Liste de massacres de la guerre civile syrienne

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La guerre civile syrienne en cours, qui a débuté en 2011, est le théâtre de nombreux massacres.

En 2013, une commission de l'ONU chargée d'enquêter sur les violations des droits humains en Syrie confirme au moins neuf massacres délibérés, dans la période allant de 2012 jusqu'à la mi-juillet 2013. Le gouvernement syrien est désigné comme l'auteur présumé de huit de ces massacres, et l'opposition insurgée du neuvième. Ce décompte occidental est contesté par les forces loyalistes[1],[2].

Human Rights Watch a documenté des attaques menées sans discernement par des groupes d’opposition armés : des exécutions extrajudiciaires, des enlèvements et des actes de torture. Des combattants étrangers et des groupes djihadistes ont commis certains des pires abus. L'ONG révèle aussi que les groupes djihadistes ont commis en Syrie, de plus en plus de violations graves des droits humains.[3].

Sommaire

Estimations générales des décèsModifier

Près d'un an après le début du conflit, Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'Onu chargé des affaires politiques annonce que « des informations crédibles font état d'un bilan désormais souvent supérieur à cent civils tués par jour, dont de nombreuses femmes et des enfants ». Le 28 février 2012, le bilan des victimes non-combattantes de la guerre en Syrie était déjà évalué à plus de 7 500 morts civils[4].

Après trois années de guerre, et selon le site internet des Martyrs de l'opposition syrienne (Conseil national syrien), le nombre total de décès dans ce conflit est évalué à 105 816 (mise à jour au 8 mai 2014). Les civils payent le plus lourd tribut avec 83 145 victimes (dont 856 civils étrangers) soit 79 % de l'ensemble des victimes[5].

L'ensemble des décomptes et estimations évoluent à ce jour, d'environ 100 000 à plus de 160 000 victimes (militaires et civils) pour l'ensemble de l'actuelle guerre de Syrie :

Sources Victimes Période
Fondation XXIe siècle (ncfpeace.org) 100 678 décès[6] 1er mai 2012 – 31 janvier 2014
Réseau syrien pour les droits de l'homme (sn4hr.org) 124 927 décès[7] 15 mars 2011 – 31 mars 2014
Centre des violations en Syrie (vdc-sy.org) 109 192 décès[8],[9] 15 mars 2011 – 7 mai 2014
Conseil national syrien (syrianshuhada.com) 105 816 décès[10] 15 mars 2011 – 8 mai 2014
Observatoire syrien des droits de l'homme (syriahr.com) 162 402 décès[11]
(150 344 en mars)[12];
15 mars 2011 – 15 mai 2014
Graphique des décès hebdomadaires
 
Nombre total de décès au cours du conflit syrien, du 18 mars 2011 jusqu'au 18 octobre 2013. Base de données Syrianshuhada.com du Conseil national syrien (Syrian National Council)

Il est utile de préciser que certaines sources comptabilisent une partie des combattants de la rébellion, comme des civils. De plus, les multiples défections et changements de camps compliquent encore les décomptes. Il est ainsi difficile de déterminer avec précision le nombre réel de « combattants armés » décédés et celui des vraies victimes civiles (non combattantes)[13].

Massacres et exactions du régime syrienModifier

Torture et morts en détentionModifier

En janvier 2014, trois anciens procureurs internationaux publient un rapport dans lequel ils affirment que 11 000 prisonniers ont été exécutés ou torturés à mort dans les prisons du régime syrien. Le rapport, commandé par le Qatar, allié de la rébellion, se base sur le témoignage d'un déserteur surnommé « César ». Ce dernier, un photographe ayant déserté la police militaire syrienne, avait fourni 55 000 photos numériques, dont 27 000 sont authentifiées par l'ONU et des ONG et quelques-unes rendues publiques[14],[15],[16].

