Gouvernement Lucien Bouchard

Le gouvernement Lucien Bouchard est le nom du 31e conseil exécutif du gouvernement québécois. Devenu premier ministre du Québec à la suite de la démission de son prédécesseur Jacques Parizeau, Lucien Bouchard occupe le poste du au .

Gouvernement
Lucien Bouchard

Monarchie
constitutionnelle
à
régime parlementaire

Description de cette image, également commentée ci-après
Premier ministre du Québec Lucien Bouchard
Élection 1994, 1998
Législature 35e, 36e
Formation
Fin
Durée 5 ans, 1 mois et 7 jours
Composition initiale
Parti politique Parti québécois
Ministres 21
Femmes 5
Hommes 16
Représentation
Assemblée nationale (1994)
77  /  125
Assemblée nationale (1998)
76  /  125
Chef de l'opposition Daniel Johnson (fils) (1994–1998)
Jean Charest (1998–2003)
Drapeau du Canada

CaractéristiquesModifier

Dès l'arrivée de Lucien Bouchard à la tête du gouvernement péquiste, la priorité principale devient le dégraissage de la fonction publique afin de parvenir au déficit zéro avant la fin du siècle. Les restrictions budgétaires font mal, surtout dans le domaine de la santé. Les négociations avec les syndicats du secteur public sont dures, bien qu'elles n'atteignent pas la férocité de l'époque de René Lévesque ou de celle du premier mandat de Robert Bourassa. Les frictions les plus fortes ont lieu lors de la grève des infirmières à l'été 1999.

Les restrictions budgétaires n'empêchent pas le gouvernement Bouchard de légiférer en matières sociales. En 1996, il fait adopter la loi sur l'assurance-médicaments. En 1997, des négociations serrées avec Ottawa arrivent à terme avec un amendement à la Constitution permettant la création de commissions scolaires linguistiques. La loi la plus contestée et la plus critiquée reste cependant celle sur les fusions des municipalités. À la fin de 2000, la cote de popularité du gouvernement est d'ailleurs fortement à la baisse, à la suite de son adoption.

La souveraineté devient, avec le gouvernement Bouchard, un objectif plus lointain car il promet de ne tenir un référendum que lorsqu'il détiendra des conditions gagnantes entre les mains. Cela n'empêche pas les tensions explosives dans ses rapports avec Ottawa. Elles deviennent carrément mauvaises lorsque le ministre fédéral Stéphane Dion fait adopter sa loi dite sur la clarté référendaire. Le gouvernement Bouchard veut alors faire adopter unanimement son projet de loi 99 énonçant le droit du peuple québécois à disposer librement de son avenir, mais le Parti libéral, méfiant, ne le suit pas dans sa stratégie. La loi est adoptée avec un vote divisé, ce qui lui donne moins de force.

