Jean II de Bourbon

militaire français

Jean de Bourbon
Description de cette image, également commentée ci-après
Jean II de Bourbon.
Détail d'une enluminure de Jean Fouquet ornant les Statuts de l'ordre de Saint-Michel, vers 1470.
Biographie
Titulature Blason duche fr Bourbon (moderne).svg duc de Bourbon
comte de Clermont
comte de Forez
Blason de l'Auvergne.svg duc d'Auvergne
baron de Roannais
prince de Dombes
Dynastie maison de Bourbon
Naissance
Décès
Moulins
Père Charles de Bourbon, duc de Bourbon
Mère Agnès de Bourgogne
Conjoint Jeanne de France
Catherine d'Armagnac
Jeanne de Bourbon
Enfants Jean de Bourbon
Louis de Bourbon
Mathieu de Bourbon
Charles de Bourbon
Hector de Bourbon
Pierre de Bourbon
Marie de Bourbon
Marguerite de Bourbon
Description de l'image Arms of Charles de Bourbon.svg.

Jean II, né en 1426, mort à Moulins le , fils de Charles Ier, duc de Bourbon, est comte de Clermont à partir de 1427 et devient duc de Bourbon en 1456.

Sous le règne de Charles VII, il participe aux derniers épisodes de la guerre de Cent Ans aux côtés de Jean de Dunois, la reconquête de la Normandie et la conquête de la Guyenne, notamment de Bordeaux, devenant gouverneur de Guyenne en 1453.

Disgracié par Louis XI, il prend part à la rébellion nobiliaire du Bien public (1465), puis revient au service du roi, notamment dans ses combats contre le duc de Bourgogne Charles le Téméraire, puis contre sa fille Marie de Bourgogne.

Il est nommé connétable de France par Charles VIII.

BiographieModifier

Origines familiales et titulatureModifier

Fils de Charles Ier, et d'Agnès de Bourgogne. il est aussi duc d'Auvergne, comte de Forez, baron de Roannais et prince de Dombes. Il fut aussi seigneur de Beaujolais[1], de Château-Chinon, de Trévoux, et de Thiers.

 
Sceau de Jean II de Bourbon. Sigillographie de l'ancienne Auvergne (XIIe – XVIe siècles), par Philippe de Bosredon - 1895.

Le règne de Charles VII (1422-1461)Modifier

Il commence par participer au siège de Metz en 1444.

La fin de la guerre de Cent Ans (1444-1453)Modifier

Il participe ensuite à la campagne de Normandie où il se révèle être un grand capitaine de guerre. En 1450, aux côtés de Jean de Dunois, il achève la reconquête de la Normandie tout entière.

Les années qui suivent sont consacrées, toujours avec Dunois, à la conquête de la Guyenne, qui se termine en 1453 par la prise de Bordeaux.

Gouverneur de Guyenne (1453-1461)Modifier

En récompense, il est nommé gouverneur de la Guyenne.

Il combat Jean V, comte d'Armagnac, en révolte contre le roi.

Il est chargé de la construction en 1455 du château Trompette, citadelle surtout destinée à surveiller une ville considérée comme insoumise, étant donné ses relations anciennes avec la couronne anglaise (la Guyenne ayant été tenue comme fief par les rois d'Angleterre depuis le XII).

Le règne de Louis XI (1461-1483)Modifier

La rébellion de Jean de BourbonModifier

Favori de Charles VII, il subit la haine de Louis XI après l'avènement de ce dernier. Louis XI lui retire le gouvernement de la Guyenne.

En 1465, il rejoint la Ligue du Bien public, formée par Charles de France, frère du roi, et participe à la guerre du Bien public (mai-octobre 1465).

Après la paix, Louis XI lui pardonne et le charge de reprendre la Normandie à Charles de France. En récompense, Jean II devient gouverneur du Languedoc.

Louis XI le nomme chevalier de l'Ordre de Saint-Michel dès la première promotion ([2]).

Il est également, comme son père, grand chambrier de France.

Les guerres contre l'État bourguignonModifier

Dans le conflit bourguignon, qui reprend à partir de 1471, il est chargé de défendre le front centre et sud face au duché de Bourgogne, détenu par les princes (cousins des rois de France) de la maison de Valois-Bourgogne[3] : Charles le Téméraire de 1467 à 1477, puis sa fille Marie, épouse de l'archiduc d'Autriche Maximilien, futur empereur.

Les ducs de Bourgogne, à la tête d'un ensemble constitué de territoires bourguignons (duché de Bourgogne, comté de Bourgogne, comté de Charolais, comté de Nivernais), alsaciens (Haute-Alsace), néerlandais (du comté d'Artois au duché de Luxembourg et à la seigneurie de Frise), constituent une menace pour les rois de France, aggravée après la mort du Téméraire (janvier 1477) par le mariage de l'héritière avec le futur chef de la maison de Habsbourg.

