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Ne doit pas être confondu avec Mnong.
Hmong
Description de cette image, également commentée ci-après
Jeune étudiante en médecine Hmong à Vientiane, Laos (1968).

Populations significatives par région
Drapeau de la République populaire de Chine Chine 3 millions (1990)[1]
Drapeau de la République socialiste du Viêt Nam Viêt Nam 787 000 (1999)[1]
Drapeau du Laos Laos 320 000 (1995)[1]
Drapeau de la Thaïlande Thaïlande 120 000[1]
Drapeau de la Birmanie Birmanie 2 000-3 000[réf. nécessaire]
Drapeau des États-Unis États-Unis 258 621 (2014)[2]
Drapeau de la France France 16 500 (1999)[1]
Drapeau de l'Australie Australie 2 000 (1999)[1]
Drapeau du Canada Canada 600 (1999)[1]
Drapeau de l'Argentine Argentine 4000 (1999)[1]
Population totale 4 à 5 millions (2013)[1]
Autres
Langues langues hmong
Religions Religion traditionnelle Hmong, bouddhisme, christianisme
Ethnies liées Miao

Les Hmong ou Mong (en hmong du Laos : Hmoob / Moob, API : [m̥ɔ̃ŋ]), s'appelant parfois eux mêmes au Laos Laos Ungs (Ungs du Laos)[3], également connus autrefois dans les sources occidentales sous les noms de Méo (du vietnamien : Meo ()[4]), notamment sous l'Indochine française[5],[6] ou Miao (chinois :  ; pinyin : miáo ; littéralement : « jeune pousse, plant ») [7], forment un peuple d'Asie originaire des régions montagneuses du sud de la Chine (principalement la province du Guizhou), ainsi qu'au nord du Viêt Nam et du Laos. En Chine, depuis la déclaration de la République populaire de Chine, ils sont officiellement intégrés dans la nationalité Miao qui inclut différents sous-groupes tels que les Hmu, les Kho Xiong et les A hmao. Au Laos, dans les années 60, ils ont été regroupés à l'instar des peuples tibéto-birmans et Yao sous la désignation de « Lao Sung » ou « Lao Soung », les Lao d'en haut ou des sommets, en référence aux montagnards vivant à l'altitude la plus élevée. En Thaïlande, ils sont inclus dans « les tribus des collines » et sont appelés Móng (thaï : ม้ง) ou Mieow (thaï : เมียว). Au Vietnam, ils sont appelés H'mông et sont, selon le classement des 53 minorités officiellement reconnues de la R.S du Vietnam, désignés sous l'appellation « Miêu ».

Le mot Miao est issu de l'expression « San Miao », nom d'un peuple rebelle qu'ont successivement combattu les premiers rois légendaires chinois. Cependant le mot ayant acquis une valeur générique [8] avec le temps, leur affiliation fait encore l'objet d'un débat. [9] Une origine historique commune des Hmong avec les autres peuples Miao contemporains ne peut également être envisageable au vu des connaissances actuelles[10].

Les Hmong sont traditionnellement des agriculteurs montagnards itinérants et éleveurs de bétail qui tendent à se sédentariser à la suite de pressions politiques. Le souci de préserver leur identité culturelle et leur indépendance les a amenés à s'engager dans divers conflits. À l’issue de la guerre civile laotienne qui a entraîné l'avènement du régime communiste en mai 1975 [11], un nombre important de Hmong ont fui le Laos pour des pays d'accueil, principalement les États-Unis, la France et l'Australie. D'autres au contraire ont participé au mouvement d'indépendance communiste et se sont retrouvés à des postes clefs du gouvernement.

Sommaire

TerminologieModifier

L'origine du mot Hmong ou Mong est incertaine. Yang Dao avait tenté d'appliquer au mot Hmong le sens de « peuple libre » ou « homme libre ». Mais sous les critiques, notamment de Mai Na Lee [12], qui y voient l'image négative et stéréotypée d'un peuple guerrier, il s'est depuis rétracté pour ne conserver au mot que le sens de « homme ». Une croyance relevée par Nicholas Tapp auprès d'un mouvement messianique hmong, le fait dériver de celui de "Hmoov" en dialecte hmong blanc ou "Moov" en dialecte mong vert, qui veut dire "chance", "mérite" ou "destin"[13].

