Michel d'Ornano

personnalité politique française

Michel d’Ornano
Illustration.
Fonctions
Ministre de l'Industrie
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Jacques Chirac
Raymond Barre
Gouvernement Chirac (1)
Barre (1)
Prédécesseur Yves Guéna
Successeur René Monory
Ministre de la Culture et de l'environnement
Gouvernement Barre (2)
Prédécesseur Françoise Giroud
Successeur Jean-Philippe Lecat
Ministre de l'Environnement et du Cadre de vie
Gouvernement Barre (3)
Prédécesseur Lui-même (Ministre de la Culture et de l'environnement)
Successeur Michel Crépeau
Ministre de la Culture et de la Communication
Gouvernement Barre (3)
Prédécesseur Jean-Philippe Lecat
Successeur Jack Lang
Député de la troisième circonscription du Calvados
Prédécesseur André Plantain
Successeur Élection à la proportionnelle
Député du Calvados
Député de la quatrième circonscription du Calvados
Prédécesseur Élection à la proportionnelle
Successeur Nicole Ameline
Président du Conseil général du Calvados
Prédécesseur Robert Bisson
Successeur Anne d'Ornano
Maire de Deauville
Prédécesseur Robert Fossorier
Successeur Anne d'Ornano
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Paris, Seine, France
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Garches, Hauts-de-Seine, France
Nationalité française
Parti politique RI (1967-1978)
UDF (1978-1991)
Conjoint Anne d'Ornano
Enfants Catherine d'Ornano et Jean-Guillaume d'Ornano
Résidence Calvados

Michel d'Ornano, né le à Paris et mort le à Garches[1],[2], est un homme politique français.

BiographieModifier

Issu d'une famille noble d'ancienne extraction (1470), descendant de Marie Walewska et du maréchal d'Ornano, fils de Guillaume d'Ornano (1894-1985), cofondateur des parfums Lancôme, Michel d'Ornano commence, après une scolarité au lycée Carnot et des études de droit, une carrière d'industriel du parfum, avec son père et son frère, Hubert, en créant la société Jean d’Albret-Orlane.

Il s'engage en politique en 1962 en accédant à la mairie de Deauville, lieu de villégiature de ses parents. Il devient ensuite député de 1967 à 1991 et laissera son siège à son suppléant Jacques Richomme lorsqu'il sera nommé au gouvernement. Il sera aussi membre (1976) et président (1979) du conseil général du Calvados, et enfin président du conseil régional de Basse-Normandie (1983) dont il a été éphémèrement le premier en 1974 avant d'être nommé ministre. La région lui doit alors la desserte Paris-Caen-Cherbourg par turbotrain, l'implantation de l'accélérateur de particules GANIL à Caen et la construction de l’autoroute de Normandie, ainsi que le Festival du cinéma américain de Deauville.

Surnommé le « Duc de Normandie », il crée autour de lui un clan qui fait de lui l'homme fort de la Basse-Normandie pendant 30 ans. Il installe sa femme, Anne d'Ornano, à la mairie de Deauville en 1977, parraine les engagements politiques locaux comme ceux de son suppléant à l'Assemblée Nationale de 1974 à 1981 Jacques Richomme à Troarn. Frappé par le cumul des mandats, il propose en 1986 la présidence de région à René Garrec. À sa mort en 1991, sa suppléante Nicole Ameline devient députée, tandis que sa femme reprend la présidence du conseil général du Calvados.

Sur le plan national, il est un ami fidèle de Valéry Giscard d'Estaing. Il fonde avec ce dernier les Républicains indépendants (RI), puis adhère à l’UDF. Il est son directeur de campagne pour l'élection présidentielle de 1974[3]. Cela lui vaudra d'être ministre durant toute la présidence de celui-ci, aux portefeuilles successivement de l'Industrie et de la Recherche, des Affaires culturelles, et de l'Environnement et du cadre de vie.

Au ministère de l'Industrie, il met en place le programme du nucléaire civil en France. Il persuadera Valéry Giscard d'Estaing du bien fondé du programme Ariane Espace qui verra le jour grâce à son action et celle de son directeur de cabinet de l'époque Jacques Darmon.