Selon l'OSDH, lors de l'année 2013, 2 389 personnes meurent dans les prisons et les centres de détention des services de renseignements syriens des suites de tortures et des conditions de détentions. De janvier à novembre 2014, le nombre des morts est de 1 917, dont 11 femmes et 27 enfants ou adolescents. 200 000 personnes sont détenues dans les prisons du régime syrien[17],[18].

Le 13 mars 2015, l'OSDH affirme que le nombre de détenus morts sous la torture est désormais d'au moins 12 751, dont 108 enfants, et qu'environ 20 000 autres prisonniers sont portés disparus[19].

Bombardements et barils d'explosifsModifier

Plusieurs milliers de civils meurent également dans les bombardements effectué par l'aviation syrienne et des hélicoptères qui larguent des barils d'explosifs. L'armée de terre syrienne tire des missiles balistiques sur des zones habitées. Human Rights Watch a enquêté sur neuf attaques menées en 2013, apparemment à l’aide de missiles balistiques, qui ont tué au moins 215 personnes, dont 100 enfants[3]. Selon OSDH, au cours de l'année 2014 au moins 6 553 civils ont été tués par les bombardements des avions et des hélicoptères du régime, dont 965 femmes et 1 814 enfants[20].

Selon un rapport d'Amnesty International publié le , les bombardements au baril d'explosifs largués par hélicoptère ont fait 11 000 morts parmi les civils depuis 2012[21],[22].

L'OSDH affirme avoir comptabilisé, pour les six premiers mois de l'année 2015, au moins 19 205 raids aériens et 10 423 barils largués par hélicoptères qui ont causé la mort d'au moins 2 916 civils, dont 665 enfants, et fait plus de 18 000 blessés. Les pertes infligées aux rebelles ont été d'au moins 1 213 tués et plusieurs milliers de blessés[23].

AutresModifier

Dans un rapport publié le 24 octobre 2014, le Réseau syrien des Droits de l'Homme affirme que 5 307 civils dont 518 enfants ont été tués en Syrie par des sniper du régime syrien[24].

Massacres et exactions de l'État islamiqueModifier

Selon le politologue Ziad Majed, 400 personnes, en majorité des rebelles sunnites, ont été exécutés en 2013 par l'État islamique en Irak et au Levant et 1 000 à 1 200 ont été faits prisonniers[25].

Selon l'OSDH, l'État islamique exécute au moins 2 154 personnes en Syrie entre le et le , dont 1 362 civils (principalement 930 membres de la tribu des Al Cheitaat), 529 soldats et miliciens du régime syrien, 137 rebelles syriens, y compris des djihadistes du Front al-Nosra et des Kurdes des YPG, et 126 de ses propres hommes pour tentative de désertion. L'OSDH estime cependant que le bilan réel est probablement plus élevé et évoque notamment plusieurs centaines de disparus dans les prisons de l'EI[26]

Estimations spécifiquesModifier

Enfants SyriensModifier

Concernant les seuls enfants, victimes du conflit syrien :

  • Pour la période de mars 2011 à la fin août 2013 :
    • Selon le centre de réflexion britannique " Oxford Research Group ", sur 113 735 morts civils et combattants recensés au total pendant l'actuelle guerre de Syrie, ce sont 11 420 enfants syriens (âgés de moins de 17 ans) qui ont été tués. Sur les 10 586 enfants dont la cause de la mort a été identifiée, l'étude précise :
      • 7 557 enfants, soit 71 % du total, ont été tués par des « armes explosives » (bombardements aériens, tirs d'artillerie, attentats à la bombe et voitures piégées);
      • 2 806 enfants, soit 26,5 % du total (un enfant sur quatre), ont été tués par des « tirs d'armes légères ». Et parmi eux figurent 389 abattus par des « tireurs embusqués » et 764 enfants « exécutés sommairement » (dont 112 avaient été torturés avant d’être exécutés);
      • Enfin 128 autres enfants auraient été touchés mortellement par armes chimiques.

