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Kyūshū

troisième plus grande île du Japon

Kyūshū
九州 (ja)
Vue satellite de Kyūshū.
Vue satellite de Kyūshū.
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Archipel Archipel japonais
Localisation Océan Pacifique
Coordonnées 33° N, 131° E
Superficie 35 640 km2
Point culminant Kujū-san (1 791 m)
Géologie Île continentale
Administration
Préfectures Fukuoka, Kagoshima, Kumamoto, Miyazaki, Nagasaki, Ōita, Saga
Démographie
Population 13 020 727 hab. (2015)
Densité 365,34 hab./km2
Plus grande ville Fukuoka
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+9

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Kyūshū
Kyūshū
Îles au Japon

Kyūshū (九州?) est la plus méridionale des quatre îles principales du Japon, la troisième par sa taille. Elle est considérée comme le lieu de naissance de la civilisation japonaise.

Le nom signifie neuf () provinces () et évoque les anciennes provinces existantes avant la création des préfectures actuelles en 1871 : Chikuzen, Chikugo, Hizen, Higo, Buzen, Bungo, Hyūga, Satsuma et Ōsumi.

HistoireModifier

Dans l'antiquité, elle était nommée « tsukushi no shima » (筑紫島・筑紫洲?), notamment dans le Kojiki et le Nihon Shoki.

Au IIIe siècle, le Gishi-Wajin-Den (ja) (魏志倭人伝?), explique que cette région insulaire était composée de petits pays, (Itokoku (ja) (伊都国?), Nakoku (奴国?)etc.).

À l'époque des neuf provinces qui donnèrent son nom actuel à l'île, celle-ci s'appelait Saikaidō (西海道, Route de la mer de l'Ouest?). C'était l’extrémité sud-ouest du Japon, le Royaume de Ryūkyū n'ayant été annexé qu'en 1879. À l'extrémité opposée d'Honshu se situait alors Hokkaidō (北海道, Route de la mer du Nord?). Il existait également Nankaidō (南海道, Route de la mer du Sud?) qui correspond aujourd'hui aux îles de Shikoku et d'Awaji ainsi que la presqu’île de Kii.

Tout au long de son histoire l’île a été profondément influencée par des civilisations étrangères comme celles de la Chine et de la Corée ; par exemple la région autour de Hirado a traditionnellement été un lieu de rencontre pour des commerçants et des pirates.

Au XVIe siècle sont arrivés des missionnaires catholiques et des commerçants portugais et leur présence à Hirado et Nagasaki a transformé ces ports en centres commerciaux pour les commerçants étrangers. La croyance catholique selon laquelle tous les hommes sont égaux ne s’accordait pas avec la structure politique du Japon, et après avoir formé un royaume libre pendant la période du daimyō Oda Nobunaga les missionnaires ont été peu à peu obligés de partir, jusqu’à ce que finalement pendant l’ère Tokugawa le christianisme fût interdit sous la politique Sakoku instaurée sous la période Edo.

L'Édit Sakoku de 1635, en plus d’interdire le christianisme et aux Japonais de quitter le territoire, interdit le commerce extérieur. Seuls les commerçants de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et les commerçants chinois étaient autorisés à commercer à Dejima, une île artificielle dans la baie de Nagasaki, et les chinois dans le quartier de Tojin Yashiki de la ville[1]. Toutefois les commerçants chinois étaient aussi autorisés dans le Royaume de Ryûkyû et les coréens dans le domaine de Tsushima (actuelle préfecture de Nagasaki). Cet isolationnisme de près de 200 ans a ainsi permis aux cultures occidentales et chinoises de se mélanger à la culture locale[2]. Nagasaki garde encore son quartier chinois (au sens de colonie de personnes originaires de Chine) et compte aussi des églises catholiques dans sa population.

Le Kirishitan (le christianisme japonais (キリシタン)) a continué d’exister dans la clandestinité. Ces kakure Kirishitan (chrétiens cachés 隠れキリシタン) étaient obligés de fouler aux pieds des images de la Vierge Marie et d’autres saints pour certifier qu’ils n’étaient pas chrétiens[3].

En même temps qu’étaient exilés les missionnaires catholiques les commerçants des pays catholiques ont été obligés de quitter le pays, en emmenant avec eux leurs enfants métis mi-japonais mi-européens obligés eux aussi d’abandonner le pays. La majorité de ces personnes extradées a été envoyée à Jakarta en Indonésie et leurs actuels descendants rappellent encore des textes, témoignages émouvants de ces personnes sur la façon dont elles avaient été expulsées par mer depuis leur pays natal.

En 1848 le capitaine James Glynn conduit à Nagasaki la première négociation fructueuse avec le Japon sur son ouverture au monde extérieur. Puis pendant la restauration Meiji les villes de Nagasaki et Sasebo sont devenues les plus grands ports maritimes de commerce extérieur, et c’est là aussi que se situaient les plus grands chantiers navals militaires et les plus grandes bases de la marine japonaise jusqu’à la Deuxième Guerre mondiale. Le un bombardier américain a lâché une bombe atomique sur Nagasaki[4].

