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Saint-Parize-le-Châtel

commune française du département de la Nièvre
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Chatel.

Saint-Parize-le-Châtel
Saint-Parize-le-Châtel
Le château de Lange.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bourgogne-Franche-Comté
Département Nièvre
Arrondissement Nevers
Canton Saint-Pierre-le-Moûtier
Intercommunalité Communauté de communes Loire et Allier
Maire
Mandat
André Garcia
2014-2020
Code postal 58490
Code commune 58260
Démographie
Population
municipale
1 329 hab. (2016 en augmentation de 4,15 % par rapport à 2011)
Densité 27 hab./km2
Géographie
Coordonnées 46° 51′ 18″ nord, 3° 10′ 57″ est
Altitude Min. 180 m
Max. 247 m
Superficie 49,11 km2
Localisation

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Saint-Parize-le-Châtel

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Saint-Parize-le-Châtel

Saint-Parize-le-Châtel est une commune française, située dans le département de la Nièvre en région Bourgogne-Franche-Comté.

GéographieModifier

Saint-Parize-le-Châtel est située au sud-ouest du département de la Nièvre, entre la Loire et l'Allier, à environ 18 km de Nevers. Il est également à proximité de la RN 7 et à environ 10 km de l'autoroute A77.

Une partie du circuit de Nevers Magny-Cours se trouve sur le territoire de la commune.

GéologieModifier

HydrographieModifier

Villages, hameaux, lieux-dits, écartsModifier

Communes limitrophesModifier

HistoireModifier

Époque gauloiseModifier

Un peuple gaulois, les Boïens (Boii), vivait dans le bas Allier, au sud de Saint-Parize-le-Châtel et sans doute à l'est de Saint-Pierre-le-Moûtier. Leur capitale était Gergovia Boiorum appelée Gorgobina par César en -52.

Époque romaineModifier

Deux voies romaines auraient traversé Saint-Parize-le-Châtel. La première allait d'Augustodunum (Autun) à Burdigala (Bordeaux) par Avaricum (Bourges), une partie de celle-ci existait encore au XIXe siècle mais fut détruite entre 1858 et 1881. La seconde voie partait de la fontaine des vertus (voir Lieux et monuments) et se dirigeait vers Nevers. Un temple romain, désigné sous le nom de Bagaudes par les paysans, aurait existé. Toutefois aucun vestige de ce temple n'a subsisté, et il fut probablement détruit lors d'un soulèvement au IVe siècle. On trouve toutefois plusieurs traces de la civilisation romaine dans la région, des poteries, des piscines étages reliées par des tuyaux de plomb, une pièce d'argent du IIe siècle à l'effigie de la femme d'Adrien, un grand bronze de Marc Aurèle (musée de Nevers), un puits funéraire gallo-romain au lieu-dit "Bois de Bord", ou encore une fontaine pavée.

Saint Patrice (VIe siècle)Modifier

Restée païenne jusque-là, la région où se trouve le village de Saint-Parize-le-Chatel aurait été évangélisée au VIe siècle par un moine nommé Patricius (Saint Patrice). Le bréviaire de 1534 dit qu'il vint avec deux compagnons, Germain et Germanion, du monastère de Saint-Pourçain, et qu'il se fixa en un endroit désert où se trouvait un temple romain en ruines, près d'une source, appelé Gentilico, lieu désigné aussi sous les noms de Gentiliaco ou Gentilly.

Il n'est pas certain que saint Patrice fut évêque de Nevers. L'abbaye qu'il avait fondée devint propriété de l'Église de Nevers. Saint Patrice mourut en 555. Avant la Révolution française, ses restes auraient reposé dans la crypte de l'église actuelle, ils auraient été dispersés vers 1773. La fête patronale de la Saint-Patrice était célébrée le deuxième dimanche de septembre mais n'existe plus de nos jours.

Moyen ÂgeModifier

En 888, Charles le Gros confirme à l'Église de Nevers la donation de plusieurs églises et abbayes dont « l'abbaye de Saint-Patrice, entre les rivières de Loire et Allier ».

Après Charlemagne, Gentilico aurait pris le nom de Saint-Patrice-le-Chastel (ou le Chasteau), du nom de Patricius et du château élevé près de l'église au Moyen Âge. Avec le temps, le « tr » s'est transformé en « r » et le « ce » en « ze » et Patrice devint Parize.

Révolution françaiseModifier

Le 29 brumaire de l'an II, Saint-Parize-le-Châtel fut renommé Brennery. Après le 9 thermidor, le bourg redevient Saint-Parizé-le-Châtel.