ChronologieModifier

  •  : assermentation du cabinet Bouchard devant le lieutenant-gouverneur Martial Asselin.
  •  : le gouvernement, les syndicats et le patronat s'entendent, lors d'une conférence socio-économique, pour parvenir au déficit zéro dans trois ans. Les milieux étudiants et les représentants des pauvres sont déçus de n'avoir pas été écoutés.
  •  : dépôt de la loi créant un nouveau régime public d'assurance médicaments devant entrer en vigueur le .
  •  : déluge du Saguenay.
  •  : Jean-Louis Roux est nommé lieutenant-gouverneur du Québec.
  •  : la seconde conférence socio-économique de l'année met l'accent sur la lutte contre la pauvreté. Bouchard refuse la notion d'appauvrissement zéro mais annonce la création d'un fonds de solidarité de 250 millions de dollars pour les assistés sociaux (qui est instauré le ).
  •  : Jean-Louis Roux démissionne à la suite d'une controverse. Il aurait porté un insigne nazi lors d'une manifestation raciste dans les années 1940.
  •  : le gouvernement propose une bonification du surplus des pensions de vieillesse pour abolir 1 500 postes dans la fonction publique avant le . La plupart des syndicats finissent par l'accepter.
  • 1996 : Création de la Régie de l'énergie du Québec.
  • 1996 : Création de Placements Québec, aujourd'hui connu sous le nom d'Épargne Placements Québec.
  •  : Pauline Marois annonce la création des CPE (« garderies à 5 piastres ») et la maternelle à temps plein (plutôt qu'à demi-journées).
  •  : le rapport Nicolet sur les inondations du Saguenay déplore la désuétude et la mauvaise gérance des barrages.
  •  : Québec demande un amendement constitutionnel afin de créer des commissions scolaires linguistiques.
  •  : dans la déclaration de Calgary, les 9 premiers ministres des provinces anglophones reconnaissent le « caractère unique » du Québec et l'égalité de toutes les provinces.
  •  : la loi sur l'équité salariale entre en vigueur, après avoir été adoptée le . Elle contient un objectif de comptabilisation d'ajustements salariaux avant le et un objectif de versement de ces ajustements à atteindre avant le .
  •  : la constitution est amendée, permettant de créer des commissions scolaires linguistiques.
  •  : Grand Verglas dans la région de Montréal. Son coût pour le gouvernement approche les 2 milliards de dollars.
  •  : Jean Charest succède à Daniel Johnson (fils) à la tête du Parti libéral du Québec.
  •  : la Cour Suprême statue que le Québec ne peut pas déclarer unilatéralement son indépendance. Par contre, il spécifie que le projet est légitime et qu'il doit y avoir négociations, advenant la victoire du Oui à un référendum.
  •  : le Parti québécois de Lucien Bouchard remporte l'élection générale avec 75 députés contre 48 au Parti libéral et 1 à l'Action démocratique du Québec. Par contre, le PQ n'obtient que 42,9 % des voix contre 43,6 % pour le PLQ.
  •  : le 3e budget Landry annonce un excédent financier pour la première fois depuis 40 ans.
  • Été 1999 : grève générale et illégale des 47 000 infirmières du Québec, insatisfaites des offres gouvernementales. Québec ne cédant pas, elles doivent finalement retourner au travail.
  •  : à Ottawa, le ministre Stéphane Dion dépose un projet de loi devant encadrer un éventuel référendum sur la souveraineté. La question ne devra porter que sur la sécession du Québec et non pas sur une association économique. De plus, Ottawa ne négociera pas, advenant un 50 % + 1. La Loi sur la clarté référendaire est sanctionnée le .
  •  : le gouvernement s'entend avec les syndicats de la fonction publique pour une augmentation de 4 % en 4 ans.
  •  : Louise Harel rend public son projet de réforme municipale sur la réorganisation des municipalités faisant partie des communautés urbaines de Québec, Montréal, Longueuil et Hull.
  •  : dépôt de la loi sur les fusions municipales
  •  : l'Assemblée nationale adopte la loi 99, qui rappelle le droit fondamental du peuple québécois de disposer de son avenir, la règle démocratique du 50 % + 1 et l'indivisibilité du territoire québécois. Elle vise à contrer la loi sur la clarté référendaire. Les députés libéraux votent contre, ce qui rend son impact moins fort.
  •  : l'Assemblée nationale adopte une motion de blâme contre Yves Michaud, celui-ci ayant déclaré que le peuple juif n'avait pas été le seul peuple sur Terre à avoir souffert. Bouchard a été outré de ces propos qu'il identifie comme du racisme[réf. nécessaire].
  •  : Lucien Bouchard annonce sa prochaine démission. La controverse entourant les propos d'Yves Michaud ont fait pencher la décision, mais il invoque d'autres raisons comme celle de retrouver une vie familiale.
  •  : Bernard Landry devient officiellement le cinquième chef du Parti québécois.

CompositionModifier

Premier mandat (janvier 1996 – novembre 1998)Modifier

Composition initiale ()Modifier

Fonctions[1],[2] Titulaire
Premier ministre Lucien Bouchard
Vice-premier ministre
Ministre d'État de l'Économie et des Finances
Ministre des Finances
Ministre du Revenu
Ministre de l'Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie
Bernard Landry
Président du Conseil du Trésor
Ministre délégué à l'Administration et à la Fonction publique
Jacques Léonard
Ministre des Affaires municipales Rémy Trudel
Ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation Guy Julien
Ministre de la Culture et des Communications
Ministre responsable de la Charte de la langue française
Louise Beaudoin
Ministre de l'Éducation Pauline Marois
Ministre de l'Environnement et de la Faune David Cliche
Ministre de la Justice
Ministre responsable de l'application des lois professionnelles
Paul Bégin
Ministre des Relations internationales
Ministre responsable de la Francophonie
Sylvain Simard
Ministre de la Santé et des Services sociaux
Ministre responsable de la Condition des aînés
Jean Rochon
Ministre de la Sécurité publique Robert Perreault
Ministre des Transports
Ministre responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes
Jacques Brassard
Ministre du Travail Matthias Rioux
Ministres d'État
Ministre d'État des Ressources naturelles
Ministre des Ressources naturelles
Ministre responsable des Affaires autochtones
Ministre responsable du Développement des régions
Ministre responsable de la Réforme électorale et parlementaire
Guy Chevrette
Ministre d'État à la Métropole Serge Ménard
Ministre d'État de l'Emploi et de la Solidarité
Ministre de la Sécurité du revenu
Ministre responsable de la Condition féminine
Ministre responsable de la Jeunesse, de la Famille et des l'Action communautaire autonome
Louise Harel
Ministres délégués
Ministre délégué à la Réforme électorale Pierre Bélanger
Ministre déléguée à l'Industrie et au Commerce Rita Dionne-Marsolais
Ministre déléguée aux Mines, aux Terres et aux Forêts Denise Carrier-Perreault
Ministre délégué aux Relations avec les citoyens
Ministre responsable de l'Immigration et des Communautés culturelles
André Boisclair
Ministre délégué au Revenu Roger Bertrand
Fonctions parlementaires
Leader parlementaire Pierre Bélanger
Leader adjoint Jacques Brassard
Whip en chef du gouvernement Jean-Pierre Jolivet