L'étude ajoute qu'il y a deux fois plus de garçons décédés que de filles. Les adolescents ont été globalement plus visés que les enfants plus jeunes : « les garçons âgés entre 13 et 17 ans ont été les victimes les plus fréquentes des meurtres ciblés, que ce soit les tirs de snipers, les exécutions ou les tortures »[27].

  • Pour la période de mars 2011 à la mi-janvier 2014 :
    • Un rapport du Secrétaire général de l’ONU sur les enfants et le conflit armé en République arabe syrienne décompte plus de 10 000 enfants qui ont perdu la vie à cause des violences en Syrie. (Rapport du Conseil de sécurité S/2014/31 du 14 janvier 2014).
    • Selon l'UNICEF, ce sont plus de 11 000 enfants syriens qui ont perdu la vie, victimes de tirs perdus ou de ceux de tireurs embusqués, d'attentats, de bombardement de zones résidentielles, d'attaques contre les écoles et les hôpitaux, et aussi d'exécutions[28].
  • Pour la période de mars 2011 à la fin avril 2014 :
    • Le 8 mai 2014, le site web Syrianshuhada (Conseil national syrien) dénombrait 11 297 enfants de moins de 16 ans décédés[29] Sur cette base de données, pour les 12 à 16 ans, ce sont 300 à 400 enfants qui sont décédés pour chaque tranche d'âge. Pour les causes de la mort :
      • 8 129 enfants, soit plus de 70 % du total, auraient été touchés par des armes explosives (dont 6 602 par des tirs d'artillerie, 1 384 par des bombardements aériens, 143 par explosion);
      • 2 429 par balles, soit près de 22 % du total, (dont 732 enfants trouvés sans papier et 449 spécifiquement tués par des tirs de sniper);
      • et aussi, 110 par égorgement, 74 sous la torture, 63 par armes chimiques, 6 de l’explosion d'une mine, etc[30].

Chrétiens SyriensModifier

Avant la présente guerre, les chrétiens en Syrie représentaient 5 % de la population (soit environ un million de personnes). Selon les dires du Patriarche Laham, grand dignitaire chrétien de Syrie, 450 000 chrétiens avaient déjà été déplacés par le conflit, entre mars 2011 et décembre 2013. Une soixantaine d'églises avaient été détruites. Et près de 1 200 civils chrétiens avaient trouvé la mort en moins de trois années[31].

ONG et personnalitésModifier

Appel de personnalitésModifier

Dans une lettre ouverte publiée le 13 mars 2012, une cinquantaine de personnalités, anciens dirigeants politiques, prix Nobel de la paix et intellectuels ont appelé les membres du Conseil de sécurité des Nations unies à s'unir pour retirer au président syrien son « permis de tuer » : dans ce texte publié dans le Financial Times et dans Le Figaro, ces personnalités de plus de vingt-sept nationalités estiment que « les divisions au sein de la communauté internationale ont donné au gouvernement d'Assad un permis de tuer et demandent que ce permis lui soit maintenant retiré »[32].

Amnesty InternationalModifier

Le , Amnesty International rend public un rapport dénonçant un recours de grande ampleur à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements en Syrie par le gouvernement. L'ONG recense 31 méthodes de torture et d’autres formes de mauvais traitements attribuées aux forces de sécurité, à l’armée et aux milices progouvernementales connues sous le nom de shabiha[33].

Comité international de la Croix-RougeModifier

Le , Le Comité international de la Croix-Rouge a demandé instamment aux autorités syriennes et à toutes les autres parties au conflit d’observer une cessation quotidienne des violences afin de permettre l’acheminement rapide des secours humanitaires[34]. Le CICR a également rappelé à toutes les parties au conflit qu'elles étaient tenues de faire en tout temps la distinction entre les civils et les personnes participant aux hostilités et de respecter pleinement le droit international humanitaire[35],[36]. Le 3 septembre 2012, le président du CICR, Peter Maurer, s'est rendu en Syrie pour une mission de trois jours, avec pour objectif de renforcer l'action humanitaire du CICR et du Croissant-Rouge arabe syrien[37],[38].