Hmong et Mong sont des ethnonymes, [14] les appellations sous lesquelles ce peuple se désigne. L'ajout final de la consonne « g » aux mots hmong et mong est dû à la transcription française, ce qui fait que les mots se prononcent "hmongue" ou "mongue" dans les langues étrangères alors que ces mots se prononcent "Hmon" et "Mon" par ses locuteurs. Il peut en résulter une confusion avec les Mongols. Hmong avec un h aspiré est l'appellation des locuteurs du dialecte hmong blanc et Mong celui des locuteurs du dialecte mong vert. L'emploi préférentiel de la graphie Hmong au détriment de celui de Mong, a suscité de la jalousie de la part de certains locuteurs mong au point de vouloir s'identifier en tant que peuple à part. C'est pourquoi, l'ethnologue français Jacques Lemoine a de son côté inventé la graphie (H)mong pour inclure les deux dialectes.[15] Hmong et Mong sont des mots invariables qui ne prennent pas de "s" au pluriel.

Comme il est impossible à la langue chinoise de transcrire le mot Hmong en caractère avec le m nasal, ce mot est absent des sources chinoises.

Autres nomsModifier

Les Hmong ont été désignés en premier lieu par les Annamites et les Thaï sous les deux appellations conjointes de "Man Meo" ou "sauvage chat" [16]. Les auteurs coloniaux français ne leur conservera que le mot Meo, qui est la prononciation méridionale du mot chinois Miao, pour n'appliquer à tort le mot Man qu'aux Yao alors appelés "Man Yao". Man, qui pouvait à l'origine désigner un peuple en particulier, fut avec la connotation de "sauvage" un terme générique englobant divers peuples montagnards de la péninsule indochinoise [17]. Les Man désignaient également chez les Chinois les peuples du midi de la Chine et chez les Hmong les étrangers (Mab).

Meo veut dire chat en sino-vietnamien, un terme onomatopéique imitant le miaulement du chat. Durant la dynastie Song, le radical de la griffe (d'après Louisa Schein) ou celui du reptile (d'après Joakim Enwall) a été ajouté à ceux du mot Miao pour lui attribuer le sens de chat [18]. Selon certaines explications données, c'est une allusion à la façon de grimper des Hmong avec agilité aux pentes montagneuses ou à leur langue semblable au miaulement du chat. L'ancien historien chinois Mencius avait de même comparé la langue Miao avec le hurlement ou le cri des hyènes [19]. Mais ces rapprochements ne convainquent pas les chercheurs modernes. L'introduction de la clé de l'animal induit une connotation péjorative dénotant l'incivilisation dans le sens de "barbare" ou "sauvage". Elle sera supprimée peu à peu des écrits chinois entre le XIVe siècle et le XVIIe siècle, mais cette image négative se prolongera en une forme plus suggestive ; celle de la conception tardive de Miao crus et Miao cuits.

Le premier sens du mot Miao demeure une énigme et fait toujours l'objet de spéculations dans le domaine des recherches académiques chinoises [20]. On ne sait toujours pas avec certitude si c'est un titre ou le nom d'un peuple, une translittération du mot ou encore le nom d'une location de la province du Henan [21]. Au temps de la Période des Royaumes combattants, un lettré chinois avait traduit le mot par "descendant" d'où San Miao voudrait dire les "trois descendants" [22]. Mais présentement, les racines qui le composent sont la clé de l'herbe au dessus de celui de la rizière ou du champ , la combinaison de ces deux idéogrammes a également été par le passé sujette à de nombreuses interprétations, avec deux hypothèses principales qui s'opposent. Les uns en s'accordant à la tradition chinoise qui dit que les San Miao furent relégués au Gansu, lui attribue le sens de "nomades" et, ceux qui témoignèrent en général de la sympathie aux Hmong mettent plutôt en avant les sens de "paysans", "planteur de riz", "fils du sol", "aborigènes", "agriculteurs" etc. mais ce sont tous des interprétations libres. Actuellement, le dictionnaire chinois de Beijing lui donne comme définition "jeune pousse" ou "plant" avec le sens de "humble, petit".

