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Le monde anglo-saxon (en anglais : Anglosphere, prononcé : [æŋ.ɡləsˌfɪə]) est l'ensemble de pays dont l'organisation socio-économique et la culture ont été fortement influencées par la colonisation britannique et dont l'anglais est la langue principale[1].

La géométrie variable du monde anglo-saxon, selon James Bennett (The Anglosphere Challenge, 2004).

Bien que l'expression « monde anglo-saxon » soit communément employée par les médias francophones en Europe, elle n'a pas de définition scientifique, et les critères pouvant être employés pour la définir trouvent tous leur limite.

Le terme Anglosphere a été inventé pour la première fois, mais pas explicitement, par l'écrivain de science-fiction Neal Stephenson dans son livre The Diamond Age, publié en 1995[2]. John Lloyd l'a adopté en 2000 et l'a défini comme incluant le Royaume-Uni et les États-Unis avec le Canada anglophone, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, l’Afrique du Sud et les Antilles britanniques[3]. Le dictionnaire Merriam-Webster définit le monde anglo-saxon comme « les pays du monde dans lesquels la langue anglaise et les valeurs culturelles prédominent »[4].

Les cinq principaux pays du monde anglo-saxon (les États-Unis, le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni) entretiennent des relations étroites en matière de liens culturels, diplomatiques et militaires. Tous sont alignés dans des programmes tels que[5]:

  • Le UKUSA Agreement (intelligence),
  • Five Eyes (intelligence et armées),
  • Le Combined Communications Electronics Board (communications électroniques militaires),
  • Le Technical Cooperation Program (technologie et sciences),
  • AUSCANNZUKUS (armées) et
  • ABCA Armies (armées).

Le Canada, l'Australie, la Nouvelle-Zélande et le Royaume-Uni ont Elizabeth II comme chef d'État, font partie du Commonwealth des nations et utilisent le même système politique que celui du gouvernement parlementaire de Westminster. À la suite de la décision du Royaume-Uni de quitter l'Union européenne à la suite d'un référendum organisé en 2016, un soutien politique et populaire grandissant s'est manifesté en faveur de la création d'une zone de libre-échange et de marché commun libre appelée CANZUK.[6]

Vue d'ensembleModifier

Ci-dessous un tableau comparatif des pays considérés dans la plupart des définitions du monde anglo-saxon.

Pays Population Superficie (km2) Densité (hab./km2) Capitale Plus grande ville
  États-Unis 324 616 000 9 629 048 34 Washington D.C. New York
  Royaume-Uni 65 110 000 243 610 267 Londres Londres
  Canada 36 468 900 9 984 670 4 Ottawa Toronto
  Australie 24 379 800 7 692 024 3 Canberra Sydney
  Nouvelle-Zélande 4 771 200 268 021 18 Wellington Auckland
Total 455 345 900 27 817 373 16 New York ou Londres[7]

Ces six pays représentent 18,7 % de la superficie mondiale et 6,1 % de la population mondiale.

Traits communsModifier

 
Affiche montrant le rapprochement entre les États-Unis et le Royaume-Uni (1898).

Au-delà de la langue, ces nations ont d'autres caractéristiques communes, dont la plupart proviennent de leur histoire en tant qu'anciennes colonies et bases de l'Empire britannique.

Traits différentsModifier

Certaines différences culturelles séparent les pays du monde anglo-saxon, ainsi même au sein du Royaume-Uni, des différences existent entre les nations galloise, écossaise, anglaise et nord-irlandaise. Pour le cas américain, une citation de George Bernard Shaw résume bien la différence qui subsiste entre l'Angleterre et les États-Unis : « l'Angleterre et les États-Unis sont deux nations divisées par une langue commune ».

Bien que l'anglais soit ce qui définisse l'« anglosphère », les anglais parlés dans les pays qui la forment peuvent différer, tant dans leur syntaxe, leur vocabulaire que leur accent.