Remaniement en août 1997Modifier

Remaniement en septembre 1998Modifier

  • Joseph Facal : ministre des Affaires intergouvernementales.
  • Roger Bertrand : ministre responsable de l'Administration.
  • Jacques Brassard : ministre des Transports, ministre responsable de la Réforme parlementaire.
  • Jean-Pierre Jolivet : ministre délégué au Développement régional.
  • Matthias Rioux : ministre du Travail, ministre responsable des Aînés.
  • François Legault : ministre de l'Industrie et du Commerce, ministre des Sciences et de la Technologie.
  • Nicole Léger : ministre déléguée à la Famille et l'Enfance.

Deuxième mandat (décembre 1998 – mars 2001)Modifier

Composition en Modifier

Fonctions[3] Titulaire
Premier ministre Lucien Bouchard
Vice-premier ministre
Ministre d'État à l'Économie et aux Finances
Ministre des Finances
Ministre de l'Industrie et du Commerce
Bernard Landry
Président du Conseil du Trésor
Ministre d'État à l'Administration et à la Fonction publique
Ministre délégué à l'Administration et à la Fonction publique
Jacques Léonard
Ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation Rémy Trudel
Ministre de la Culture et des Communications Agnès Maltais
Ministre de l'Environnement Paul Bégin
Ministre de la Justice
Ministre responsable de la Condition féminine
Linda Goupil
Ministre des Relations internationales
Ministre responsable de la Francophonie
Ministre responsable de la Charte de la langue française
Louise Beaudoin
Ministre des Ressources naturelles
Ministre responsable de la Réforme parlementaire
Jacques Brassard
Ministre des Régions Jean-Pierre Jolivet
Ministre des Relations avec les citoyens et de l'Immigration Robert Perreault
Ministre du Revenu Rita Dionne-Marsolais
Ministre de la Sécurité publique Serge Ménard
Ministre de la Solidarité sociale André Boisclair
Ministre des Transports
Ministre délégué aux Affaires autochtones
Ministre responsable de la Faune et des Parcs
Ministre responsable de la Réforme électorale
Guy Chevrette
Ministre responsable de la Recherche, de la Science et de la Technologie Jean Rochon
Ministres d'État
Ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole
Ministre des Affaires municipales et de la Métropole
Ministre responsable des Aînés
Louise Harel
Ministre d'État à l'Éducation et à la Jeunesse
Ministre de l'Éducation
François Legault
Ministre d'État au Travail et l'Emploi
Ministre du Travail
Ministre responsable de l'Emploi
Diane Lemieux
Ministre d'État à la Santé et aux Services sociaux
Ministre de la Santé et des Services sociaux
Ministre de la Famille et de l'Enfance
Pauline Marois
Ministres délégués
Ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes Joseph Facal
Ministre délégué à l'Autoroute de l'information et aux Services gouvernementaux David Cliche
Ministre déléguée à la Famille et à l'Enfance Nicole Léger
Ministre délégué à l'Industrie et au Commerce Guy Julien
Ministre délégué à la Santé, aux Services sociaux et à la Protection de la jeunesse Gilles Baril
Ministre délégué au Tourisme Maxime Arseneau
Ministre délégué aux Transports Jacques Baril
Fonctions parlementaires
Leader parlementaire Jacques Brassard
Leader adjoint
Whip en chef du gouvernement

Remaniement en Modifier

  • Bernard Landry : ministre des Finances, ministre de l'Industrie et du Commerce, ministre du Revenu.

Remaniement en Modifier

Notes et référencesModifier

  1. Michel Venne, « Un cabinet plus jeune et mieux ciblé », Le Devoir,‎ , A4 (lire en ligne)
  2. Journal des débats,
  3. Journal des débats,