Le mot Miao est tiré de celui du peuple légendaire San Miao, référencé dans les textes chinois anciens comme le Shu jing , le Shanhaijing, le Guoyu ou le Shiji. Ensuite, l'idéogramme Miao disparût pendant plusieurs siècles de la littérature chinoise pour ne réapparaître plus tard que dans le "Livre des Barbares" (Manshu) écrit par Fan Chuo de la dynastie Tang et, celui de Zhu Xi, un penseur confucéen de la dynastie Song du sud, intitulé "Sur les San Miao" (San Miao ji), décrivant un peuple de la province du Hunan mit en rapport avec les San Miao. Son usage fut plus fréquent sous la dynastie Yuan avec des déclinaisons variables telles que Miaoman, Miaoliao, Miaolao, Shengmiao et ainsi de suite pour indiquer les locuteurs tai-kadai, tibéto-birmans et austroasiatiques du Hunan et du Guizhou [23]. Sous les dynasties Ming et Qing, il se superposa au mot Man ou Man Nan (barbares du sud) en tant que terme générique pour désigner tous les peuples non chinois du sud ouest de la Chine. Vers la fin de la dynastie Ming, les concepts de Miao cuits (Shu Miao) c'est-à-dire les ralliés ou les soumis et Miao crus (Sheng Miao) c'est-à-dire les indépendants, y furent appliqués. Par exemple, les Dong et les Tujia entretenant de bons rapport avec les Chinois et leur payant les taxes sont considérés comme des Miao cuits, les Hmong nomades se soustrayant à l'emprise des Chinois, sont des Miao crus. Parce que le terme incluait d'autres groupes ethniques que les Hmong, tous les événements historiques liés aux Miao tels que répertoriés dans les écrits historiques chinois ne peuvent être attribuables sans confusion aux Hmong. Une erreur commise par le père François Marie Savina qui a fait de Sonom, un Gyalrong de tribus tibétaines, un roi Hmong [24]. Le postulat selon laquelle les Hmong descendent des San Miao s'est également vu remise en cause, jusqu'à présent la question n'a encore jamais fait l'objet d'aucune étude sérieuse.

À partir des années 80, les exonymes Meo et Miao furent progressivement remplacés en Occident par l'autonyme Hmong, sous l'initiative de Yang Dao. En revanche, ils sont toujours en usage en Chine, en Thaïlande et au Vietnam.

DémographieModifier

 
Selon les légendes Hmong, leurs ancêtres Gao Joua et Dao Na sont les constructeurs des jarres géantes de la province de Xieng Khouang [25].

Le nombre total de Hmong dans le monde est estimé entre 4 et 5 millions[1].

Les Hmong établis au Laos représentent 7,9 %[26] de la population laotienne, soit environ 438 300 personnes selon le recensement du gouvernement laotien en 1989.

Au XXe siècle, une partie non quantifiable des Hmong s'est réfugiée dans la jungle dans la zone de Xaysomboun, traquée par les armées laotienne et vietnamienne, pour avoir aidé les Français pendant la guerre d'Indochine puis les Américains pendant la guerre du Viêt Nam. En 2005, ils n'étaient plus que 8 000, contre plus de 30 000 une dizaine d'années plus tôt[27]. La province de Xieng Khouang, une région comportant une importante population Hmong au Laos, a été la cible du plus intense bombardement sur des populations civiles au monde, de la part des États-Unis, contre le Pathet Lao dans les années 1970[28]. On y compte plus de 20 000 victimes de bombes à sous-munitions non explosées depuis la fin de la guerre[29].

Aujourd'hui, le peuple hmong est intégré à la vie laotienne (c.f. le marché du soir de Luang Prabang ou le marché ethnique de Vientiane).

Près de 3 millions de locuteurs Hmong vivent en Chine, répartis dans les provinces du Sichuan, Guizhou, Yunnan et Guangxi. Ils ont été recensés par les linguistes chinois dans plus de 42 lieux précis [1] :

Au cours des dernières décennies[Lesquelles ?], une importante population de Hmong a émigré aux États-Unis, en Australie, en Nouvelle-Zélande, au Canada, en Allemagne, au Japon, en Argentine et en France (estimation à 30 000[30]), dont environ 2 000 en Guyane française. La majeure partie vit encore en Asie du Sud-Est, principalement en Chine et au Viêt Nam, mais aussi au Laos, en Thaïlande et en Birmanie.

LanguesModifier

 
Répartition des langues Hmong-mien :
  •      Rouge : Langues hmong/miao
  •      Vert : Langues mien/yao
  • Articles détaillés : langues hmong et hmong daw.

    La langue hmong appartient à la famille des langues hmong-mien, encore appelée « miao-yao » d'après les noms chinois de ces langues. Du point de vue de la terminologie et de l'approche des linguistes chinois, les Hmong parle le sous-dialecte Chuanqiandian du dialecte miao de l'Ouest, appelé aussi Chuanqiandian de la famille linguistique miao-yao. La notion de dialecte pour désigner les différents groupes linguistiques miao est contestée, on estime qu'elles forment en vérité des langues distinctes, se différenciant toutes par la phonologie, la grammaire et le vocabulaire [31]. Entre les années 50 et 2000, la tentative d'imposer un même système d'écriture pour l'entière nationalité Miao s'est révélée être un échec du fait de la trop grande différence entre les groupes de langues miao [32]. L'appellation « Hmong-Mien » des linguistes américains encore débattue [33]. Les exonymes miao et yao sont préférables pour éviter les confusions et de favoriser arbitrairement le terme de l'un ou l'autre des sous-groupes linguistiques.

