René Follet

dessinateur de bandes dessinées, illustrateur d'ouvrages pour la jeunesse

René Follet, dit Ref, né le à Woluwe-Saint-Lambert et mort le à Bruxelles[1],[2], est un illustrateur et dessinateur de bande dessinée belge. L'œuvre de René Follet s'inscrit dans la lignée de celle de Pierre Joubert.

René Follet
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BiographieModifier

DébutsModifier

Vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, René Follet est inscrit au collège Saint-Michel de Bruxelles.

Grâce à un professeur jésuite auprès de qui il étudie, et qui connaît le créateur de Tintin par Le Petit Vingtième, il a l'occasion de rencontrer pour la première fois Hergé, qui lui donne des conseils et le rassure sur ses capacités à dessiner.

À l'âge de quinze ans, alors que René Follet est encore scolarisé, un ami de son père le met en relation avec une petite agence de publicité. Follet lui fournit les crayonnés pour une série d'une soixantaine de chromos destinés à illustrer le roman de Robert Louis Stevenson L'Île au trésor, sixième album de La bibliothèque du chocolat Aiglon. Ces chromos, qui se trouvaient dans les emballages des tablettes de chocolat, étaient collectionnées par les enfants puis collées dans un album. Simultanément, il illustre des récits d'aventure et de guerre pour le magazine OK.

Les publications scoutesModifier

Il dessine également pour Plein Jeu, revue des scouts de Belgique dirigée par Jean-Jacques Schellens ; cette revue a fait débuter de nombreux dessinateurs belges : Franquin, Mitacq, Peyo, Will et c'est dans Le Boy-Scout belge, le prédécesseur de Plein Jeu, qu'Hergé créa en 1926 Totor, CP des Hannetons.

René Follet travaille aussi pour Scouts de France, la revue dont Pierre Joubert est l'illustrateur attitré. En 1956, sous le titre Reflets d’histoire sur la loi scoute, il illustre sous son pseudonyme de Ref, les différents articles de la Loi scoute, tout au long des douze pages du calendrier des scouts Baden-Powell de Belgique. Par l'intermédiaire de Joubert, il dessine également au profit des Éditions Alsatia dans la collection Signe de Piste ; collaboration qui sera renouvelée dans les années 1980 avec le Nouveau Signe de Piste.

Il s'inscrit dans la lignée de dessinateurs attachés au scoutisme, prenant la relève de l’illustrateur belge Pierre Ickx, qui a inspiré Pierre Joubert, créateur des couvertures de la fameuse collection Signe de Piste, mais aussi de MiTacq, le dessinateur de La Patrouille des Castors[3].

La bande dessinée chez Tintin et SpirouModifier

En 1949, à quelques mois d'intervalle, il commence à fournir des dessins parallèlement pour les hebdomadaires rivaux Tintin et Spirou. Ces premiers travaux sont des illustrations pour du rédactionnel, des contes, ou encore des nouvelles, mais très vite apparaissent les premières planches de bandes dessinées, d'abord sous le pseudonyme de « Ref », puis sous son véritable nom.

En 1951 Spirou lance Les Histoires vraies de l'oncle Paul. Le temps d'une petite dizaine de récits, René Follet y met notamment en images Le Radeau de la Méduse, La Tranchée des baïonnettes, Mozart, ... Certains de ces courts récits seront publiés dans les recueils reprenant les meilleures histoires. Dans Tintin ensuite, Follet dessine des récits authentiques en quatre planches, l'équivalent maison des Belles histoires de l'oncle Paul, ainsi que des petites histoires complètes, dont le western Rocky Bill sur un scénario d'Yves Duval. En 1968, il dessine SOS Bagarreur, une histoire maritime dont le scénario est de Maurice Tillieux et qui paraît dans Spirou. En 1977, il participe au Trombone illustré (supplément de Spirou n°2032 et 2051) en illustrant deux contes courts de Fredric Brown (Le Condamné) et de Shin Ichi Hoshi (Bokko-chan). Entre 1985 et 1987, Spirou publie à nouveau les douze épisodes de 10 planches chacun de la série Les Zingari, créée sur un scénario d'Yvan Delporte pour Le Journal de Mickey et précédemment publiés dans ce magazine entre 1971 et 1973[4].

Les crayonnés pour Mitacq et VanceModifier

MitacqModifier

Au début des années 1960, Mitacq dessine deux séries de front, La Patrouille des Castors dans Spirou, et une nouvelle série plus adulte lancée dans Pilote, Jacques Le Gall. Pour arriver à tenir ce rythme de production très soutenu de deux planches par semaine, Mitacq fera régulièrement appel à René Follet, moins surchargé que lui, qui l'aidera en réalisant des crayonnés de planches.

