Diogène Maillart

peintre français

Diogène Ulysse Napoléon Maillart né le à Lachaussée-du-Bois-d'Écu (Oise) et mort le à Paris est un peintre français.

Diogène Maillart
Image dans Infobox.
Diogène Maillart, détail d'une photographie de groupe avec les Amis des arts à Beauvais, vers 1910.
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Distinctions

Il est lauréat du premier grand prix de Rome en peinture de 1864, fidèle exposant au Salon pendant plus d’un demi-siècle, peintre d’histoire et portraitiste, paysagiste, illustrateur pour des grandes maisons d’édition parisiennes, auteur de cartons pour des tapisseries et des vitraux, mais aussi professeur de dessin à la Manufacture de Tapisseries des Gobelins et maître en atelier, historien de l'art et critique d'art.

Il est le père du peintre Roger Maillart (1869-1915) et le grand-père du peintre Jean-Denis Maillart (1913-2004).

BiographieModifier

Diogène Maillart voit le jour au sein d’une famille de modestes paysans à Lachaussée-du-Bois-d'Écu, une petite commune de l'Oise perdue dans les champs du plateau picard. Il est élève à Paris à l’École impériale de dessin, puis à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Léon Cogniet. Il remporte le premier grand prix de Rome en peinture de 1864[1].

Peu après son retour à Paris, en 1869, après quatre années passées à la villa Médicis à Rome, il est nommé professeur de dessin à la Manufacture nationale des Gobelins, activité qu’il exerce pendant 50 ans, de 1871 à 1919. Pendant quatre ans, de 1873 à 1877, il remplit les fonctions d'inspecteur des travaux d'art et fait alors tisser deux tapisseries, La Madone, dite de saint Jérôme, copie d'une œuvre du Corrège, et La Figuration symbolique de la Manufacture, Pénélope à son métier. Parallèlement il expose chaque année plusieurs œuvres au Salon des artistes français, jusqu’à sa mort, le [2].

Il participe à la décoration d’édifices publics pour la capitale au moment où la Troisième République achève l’œuvre entreprise par le Second Empire : des peintures pour l’église Saint-Augustin, Le Baptême de saint Augustin et La Mort de sainte Monique ornant la nef, des décors plafonnants pour la mairie du 3e arrondissement de Paris, La Ville de Paris instruisant ses enfants pour le grand escalier, une composition monumentale honorant l’œuvre scolaire de la Troisième République, et La Parure de la femme pour le plafond du palier du premier étage, ainsi qu’un décor pour Le Bon Marché, disparu aujourd'hui[3].

Il réalise des esquisses pour les concours organisés par la Ville de Paris pour la décoration de l’école du Château-Landon et de la salle des mariages de la mairie du 3e arrondissement de Paris, ainsi que de grandes compositions historiques comme Étienne Marcel et la lecture de la grande ordonnance de 1357, et À cause de la grande pitié au royaume de France, sur le thème de Jeanne d’Arc[4].

Peintre décorateur, il est l’auteur d’un plafond pour le château de Neudeck en Silésie, à la demande du prince Von Donnesmark, cousin germain de l’empereur Guillaume II, et de son épouse La Païva. Ce château sera détruit en 1945.

Dans l’Oise, sa région natale, où il habite au « château vert », sa maison de campagne à Rieux aux bords de l’Oise, il reçoit la commande de peintures historiques décoratives pour le grand salon de l’hôtel de ville de Beauvais : La Mort de Corréus, chef des Bellovaques, Louis le Gros accordant la Charte des libertés communales à la Ville de Beauvais, L’Investiture du maire, Jeanne Hachette au siège de Beauvais, L’Entrée de Louis XI à Beauvais. Ces décors sont détruits une cinquantaine d'années après par les bombardements allemands de 1940. Au château de Chantilly, à la demande du duc d'Aumale, il décore le plafond du grand escalier d'une monumentale Espérance ailée qui tend la main vers une étoile[5].

Très proche du milieu religieux, il compose des cartons de vitraux pour des églises de l’Oise, notamment pour le transept méridional de la cathédrale de Senlis, représentant Les Prophètes, ainsi que pour les églises de Pontpoint et de Plailly, et réalise des Chemins de croix selon le procédé de la chromolithographie, à la demande de la maison d'orfèvrerie parisienne Poussielgue-Rusand.