    Il existe de très nombreuses formes dialectales, beaucoup n'ayant d'ailleurs probablement pas encore été répertoriées. Les deux plus répandues sont le « hmong vert » et le « hmong blanc » (dialectes les plus répandus au Laos, en Thaïlande, au Viêt Nam et en Birmanie), qui doivent leur appellation à la couleur principale des costumes traditionnels féminins des locuteurs. Ces deux dialectes sont parlés par la diaspora Hmong occidentale. Au Viêt Nam, il existe d'autres formes de dialectes : le « hmong noir » et le « hmong fleuri ».

    Les premières formes d'écriture hmong remontent au début du XXe siècle. Plusieurs ont ainsi été formées par des missionnaires (père Yves Bertrais), notamment dans les années 1950, grâce à l'alphabet latin. L'alphabet le plus utilisé actuellement par les Hmong à travers le monde est l'alphabet dit Barney-Smalley-Bertrais, du nom de ses créateurs.

    Un seul Hmong a écrit un alphabet pour sa propre langue, Shong Lue Vang. Illettré comme presque tous les Hmong de son époque (avant 1947), il a inventé un système écrivant avec deux signes : un pour la syllabe, un pour le ton. Le problème est que les caractères qu'il a inventés n'existent pas en imprimerie.

    Le système Barney-Smalley-Bertrais serait critiquable s'il ne répondait pas à cette exigence en n'utilisant que des lettres internationales.

    Les mots hmong se terminent toujours par une voyelle, sauf parfois la consonne NG qui est un N vélaire qu'on peut trouver après E et O. Dans ces cas-là on écrit -ee et oo comme dans HMOOB où le H, muet, indique que le M est faible et où le B, muet, indique que la syllabe est sur le ton haut égal.

    Il en résulte que par écrit, tous les mots hmong se terminent par une consonne et à l'oral par une voyelle ou un N vélaire. Les lettres B, V, S, G, M et J n'ont donc pas de valeur en elles-mêmes.

    Le général Vang Pao en laotien s'appelle Vaj Pov en hmong mais cela se prononce [Va Po], Va étant en ton haut descendant (donc de l'aigu au ton moyen) et Po étant sur le ton ascendant (donc du ton moyen au ton aigu)

    HistoireModifier

     
    Diaspora du peuple hmong.
     
    Une scène représentant la campagne de la Dynastie Qing contre le peuple Miao, à Lancaoping en 1795.
     
    Homme de l'ethnie Miao (Miao zu, 苗族), dans la province du Guangxi, (Chine).

    La seule certitude sur l'origine des Hmong est qu'ils ont occupé, avec d'autres ethnies miao, les bassins du fleuve Jaune avant même l'arrivée des premiers Hans sur ce territoire[réf. nécessaire], comme ces derniers le signalent dans leurs annales. Malgré les hypothèses émises par les ethnologues anglophones ou les missionnaires français, les seuls mouvements migratoires miao connus et attestés sont ceux signalés par les Chinois. Le reste n’est que supposition.

    D’abord établis vers le centre de la Chine, les Miao ont été peu à peu repoussés par les Hans vers le Sud du pays parce qu’ils n’ont jamais accepté la sinisation[réf. nécessaire], malgré plusieurs millénaires de vie en contact avec leurs voisins. Au fil des guerres, des rébellions et des défaites, les Miao se sont dispersés à travers la Chine et, notamment, dans les montagnes des provinces du Sud. C’est ainsi que l’on trouve aujourd’hui la plupart des Miao dans les provinces du Yunnan, du Guizhou et du Guangxi.

    Au début du XIXe siècle, sous la dynastie Qing de gouvernance Mandchoue et non Han, des Hmong franchirent la frontière sino-laotienne pour aller s’établir dans les régions de Nong Het, Hua Phan, Phongsaly, Oudomxay, ou encore de Muang Sing.

    C’est sur les montagnes du Laos qu’ils furent encouragés à cultiver le pavot et à produire de l’opium. Par les Français, notamment pour l'export vers la Chine, ce qui a donné lieu aux guerres de l'opium, puis pendant la guerre d'Indochine au Laos, et enfin, pendant la guerre du Vietnam, au Laos toujours par la CIA et les États-Unis, en échange de fourniture d'armement[34].

    Laos et Nord-VietnamModifier

     
    Enfants hmong à Sa Pa (Viêt Nam), 1993.