Cette collaboration commence vers 1963, avec la 4e aventure de Le Gall, La Déesse noire[5], se poursuit avec la seconde moitié du 5e album, Le Secret des templiers[6], et enfin en 1966 avec le 6e et dernier Le Gall, Les Naufrageurs, où les vingt premières pages sont cosignées Follet + Mitacq[7]. L'encrage final de Mitacq sur ces différentes planches crayonnées ne gommera pas totalement le travail de Follet. Son style, les poses et attitudes des personnages, les visages, restent reconnaissables malgré le travail de mise à l'encre.

Lorsque la série Jacques Le Gall cesse, jugée trop classique pour la nouvelle formule du journal Pilote, Mitacq lance alors dans Le Journal de Spirou Stany Derval, reporter de télévision. Pour Le Trésor de Montorgueil, première histoire de Derval, parue en 1968, Follet réalise quelques crayonnés[8]. En 1973 sur Les Galops de l'enfer, il cosigne à nouveau avec Mitacq les planches 7 à 10, et 12 à 33[9].

VanceModifier

René Follet et Vance ont habité longtemps le même quartier de Bruxelles, à Uccle, jusqu'à ce que ce dernier parte s'installer en Espagne. Leur collaboration commence dans les années 1970, sur les séries Bob Morane, Bruno Brazil, puis plus tard ce sera Bruce J. Hawker et les deux volumes du Marshall Blueberry. Follet fournit des crayonnés, des esquisses, des études préparatoires pour certaines cases. Vance va retravailler ces crayonnés, changer la composition, le cadrage, ce qui uniformise le style graphique de l'album, mais fait disparaître l'apport de Follet : contrairement aux collaborations avec Mitacq, ces collaborations ne seront jamais mentionnées dans les albums.

Les romans illustrés et les collaborations extérieuresModifier

RomansModifier

À l'époque, les hebdomadaires de bandes dessinées publient encore régulièrement des romans qui s'étalent parfois sur plusieurs mois, et qui sont illustrés tour à tour par les différents dessinateurs du journal : pour Tintin, ce sont plus d'une dizaine de romans qui sont ainsi illustrés entre 1952 et 1960. Pour son premier roman, René Follet prend la suite de Paul Cuvelier sur le western Texas Slim d'Artigues. Suivent notamment deux romans sur des scénarios de Jean-Michel Charlier, Samouraïs du soleil noir et surtout Tempête à l'Ouest, une histoire de cow-boys, dont l'intrigue sera réutilisée quelques années plus tard par Charlier pour les premiers albums de la série Blueberry. Enfin chez Casterman, il illustre des romans et des biographies pour les collections ''Tous frères'', ''Les Albums de l'âge d'or'' et ''Le Rameau vert''. Follet illustre seulement deux romans pour Spirou, sur des scénarios d'Yves Legros (Xavier Snoeck) : en 1953, Les Compagnons de l'Amazonie, et en 1966, Aile rouge contre Étoile Bételgeuse. En 1962, il collabore à une autre publication des éditions Dupuis, Bonnes Soirées, et y réalise, sous le pseudonyme de « Ref », des illustrations pour des nouvelles et des romans (dont Le Comte de Monte Cristo en 48 fascicules, en collaboration avec Jijé). En 1953, il retrouve Jean-Jacques Schellens, devenu entre-temps directeur littéraire des éditions Marabout, et il illustre des romans pour leur nouvelle collection destinée aux adolescents : Marabout Junior. Pour les éditions Hachette, il illustre des livres éducatifs sur l'apprentissage de la langue française. Pour Claude Lefranc, il crée des bandes dessinées et illustre des livres sur les aventures d'Edmund Bell de John Flanders

CaravaneModifier

À partir d', le bimestriel Vivante Afrique, la revue des Pères blancs missionnaires, inclut dans ses pages un nouveau supplément couleur destiné aux plus jeunes : « Caravane ». Ces pages contiennent à chaque numéro, une ou deux histoires ayant pour cadre l'Afrique : L'Évêque volant, Son enfant va mourir, La Chasse au porc-épic, etc. Follet va y réaliser pendant plusieurs années des dizaines de numéros, avec de superbes illustrations pleines pages en couleur, pour la couverture ainsi que pour la triple page centrale. Parmi les albums, on peut trouver Le Docteur Lumière (à propos du Père Jean-Louis Goarnisson), Casterman, Paris 1960, dont le Père blanc Armand Duval est l'auteur.

Le marché néerlandaisModifier

PEPModifier

De 1964 à 1970, Follet collabore régulièrement à un nouvel hebdomadaire néerlandais de B.D., Pep. Il y réalise des illustrations pour des récits, dont deux illustrations de romans de Jack London : L'Appel de la forêt et Pittah le loup gris.