Époque contemporaineModifier

Le 15 octobre 1894, la commune vendit les sources et ce fut la Société anonyme des eaux minérales de Saint-Parize, avec un capital de 350 000 francs et 60 actionnaires, qui géra désormais les sources[1].

Première guerre mondialeModifier

De janvier à août 1918, Saint-Parize-le-Châtel accueille un des plus grands hôpitaux de campagne militaire américain de France. 330 ha, 700 baraquements, 40 000 lits. L'antiseptique Dakin y est inventé.

Le camp fermera en mai 1919. Il accueillera finalement 12 000 blessés et comptabilisera 438 décès[2].

ÉconomieModifier

La commune ne compte qu'une grande entreprise, le grossiste alimentaire Fmb Krill qui employait 107 personnes courant 2017.

Politique et administrationModifier

Tendances politiques et résultatsModifier

Liste des mairesModifier

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
En 1810   Mr Massin    
Vers 1890   Mr Robert    
juin 1935 mai 1945 Marie-Louis-Joseph-Gabriel   Comte de Montrichard
    Jean Couillard    
1975 1986 Achille Richard    
    Mr Germain    
mars1990 mars 2008 Michel Derouet PS Retraité, conseiller général du canton de Saint-Pierre-le-Moûtier (1994-2001)
mars 2008 En cours André Garcia SE Retraité de la SNCF
Président de la Communauté de communes
Les données manquantes sont à compléter.

DémographieModifier

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2004[4].

En 2016, la commune comptait 1 329 habitants[Note 1], en augmentation de 4,15 % par rapport à 2011 (Nièvre : -4,2 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 1401 1421 1051 2021 3011 4931 3321 5021 667
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 7641 7511 9021 7181 8121 7371 6721 5921 548
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 5681 5681 5241 2811 1791 1071 0791 0541 095
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
1 1471 1239859821 2011 2771 3011 2861 321
2016 - - - - - - - -
1 329--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique
 

Lieux et monumentsModifier

L’église et la crypteModifier

 
Église Saint-Patrice.

L'église de Saint-Parize-le-Chatel a été construite au XIIe siècle, sans doute en remplacement de l'oratoire de l'ancienne abbaye édifié 300 ans plus tôt sur les lieux de l'évangélisation de saint Patrice. L'église prieurale de Saint-Parize fut consentie en 1113 à son chapitre par l'évêque de Nevers. Bien que construite au début du XIe siècle, elle a été presque entièrement refaite au siècle dernier.

Du point de vue architectural, l'église est constituée d'une nef unique plutôt modeste. Au siècle dernier on lui ajouta un large transept supportant une tour-clocher massive. Le chœur, constitué de deux courtes travées, se termine par une abside à cul-de-four complètement restaurée sous laquelle se trouve la crypte.

Le portail occidental s'ouvre en plein cintre dans un avant-corps. Celui-ci est épaulé par des demi-contreforts plats sous une archivolte qui est cernée par une frise de palmettes. Le petit chapiteau à gauche montre deux têtes de monstres vomissant des feuillages entrelacés et terminés par des palmes ; à droite, un monstre s'apprête à dévorer un personnage.

 
Crypte de l'église Saint-Patrice.

La crypte romane date elle aussi du XIIe siècle, mais elle est restée intacte et constitue donc l'élément le plus intéressant du lieu. Elle se divise en trois nefs égales de trois travées séparées par deux rangées de colonnes sur socle carré, et s'achève par une abside à cul-de-four peu profonde.

Les voûtes, à compartiments d'arêtes, retombent aux murs sur de courtes colonnes à chapiteaux non décorés, elles-mêmes surhaussées par un soubassement continu. La crypte est également ornée d'éléments funéraires, stèles et sarcophages, du Moyen Âge.

La lumière du jour est distribuée par d'étroites ouvertures. La crypte compte six colonnes centrales à chapiteaux dont les corbeilles ont une décoration particulièrement fantaisiste. Ouverte tous les jours[7]

Le château d’eau américainModifier

 
Château d'eau américain.

En 1915, les États-Unis entrent en guerre contre l'Allemagne. Des troupes américaines débarquent donc en France. La proximité de la gare de Mars-sur-Allier et du front fait de Saint-Parize un endroit idéal pour la construction d'un hôpital militaire de campagne. Pendant l'hiver 1917-1918, c'est une véritable ville qui s'installe.