Human Rights WatchModifier

Le , l'ONG américaine Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué les « méthodes de terre brûlée » utilisées par l’armée syrienne afin de tenter d'écraser la révolte qui perdure dans le pays. L'ONG basée à New York déplore que le Conseil de sécurité l'ONU soit bridé par la Russie et la Chine et considère qu’après un an de révolte populaire en Syrie « le Conseil de sécurité devrait enfin s'unir et signifier clairement à Assad que ces attaques doivent cesser »[39]. Le 20 mars 2012, Human Rights Watch a dénoncé dans un communiqué des crimes également commis par des groupes armés de l'opposition[40]

Liste chronologique des massacresModifier

2011Modifier

  • Les 29 et , à Deraa : au moins 48 civils sont tués lors des manifestations[41]. Et le jour suivant, dans le pilonnage de l'armée et les tirs de francs-tireurs, ce sont 6 civils qui périssent[42].
  • Le , à Homs : 21 personnes sont tuées dont deux soldats et au moins deux civils (un enfant et une infirmière)[43].
  • Le , à Jabal al-Zawiya : au cours de la première bataille de Djébel el-Zawiya, l'armée syrienne engage une offensive pour reprendre la région du Mont Zawiya, dans la province d'Idlib. Au cours de la journée, 11 civils villageois seront tués. Cette bataille durera du 28 juin au 7 juillet 2011[44].
  • Le , à Homs : 13 civils sont été tués par des tirs de l'armée syrienne[45].
  • Les 19 et , à Jabal al-Zawiya : Dans la seconde bataille de Djébel el-Zawiya, environ 100 civils et plusieurs dizaines de combattants seront tués par les forces de sécurité syriennes s'opposant à nouveau aux forces de l'opposition syrienne, dans les collines et les villages de Djébel el-Zawiya (au nord-ouest de Idlib). Alaa El Din Al Youssef, un membre de l'opposition syrienne à Idlib, a décrit l'attaque du gouvernement sur la zone d'Idlib et de Jabal al-Zawiya comme un massacre de 100 civils : « Les civils ont été encerclés par les forces de sécurité qui ont tué 100 d'entre nous. Les cadavres des personnes tuées ont été laissés dans les rues et les mosquées. » L'événement se serait produit à la suite d'une défection à grande échelle de plusieurs dizaines de soldats syriens dont certains auraient été exécutés. Le 20 décembre, les forces gouvernementales appuyées par des chars ont lancé une opération pour traquer les déserteurs qui ont réussi à s'échapper. En ce deuxième jour, ce sont 9 civils qui ont été tués. Le 21 décembre, l'armée loyaliste a fini par prendre le contrôle de larges pans de la province d'Idlib[46].

2012Modifier

  • Le , à Homs, plus de 57 civils (dont 35 dans le quartier de Baba Amr) ont été tués par les forces gouvernementales syriennes. Certains ont été emportés dans leurs maisons par de violents bombardements sur le quartier d'Inchaat[47].

