Henri-Léopold Lévy

peintre français
Henri Léopold Lévy
Henri Léopold Lévy, portrait par Nadar.
Naissance
Décès
(à 64 ans)
Paris
Nationalité
Activités
Autres activités
Formation
Maître
Distinction

Henri Léopold Lévy[note 1] né à Nancy le et mort à Paris le est un peintre français.

Biographie modifier

Henri Léopold Lévy nait le 23 septembre 1840 à Nancy[1]. Fils de fabricants de broderies, il commence tout d'abord des études littéraires brillantes[réf. nécessaire], puis il entre à l'École des beaux-arts de Paris[2] en 1856[réf. nécessaire] dans les ateliers de François-Édouard Picot, d'Alexandre Cabanel[2] et plus tardivement, d'Eugène Fromentin qui deviendra également son ami[réf. nécessaire].

Après trois échecs au prix de Rome, Lévy s'impose sur la scène artistique en gagnant trois médailles aux Salon de 1865 avec Hécube retrouve au bord de la mer le corps de son fils Polydore, de 1867 avec Joas sauvé du massacre des petits-fils d'Athalie et 1869 avec Hébreu captif pleurant sur les ruines de Jérusalem[réf. nécessaire]. Il continue à exposer au Salon jusqu'en 1903 et reçoit en parallèle de nombreuses commandes de compositions pour des bâtiments publics : Le Bon Marché, L'Industrie et le Commerce en 1976 pour Le Bon Marché ; d'autres réalisations pour l'hôtel de ville de Pantin la même année ou encore La Prédication, La Mort et La Résurrrection, en 18978 pour l'église Saint-Méry[2].

Il expose en 1900 La Jeune Fille et la Mort à l'exposition universelle[2].

En 1872, en plus de devenir père, le peintre reçoit la légion d'honneur pour Hérodiade, toile qu'il représentera à nouveau à l'exposition universelle de 1878, où il remportera la médaille de l'évènement avec les tableaux sur la vie de saint Denis que l'on retrouve dans l'église de Saint Merri.

L'artiste, avant tout peintre d'histoire, décide de s'imposer et de compléter son art en réalisant de nombreux décors pour la Troisième République. On note notamment le Couronnement de Charlemagne (1881) destiné au Panthéon de Paris, alors que cet édifice était encore une église. Il est aussi l'auteur des Gloires de la Bourgogne qui orne un panneau de la salle des États du palais des ducs de Bourgogne à Dijon.

Henri Lévy mourra en 1904 d'une angine de poitrine à son domicile situé au 12 boulevard de Clichy.

Œuvres modifier

Style modifier

Lévy s'émancipe rapidement de sa formation académique pour puiser une inspiration dans le romantisme de Delacroix ou Chassériau, l'orientalisme, puis le symbolisme de Gustave Moreau[2].

La Jeune Fille et la Mort modifier

Jeune fille et la Mort
Artiste
Henri-Léopold Lévy 
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L × l)
306 et 346 × 274 et 312,5 × 15 cm 
No d’inventaire
953, 980 
Localisation

De style symboliste, La Jeune Fille et la Mort témoigne de la maîtrise picturale de Lévy ainsi que de son goût pour les créatures ailées[2]. Cette peinture reprend la composition d'Eurydice, réalisée dix ans auparavant, où la mort apparaît sous la forme d'un archange venue sauveer Eurydice dont aucun des attributs n'est visible, rendant le sujet mystérieux, à la croisée de la mythologie et de la religion[2]. Cet univers littéraire et surnaturel est proche de celui de Moreau[2].

Le dramatisme de la scène est traité avec retenue, l'élément central étant le corps de la nymphe ; celui-ci se détache d'un paysage sombre et déchargé, représentant un contraste entre l'hostilité de la nature hostile et la fragilité délicate de la vie[2].