Sur environ 200 ha, des centaines de baraquements en brique sont construits et au maximum environ 40 000 personnes s'y installèrent. On pompe de l'eau dans l'Allier : elle est canalisée jusqu'à un réservoir, rapidement insuffisant ; un château d'eau est donc construit. L'armistice de 1918 sera signé avant qu'il ne soit utilisé.

Le cimetière se trouvait au lieu-dit la Plaine et fut transféré à Nevers. La stèle commémorant ces combattants se trouvait jadis sur le bord de la RN 7 entre Moiry et Magny-Cours, elle a maintenant été transférée au cimetière de Saint-Parize.

Aujourd'hui le château d'eau et le réservoir sont les seuls vestiges[8].

Le château de la ChasseigneModifier

L'ancien manoir datait du XVe siècle, il n'en reste plus que le porche composé de deux tours, l'ensemble est relié par une galerie au château moderne. Le château actuel est de style Renaissance et fut bâti en 1868.

Le château de TâchesModifier

Le vieux château date du XVIe siècle. Il aurait servi de rendez-vous de chasse à François Ier. Rénové depuis peu, il a été de nombreuses années laissé à l'abandon.

Le château de VillarsModifier

Le vieux château de Villars date du début du XIVe siècle. C'était une forteresse de première importance que se disputèrent Français et Anglais, Armagnacs et Bourbons pendant la guerre de Cent Ans. Plusieurs seigneurs se succédèrent en ce lieu dont la duchesse de Clèves, les familles Dufour puis par alliance les familles de Forestier puis de Bouiller.

Le château de LangeModifier

Il y avait à l'origine un petit château fort du XIIe siècle, les restes d'une de ses tours étaient encore visibles au début du XXe siècle, à l'ouest de la bâtisse actuelle.

Le château actuel date du XVe siècle. Le premier seigneur de Lange connu est Regnaud de Lange, mais c'est sans doute Jean de Lange, qui fit construire le château existant aujourd'hui. À noter qu'en 1525 y naquit Nicolas de Lange, petit-fils du précédent qui devint avocat du roi au présidial de Lyon, puis lieutenant-général à la sénéchaussée, et enfin conseiller puis premier président du Parlement de Dombes.

Le lavoirModifier

Il existait déjà au XIXe siècle, mais son aspect actuel date de 1890.

Les Fonts-BouillantsModifier

Le lieu-dit les Fonts-Bouillants tire son nom de fontaines d'eau minérale gazeuse, exploitées commercialement de 1895 à 1975, et du peuplement boyen de la région. Le bouillonnement visible a fait glisser le mot de Boïen ou Boyen vers Boyan et Bouillant. Mais la source fut exploitée bien avant l'implantation boyenne. Les Romains y avaient installé un établissement thermal dont l'amphithéâtre aurait été détruit par les guerriers de Charles Martel. Une maladrerie y aurait également été construite au XIIe siècle, ce qui expliquerait le nom d'un lieu-dit tout proche le Puits de Maux.

Une légende raconte que les sources étaient à l'origine à Cougny. Un jour, un assassin y aurait lavé son glaive ensanglanté. Le génie, gardien des eaux, leur ordonna de s'élever dans les airs et de quitter ce lieu désormais maudit. Dans leur course elles firent tomber quelques gouttes dans la fontaine des vertus et dans l'étang de Civière, ce qui explique qu'on y voit également des bouillonnements. Un pionnier les aurait aperçues et en les charmant les fit descendre là où elles sont aujourd'hui.

La fontaine des VertusModifier

 
La fontaine des vertus.
 
Les « bouillonnements ».

On désigne par fontaine des Vertus une source d'eau bouillonnante , ayant sans doute la même origine que celles des fonds bouillants, mais située plus loin du village en forêt. Il s'agit en fait de bulles de gaz, probablement du CO2, qui remonte régulièrement par endroits.

Une légende locale raconte que Jeanne d'Arc, sans doute après avoir libéré Saint-Pierre-le-Moûtier le , y aurait lavé son épée.

Personnalités liées à la communeModifier

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

RéférencesModifier

  1. Michel Pauty, Du 19e siècle à aujourd'hui, les destins contrastés de nos stations thermales, revue « Pays de Bourgogne » no 232, avril 2012, p. 21-31.
  2. Alain Graviloff, « Une histoire enfouie qui refait surface », Journal du Centre,‎ , p. 6 (ISSN 0996-1259)
  3. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  7. Dépliant touristique du diocèse de Nevers, Visitez les églises de la Nièvre, Pastorale Tourisme & Loisirs, 2013
  8. Ancien château d'eau de la première guerre mondiale

Voir aussiModifier

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Article connexeModifier

Liens externesModifier