    Les Hmong connurent des débuts paisibles au Laos, vivant en autarcie sur les sommets des montagnes. Avec la colonisation de l’Indochine, ils furent encouragés à produire de l’opium pour les Français. Ces derniers, comme les Laotiens, les appelaient Méo, une déformation du Miao chinois qui signifie jeune pousse.

    L’accumulation des taxes et de divers impôts, ainsi que le fait d'être administrés systématiquement par des non-Hmong et les nombreux cas de corruption, sont autant de facteurs qui amenèrent les Hmong à se soulever contre le colonisateur. Cette révolte nommée « Guerre du Fou » dura cinq ans (1917-1922), jusqu’à la mort de son leader Pa Chay. Cet épisode amena les Français à changer leur politique avec cette ethnie en particulier. Ils désignèrent des responsables hmong, dont l’un, Ly Foung, devint administrateur de sous-district[réf. souhaitée].

    Culture de l'opium sous l'Indochine françaiseModifier

    Pendant la seconde guerre mondiale, l'Indochine française est coupé de ses sources d’approvisionnement en opium que sont l'Iran et la Turquie et l'Inde, hors les revenus de l'opium sont capitaux pour le financement de l'administration française. Sous l'occupation japonaise de cette région, l'administration de Vichy préféra y encourager et organiser la production et le commerce d'opium qu'elle avait jusqu'alors réprimés, sur les hautes terres du Laos et Tonkin. La production s'y accrut alors et passa de 7,5 t en 1940 à 60,6 t en 1944, principalement produites dans les provinces de Xieng Khouang au Laos et au Nord-Est-Tonkin, pays Taï où se trouvent de nombreux Hmong (Meo). L'administration ne contrôle pas directement la production, mais utilise les chefs Meo locaux, comme Touby Lyfong au Xieng Khouang et Deo Van Long au Tonkin[6].

    Quelques personnalitésModifier

    Ce poste permit à Lyfoung d’envoyer ses enfants à l’école, et l’un de ses fils, Touby Lyfoung (1917-1979), obtint même le baccalauréat[citation nécessaire], fait rare à l’époque. Son éducation et ses talents de bureaucrate valurent à Touby Lyfoung de gravir rapidement les échelons dans l’administration coloniale de l'Indochine française au Protectorat français du Laos et de devenir un des grands leaders hmongs de l’histoire récente. Proche du Régime de Vichy il participe au trafic d'État français d'opium au Laos en travaillant à la Régie de l'Opium du service des Douanes. Il occupa successivement les postes de Ministre de la Santé, de Ministre des Postes et Télécommunications et de Conseiller du Roi. Il fut le meneur des Hmong de Xieng Khouang, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pour aider l'armée française à reconquérir la ville et reprendre le contrôle du pays. Il profita de son rang de dirigeant pour pousser les Hmongs à l'éducation d'un côté et à combattre les communistes vietnamiens de l'autre. Après son décès, il reste pour les Hmongs de la diaspora une figure de première importance.

    Faydang Lobliayao, un leader Hmong rouge, se range au contraire au côté des Việt Minh, comme beaucoup de Hmong, lors du coup de force japonais du 8 mars 1945. Il devient vice-président de l'assemblée nationale du Laos[35]

    Les Français ont employé les Hmong, connus pour leur efficacité à se déplacer en milieu hostile, lors de la bataille de Diên Biên Phu[36] dans le cadre de l'Opération D.

     
    Jeunes filles Hmong jouant au jeu de balle, un jeu de séduction pour rencontrer des prétendants potentiels au Laos.

    La guerre civile laotienne constitue ensuite un conflit annexe de la guerre du Viêt Nam. En 1962, les États-Unis recrutent les guérilleros Hmong commandés par le général Vang Pao pour combattre la présence des soldats nord-vietnamiens au Laos[37]. Cette opération appelée « US Secret War » a été financée par la CIA. Elle consistait à sécuriser la zone et à récupérer les pilotes américains abattus en venant bombarder la piste Ho Chi Minh. Au retrait de ces derniers du Viêt Nam en 1975, ils fermèrent les camps d’entraînement et suspendirent toute aide militaire et financière au Laos et aux Hmongs. Quand le Pathet Lao communiste prit le contrôle du pays, certains Hmongs, comme Faydang Lobliayao, accédèrent au pouvoir et les Hmongs furent divisés entre pro-communistes et pro-royalistes et colons. Ces derniers furent persécutés. Leur leader politique, Touby Lyfoung, fut emprisonné et mourut en détention, tandis que leur leader militaire, Vang Pao, s’enfuit aux États-Unis. [citation nécessaire].

    Lorsque les États-Unis arrêtent leur assistance au guérilleros royalistes Hmong, au Laos et au Vietnam, à la frontière avec le Laos, ceux-ci contactent la République populaire de Chine qui leur apportent le soutient contre le pouvoir vietnamien[38].