Pour les élections municipales de 1977, Michel d'Ornano est désigné par Valéry Giscard d'Estaing en novembre 1976 candidat à la mairie de Paris. Deux mois plus tard, Jacques Chirac, se déclarera à son tour sous les couleurs du tout nouveau RPR[4]. Ce premier duel entre RPR et Républicains indépendants préfigurera celui en 1981 entre Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing. Michel d'Ornano arrête son choix sur le 17e arrondissement, acquis depuis toujours à la droite, dans lequel il affronte le docteur Bernard Lafay, sénateur RPR de l’arrondissement âgé de 73 ans, qui meurt d'une crise cardiaque au cours de la précampagne électorale. Dans un geste élégant, Michel d'Ornano se désiste en faveur de Philippe Lafay, fils du défunt sénateur, et se présente dans le 18e, fief acquis à la gauche. Il est battu sans surprise par la liste de gauche conduite par le député communiste Louis Baillot, sur laquelle figurent Lionel Jospin et Claude Estier.

En , alors qu'il est ministre de la Culture, il fait censurer 17 films à la Quinzaine du cinéma homosexuel dont Un chant d'amour de Jean Genet[5]. Mais il double les crédits d'équipement des musées et fera voter la transformation de la gare d'Orsay en Musée d'Orsay dans la loi de programme de 1978[6].

Lors de la première cohabitation, le chef du gouvernement Jacques Chirac refuse à Valéry Giscard d'Estaing le poste de ministre de l'Économie et des Finances et lui propose à la place le ministère de la Justice, qu'il décline. Chirac propose alors à d'Ornano la Justice, qu'il refuse à son tour, en expliquant à Chirac qu'il y a "deux raisons. Je ne veux pas de compensation au fait que Giscard ne rentre pas dans le gouvernement. Et je sais bien qu'il n'y aura pas de partage des responsabilités dans ce gouvernement, puisque tu as pris pour ton parti, le RPR, les Finances, l'Intérieur, les Affaires étrangères, c'est-à-dire les trois postes de commande, ce qui ne s'est jamais vu sous la droite au cours de la Vème République"[7].

Il a également été vice-président de la Socpresse.

Le , à Saint-Cloud, en sortant du café « Le Cloud de cœur » où il avait rendez-vous avec Robert Hersant, il est renversé par une camionnette de livraison. Il meurt à l'hôpital Raymond-Poincaré de Garches quelques instants après[8],[9].

En 2017, Anne d'Ornano fait don de ses archives politiques personnelles et de celles de son mari aux archives départementales du Calvados[10].

Mandats politiquesModifier

Fonctions ministériellesModifier

OuvragesModifier

  • Une certaine idée de Paris (1976)
  • La Manipulation des médias (1983)

Dans la fictionModifier

HommageModifier

Le stade de la ville de Caen porte son nom depuis son inauguration le , en hommage à son grand rôle dans ce projet en tant que président du conseil général du Calvados.

Notes et référencesModifier

  1. fraternelle.org
  2. https://www.humanite.fr/1991-03-09_Articles_-MORT-ACCIDENTELLE-DE-MICHEL-D-ORNANO-PS-L-ANALYSE-D-EDWIGE
  3. Raphaël Proust, « 1974, Giscard peopolise la campagne de la droite », slate.fr, 18 avril 2012.
  4. Jean Tiberi, « 1977, Chirac conquiert Paris », sur vsd.fr, (consulté le 3 juillet 2020)
  5. http://www.hexagonegay.com/region/paris70-associations.html
  6. « Michel d'Ornano », sur www.culture.gouv.fr (consulté le 3 juillet 2020)
  7. Favier, Pierre, (1946- ...)., La décennie Mitterrand. 2, Les épreuves : 1984-1988, Editions Points, dl 2016, cop. 1991 (ISBN 9782757857991 et 2757857991, OCLC 941084320, lire en ligne)
  8. « Il y a 20 ans disparaissait Michel d'Ornano... - L'essentiel de l'actualité sur Caen et le Calvados avec Nostalgie », sur canalblog.com, (consulté le 3 novembre 2014).
  9. « Archives - lesoir.be », sur lesoir.be, (consulté le 3 novembre 2014).
  10. « 9 juin 2018. Journée internationale des Archives. Les Femmes à l’honneur ! Anne d’Ornano fait don de ses archives », sur calvados.fr, (consulté le 2 avril 2020).

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier