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Farouk (roi d'Égypte)

roi d'Égypte

Farouk
فاروق الاول
Illustration.
Le roi Farouk en 1948.
Titre
Roi d'Égypte et du Soudan[N 1]

(16 ans, 2 mois et 28 jours)
Couronnement [1]
Régent Régence en place de 1936 à 1937 :
Mohammed Ali Tewfik
Premier ministre Moustafa el-Nahhas
Mohammad Mahmoud Pacha
Ali Mahir Pacha
Hassan Sabri Pasha
Hussein Sirri Pacha
Ahmad Mahir Pacha
Mahmoud al-Noukrachi Pacha
Isma'il Sidqi
Ibrahim Abdel Hadi Pacha
Ahmad Najib al-Hilali
Prédécesseur Fouad Ier
Successeur Fouad II
Biographie
Hymne royal Salam Affandina (en)
Dynastie Méhémet Ali
Nom de naissance Farouk Fouad
Date de naissance
Lieu de naissance Le Caire (Égypte)
Date de décès (à 45 ans)
Lieu de décès Rome (Italie)
Nationalité égyptienne (1920-1958)
monégasque (1959-1965)
Père Fouad Ier
Mère Nazli Sabri
Fratrie Fathia Ghali
Conjoint Farida d'Égypte (1938-1948)
Narriman Sadek (1951-1954)
Enfants Princesse Farial Farouk
Princesse Fawzeya Farouk
Princesse Fadia Farouk
Fouad II Red crown.png

Signature de Faroukفاروق الاول

Farouk (roi d'Égypte)
Monarques d'Égypte

Farouk, (arabe : فاروق الاول), né le et mort le , est l'avant-dernier roi d'Égypte et le dixième souverain de la dynastie de Méhémet Ali. Il succède à son père Fouad Ier le 28 avril 1936 et règne jusqu'au 26 juillet 1952, date à laquelle il est renversé, puis remplacé par son fils Fouad II. Il meurt treize ans plus tard en exil en Italie. Sa sœur, Faouzia Fouad, est la première épouse et la reine consort (Maleke) du dernier chah d'Iran, Mohammad Reza Pahlavi.

BiographieModifier

Farouk est l'arrière-arrière-petit-fils de Méhémet Ali lequel est d'origine albanaise[2]. Avant la mort de son père, il est éduqué à l'Académie royale militaire de Woolwich, au Royaume-Uni. Lors de son couronnement, le roi Farouk, âgé de seize ans et extrêmement populaire, s'adresse à son peuple à la radio, une première pour un souverain égyptien. Son accession au trône est encouragée tant par la population que par la noblesse. Dès son accession à la tête du pays, il cherche, comme son père, à défendre les prérogatives de la couronne contre le parti Wafd.

Sa popularité a pour base son caractère très pieux : il contre le parti laïque du Wafd et s'appuie sur les Frères musulmans et le parti Jeune Égypte qui prônent le renforcement du lien entre le monde arabe et l'Égypte, ainsi qu'une dimension religieuse islamique dans le gouvernement.

Farouk aime beaucoup le style de vie royal. Bien que possédant déjà des milliers d'hectares de terres, des douzaines de palais et des centaines de voitures, le jeune roi se rend souvent en Europe pour de grandes tournées d'achats, suscitant la colère de nombre de ses sujets.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, il est favorable à l'Axe mais, en application du traité anglo-égyptien de 1936, il engage son pays à soutenir en tant qu'allié l'effort de guerre britannique.

Le 6 novembre 1943, il survit à un grave accident de la route, qui a de graves répercussions sur son caractère et est « à l'origine de sa longue déchéance, déchéance d'autant plus tragique qu'elle entraîne dans son sillage la chute de sa dynastie »[3].