    Article détaillé : Conflit hmong.

    La répression vietnamienne envers les Hmong continue à l’heure actuelle[réf. nécessaire]. Les reportages dans la presse occidentale de Philip Blenkinsop en 2002, de Thierry Falise en 2003, de Grégoire Deniau et Cyril Payen en 2005, et de l'Américain Roger Arnold en septembre 2006, ont montré la situation désastreuse des Hmongs dans la forêt laotienne. Ils sont traqués et exterminés depuis plus de trente ans maintenant par les soldats vietnamiens présents au Laos, sans pouvoir espérer fuir le pays. Ceux d'entre eux qui y parviennent s'enfuient en Thaïlande d’où certains peuvent être accueillis dans divers pays occidentaux. Cependant, beaucoup aussi restent dans une situation délicate au Laos. En Thaïlande, parqués dans des prisons à ciel ouvert, ils n'ont pas le statut de réfugiés, mais celui « d'immigrant économique illégal ». Environ dix mille d'entre eux sont enfermés dans ces camps de prisonniers, dans la province de Phetchabun, par exemple, ou dans d'autres prisons du Nord et du centre de la Thaïlande. La situation humanitaire y est préoccupante comme en témoigne Médecins sans frontières qui a eu accès aux Hmongs des camps et des prisons thaïlandaises.

    Le , la Thaïlande a commencé le rapatriement de 4 000 Hmong au Laos contre leur volonté, malgré les protestations internationales[39],[40],[41]. Médecins sans frontières a publié une chronique dans laquelle l'association fait part de son inquiétude. Afin de protester contre ce qu'il considérait être un génocide, le colonel Robert Jambon, (Commandeur de la Légion d'honneur officier de l'ordre national du Mérite, croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs, etc.) s'est donné la mort le , d'une balle dans la tempe, debout face au Monument aux Morts Indochinois de Dinan[42],[43].

    GuyaneModifier

     
    Hmongs au marché du village de Cacao (2008).

    En l'an 2000, environ 1 600 Hmongs (statistiques françaises) vivent en Guyane, dont la moitié a moins de 18 ans. Ils sont répartis en quatre villages qu'ils ont eux-mêmes construits :

    1. Cacao créé en 1977 en pleine forêt, d'accès peu facile ;
    2. Javouhey, fondé en 1979, à 30 km de Saint-Laurent-du-Maroni, sur le site de l'ancienne léproserie de l'Acarouany, fondée en 1822 par la Mère Javouhey
    3. Rococoua, fondé en 1990 aux environs d'Iracoubo avec une quinzaine de familles
    4. Corrossony, fondé vers 1990 aux environs de Régina avec une douzaine de familles dont la plupart vivaient en France métropolitaine avant de venir s'installer en Guyane française.

    Il s'agit de descendants de groupes villageois originaires du Laos. Fuyant le communisme, ils se retrouvent en 1975 dans des camps de réfugiés thaïlandais. La reconnaissance par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés de leur statut de réfugiés politiques leur permet d'être accueillis dans divers pays occidentaux. Les États-Unis en accueilleront quelque 100 000 et la France 10 000. On leur prépare en Guyane des villages créés de toutes pièces avec l'idée d'y transférer des groupes de familles pouvant retrouver leurs conditions de vie antérieures.

    Les Hmongs sont arrivés en Guyane en 1977. Ils y ont été installés dans une idée précise : aider à repeupler la Guyane et développer l’agriculture. Ce projet s'insérait dans le Plan Vert, lancé par le secrétaire d'État aux DOM-TOM de l’époque, Olivier Stirn. Il partait d’un constat accablant pour ce département d’outre-mer : sous-peuplée, la Guyane ne comptait que 55 000 habitants pour un territoire représentant un cinquième de la métropole, avec des ressources inexistantes et une activité économique quasi nulle[44].

    C’est aussi grâce à l’aide d’un président de Conseil régional d’origine asiatique favorable à leur installation, ainsi qu'aux organisations catholiques sollicitées par le Père Yves Bertrais[45] (décédé le ), co-inventeur de l’alphabet hmong appelé alphabet Barney-Smalley, qu’ils ont pu s’installer. Pierre Dupont-Gonin a également participé à leur accueil en Guyane et en témoigne dans son ouvrage[46].

