubert Ier fils de Giroard (Girard), et son neveu Guillaume Ier, fils d'Archambaud, lui-même fils de Giroard (à distinguer de la famille de Chartres seigneur de Ver-lès-Chartres)

  • < le fils de Guillaume Ier, Renaud, fl. vers l'an 1000, 1028, d'où :
    • Aubert II († 1032) ; et son frère ou fils Hugues Ier (vers 1037-1077 ?), lui-même père de :
      • Aubert III
      • son frère Guerri(c) (= Werric ; fl. vers 1063 ?, † 1102) ; x Hélissende, d'où : < Hugues II, actif en 1102/1104-1108, peut-être père d'Hugues III, fl. vers 1126)
      • leur frère Etienne, abbé de St-Jean-en-Vallée-lès-Chartres[3], patriarche de Jérusalem en 1128, † 1130
      • et leur sœur Isabelle de Chartres (vers 1090-1150), qui hérite de la vidamie. La vidamesse Isabelle épouse vers 1115 Guillaume II de La Ferté dit « de Ferrières » ci-dessus, "vidame de Chartres" par son mariage, et lui transmet le vidamé ; parents de Julienne dame de la Ferté et du vidame Guillaume III ci-après

Partage : première séparation entre La Ferté et les vidames, XIIe-XIVe sièclesModifier

Julienne de Ferrières, la fille d'Isabelle de Chartres et Guillaume II de La Ferté, hérite de La Ferté (mais pas de la vidamie), qu'elle transmet à son mari Evrard Ier de Villepreux (de la famille du Puiset[4], issue des comtes de Breteuil, vicomtes de Chartres ; † vers 1169, fils de Guy) ; tandis que son frère (ou beau-frère ?) Guillaume III de Ferrières garde la vidamie, mais pas la seigneurie principale de la Ferté (né vers 1115- 1180 ? ; Guillaume III épouse Marguerite, qui serait née vers 1130) : voir plus bas la suite des vidames de Chartres.

Suite des seigneurs de La Ferté de la Maison du Puiset : Julienne de Ferrières et son époux Evrard Ier du Puiset transmettent La Ferté et Villepreux à leur fils Ernaud II (Ier) († 1195) puis à trois de leurs petits-enfants, fils d'Ernaud :