Mars 2012Modifier

Le 9
  • Une opération de quatre jours est déclenchée par les forces loyalistes (armée, services de renseignement et milice Shabiha) contre le village d'Ayn l'Arouz (province d'Idlib). Ce sont 5 civils enfants qui y perdront la vie. Le premier jour s'achève avec 11 morts (dont 3 garçons de 15 à 17 ans). Le lendemain, un incendie ravage le village. Trente-quatre personnes, dont deux garçons de 14 et 16 ans et une fillette de neuf ans, sont alors capturés. Sur les 34 prisonniers, quatre, dont les deux garçons, sont abattus par balles (rapport de l'ONU rendu public le 12 juin 2012: "Les enfants dans les conflits armés")[48].
Le 10
  • Bataille d'Idleb : Les forces gouvernementales syriennes assiègent et bombardent la ville d'Idleb, l'un des bastions de la rébellion. Durant cette seule journée plus de 62 personnes ont été tuées en Syrie. Le 14 mars 2012, la ville d'Idleb est reconquise par les forces gouvernementales qui l'ont prise d'assaut, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 15 civils auraient été tués, 150 autres arrêtés. L'ONG syrienne affirme que « 23 corps portant des marques de torture d'une extrême violence ont été retrouvés près de Mazraat Wadi Khaled, à l'ouest de la ville d'Idleb »

De son côté, le Qatar a jugé qu'un cessez-le-feu était insuffisant et a dénoncé un « génocide » organisé par le gouvernement syrien. « Il y a un génocide systématique de la part du gouvernement syrien pendant que nous parlons en ce moment de cessez-le-feu », a déclaré le ministre qatari des affaires étrangères cheikh Hamad ben Jassem al Thani lors d'une réunion des ministres des affaires étrangères de la Ligue arabe avec le ministre russe des affaires étrangères Sergueï Lavrov[49]. Le ministre syrien de l'Information Adnane Mahmoud accuse « les gangs terroristes » d'avoir perpétré le massacre « en vue de susciter des réactions internationales contre la Syrie », accusant l'Arabie saoudite et le Qatar d'être « complices » de ces « gangs »[50].

Le 11
  • Homs (quartiers de Karm al-Zeitoun et Al-Adawiyé) : les corps de 47 civils (26 enfants et 21 femmes) sont retrouvés, mutilés ou carbonisés, dans les quartiers de Karm al-Zeitoun et Al-Adawiyé. Les deux camps s'accusent mutuellement d'êtres responsables du massacre ; les rebelles du Conseil national syrien désignent les forces loyalistes et principalement les Shabiha, tandis que le régime syrien attribue ces tueries à des « gangs terroristes »[51].
Le 14
  • La ville Idleb est reconquise par les forces gouvernementales qui l'ont prise d'assaut, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, 15 civils auraient été tués, 150 autres arrêtés. L'ONG syrienne affirme aussi que « 23 corps portant des marques de torture d'une extrême violence ont été retrouvés près de Mazraat Wadi Khaled, à l'ouest de la ville d'Idleb ».

Mai 2012Modifier

Le 16
  • Homs : selon l'OSDH, 15 civils sont exécutés par des soldats loyalistes dans le quartiers de Chammas[52].
Le 25

Juin 2012Modifier

Le 6

Juillet 2012Modifier

Le 12
  • Bataille de Tremseh : L'armée syrienne loyaliste s'oppose à l'armée syrienne libre dans le village de Tremseh (population sunnite entourée par des communautés alouites) à 35 kilomètres au nord-ouest de la ville de Hama (gouvernorat de Hama). Le 12 juillet 2012, des forces de l'armée syrienne entourent Tremseh et bombardent le village pendant toute la journée. Les observateurs onusiens ont témoigné de l'utilisation d'artillerie lourde, d'hélicoptères et de chars[60]. Des rapports ont indiqué qu'à la suite de cet assaut, des militaires et miliciens loyaux au régime se sont rués dans le village, mitraillant et poignardant les habitants, dont ceux s'efforçant de fuir les violences[60]. Un premier bilan a dénombré de 150[61] à 305 morts[62] Le nombre de morts varie de 103 civils (noms donnés par des sources de l'opposition) à 39 civils tués (selon le gouvernement assadiste).

