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Godefroid II de Basse-Lotharingie

duc de Basse-Lotharingie

BiographieModifier

OrigineModifier

Godefroid est le fils aîné du margrave d'Anvers, comte de Verdun, duc de Basse-Lotharingie et de la Haute-Lotharingie Gothelon ou Gozelon Ier (Gotefridus alter filius eius Gozzilo dux Lotharingorum[1]) et de son épouse légitime, dont on ne connaît pas l'identité. Selon les Gesta Episcoporum Virdunensium, continuatio et la Chronica Albrici Monachi Trium Fontium, Gothelon était le cinquième fils du comte de Bidgau et Methingau, comte de Verdun et comte de Hainaut, Godefroid Ier et de Mathilde de Saxe, elle-même fille aînée d'Hermann Billung, duc de Saxe et de Hildegarde de Westerburg.

Mort de Gothelon, crise de succession et rébellion à l'autorité impérialeModifier

En 1025, Godefroid succède à son père dans le titre de comte de Verdun, avant d'être associé par ce dernier vers 1040 au gouvernement de la Haute-Lotharingie. À ce titre, il assiste en juin 1041 à Aix-la-Chapelle avec Godefroid et d'autres ducs et évêques à l'assemblée au cours de laquelle le roi des Romains et futur empereur Henri III prépare l'invasion de la Bohême. En 1044, à la mort de Gothelon Ier, Godefroid n'est investi que dans la Haute-Lotharingie car Henri III souhaite que les duchés soient administrés séparément et il profite de l'occasion pour investir dans le duché de Basse-Lotharingie le frère cadet de Godefroid, Gothelon II, surnommé "le Fainéant", qui ne brille ni par son courage, ni par sa compétence. Il semble qu'il ait agi ainsi à la demande expresse du défunt Gothelon Ier, qui estimait légitime de répartir son héritage entre ses deux fils. Godefroid se révolte aussitôt contre l’empereur, refuse de participer à la campagne de Hongrie, ce qui lui vaut, à l'assemblée d'Aix-la-Chapelle, d'être déchu de son duché et de sa comté de Verdun. Il passe alors à la rébellion armée et ravage les terres de Basse-Lotharingie, dont la ville de Verdun, et porte la guerre jusqu'en Bourgogne. Mais après plusieurs défaites, il se rend compte qu'il ne peut gagner et se présente humblement en 1045 à Henri III, dont il implore le pardon. En dépit de cette soumission, il est jeté en prison à Giebichenstein avec l'un de ses fils, qui mourra pendant sa détention. Gracié par l'empereur, il sort de prison en 1046 et recouvre ses droits sur le duché de Haute-Lotharingie mais ni le comté de Verdun, ni le duché de Basse-Lotharingie ne lui sont restitués. À la mort de Gothelon II, c'est Frédéric de Luxembourg, frère cadet d'Henri II, qui est investi du duché. Godefroid reprend alors les armes, ralliant à son parti Baudouin V de Flandre, comte de Flandre, Herman de Hainaut et Thierry IV de Hollande. Thierry, évêque de Verdun, ayant obtenu entre-temps le comté de Verdun, Godefroid l'attaque par surprise en 1047, met l'évêque en fuite et saccage Verdun, dont il brûle la cathédrale, ce qui lui vaudra d'être excommunié.

Son duché de Haute-Lotharingie est alors attribué à Adalbert de Lorraine, comte de Metz : Godefroid le force à livrer bataille le 11 novembre 1048 à Thuin, le défait et le tue mais Henri III remplace immédiatement le défunt par son frère cadet, Gérard III de Nordgau, nouveau comte de Metz, âgé de 10 ans, qui est investi du duché de Haute-Lotharingie par la Diète de Worms en 1048. Malgré les efforts de Godefroid pour lui enlever la Lotharingie Mosellane, le jeune Gérard lui tient tête et le force à renoncer à ses prétentions. Pour la seconde fois, Godefroid était prisonnier, excommunié et avait perdu toutes ses possessions. Par la suite, il se réconcilie avec l’évêque Thierry et contribue à la reconstruction de la cathédrale de Verdun[2]. Il allait par ailleurs obtenir la restitution du comté de Verdun.

À la même époque, aux alentours de 1050, Godefroid récupère par ailleurs auprès d'Henri III son fief situé dans le diocèse de Cologne, avec pour mission de freiner les ambitions de Baudouin V de Flandre. Il se conduira en vassal irréprochable.

Remariage avec Béatrice de Bar et nouvelle rébellion contre l'empereurModifier

Veuf de Doda, sa première épouse, il se remarie sur la fin de 1053 avec Béatrice de Bar, fille de Frédéric II de Lorraine, duc de Haute-Lotharingie, et veuve de Boniface, marquis de Toscane, dont il était jusque là l'administrateur des terres[3]. Béatrice est alors régente au nom de son fils mineur Frédéric. Il faut ici rappeler qu'Henri III n'appréciait que fort peu le pouvoir excessif dont avait joui le défunt mari de Béatrice et que la nouvelle union contractée par Béatrice n'est pas de son goût : en 1055, il fait arrêter Béatrice et Frédéric, sous prétexte que le mariage s’est fait sans son consentement et n'est par conséquent pas valide. Il emmène Béatrice en Allemagne et la sépare de son fils, qui meurt bientôt de maladie. Béatrice devient alors régente au nom de sa fille Mathilde, la nouvelle héritière, également mineure. Godefroid arrive à s'échapper et fuit par les Alpes.