Jean de Bourbon est donc nommé lieutenant général pour les provinces situées dans cette région : Lyonnais, Forez, Vivarais, Beaujolais, Bourbonnais, Berry et Auvergne.

Le règne de Charles VIIIModifier

Charles VIII le nomme connétable de France, en 1483.

Il conserve la charge de gouverneur de Lyon sous la régence d'Anne de Beaujeu après la mort de Louis XI (1483). Mais il ne s'y intéresse que peu, et cette charge est transmise à Philippe II de Savoie en 1486[3].

Il meurt quelques années plus tard, en 1488.

Mécène et poèteModifier

Jean II tint une cour brillante à Moulins. Il protégea des écrivains comme Philippe de Commynes et, probablement, François Villon, ainsi que les poètes bourbonnais Jean Robertet et Henri Baude. Il est possible qu'il ait pris modèle sur la cour de Charles d'Orléans à Blois, qu'il fréquenta assidûment. Poète lui-même, il a laissé d'assez nombreuses pièces, dont certaines se trouvent dans les manuscrits de Charles d'Orléans. Les premières pièces ont été composées avant qu'il ne devienne duc de Bourbon et sont signées "Clermondois". Il est entouré de musiciens et joue lui-même du luth[4].

Mariages et descendanceModifier

Il épouse au château de Plessis-lès-Tours le [5] Jeanne de France (1435-1482), fille de Charles VII, roi de France, et de Marie d'Anjou, sans descendance.

Veuf, il se remarie à Saint-Cloud en 1484 avec Catherine d'Armagnac (†1487) fille de Jacques d'Armagnac, duc de Nemours, et de Louise d'Anjou, et eut :

  • Jean (1487 † 1487), comte de Clermont.

Enfin, il épouse en troisièmes noces en 1487 Jeanne de Bourbon Vendôme (1465-1511), fille de Jean VIII de Bourbon, comte de Vendôme, et d'Isabelle de Beauvau, et eut :

  • Louis (1488 † 1488), comte de Clermont.

Il a aussi plusieurs enfants illégitimes :

  • de Marguerite de Brunant, il eut :
    1. Mathieu dit le Grand Bâtard de Bourbon († 1505), baron de Roche-en-Régnier et seigneur de Bouthéon. Il se signala au combat de Béthune en 1487 et à la bataille de Fornoue en 1495. Il fut nommé amiral et gouverneur de Guyenne ;
  • de Jeanne Louise d'Albret, il eut :
    1. Charles (né entre 1465 et 1470,† 1502), bâtard de Bourbon, vicomte de Lavedan, auteur de la famille des Bourbon-Lavedan ;
  • de plusieurs femmes, il eut :
    1. Hector († 1502), bâtard de Bourbon, archevêque de Toulouse ;
    2. Pierre, bâtard de Bourbon, mort jeune ;
    3. Marie († 1482), bâtarde de Bourbon, mariée en 1470 à Jacques de Sainte-Colombe ;
    4. Marguerite (1445 † 1483), bâtarde de Bourbon, légitimée en 1464, mariée en 1462 à Jean de Ferrières († 1497).

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. Louis Aubret, Marie-Claude Guigue, Mémoires pour servir à l'histoire de Dombes, par Louis Aubret, conseiller au Parlement de Dombes 1695-1748, publiés pour la première fois, d'après le manuscrit de Trévoux, avec des notes et des documents inédits, par M. C. Guigue, tome III, Trévoux, 1868, p. 1 [lire en ligne].
  2. Lettres patentes de Louis XI, Amboise, le . (lire en ligne).
  3. a et b Association des amis du Musée d'histoire militaire de Lyon et de sa région (Lyon, Rhône),, Les gouverneurs de Lyon, 1310-2010 : le gouvernement militaire territorial, Lyon/Lyon, Ed. Lyonnaises d'Art et d'Histoire, 255 p. (ISBN 978-2-84147-226-0 et 2841472264, OCLC 758287729, lire en ligne).
  4. Françoise Ferrand, « Remarques sur les ducs de Bourbon et la tradition poétique du XVe siècle », in Le Duché de Bourbon des origines au Connétable, suivi d'un extrait du 'Désastre de Pavie' de Jean Giono, Actes du colloque des 5 et organisé par le musée Anne-de-Beaujeu de Moulins, Saint-Pourçain-sur-Sioule : Bleu autour, 2001, p. 179-187. (ISBN 2-912019-16-8) Voir aussi Marielle Popin, « Un hommage musical à Jean II de Bourbon », Ibid., p. 197-200.
  5. Histoire généalogique et chronologique de la maison royale de Bourbon, par Nicolas-Louis Achaintre, p. 205-206

Voir aussiModifier

BibliographieModifier