Août 2012Modifier

Le 5
Du 20 au 25
  • À Daraya, ville majoritairement sunnite située à 7 kilomètres au sud-ouest de Damas (banlieue populaire de 200 000 habitants), des centaines de corps sont réunis dans la mosquée Abou Souleimane : Cinq jours plus tôt, une offensive loyaliste a commencé par des bombardements, puis l'armée est entrée dans la ville à l'assaut des rues et des caves. Ce sont plus de 300 corps de civils, dont ceux de femmes et d'enfants, qui auraient été retrouvés dans les seuls sous-sols qui servaient de refuges. Une partie des victimes auraient été tuées à bout portant. Plus de 500 cadavres ont été finalement retrouvés et enterrés dans la semaine du 25 août[64]. Les circonstances de leur mort restent floues et impossible à vérifier. Régime et opposition se sont rejetés la responsabilité du massacre. Daraya, l'année précédente, était l'un des points de départ des premières manifestations "pacifiques" contre le régime[65].

Septembre 2012Modifier

 
Victimes civiles de la guerre syrienne convoyées à l'hôpital de Alep, le 5 octobre 2012.
Le 8
  • Alep : selon l'OSDH, environ 20 soldats loyalistes syriens capturés à la caserne de Hanano sont fusillés par les rebelles[66].

Décembre 2012Modifier

Le 11

Janvier 2013Modifier

À la mi-janvier
  • Alep : selon l'OSDH et l'AFP, les corps d'au moins 68 civils, la plupart âgés d'une vingtaine d'années, sont retrouvés dans la rivière Qouweiq, dans le quartier de Boustane el-Kasr. Les corps sont exhumés par les rebelles qui accusent les forces loyalistes[70]. Selon Human Rights Watch, au moins 147 cadavres seront découverts dans la rivière d’Alep entre janvier et mars. Selon cette ONG : « les informations recueillies sur les lieux où ont été aperçues les victimes pour la dernière fois, indiquent que les exécutions ont très probablement eu lieu dans des zones contrôlées par le gouvernement, bien que les auteurs et leurs motivations ne soient pas connus »[71].

Mars 2013Modifier

Le 19
  • Premier massacre de Khan-Al-Asal : Au sud-ouest d'Alep, les rebelles syriens ont réalisé une attaque chimique au gaz toxique sur la localité de Khan-Al-Asal (province d'Alep). Le projectile et son contenu étaient récents mais "pas de fabrication industrielle". Ce sont au moins 25 civils morts et une centaine de blessés qui ont été dénombrés. Les rescapés eux-mêmes accusent les rebelles d’avoir commis cette attaque. La localité de Khan al-Assal est connue pour sa loyauté envers le régime assadiste. Tombée en février aux mains du Front Al Nosra, elle venait d’être reprise par l’armée arabe syrienne loyaliste (armée gouvernementale). Des experts russes ont recueilli des échantillons sur le site de l'attaque. Des preuves de l'utilisation de gaz sarin ont été transmises au secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon[réf. nécessaire].

Mai 2013Modifier

Du 2 au 3

Juillet 2013Modifier

Le 22

Août 2013Modifier

Le 4
Le 21
 
Victimes présentées comme provenant du massacre de la Ghouta (21 août 2013).
  • Massacre de la Ghouta : 322 civils (1 729 selon une autre source) sont tués près de Damas dans un bombardement à l'arme chimique au gaz sarin. Rebelles et Loyalistes s'accusent mutuellement d'être responsables de l'attaque. Des armes chimiques ont été saisies dans les deux camps :
    • Au début de juillet, les autorités turques ont arrêté des membres de l’opposition équipés de gaz sarin qui allaient franchir la frontière de la Syrie.
    • Le 9 juillet 2013, ce sont les autorités syriennes qui auraient saisi des substances toxiques (emplissant 280 tonneaux) dans une cache appartenant aux forces de l’opposition syrienne[79].
    • Le 11 avril 2014, dans la ville syrienne de Kafr al-Zeit (Kafrzita) (province de Hama, à 30 km de la ville de Hama), plusieurs barils de gaz de chlore (substance neurotoxique) auraient explosé, tuant au moins deux personnes et intoxiquant une centaine d'autres. Le gouvernement assadiste a accusé le groupe islamiste Front al-Nusra, lié à Al-Qaïda d'avoir eu recours à ce gaz toxique[80]