En Basse-Lotharingie, Baudouin V de Flandre s'est rebellé contre l'empereur. Il porte la dévastation jusque sur le territoire de Trèves et de Nimègue. À son tour, Henri III tombe sur la Flandre et ravage Lille et Tournai (1054). De son côté, Godefroid s’en prend à Frédéric de Basse-Lotharingie, allié de l’Empereur, et qui a reçu de celui-ci la Basse-Lotharingie et Anvers. L’an 1055, il vient l’assiéger dans Anvers avec Baudouin V mais Frédéric est délivré par les Lotharingiens, accourus à son secours. Godefroid est forcé de se rendre. En 1056, l’empereur Henri III meurt après avoir fait libérer Béatrice et sa fille, et son fils Henri IV, âgé de 6, ans lui succède sous la tutelle de sa mère, l'impératrice Agnès. Baudoin jure fidélité au roi allemand et en 1059, par un traité de paix conclu à Andernach, et obtient des terres au Brabant (la marche d'Ename), mais perd la marche de Valenciennes (confisquée en 1045, à la suite de sa rébellion).

Godefroid défenseur des papesModifier

Godefroid, quant à lui, reste l'un des plus fervents adversaires de l'autorité impériale, maintenant cette position pendant toute la régence d'Agnès. Il s’exile en 1057 dans le duché de Toscane, qu’il administre conjointement avec Béatrice. Il entre en guerre contre le duché de Spolète, propriété du Saint-Siège. La même année, il fait élire pape sous le nom d'Étienne IX son frère Frédéric, qui projette à son tour de faire élire Godefroid empereur. Mais Frédéric meurt un an plus tard, sans avoir pu le couronner. Début 1059, Godefroid se prodigue alors pour faire consacrer Gérard de Bourgogne, qui avait été élu pape quelques mois auparavant sous le nom de Nicolas II. Aidé par le converse Léon di Benedetto, Godefroid était entré à Rome en janvier de la même année et avait pris possession du Trastevere après un assaut contre le Latran, parvenant à expulser l'antipape Benoît X de la ville éternelle. Durant le règne de son frère et celui de ses successeurs, il revêt un rôle fondamental dans la politique de l'Italie centrale et septentrionale, y compris la Sardaigne, où il fait alliance avec Barisone Ier de Torres contre la République de Pise, dans le but d'étendre son pouvoir sur les deux domaines. Après la mort de Nicolas III, Godefroid appuie le pape Alexandre II et, en 1061, s'oppose à la descente sur Rome de Pietro Cadalo. Ne parvenant à la bloquer, il intervient après la féroce bataille du 14 avril comme pacificateur entre les deux factions, leur imposant de quitter la ville.

L’an 1065, Frédéric de Basse-Lotharingie meurt. L’empereur Henri IV, devenu majeur, rappelle alors Godefroid de Toscane et le rétablit dans le duché de la Basse-Lotharingie et la marche d’Anvers[4]. En 1066, Godefroid marche avec ses troupes contre les Normands de Robert Guiscard et de Richard de Hauteville, qui menacent Rome : Richard dévaste les territoires pontificaux mais avant que Godefroid n'ait pu intervenir, il se réconcilie avec le pape Alexandre. Pour des raisons de santé semble-t-il[5], Godefroid regagne ses terres avec Béatrice et installe sa cour à Bouillon[6], où il meurt la nuit de Noël 1069. Il est enterré dans la cathédrale de Verdun.

Son fils aîné, Godefroid dit le Bossu lui succède.

Mariage et descendanceModifier

Godefroid avait épousé en premières noces, aux alentours de 1020, Doda, d'origine incertaine, peut-être fille de Manasses II de Rethel. Ils sont les parents de :

Godefroid épouse ensuite Béatrice de Haute-Lorraine, dont il n'aura pas d'enfants. Il élève toutefois la fille issue du premier mariage de Béatrice, Mathilde, la célèbre comtesse de Canossa, qu'il donnera en mariage à son propre fils Godefroid III, sans que cette union ne produise de descendance.

AscendanceModifier

Notes et référencesModifier

  1. (la) Monumenta Germanica Historica, Scriptores, tomus V : Bernoldi Chronicon, , p. 124
  2. (en) Alan V. Murray, The crusader Kingdom of Jérusalem, A Dynastic History 1099-1125
  3. (la) Monumenta germanica Historica, tomus XXIII; Chronica Albrici Monachi Trium Fontium, , page 790
  4. Cartulaire de l'abbaye Saint-Vanne de Verdun
  5. Georges Poull, La Maison souveraine et ducale de Bar,
  6. (la) Monumenta germanica Historica, tomus VIII; Chronicon Sancti Huberti Andaginensi, Page 580

BibliographieModifier

  • Boshof, E., "Lothringen, Frankreich und das Reich in der Regierungszeit Heinrichs III.", Rheinische Vierteljahrsblätter 42 (Bonn 1978), 63-127.

Lien externeModifier