  • Ernaud III (ou II)
  • Evrard II. Villepreux passe ensuite à ses descendants : < Evrard III < Hervé < Pierre du Puiset dit « de Mésalent (Méselan/Mézalant/Maizelan) ou de Richebourg »[5],[6], avec sans doute des droits conservés sur La Ferté, et donc une part de cette seigneurie : cf. plus loin
  • et leur frère Guillaume IV, † 1230 ; mari de Constance de Courtenay, une capétienne, petite-fille du roi Louis VI : parents de Guillaume, Ernaud, Hugues, et d'Alix du Puiset-La Ferté-Ferrières
    • Maison de Châteauneuf-en-Thymerais, suivie des vicomtes de Dreux des Maisons de La Roche puis de Dreux-Beu-Bossart : La part principale de La Ferté-Ernault va à la fille de Guillaume IV, Alix de La Ferté de Ferrières, après la mort de ses frères Guillaume (V), Ernaud (III) et Hugues. Alix épouse Hervé, † avant 1260, seigneur de Châteauneuf-en-Thymerais en partie et de Brezolles. Même si la postérité d'Alix et Hervé ne dépasse pas leur fils Hugues, il semble bien que La Ferté soit restée principalement aux membres de la famille de Châteauneuf-en-Thymerais issus d'Hugues IV de Châteauneuf († vers 1230 ; châtelain de Sorel ; frère d'Hervé de Châteauneuf et Brezolles et donc beau-frère d'Alix de La Ferté ; sans parenté directe avec les anciens seigneurs de La Ferté) et de sa femme la capétienne Éléonore de Dreux fille du comte Robert II.
      • La fille d'Éléonore de Dreux et d'Hugues IV de Châteauneuf-Sorel, Éléonore de Châteauneuf, nièce d'Hervé de Châteauneuf x Alix de La Ferté, épouse Richard de La Roche, vicomte de Dreux, d'où les Châteauneuf de La Roche, vicomtes de Dreux, seigneurs de Châteauneuf en partie, Senonches, Brezolles, Beaussart/Bossart (= Boussard, à Senonches), Dampierre-sur-Blévy, et très probablement aussi de La Ferté comme on vient de le dire[7]. D'où la suite des vicomtes de Dreux, qu'il est plausible, donc, d'admettre aussi comme seigneurs principaux de La Ferté, jusqu'à Gauvain Ier Etienne de Dreux-Bû et sa sœur Marie ci-dessous :
        • Richard de La Roche, vicomte de Dreux vers 1261-1300, fils d'Eléonore de Dreux et de Richard de La Roche ci-dessus
          • son fils Etienne Ier Gauvain, vicomte vers 1300-1327
          • puis sa fille la vicomtesse Marguerite, qui épouse vers 1316 son lointain cousin le capétien Jean Ier de Dreux-Beu (ou Bû) (vers 1290-1347), fils cadet de Robert II de Dreux vicomte de Beu ; parents de :
            • Gauvain Ier Etienne de Dreux-Bû-Bossart (1330-1394), vicomte de Dreux depuis la mi-XIVe siècle, d'où la suite des Dreux-Bossart, vicomtes de Dreux, sires de Senonches, Brezolles, Bossart...
            • et sa sœur Marie de Dreux-Bû († après 1350) qui épouse Amaury III de Vendôme-(Montoire) († 1368) ci-dessous, et lui transmet La Ferté (probablement la seigneurie principale). Mais Amaury de Vendôme-La Chartre semble aussi possessionné à La Ferté de son propre chef, comme on va le voir
    • Autres familles : du Puiset-Villepreux-Mésalent, puis Vendôme : En effet, il existe sans doute d'autres seigneurs de La Ferté en partie : la descendance de Pierre du Puiset de Mésalant de Richebourg, sire de Villepreux, rencontré plus haut, mari en deuxièmes noces de Mahaut de Poissy dite « de Fresne », possède sans doute des droits conservés sur Fresne et La Ferté-Arnaud
      • < Philippa de Mésalent[8], fille de Mahaut de Poissy et Pierre de Mésalent, épouse Jean (Ier) de Vendôme-(Montoire), † 1350, sire de La Châtre-sur-le Loir, Gorron, Lassay branche cadette des Vendôme-Montoire[9].
        • Ils sont parents d'Amaury III de Vendôme-(Montoire) qu'on vient d'évoquer, † 1368, époux de Marie de Dreux-Bû ci-dessus, d'où :
          • Jeanne de Vendôme, qui transmet Villepreux et les droits sur Fresne (Ecquevilly) à son mari Jean de Vieuxpont de Courville, d'où postérité, avec plus tard des alliances Le Baveux de Garencières de Maillebois, puis d'O
          • son frère Robert de Vendôme, † 1401, fils de Marie et Amaury ; seigneur de Dampierre-sur-Blévy et de La Ferté où il rassemble toute la seigneurie, réunissant les droits paternels des du Puiset-Maizelan-Richebourg-Villepreux et les droits maternels des Châteauneuf-La Roche-Dreux-Bossart, comme vu plus haut.

Puis vers 1374-1380 Robert de Vendôme épouse Jeanne de Chartres ou de Meslay, héritière du vidamé comme on va le voir : en devenant le vidame Robert, il transforme La Ferté-Arnault en La Ferté-Vidame. Pour la deuxième fois, et bien plus durablement que la première, le destin de La Ferté recoupe donc celui des vidames de Chartres, qu'on va donc retrouver.