Plusieurs chantiers navals sur l'île dont celui de Nagasaki ainsi que la mine de charbon d'Ha-shima au large de Nagasaki ont été inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2015 car ils illustrent la Révolution industrielle du Japon de l’ère Meiji. Et les « Sites chrétiens cachés de la région de Nagasaki », illustrant la chasse aux chrétiens imposée par le sakoku y furent inscrits à leur tour en 2018[5].

GéographieModifier

L'île est montagneuse et possède le plus grand volcan actif du Japon, le mont Aso, qui culmine à 1 592 m.

La ville principale de l'île est Fukuoka qui possède un port et un centre important d'industries lourdes, Kitakyūshū et Ōmuta sont aussi des centres industriels. Cependant, Nagasaki est le plus grand port de l'île. À Kyūshū se situe aussi le Centre spatial de Tanegashima (JAXA) qui est le plus grand des deux centres spatiaux du Japon[6].

Kyushu est particulièrement intéressante pour ses ressources naturelles : les volcans de Sakurajima tout au sud de l'île ou le mont Aso au centre, l'un des plus grands caldeiras du monde[7]. La ville de Beppu sur la côte est de l'île est connue pour ses bains chauds de source volcanique[8]. La presqu'île d'Aoshima, entourée de rochers découpés en strates, est une curiosité naturelle étonnante tout au sud de l'île.

Découpage administratifModifier

 
Carte de l'île.

Kyūshū est composée de huit préfectures, dont sept sur l'île elle-même[9]:

ÉconomieModifier

Kyūshū a un climat subtropical. Les productions principales sont le riz, le thé, le tabac, les patates douces et le soja, sans oublier la soie. C'est d'ici que la culture du riz, venue de la péninsule coréenne, aurait été introduite dans l'archipel dix siècles avant notre ère[réf. nécessaire]. L'île possède, aussi, deux types de porcelaine renommées : Satsuma et Imari[10]. Et le tourisme est aussi très présent sur l'île (écotourisme, tourisme culturel...)[11].

Quant à l'industrie, principalement automobile, elle se concentre au nord de l'île, autour des villes de Fukuoka, Kitakyushu, Nagasaki, et Oita[12].


TransportModifier

RailModifier

La compagnie JR Kyushu est la principale compagnie ferroviaire de l'île.

Le Shinkansen Kyūshū traverse l'île dans un sens nord-sud de Fukuoka à Kagoshima et le Shinkansen Sanyō s'arrête à Kitakyushu et Fukuoka (le terminus de cette ligne).

Les tunnels de Kanmon (avec le pont homonyme) relient Kyūshū à Honshū par différents moyens de transport (train, voiture, vélo...)

AvionModifier

Kyūshū est desservie par des vols en provenance des grandes villes japonaises (Tōkyō, Sapporo...), de l'Asie (Séoul, Pekin, Singapour...) et de l'Europe (Amsterdam).

L'aéroport de Fukuoka est le plus important de Kyūshū.

BateauModifier

Plusieurs lignes de ferry quotidiennes arrivent à Kyushu que ce soit au départ de Shikoku ou Honshu depuis Tokyo ou Osaka. Par exemple un trajet de Osaka à Beppu prendra une nuit complète en passant par la mer intérieure du Japon.

RéférencesModifier

  1. (en) « Tojin Yashigi Guide », sur japanvisitor.com (consulté le 2 mars 2019)
  2. (en) « Learn about history and culture in Kyushu », sur kyoiku.welcomekyushu.jp (consulté le 2 mars 2019)
  3. (en) Edward Hagemann, « The Persecution of the Christians in Japan in the Middle of the Seventeenth Century », Pacific Historical Review,‎
  4. « Japon : Hiroshima et Nagasaki, l'apocalypse en quatre actes », sur geo.fr (consulté le 2 mars 2019)
  5. « Nagasaki à nouveau sur la liste du Patrimoine Mondial de l’Unesco », sur tourisme-japon.fr (consulté le 2 mars 2019)
  6. (en) « Tanegashima Space Center », sur global.jaxa.jp (consulté le 2 mars 2019)
  7. (en) « Mount Aso », sur japan-guide.com (consulté le 2 mars 2019)
  8. « Beppu », sur tourisme-japon.fr (consulté le 2 mars 2019)
  9. (en) « Kyushu », sur japan.travel (consulté le 2 mars 2019)
  10. « Poterie et céramique dans le Kyushu », sur tourisme-japon.fr (consulté le 2 mars 2019)
  11. (en) « Kyushu Tourism Information [ Japan ] », sur welcomekyushu.com (consulté le 2 mars 2019)
  12. (en) « Fukoka: Industrial Cluster Information », sur .etro.go.jp (consulté le 2 mars 2019)

Voir aussiModifier

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