Le 24 avril 2014, Sigrid Kaag, chef de la mission conjointe de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) et des Nations unies explique que 92,5 % des armes chimiques de l'armée syrienne de Bachar el-assad avaient été retirées du territoire syrien ou détruites, et que seulement : « 7,8 % des armes chimiques se trouvent encore dans le pays »[81]

Pourtant en mai 2014, l’ONU, jugera toujours alarmants les divers rapports concernant de nouvelles utilisations de produits chimiques toxiques en Syrie. Stefan Duzharrik, son porte-parole, dira lors d'une conférence de presse : « Tous ces rapports sur l'utilisation des gaz ou des armes chimiques sont très inquiétants ».

Décembre 2013Modifier

Le 3
  • Les rebelles du front al-Nosra reprennent aux loyalistes, le contrôle de la ville historique chrétienne de Maaloula (parlé araméen, grand nombre d’églises et refuges troglodytiques datant des premiers siècles du christianisme). Puis les jihadistes prennent en otage 13 religieuses (qui ne seront libérées qu'en mars 2014, lors d’un échange de prisonniers). La population chrétienne et le Vatican sont en émoi face à cet acte de terreur. Le nombre de morts est imprécis[82].
Le 10
  • L'armée loyaliste reprend le contrôle de la ville de An-Nabk (Nabak) sur la route de Damas à Homs (à mi-distance). Dans un abri de Nabak, 17 civils (dont des enfants) ont été retrouvés morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH)[83].
Du 11 au 15
  • Massacre d'Adra : Dans le gouvernorat de Rif Dimashq, un groupe rebelle composé de combattants du Front islamique syrien et de Front Al-Nosra a infiltré la ville industrielle de Adra (au nord-est de Damas). Le groupe a attaqué des logements de travailleurs dans lesquels ont été massacrés au moins 32 civils alaouites, chrétiens, druzes et ismaélites. Certaines personnes ont été décapités[84]. Les tueries ont duré jusqu'au lendemain. Le département d’État américain a condamné les massacres en Syrie, prenant note et condamnant "le dernier rapport d'un massacre de civils à Adra"[85]. Le 30 décembre, d'autres rapports ont indiqué que l'armée syrienne a évacué 5.000 à 6.000 personnes de la ville d'Adra (20.000 habitants avant la guerre)[86],[87].