CoopérationModifier

Les nations composant le monde anglo-saxon ont par le passé tissé d'étroits liens politiques et de coopération : un réseau de diverses alliances militaires (ex : ANZUS, OTAN) et d'accords de libre-échange, dont certains continuent de s'appliquer, a été établi entre ces nations.

Notes et référencesModifier

  1. (en) Edoardo Campanella et Marta Dassù, « A Future of the English-Speaking Peoples; Lie Back and Think of the Anglosphere », sur Foreign Affairs, (consulté le 23 février 2017)
  2. (en) Word Spy, « Anglosphere - Word Spy », sur wordspy.com (consulté le 30 octobre 2019)
  3. (en) « The Anglosphere Project », sur www.newstatesman.com (consulté le 30 octobre 2019)
  4. (en) « Definition of ANGLOSPHERE », sur www.merriam-webster.com (consulté le 30 octobre 2019)
  5. (en) Legrand, Tim, Elite, exclusive and elusive: transgovernmental policy networks and iterative policy transfer in the Anglosphere, Policy Studies. 37 (5), (DOI 10.1080/01442872.2016.1188912), p. 440-455
  6. (en-US) James Skinner, « Survey Reveals Support For CANZUK Free Movement », sur CANZUK International (consulté le 30 octobre 2019)
  7. La ville de Londres a une population de 8,9 millions d'habitants (2018) supérieure à celle la ville de New York estimée à 8,4 millions d'habitants (2018), néanmoins l'aire métropolitaine de Londres compte 14,2 millions d'habitants (2018) alors que l'aire métropolitaine de New York compte 22,7 millions d'habitants (2018).
  8. (en) Kidd, John B.; Richter, Frank-Jürgen, Development models, globalization and economies : a search for the Holy Grail?, Houndmills, Basingstoke, Hampshire: Palgrave Macmillan., (ISBN 978-0230523555, OCLC 71339998)
  9. (en-US) « 2019 Global Cities Index », sur www.atkearney.com (consulté le 30 octobre 2019)
  10. a et b (en) Michael Chertoff, et a.l., Building an Americanization Movement for the Twenty-first Century: A Report to the President of the United States from the Task Force on New Americans, Washington D.C., (ISBN 978-0-16-082095-3)
  11. « The World Factbook - Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le 30 octobre 2019)
  12. a et b « These are all the world's major religions in one map », sur World Economic Forum (consulté le 30 octobre 2019)
  13. (en) « Regional ethnic diversity », sur www.ethnicity-facts-figures.service.gov.uk (consulté le 30 octobre 2019)
  14. (en) The Furman Center, « The Changing Racial and Ethnic Makeup of New York City Neighborhoods », The Furman Center Magazine,‎ (lire en ligne)
  15. (en) « Population by Race/Ethnicity | PEDC - Paris Economic Development Corporation » (consulté le 30 octobre 2019)
  16. (en-US) Patrick Ryan, « Rap overtakes rock as the most popular genre among music fans. Here's why. », sur USA TODAY (consulté le 30 octobre 2019)
  17. (en) Variety Staff et Variety Staff, « Drake, Ariana Grande Top Spotify’s Year-End ‘Wrapped’ Charts », sur Variety, (consulté le 30 octobre 2019)
  18. « Top 100 Artists Chart », sur Billboard (consulté le 30 octobre 2019)

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) James C. Bennett, The anglosphere challenge: why the English-speaking nations will lead the way in the twenty-first century, Rowman & Littlefield, (ISBN 0742533328)
  • (en) Andrew Roberts, A History of the English-Speaking Peoples Since 1900, Weidenfeld & Nicolson, (ISBN 0297850768)
  • (en) Srdjan Vucetic, The Anglosphere: A Genealogy of a Racialized Identity in International Relations, Stanford University Press, (ISBN 978-0-8047-7224-2)
  • Andrew Brown, « Scourge and poet », The Guardian,
  • (en) Merriam-Webster Staff, Merriam-Webster Online Dictionary, (lire en ligne), « anglosphere. »
  • (en) Glenn Reynolds, « Explaining the 'Anglosphere' », Guardian.co.uk,

Articles connexesModifier

Lien externeModifier