Et pendant ce temps, les vidames..., XIIe-XIVe sièclesModifier

Retour aux vidames de Chartres des Maisons du Puiset-La Ferté-Ferrières, puis de Meslay : Le vidame Guillaume III de Ferrières x Marguerite ci-dessus, semble le père de Guillaume IV, époux de Mabile de Lèves (vers 1165-1226 ? ; remariée vers 1215 à Hugues de Fréteval frère de Geoffroi ci-dessous ?), actif dans la deuxième moitié du XIIe siècle ; Guillaume le Trouvère ou de Ferrières, né vers 1155-† croisé 1204, serait ce vidame Guillaume

  • Hélisende de La Ferté dite de Ferrières, sans doute fille de Guillaume IV, épouse en 1215 Geoffroi de Fréteval sire de Meslay[10] (vers 1195-† 1245) et lui transmet la vidamie (on trouve parfois que les Fréteval de Meslay auraient simplement eu le vidamé de Chartres par le remariage éventuel de Mabile de Lèves — la veuve de Guillaume IV — le rôle d'Hélisende de Ferrières n'étant plus évoqué par cette thèse ; la succession des vidames nommés Guillaume plaide cependant en faveur d'un lien du sang), d'où :
    • Mathieu (= Macé), fl. 1264, 1281, † après 1291, panetier de France ; père de Guillaume ; Robert ; Guy ; et Alix, épouse de Robert II d'Harcourt d'Avrilly : branche issue de Richard d'Harcourt
    • son frère Guillaume V de Meslay († croisé vers 1249)
      • Succèdent alors les enfants de Guillaume V :
        • Marguerite de Meslay, femme de Jean Ier de Parthenay
        • et son frère Guillaume VI, fl. 1302 (et 1331 ?), x Marguerite de Bruyères, parents de :
          • Guillaume VII, fl. 1331 ?, 1375, époux sans postérité d'Elisabeth d'Estouteville
          • et sa sœur Jeanne de Meslay ou de Chartres (vidamesse en 1395 ? ; † 1407/1408), qui épouse Robert de Vendôme-(Montoire) sire de La Ferté ci-dessus, † 1401, d'où trois fils :

Nouvelle union entre La Ferté et les vidames, XIVe-XVIIIe sièclesModifier

Les Vidames de Chartres, sires de La Ferté-Vidame, de la Maison de Vendôme-Montoire (les Vendôme restaurent le château féodal)