Maître en atelier, il est toujours entouré de nombreux élèves, notamment une jeune fille roumaine, Julie Hasdeu qui relate, dans une abondante correspondance[6], sa vie parisienne et l’enseignement de la peinture dont elle profita dans l'ancien atelier du peintre Eugène Delacroix, rue de Furstenberg, qui était alors occupé par l'artiste. Selon la Thomaston Place Auction Galleries[7], il eut Pablo Picasso comme élève, lequel arrivant à 19 ans à Paris à Montparnasse pour la première fois, voulait exposer au Salon[8].

Conscient du message intellectuel qu’il voulait transmettre à ses élèves, il écrit à la fin de sa vie de volumineux livres d’art, Athéna, Histoire générale des Beaux-Arts, en deux volumes, et L’Art Byzantin.

En 1920, il décore une chapelle de l’église Saint-Laurent dans le 10e arrondissement de Paris en réalisant une peinture représentant Sainte Louise et ses sœurs distribuant des aumônes.

Ses ateliers étaient situés dans le 6e arrondissement de Paris, au 14, rue de Vaugirard en 1870, au 32, rue Hautefeuille[9] en 1872, au 68, rue d’Assas de 1877 à 1878, au 6, rue de Furstenberg[10] de 1879 à 1890, enfin, à Montparnasse au 37, rue de Sèvres de 1890 à sa mort en 1926.

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1885 par Pierre Victor Galland, directeur d'art de la Manufacture des Gobelins. En 1906, il est nommé Rosati d'honneur[11].

Diogène Maillart meurt le à son domicile dans le 6e arrondissement de Paris[12] et est inhumé au cimetière du Montparnasse (27e division)[13], auprès de son épouse Alzire Demontreuille[14] et de deux de ses enfants, Eva, morte à l'âge de 19 ans, et Roger. Sa tombe est ornée de son buste par le sculpteur Henri-Léon Gréber.

Élèves notablesModifier

Réception critiqueModifier

  • « La carrière de Maillart est bien remplie, et, tout en étant resté classique, il a donné à son talent des formes variées, en restant consciencieux et sobre. Loin de chercher, comme tant d'autres, la célébrité par des toiles plus tapageuses que bien exécutées, il se montre peut-être un peu trop dédaigneux de plaire au public bourgeois, pour rester fidèle au culte du grand art et des traditions. »Charles Lefebvre[16].
  • « Ce peintre normand obtint le prix de Rome à 24 ans après des études chez Coignet aux Beaux-Arts. Bientôt comblé d'honneurs officiels, il eut la sagesse de quitter le ton emphatique qui sied aux grandes compositions allégorico-historiques et de sauvegarder sa sensibilité dans des portraits intimistes et des paysages brossés sur le motif. »Gérald Schurr[17].
  • « L'aisance du pinceau, le clair-obscur appuyé, la pose intériorisée déjouent les artifices et les codes du portrait pour mieux pénétrer un univers intime où s'expriment avec pudeur le doute et la mélancolie. » ― Chantal Humbert[réf. nécessaire].
  • « Maillart parlant du Corrège et de Poussin, quelle précision dans l’observation, quelle franchise dans la pensée, quel charme dans l’explication, quelle saveur dans l’éloge, quel homme, non du bâtiment, pourrait ainsi parler de ces choses avec autant de sûreté, d’à-propos et de saine éloquence. »Henry Hamel[réf. nécessaire].

PublicationsModifier

  • Athéna, Histoire générale des Beaux-Arts, en deux volumes, Paris, Garnier frères, 388 et 636 pages illustrées de 800 gravures environ, 1913.
  • L’Art Byzantin, Paris, Garnier frères, 247 pages illustrées de 62 gravures, 1922.
  • Les Portraitistes français, Conférences artistiques du musée du Louvre, 2 et , 6, 20 et .
  • « Préface d'une vie de Nicolas Poussin », Revue des Beaux-Arts, no 2, .
  • Considérations sur l'enseignement actuel de la peinture », Revue des Beaux-Arts, .
  • Recherches sur les origines du Corrège », Revue des Beaux-Arts, avril-mai-juin-.
  • Les Causes d'incendie au musée du Louvre. Questions à l’ordre du jour », Revue des Beaux-Arts, .