Liste modifier

Peintures modifier

Tableau Titre Date Dimensions Notes Lieu de conservation
  Véturie aux pieds de Coriolan 1862 145 × 113 cm Paris, École nationale supérieure des beaux-arts
Joseph se fait reconnaître par ses frères 1863 Localisation inconnue
Homère dans l'île de Scyros 1864 Localisation inconnue
Joas sauvé du massacre des petits-fils d'Athalie 1867 312,5 × 237,5 cm Arras, musée des Beaux-Arts
Un Hébreu captif pleurant sur les ruines de Jérusalem 1869 280 × 205 cm Nancy, musée des Beaux-Arts
La Mort d'Orphée vers 1870 46,5 × 55,8 cm Chicago, Art Institute of Chicago
  Hérodiade 1872 287 × 235 cm Brest, musée des Beaux-Arts
Le Christ au tombeau 1873 29,2 × 33,7 cm Tulsa, Philbrook Museum of Art
Sarpédon 1874 306 × 234,5 cm Paris, musée d'Orsay
Les Bienfaits du Commerce (esquisse) vers 1874 87 × 65 cm Soissons, musée de Soissons
Les Bienfaits du Commerce et l'allégorie de la Paix (esquisse) vers 1874 92 × 73 cm Dijon, musée des Beaux-Arts
Allégorie de la Paix vers 1874 Localisation inconnue
Un évêque (esquisse) 1884 81 × 60,3 cm Paris, Petit Palais
La Mort de Roland et Charlemagne entouré des hommes de son temps 130 × 54 cm Localisation inconnue
La Mort de Roland Décor du Panthéon Paris, Panthéon
Charlemagne entouré des hommes de son temps Décor du Panthéon Paris, Panthéon
Le Couronnement de Charlemagne Décor du Panthéon Paris, Panthéon
La Pâque juive 1885 195 × 355 cm Localisation inconnue
La Mort de saint Jean-Baptiste 1886 400 × 295 cm Rennes, musée des Beaux-Arts
La Loi 1887 Pantin, mairie, localisation actuelle inconnue
La Liberté, l'Égalité, et la Fraternité (esquisse) 1887 100 × 256 cm Paris, Petit Palais
La Liberté 1888-1890 tondo du plafond de la salle des Fêtes, Paris, mairie du 6e arrondissment,
L'Égalité 1888-1890 tondo du plafond de la salle des Fêtes, Paris, mairie du 6e arrondissment
La Fraternité 1888-1890 tondo du plafond de la salle des Fêtes, Paris, mairie du 6e arrondissment
Femme à la cassette vers 1890 24 × 17 cm Amiens, musée de Picardie
Eurydice 1891 Localisation inconnue
Ève cueillant la pomme 1892 Localisation inconnue
Œdipe s'exilant de Thèbes 1892 100 × 65,2 cm Reims, musée des Beaux-Arts
Le Christ mort vers 1893 Villefranche-sur-Saône, musée Paul-Dini
Les Gloires de la Bourgogne (esquisse) vers 1894 61,1 × 110,7 cm Autun, musée Rolin
Les Gloires de la Bourgogne 1894 400 × 800 cm Dijon, palais des ducs de Bourgogne
Œdipe vainqueur du Shinx 1894 Localisation inconnue
Deucalion et Pyrrha 1894 Localisation inconnue
Samson et Dalila (esquisse) vers 1899 37 × 29 cm Localisation inconnue
  Samson et Dalila vers 1899 87,6 × 69,2 cm New York, Brooklyn Museum
Samson et Dalila 1899 263 × 207 cm Cannes, musée des Explorations du monde
  Hébé et l'aigle de Jupiter 1900 Nancy, musée des Beaux-Arts
  La jeune fille et la Mort vers 1900 306 × 274 cm Nancy, musée des Beaux-Arts
  Allégorie du Droit 1901 441 × 193 cm Paris, Palais-Royal
Le Rêve du chevalier 122,5 × 88,5 cm Paris, Petit Palais
La dernière Communion de saint François (esquisse) 35 × 18,7 cm Beauvais, MUDO - Musée de l'Oise
Tête de femme 56,5 × 46 cm Rouen, musée des Beaux-Arts
Portrait du poète Albert Mérat 25 × 42 cm Versailles, musée de l'Histoire de France
Vénus et L'Amour 226 × 92 cm Localisation inconnue[3]
Bacchus et Ariane 226 × 92 cm Collection particulière[3]
  La Fin des religions vers 1904 288 × 221 cm Fusain sur papier contrecollé sur toile. Don de Madame Lévy à la Ville de Nancy en 1905[4]. Nancy, musée des Beaux-Arts
Bonaparte à la mosquée du Caire Mulhouse, musée des Beaux-Arts