  • Charles de Vendôme, fils de Robert de Vendôme et Jeanne de Meslay, vidame vers 1407/1408, épouse Jeanne d'Angennes en 1404, tante de Jean Ier d'Angennes ;
  • son frère Guillaume VIII, vidame vers 1412 [mais le capitaine anglais Thomas de Scales, 1400-60, est alors également vidame de Chartres pour les Anglais] ;
  • et leur frère Jean Ier-II de Vendôme, † après 1460, vidame en 1437, époux en 1441 de Catherine de Thouars, dame de Chabanais, Confolens, Tiffauges et Pouzauges, veuve de Gilles de Rais ; désormais, les Vendôme vidames de Chartres sont princes de Chabanais et Confolens ; parents de :
    • Jeanne, épouse de Guillaume de Mello de Saint-Bris
    • Jean II-III de Vendôme, † vers 1481, vidame vers 1460/1475, gouverneur du Berry en 1466-1481/1482, mari en 1459 de Jeanne de Brézé, fille de Pierre de Brézé seigneur de Nogent et d'Anet, et sœur de Jacques de Brézé, le gendre malheureux du roi Charles VII ; parents de :
      • Jacques de Vendôme († 1507), vidame vers 1482 avec sa tante Jeanne (II) ; Jacques épouse en 1497 Louise Malet de Graville, fille de l'amiral Louis : en 1514 l'amiral obtient Beaussart (à Senonches) de Jacques de Dreux-Bû, arrière-petit-fils du vicomte de Dreux Gauvain Ier Etienne ci-dessus, pour l'offrir à sa fille Louise et son gendre Jacques de Vendôme ; parents de :
        • Louis de Vendôme (1501-† vers 1527), épouse en 1517 Hélène Gouffier, fille d'Artus duc de Roannais, d'où :
          • François de Vendôme (1523-† décembre 1560), sans postérité légitime de sa femme Jeanne de Madaillan d'Estissac ; embastillé en 1560 car sympathisant des Condé et des Montmorency contre les Guise ; endetté, le vidame François vend Chabanais et Confolens aux Monluc, et Dampierre-sur-Blévy (à Maillebois) aux Courcelles du Rouvray.
        • Maisons de Ferrières de Maligny, puis de La Fin : La tante héritière du vidame François, Louise de Vendôme (vers 1500-après 1548), sœur du vidame Louis de Vendôme ci-dessus, et femme en 1519 de François de Ferrières de Maligny († vers 1544 ; Ferrières : à Andryes ; cf. aussi Champlevois à Cercy), transmet La Ferté et le vidamé de Chartres à son fils :
          • Jean III (II) de Ferrières, † 1585/86, huguenot, en lutte contre son beau-frère Jean de La Fin. Meslay-le-Vidame est cédée aux d'Angennes : en 1572 ? ou plus tôt ?, car il semble que Jean Cottereau trésorier-intendant des Finances de Louis XII, est déjà sire par acquisition de Nogent-le-Roi, Maintenon, Meslay et Montlouet à Gallardon quand sa fille Isabelle († vers 1554) épouse en 1526 Jacques Ier d'Angennes († 1562, arrière-petit-fils de Jean Ier d'Angennes ci-dessus. C'est alors Jean Cottereau qui aurait pu offrir Meslay à sa fille et son gendre, pour leurs noces par exemple). La Chartre est cédée en 1572 à Jacqueline de La Trémoïlle-Thouars, † 1599, fille de François et femme de Louis IV de Bueil comte de Sancerre. Lassay est aliéné en 1572/1592 par Béraude de Ferrières, la sœur héritière du vidame Jean, à Jean de Madaillan
          • Puis la succession du vidamé et de La Ferté passe à Béraude de Ferrières de Maligny, fille de François de Ferrières et Louise de Vendôme, sœur du vidame Jean III, femme de Jean de La Fin et mère de :
            • Prégent de La Fin, né en 1558, dernier vidame héréditaire de Chartres, marié en 1623 à Suzanne de Montgom(m)ery, petite-fille de Gabriel le meurtrier par accident du roi Henri II, mort en 1624 accablé de dettes. Les créanciers se livrent une bataille confuse et féroce : Beaussart, La Ferté-Vidame et la vidamie passent alors vers 1632-35 aux Rouvroy de St-Simon.

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

RéférencesModifier

  1. « Seigneurs de La Ferté », sur Racines et Histoire (consulté le 1er septembre 2016)
  2. « Vidames de Chartres », sur Racines et Histoire
  3. « Abbaye de St-Jean-en-Vallée », sur C.R.G. du Perche-Gouët
  4. « Le Puiset », sur Racines& Histoire
  5. « Villepreux », sur Racines et Histoire
  6. « Maizelan », sur Racines et Histoire
  7. Car le vicomte de Dreux Gauvain Ier Étienne qu'on va rencontrer, semble bien disposer de La Ferté, vers la mi-XIVe siècle, en faveur de sa sœur Marie ; en effet il inféode (la part principale de) La Ferté à sa sœur Marie, son époux Amaury III de Vendôme et leur fils Robert ; donc les vicomtes de Dreux devaient la posséder, et on ne voit pas qu'ils aient pu l'avoir autrement que par leur ancêtre Hugues IV de Châteauneuf-Sorel, beau-frère d'Alix de La Ferté ci-dessus.
  8. « Philippa de Mésalent », sur Geneanet Pierfit
  9. « Vendôme, p. 10 », sur Racines & Histoire
  10. « Fréteval », sur Racines & Histoire