Durant les épreuves de la Seconde Guerre mondiale, des critiques sont exprimées contre son style de vie fastueux. Sa décision de garder toutes les lumières allumées dans son palais d'Alexandrie à un moment où la ville est plongée dans l'obscurité en raison des bombardements allemands et italiens est jugée particulièrement offensante par certains. En raison de l'occupation durable de l'Égypte par les Britanniques, de nombreux Égyptiens, y compris Farouk, sont bien disposés vis-à-vis de l'Allemagne et de l'Italie. Ainsi, malgré la présence de troupes britanniques, l'Égypte reste officiellement neutre jusqu'à la dernière année de la guerre. Les fonctionnaires italiens en place en Égypte ne sont pas inquiétés. Si l'Égypte est théoriquement indépendant, les Anglais continuent à y exercer trop de responsabilités, l'indépendance ressemblant fort à une colonisation déguisée. Ce ressentiment explique que le royaume d'Égypte finit par déclarer la guerre à l'Allemagne et au Japon, tardivement, le 26 février 1945, soit juste avant la date limite fixée par les « Trois Grands » au 1er mars 1945, afin d'être admise à participer, comme membre fondateur de la nouvelle organisation de l'ONU, à la conférence de San Francisco[4].

Pendant les dernières années de règne du roi Farouk, la corruption atteint une ampleur sans précèdent[5]. Cette corruption, la poursuite de l'occupation militaire britannique et la défaite égyptienne lors de la guerre israélo-arabe de 1948 amènent un coup d'État militaire et le 23 juillet 1952, Farouk est contraint à abdiquer par le conseil révolutionnaire mené par Gamal Abdel Nasser et Mohammed Naguib, mais il le fait en faveur de son fils nouveau-né, Fouad II. Une période de transition d'un an commence (régence), la République est proclamée l'année suivante.

« Monarque déchu, barbichu, ventripotent et embagousé[6] », il embarque pour l'exil à bord de son yacht, d'abord pour Monaco, puis en Italie, à Rome et à Capri. En 1959, il reçoit la nationalité monégasque[7].

Vie privéeModifier

D'ascendance albanaise, il compte parmi ses ancêtres Soliman Pacha, un Français converti à l'islam.

Le 20 janvier 1938, il épouse Safinaz Zulfikar (Farida d'Égypte), au Caire. Elle prend le nouveau nom de Farida, conformément à la tradition selon laquelle les membres de la famille doivent porter les mêmes initiales. Trois filles naissent de cette union : la princesse Feriyal, la princesse Fawzia[8] et la princesse Fadia. Après la naissance de sa troisième fille, Farouk répudie Farida le 19 novembre 1948.

En mai 1951, il épousa Narriman Sadek mais, après son abdication, le couple divorce[9].

DistinctionsModifier

BibliographieModifier

  • Adel Sabet, Farouk, un roi trahi, Éditions Balland, 1990.
  • Gilbert Sinoué, Le colonel et l'enfant-roi : Mémoires d'Égypte, Éditions JC Lattès, 2006, (ISBN 2709624990).
  • Caroline Kurhan, Le roi Farouk : Un destin foudroyé, Paris, Éditions Riveneuve, 2013, 232 pages[11].
  • Tobie Nathan, Ce pays qui te ressemble, Stock, 2015.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Roi d'Égypte jusqu'au .

RéférencesModifier

  1. http://weekly.ahram.org.eg/2005/753/chrncls.htm.
  2. Méhémet Ali est né dans l'actuelle Macédoine qui était alors territoire ottoman.
  3. Caroline Kurhan, Le roi Farouk, un destin foudroyé, Delphine Froment, lesclesdumoyenorient.com, 13 juin 2013.
  4. Jean Bach-Thai, Chronologie des relations internationales de 1870 à nos jours, Éditions des relations internationales, , p. 176
  5. Les Pharaons de l'Egypte moderne, Arte,
  6. Jean-Pierre Dufreigne, « Egypte - La passion - Les mille et une nuits de Farouk, dernier roi d'Egypte », L'Express, no 1369,‎ , p. 91
  7. « Août 1952 - Farouk, un roi en exil », parismatch.com,‎ (lire en ligne, consulté le 30 janvier 2018)
  8. Ne pas confondre avec sa tante, la sœur de Farouk, Fawzia d'Égypte, qui épousa le Shah d'Iran.
  9. (en) Robert Morgan, History of the Coptic Orthodox People and the Church of Egypt, FriesenPress, (ISBN 9781460280270, lire en ligne)
  10. Michel et Béatrice Wattel (préf. André Damien), Les Grand’Croix de la Légion d’honneur : De 1805 à nos jours, titulaires français et étrangers, Archives et Culture, , 701 p. (ISBN 9782350771359), p. 444.
  11. Caroline Kurhan, Le roi Farouk, Un destin foudroyé, Delphine Froment, lesclesdumoyenorient.com, 13 juin 2013.

Voir aussiModifier