Œuvres dans les collections publiquesModifier

France[18]
Roumanie

Notes et référencesModifier

  1. Sur Gallica. Bnf.
  2. Brugal Antiquités.
  3. encyclopedie.picardie.fr.
  4. Connaissance des arts.
  5. « Diogène Maillart, ce peintre trop méconnu », Le Parisien, 2011.
  6. Archives du château Iulia Hasdeu, Câmpina, Roumanie.
  7. (en) « OOC - 'Psyche with Cupid ' by Diogene U. Maillart (Paris, 1890-1926) signed lower right 'D. Maillart', depicting lovely goddess seated on a classical marble bench amidst flowers in greek chiton with drape over legs, Cupid attempting to take an apple », sur invaluable.com (consulté le ).
  8. Victoria Charles & Anatoli Podoksik, Pablo Picasso, 2018 : « Picasso arrived in Paris in October 1900. He moved into in studio in Montparnasse, where he remained until the end o the year. Picasso […] found his subject, becoming a painter of Montparnasse. In a letter he inform a friend of his intention to exhibit paintings at the Salon. »
  9. Ancien atelier de Gustave Courbet.
  10. Ancien atelier d’Eugène Delacroix.
  11. Archives de la ville de Fontenay-aux-Roses.[source insuffisante].
  12. Archives de Paris 6e, acte de décès no 1576, année 1926 (vue 2/31).
  13. Registre journalier d'inhumation de Paris Montparnasse de 1926, en date du (page 16/31).
  14. Alzire Irma Demontreille est née à Valdampierre Oise [1] Archives Oise cote microfilm 5MI301, Acte de son mariage avec Diogène Maillart le , no 14 des archives de l'Oise. Le relevé d'acte de décès de Diogène Maillart, no 1576, mairie de Paris 6e comporte l'erreur du patronyme de son épouse Demontreux au lieu de Demontreuille.
  15. (es)Enrique Lynch del Solar, Biografia, Museo Nacional Bellas Artes
  16. Galerie Contemporaine, Littéraire, Artistique, Paris, Ludovic Baschet, 1878, 12pp in-folio, avec 4 photographies (clichés Mulnier et Goupil).
  17. Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996, p. 593.
  18. Base Joconde , Maillart Diogène.
  19. « peinture,tableau,(2017.0.8) », sur webmuseo.com (consulté le ).
  20. « peinture,tableau,(1982.1.1) », sur webmuseo.com (consulté le ).

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

  • Chantal Humbert, « Quand Maillart rimait avec grand Art », La Gazette de l'Hôtel Drouot, no 10, , p. 254.
  • Catherine Thieblin, Diogène Maillart. Sa vie (1840-1926), son œuvre, à Paris, en Ile-de-France et dans le Beauvaisis, préface d'Emmanuel Schwartz, conservateur du Patrimoine de l’École des beaux-arts de Paris, Association pour la Promotion du Patrimoine local de l’Oise et du Beauvaisis, 2012, 144 p.
  • Diximus, Diogène Maillart, 1840-1926 , [catalogue raisonné], auto-édition, 260 reproductions couleur, 2014, 228 p. (OCLC 904478958), (ISBN 978-2-9549289-0-6).
  • Gérald Schurr et Pierre Cabanne, Les petits Maitres de la Peinture 1820-1920, Vol.III, Paris, Les Éditions de l'Amateur, 1976, p. 108 (ISBN 2-85917-006-5). — Illustration en 1re de couverture de La Dame en noir par Diogène Maillart.
  • Gérald Schurr, Le guidargus de la peinture, Les Éditions de l'Amateur, 1996.
  • Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Vol.9, Gründ, 1999, pp. 29-30.
  • Olympe Audouard, Silhouettes parisiennes, Paris, C. Marpon et E. Flammarion, 1883, pp. 101 à 114.
  • Hippolyte Devillers, « Diogène Maillart », Le Journal des artistes, 1883 (en ligne sur Gallica).
  • Henri Carnoy et Émile Mathon, Dictionnaire biographique des hommes du Nord : Nord, Ardennes, Aisne, Somme, Pas-de-Calais et Oise, Collection des « grands dictionnaires biographiques », Paris, Imprimerie de l'Armorial français ,1899, pp. 117 à 129.

Liens externesModifier