EPPOModifier

Ensuite de 1975 à 1982, il travaille pour l'hebdomadaire néerlandais Eppo. Follet y crée Steven Severijn qui reste à ce jour sa plus longue série de B.D. puisqu'elle compte neuf albums, scénarisés successivement par Yvan Delporte, Jacques Stoquart et Gérard Soeteman. Les trois premiers albums sont publiés par Glénat, et les six derniers sont restés longtemps inédits en français, jusqu’à la parution de l’intégrale de la série par les éditions BD Must en [10]. Il s'agit de De dertiende valk (Le Treizième faucon), De jacht van de E-5 (la Mission du E-5), De dochter van de grootvorst (La Fille du grand-duc), Rozen voor Mata Hari (Des roses pour Mata-Hari), De cirkel der gerechtigheid (Le Cercle de justice) et Cowboys en maffia (Cowboys contre mafia). Steven Severijn s'arrête lorsque Follet se rend compte du peu de succès que la série rencontre auprès du public.

PublicationsModifier

Bibliographie complète[11]

IllustrationsModifier

René Follet a réalisé de nombreuses couvertures et illustrations pour des aventures de Bob Morane, ainsi que pour l'intégrale de Bob Morane, publiés par les éditions Ananké et Lefrancq[12].

CouverturesModifier

Bandes dessinéesModifier

En albumsModifier

En revuesModifier

ParticipationsModifier

DiversModifier

  • Pochette du CD Bob Morane. Le Masque de jade (collection "la BD en CD" – éditions "Big Beat Records/Lombard")
  • 1999 : Affiche du spectacle de Vincent Cuvellier : La mer m'a dit
  • 2001 : Affiche du court métrage de Patrice Bauduinet : Bon Appétit
  • 2003 : Affiche du film de Carlos Alvarez : Deux aller simple pour Bobadilla
  • 2006 : Affiche du court métrage de Psyché Piras : Sirène de lune
  • 2006 : pochette du CD : Jean-Sébastien Bach, Triptyque par l'ensemble "La Cetra d'Orfeo"
  • 2007 : pochette du CD : Folias, Folies Baroques par l'ensemble "La Cetra d'Orfeo"

RécompensesModifier

Notes et référencesModifier

  1. « Disparition de René Follet », actuabd.com, 14 mars 2020.
  2. « René Follet : la disparition d'un dessinateur exemplaire et exceptionnel ! », sur RTBF Info, (consulté le 2 juin 2020).
  3. Didier Pasamonik, « Décès de René Follet, un dessinateur vigoureux et un grand illustrateur », sur https://www.actuabd.com, ActuaBD, (consulté le 18 octobre 2020)
  4. Gilles Ratier, « René Follet, le flamboyant… (2ème partie) », sur bdzoom.com, (consulté le 10 juin 2019)
  5. Tout Mitacq T.13, Jacques Legall, le randonneur de l'aventure p. 56, Une aventure aux indes, éd. Dupuis 1996
  6. Tout Mitacq T.14, Jacques Legall, Les trésors cachés p. 135, Le secret des templiers, éd. Dupuis 1997
  7. Tout Mitacq T.13, Jacques Legall, le randonneur de l'aventure p. 104 à 106, Un travail à quatre mains, éd. Dupuis 1996
  8. Tout Mitacq T.9, Stany Derval, à la recherche de l'insolite p.4, éd. Dupuis 1994
  9. Tout Mitacq T.9, Stany Derval, à la recherche de l'insolite p. 102, éd. Dupuis 1994
  10. Gilles Ratier, « L’intégrale de «Steve Severin» de René Follet en 9 albums noir et blanc, à paraître en septembre chez BD Must ! », bdzoom.com, (consulté le 7 décembre 2013)
  11. René Follet, un rêveur sédentaire de Jozef Peeters (éd. l'Age d'Or, 2006)[réf. incomplète]
  12. À propos de Bob Morane et de Signe de piste, entretiens de Pierre Joubert, René Follet, Emmanuel Lepage, William Vance et Henri Vernes, par Stephan Caluwaerts et Michel Jacquemart, éditions Nautilus, 2001.
  13. René Follet (int. par Jean-Pierre Fuéri), « Pleins Feux sur Follet », BoDoï, no 57,‎ , p. 10.
  14. « Les Voyages d’Ulysse » d’Emmanuel Lepage : Grand Prix de la Critique ACBD 2017 !

AnnexesModifier

Association des Amis de René Follet - AARFModifier

  •  : à l'initiative d'une poignée de collectionneurs, l'association des Amis de René Follet est créée. Son objectif est alors triple : diffuser l’œuvre de René Follet, par l'édition de livre. Promouvoir le talent de cet artiste en organisant des expositions. Enfin, fédérer les amateurs.
  •  : publication de l'ART BOOK - Du crayon au pinceau.
  •  : publication de l'ART BOOK - Hommages aux grands de la Bande Dessinée. Cet Art-Book propose une immersion dans le travail de René Follet, et présente des hommages rendus aux grands de la bande dessinée. Avec humilité, humour, et talent, près de 70 illustrations et dessins rendent hommage à 29 auteurs majeurs (Jacobs, Franquin, Vance, Will, Deliège, Gibrat, Roba, Pratt, Gir, …).

DocumentationModifier

Liens externesModifier