Gravures modifier

  • Gray, musée Baron-Martin : quatre lithographies consacrées à Charlemagne d'après Marou (1848-1931), exécutées par Henry Lévy :
    • Charlemagne restaure les lettres et les Sciences, il fonde des Écoles pour la Jeunesse. De l'Extrême Orient Haroun Al Rachid lui envoie par des Ambassadeurs les clefs du Saint Sépulcre, lithographie au crayon, 54 × 26 cm ;
    • 1er Panneau d'une trilogie représentant l'Autel de Saint-Pierre de Rome, sur les marches des trompettes, au pied des Évêques, à droite un dais, lithographie au crayon, 54 × 32 cm ;
    • 2e Panneau central, lithographie au crayon, 54 × 39 cm ;
    • 3e Panneau, lithographie au crayon, 54 × 32 cm.

Distinctions modifier

Postérité modifier

Élèves modifier

Expositions modifier

Le musée des Beaux-Arts de Nancy, qui possède une importante collection d'oeuvres d'Henri Lévy constituée d'envois de l'État, de dons et d'achats réalisés au tournant du XXIème siècle, organise en 1996 une rétrospective sur le peintre : Henri Lévy et la tentation symboliste[2].

Notes et références modifier

Notes modifier

  1. Le Larousse écrit Henry Léopold Lévy (voir « Henry Léopold Lévy », sur Encyclopédie Larousse), ainsi que l'ordre de la Légion d'honneur (voir Dossier de Légion d'honneur de Henry-Léopold Lévy).

Références modifier

  1. « Acte de naissance no 843 de l'année 1840, ville de Nancy », sur Archives municipales de Nancy (consulté le ).
  2. a b c d e f g h i et j B. C., « Henri Lévy - La Jeune Fille et la Mort », dans Musée des Beaux-Arts de Nancy, Éclats : Collections du musée des Beaux-Arts de Nancy, (ISBN 9782850568794)
  3. a et b Vente Christie's Londres, , no 63.
  4. « 1052 Esquisse pour La Fin des religions », sur collections-mba.nancy.fr (consulté le )

Voir aussi modifier

Bibliographie modifier

  • Dictionnaire Bénézit.
  • Clara Gelly-Saldias et Christine Peltre, Henry Lévy et la tentation symboliste. : Catalogue d'exposition, Nancy, musée des Beaux-Arts de Nancy, .
  • Commandant Lalance, Association des artistes lorrains (Nancy), « Henri Lévy », Bulletin des sociétés artistiques de l'Est, Nancy, no 11,‎ , p. 175-177 (lire en ligne).

Mémoires de recherches modifier

  • LEINEN, Michèle, L'œuvre décorative d'Henri Léopold Lévy (1840-1904): les commandes publiques, Université des sciences humaines de Strasbourg, 1997.
  • MILONET, Manon, Fonds de dessins d’Henri-Léopold Lévy (1840-1904) au musée de l’Ecole de Nancy, donation de Jean-Baptiste Corbin, mémoire de master 1 Patrimoine Art et Histoire, Université de Lorraine, 2021.
  • PELLITTERI, Manon, La peinture d'histoire d'Henri Léopold Lévy (1840-1904), Mémoire de master 1 recherche, Université Paris 1 Panthéon Sorbonne,2023.
  • TURPIN, Manon, Henri Léopold Lévy et la représentation de scènes religieuses : étude de cas Samson et Dalila,Mémoire de master 1 recherche, École Pratique des Hautes Études, 2023.

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