    À l'origine de cette initiative on retrouve la réflexion stratégique et prospective de l'Amiral Marcel Flichy qui prend sa source dans sa double expérience de l'Indochine, relatée dans le livres Les corsaires de la Baie d'Along de Michel Girard et Marine Indochine de Jacques Mordal, et de l'Algérie, où, en tant que dernier Commandant de la DBFM à Nemours en 1962 il avait pris l’initiative de rapatrier ses Harkis en France sur Largentière en Ardèche. C'est en tant que responsable des relations Internationales du Secours catholique et de Caritas Internationalis qu'il proposa et négocia ce projet avec le gouvernement français.

    Les Hmongs en France métropolitaineModifier

    Leur nombre est estimé à près de 20 000, dont une grande partie se retrouve dans la région de Paris, de Toulouse, de Chartres, de Rennes[47], d'Amboise, de Tours et de Nîmes, où ils sont exploitants agricoles, notamment dans la Vistrenque[48],

    Les Hmongs aux États-Unis d'AmériqueModifier

     
    Statue en hommage aux combattants Hmong de la guerre du Viêt Nam à Fresno (Californie).

    La plus forte communauté Hmong aux États-Unis se trouve dans l'État du Minnesota, dans les villes « jumelles » de Saint Paul et Minneapolis. On estime cette communauté à près de 60 000 personnes. L'immigration Hmong aux États-Unis date des années 1970-1980 et est une conséquence directe de la guerre du Viêt Nam. Après avoir d'abord trouvé refuge en Californie, notamment à Fresno, les Hmongs se sont déplacés vers le Minnesota et d'autres régions du Middle-West, principalement pour des raisons économiques. Comme beaucoup d'autres communautés originaires d'Extrême-Orient, les Hmongs témoignent d'une bonne intégration dans le système économique et éducatif des États-Unis. Leur taux d'échec scolaire est particulièrement bas[réf. nécessaire].

    CroyanceModifier

    Les Hmongs sont animistes ou chrétiens ; on peut encore visiter trois églises au moins dans la région de Sa Pa au nord du Viêt Nam. Les paroisses Hmongs de la région de Sa Pa ont été créées et administrées par les Missions étrangères de Paris.

    Selon les croyances locales, les Hmongs reçoivent trois âmes à la naissance : la première leur reste après la mort, la deuxième part vers le royaume de l'au-delà et la troisième est réincarnée.

    TraditionsModifier

     
    Détail d'un vêtement féminin Hmong, avec appliqué de tissus et broderies (dont broderie au point de croix (Musée provincial du Yunnan, Kunming, Chine).
     
    Combat de taureaux à Phonsavan (Laos) à l'occasion du Nouvel an Hmong (décembre 2007).

    L'une des traditions qui caractérise les Hmongs est la richesse du décor brodé ou appliqué des vêtements et couvre-chefs.

    Concernant le mariage, plusieurs solutions traditionnelles existent :

    • Lorsqu'un homme Hmong veut se marier, il choisit sa future épouse, que cette dernière veuille l'épouser ou pas. Pendant la nuit ou le jour, il l'enlève avec l'aide de sa famille et la ramène chez lui. Le jour suivant, un membre de la famille de l'homme va réveiller la famille de la femme pour discuter du « prix » à verser en compensation de la future mariée. Ce prix est payé avec du lao-lao (alcool de riz), un (des) porc(s) engraissé(s), du riz, de l'argent, etc , cette coutume se pratique toujours au Vietnam, Laos, et en Chine qui s'appelle kidnapper la mariée;
    • Les parents s'entendent mutuellement pour des fiançailles dès le plus jeune âge des enfants ;
    • L'homme, dès qu'il se sent en âge de se marier, se fait accompagner pour aller s'arranger avec les parents de sa future épouse.

    Chez les Hmongs, le mariage est possible dès 13-14 ans. La différence d'âge n'est pas un problème et un homme de 30 ans peut épouser une fille de 13 ans mais au XXIe siècle cela est très mal vu par les nouvelles générations, l'inverse n'existe pas. La polygamie est acceptée, un homme Hmong peut épouser plusieurs femmes s'il est suffisamment riche pour payer toutes les compensations. A contrario, il peut être difficile pour un homme pauvre de se marier.

    Une fois mariée, la femme Hmong va vivre dans le village de son mari. Elle doit s'occuper des parents de son mari jusqu'à leur mort. C'est pourquoi il arrive que la future épouse d'un Hmong soit choisie par ses parents. Si les parents du mari se rendent compte que l'épouse de leur fils ne prendra pas bien soin d'eux, ils peuvent la répudier et la renvoyer dans sa famille avec un dédommagement pour les parents de la mariée.

    Les Hmongs portent 18 noms de familles différents.

    Un futur mari et sa future épouse doivent porter un nom différent pour pouvoir se marier. Lorsque la femme Hmong se marie, elle prend le nom de son époux, et les enfants portent le nom de famille du père. Des cousins portant des noms de famille différents peuvent se marier entre eux.