2014Modifier

2015Modifier

  • Le , à Rityan, près d'Alep : 48 personnes, dont 13 rebelles faits prisonniers, des civils, 5 femmes et 10 enfants sont exécutés par les hommes du Hezbollah et des miliciens pro-régime étrangers selon l'OSDH[121],[122].
  • Le , à Idleb : avant d'abandonner la ville à la suite de leur défaite lors de la bataille d'Idleb, les loyalistes exécutent 15 prisonniers dans un centre de détention[123],[124].
  • Le , à Majaoubé, dans le gouvernorat de Hama : les djihadistes de l'État islamique attaquent un village peuplé de sunnites, d'alaouites et d'ismaélites, et massacrent selon l'OSDH au moins 46 habitants, dont onze femmes et trois enfants. Ils exécutent également six militants pro-régime et enlèvent une cinquantaine de civils, sunnites pour la plupart mais aussi chiites ismaéliens[125],[126],[127],[128],[129],[130].
  • Le , à Manbij : selon l'OSDH, 10 personnes sont exécutées par les hommes de l'État islamique, dont quatre pour avoir tué un de leurs combattants, les autres pour complicité avec les forces du régime ou avec les groupes kurdes[131].
  • Le , à Jisr al-Choghour : battus à la bataille de Jisr al-Choghour, les membres des services du renseignement militaire du régime syrien exécutent 23 prisonniers avant de prendre la fuite[132].
  • Du 15 au , à Palmyre et Al-Soukhna : Des massacres sont commis par l'État islamique après la bataille de Palmyre. Selon l'OSDH, au moins 217 personnes sont exécutées; 67 civils, dont 14 enfants et 12 femmes, ainsi que 150 soldats, miliciens et agents du régime, tués par balles ou par décapitation[133],[134]. L'agence Sana affirme de son côté que les djihadistes ont massacré 400 civils, dont plusieurs dizaines de fonctionnaires, des femmes et des enfants[135].
  • Le , à Palmyre : selon l'OSDH, l'État islamique exécute par balles dans le théâtre romain, devant une foule rassemblée, 20 hommes accusés d'être des chiites ayant combattu pour le régime[136],[137]. Le 4 juillet, l'EI diffuse la vidéo de l'exécution de 25 prisonniers dans le théâtre romain, tués par balles par 25 adolescents[138].
  • Le , à Ariha : selon l'OSDH, 13 soldats ou miliciens loyalistes sont exécutés après la prise de la ville par les rebelles de l'Armée de la Conquête[139].
  • Le , à Qalb Loze, dans le gouvernorat d'Idleb : 20 villageois druzes, dont des vieillards et un enfant sont tués par des combattants du Front al-Nosra selon l'OSDH. Cette tuerie fait suite à une altercation entre un habitant du village qui avait combattu dans les rangs loyalistes et un djihadiste venu lui saisir sa maison. Un homme du Front al-Nosra est également tué dans la fusillade[140]. Le 13, le Front al-Nosra reconnaît l'implication de certains de ses hommes et affirme que ces derniers seront sanctionnés : « Des éléments d'al-Nosra ont participé à l'incident de Qalb Lozé sans l'aval de leurs dirigeants. Nous allons les sanctionner car ce qui s'est passé est une faute injustifiée, et le village est sous notre protection »[141].
  • Du 25 au , Massacre de Kobané : une centaine de djihadistes de l'État islamique s'infiltrent dans la ville de Kobané et massacrent 223 à 262 civils kurdes[142],[143].
  • Le , près de Damas, Jaysh al-Islam diffuse la vidéo de l'exécution de 18 hommes de l'État islamique, tués par balles. Celle-ci est réalisée en représailles à d'autres vidéos de l'EI où des combattants de Jaysh al-Islam étaient mis à mort. Les prisonniers sont vêtus d'habits noirs tandis que les bourreaux sont vêtus des mêmes combinaisons orange dont sont vêtus les captifs de l'EI[144],[145].
  • Le , à Douma : des bombardements du régime font au moins 117 morts et 250 blessés, en grande majorité des civils, c'est le raid le plus meurtriers du régime depuis le début de la guerre[146],[147],[148],[149]
  • Du 9 au , à Abou Douhour : après la bataille d'Abou Douhour, les islamistes du Front al-Nosra et du Parti islamique du Turkestan exécutent au moins 71 soldats du régime selon l'OSDH[150],[151],[152],[153].

2016Modifier

  • Le , à al-Zara : des combattants du Front al-Nosra s'empare d'un village alaouite dans le gouvernorat de Hama. Selon l'OSDH, 19 civils sont tués par les assaillants, dont six femmes. Huit miliciens loyalistes sont également tués lors du combat[154].
  • Le , à Alep : selon l'ONU, au moins 82 civils, dont 11 femmes et 13 enfants ont été sommairement exécutés dans quatre quartiers — Boustane al-Qasr, Kallassé, Ferdous et Salhine — par des troupes pro-régime, et notamment par des miliciens chiites irakiens du Harakat Hezbollah al-Nujaba[155],[156].

2017Modifier

RéférencesModifier

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Liens internesModifier

Liens externesModifier