    GalerieModifier

    Cinéma et télévisionModifier

    • Le film Gran Torino, réalisé par Clint Eastwood en 2008, se déroule en partie dans la communauté hmong aux États-Unis.
    • Apparition de la culture Hmong dans la série télévisée Dr House Saison 8 épisode 18 (avril 2012).
    • La culture Hmong est abordée dans la série Grey's Anatomy saison 2 épisode 5.
    • Dans Les Mystérieuses Cités d'or (série télévisée d'animation, 2012), Esteban et ses compagnons arrivent en Chine dans un village miao où ils sont confrontés aux pirates de Pang Zi.
    • Dans Batman vs Superman, une fille emprisonnée parle le Hmong aux policiers venus l'aider (2016).
    • Dans En Terre Inconnue (émission télévisée de France 2 en 2017): "Clovis Cornillac chez les Miao".

    Notes et référencesModifier

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    2. https://factfinder.census.gov/bkmk/table/1.0/en/ACS/14_5YR/B02006
    3. https://gallica.bnf.fr/services/engine/search/sru?operation=searchRetrieve&version=1.2&query=(gallica all "Faydang Lobliayao")&suggest=0
    4. Jean Bonet, Dictionnaire Annamite-Français : Langue officielle et langue vulgaire, (lire en ligne), p. 412
    5. Jean Michaud et Christian Culas, « Les Hmong de la péninsule indochinoise : migrations et histoire », Autrepart,‎ , p. 79-104 (ISSN 1278-3986, lire en ligne [PDF])
    6. a et b (Bruneau 1981, p. 126) « La production de l'opium de l'Indochine française s'accrut considérablement, passant de 7,5 t en 1940 à 60,6 t en 1944, les deux régions les plus productrices étant la province de Xieng Khouang au Laos et le Nord-Est-Tonkin, pays Taï où se trouvaient un grand nombre de Meo. », la page pour le reste.
    7. « En chinois mandarin, l'appellation Miao actuelle signifie " jeune pousse, plant " »Christian Culas, Le messianisme hmong aux XIXe et XXe siècles: La dynamique religieuse comme instrument politique, CNRS, (ISBN 9782271061027), p. 24
    8. Jean Michaud et Christian Culas, « Les Hmong de la péninsule indochinoise : migrations et histoire », Autrepart,‎ , p. 79-104 (ISSN 1278-3986, lire en ligne [PDF])
    9. « But, according to some of these scholars in 1982 interviews with me, whether these "San Miao" can be confirmed as the "true" Miao ancestors was still a subject of research and dissent in mainland academic circles. »(en) Louisa Schein, Minority Rules: The Miao and the Feminine in China's Cultural Politics, Duke University Press, (ISBN 9780822324447), p. 39
    10. « Rather the immense productivty inherent in claims to origins is precisely about the inaccessibility of a unitary "true" origin in Miao ethnohistory. »(en) Louisa Schein, Minority Rules: The Miao and the Feminine in China's Cultural Politics, Duke University Press, (ISBN 9780822324447), p. 39
    11. Erick Gauthier, « Le maraîchage, nouvelle étape du parcours hmong », Hommes & Migrations,‎ , p. 61-71 (lire en ligne)
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    16. Diguet Édouard, Les montagnards du Tonkin, A. Challamel (Paris), (lire en ligne), p. 128
    17. Diguet Édouard, Les montagnards du Tonkin, A. Challamel (Paris), (lire en ligne), p. 105
    18. (en) Louisa Schein, Minority Rules: The Miao and the Feminine in China's Cultural Politics, Duke University Press, (ISBN 9780822324447), p. 40
    19. Modèle:Ouvrage=langue=en
    20. «More recent publications on Miao history have continued to debate the meaning of the "San Miao" phrase itself as well as its relation to present-day Miao.»(en) Louisa Schein, Minority Rules: The Miao and the Feminine in China's Cultural Politics, Duke University Press, (ISBN 9780822324447), p. 39
    21. (en) Jean Mottin, History of the Hmong, Odeon Store, , p. 3
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    42. Colonel Robert JAMBON ...Ma dernière cartouche ...
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    Voir aussiModifier

    BibliographieModifier

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    • Henry Girard, Les tribus sauvages du Haut-Tonkin: Mans et Méos; notes anthropométriques et ethnographiques, Paris, Imprimerie nationale, (OCLC 10805296, notice BnF no FRBNF34137714)
    • Jean-Pierre Hassoun, Les Hmong à l'usine, Revue française de sociologie, 1988, article [1]

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