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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Lachmann et Paiva (homonymie).
La Païva
Esther Lachmann La Paiva.jpg
Esther Lachmann en 1850.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Esther Pauline Blanche LachmannVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Propriétaire de
La Païva dans les années 1860.
La Paiva, en 1860, portrait par Marie-Alexandre Alophe.

Esther Lachmann, née Esther Pauline Blanche Lachmann et généralement connue sous le nom « la Païva », comtesse Henckel von Donnersmarck (à compter du 28 octobre 1871), née le à Moscou et morte le au château de Neudeck en Silésie, est une célèbre courtisane et demi-mondaine du XIXe siècle.

Sommaire

BiographieModifier

Origines, enfance et premiers mariagesModifier

Esther Pauline Blanche Lachmann est née de parents juifs polonais[1]. Son père, Martin Lachmann, est un pauvre tisserand, qui a épousé Anne Amalie Klein vers 1815.

Le [2], on la marie à Antoine François Hyacinthe Villoing, un modeste tailleur français né vers 1810. Un fils, Antoine, naît en 1837. Mais dès l'année suivante, rebutée par une vie qu'elle juge vite ennuyeuse, elle s'enfuit avec un inconnu, dans un long périple à travers l’Europe qui la conduit jusqu'à Paris.

Vie mondaine à Paris et à LondresModifier

Installée près de l'église Notre-Dame-de-Lorette, elle s'introduit dans le milieu de la prostitution. Sur le conseil d'une de ses semblables, elle adopte le prénom de Thérèse. Vers 1840, elle rencontre le riche pianiste Henri Herz, qui tombe éperdument amoureux d'elle. Il lui fait connaître plusieurs artistes : les compositeurs Franz Liszt et Richard Wagner, les écrivains Théophile Gautier et Émile de Girardin. On suppose qu'un mariage – illégitime puisque l'épouse restait mariée à Antoine Villoing – eut lieu à Londres. De cette union, naît, vers 1847, une fille prénommée Henriette, aussitôt confiée aux parents de Herz[3]. L'enfant mourra prématurément en 1859.

Dès cette époque, Thérèse s'affirme comme l'une des femmes les plus élégantes de Paris.

En 1848, Herz part donner des concerts aux États-Unis. Restée en France, elle s'approprie la fortune de son compagnon. La famille de ce dernier la chasse.

Elle va tenter de refaire sa vie à Londres. Au Covent Garden, elle rencontre Lord Édouard Stanley, qui s'éprend d'elle et la comble de présents.

D'autres riches amants succèdent à Stanley. Fin 1848, elle regagne Paris où elle entretient une liaison avec le duc de Gramont. Son premier mari, Villoing, quitte la Russie pour la reconquérir mais elle le repousse. Désespéré, il meurt à Paris en 1849.

Le , elle épouse un Portugais, Albino Francisco de Araújo de Païva, qui lui offre un hôtel au 28, place Saint-Georges, construit en 1840 par l'architecte Édouard Renaud, où elle réside jusqu'en 1852. Le lendemain du mariage, elle déclare à son mari que chacun ayant obtenu ce qu'il voulait, il convient d'en rester là. Le couple se sépare et le marquis de Païva retourne au Portugal. Mais elle continue de porter le titre présumé de son époux en tant que « marquise de Païva », « qui sonne bien », alors que celui-ci n'avait aucun titre de noblesse véritable ni officiel. Bien qu'Araújo soit parfois appelé marquis ou vicomte, il n'était pas noble et n'avait pas de titre, étant le fils d'un roturier, Albino Gonçalves de Araújo, marchand colonial portugais, et son épouse, Mariana Vicência de Paiva . Il est possible que le titre trompeur d’Araújo provienne d’une hypothèse populaire affirmant qu’il était lié au vicomte de Paiva, ambassadeur du Portugal à Paris dans les années 1850 ; cependant, les deux hommes n'étaient pas liés[réf. nécessaire].

En 1852, elle devient la maîtresse d'un richissime prussien, un cousin du chancelier allemand Otto von Bismarck, le comte Guido de Donnersmarck, originaire de Silésie. Entre 1856 et 1865, il lui fait construire, au 25, avenue des Champs-Élysées, le somptueux hôtel Païva[4]. Son coût exorbitant (dix millions de francs-or) défraie la chronique. L'architecte Pierre Manguin choisit le style, alors en vogue, de la Renaissance italienne. Le bâtiment abrite aujourd'hui le Travellers Club. On y admire encore un grand escalier en onyx jaune d'Algérie, une salle de bains de style mauresque, de somptueuses cheminées par Barbedienne, des sculptures de Jules Dalou ou d'Albert-Ernest Carrier-Belleuse et des peintures de Paul Baudry[5].

En 1857, Donnersmarck lui offre aussi le château de Pontchartrain, où elle séjourne en villégiature[6].

Son fils Antoine Villoing meurt en 1862 alors qu'il était étudiant en médecine. Elle a pourvu à son éducation mais ne l'a jamais revu.

Son mariage avec le marquis de Païva est annulé le 16 août 1871. Ce dernier revient en France mais, ruiné, il se suicide le [7].

Le 28 octobre 1871, dans une église luthérienne de Paris, elle épouse son amant Donnersmarck, bientôt nommé gouverneur de la Lorraine annexée. Elle est utile à son nouveau mari : sa connaissance des milieux parisiens fortunés facilite le remboursement anticipé de l'indemnité de guerre de six milliards de francs-or exigée par Bismarck[8].

Exil en AllemagneModifier

Après la guerre franco-allemande de 1870, elle se mêle de politique. Cherchant à s'entremettre dans les négociations avec la Prusse, elle reçoit Léon Gambetta à Pontchartrain[9]. Mais le gouvernement la soupçonne d'espionnage. En 1877, elle doit quitter la France.

Elle se retire en Silésie avec son époux, dans le château de Neudeck (aujourd'hui à Świerklaniec en Pologne).

Elle y meurt le , âgée de soixante-cinq ans[10].

BijouxModifier

  • Aux termes d'une transaction secrète, elle possédait le collier de 600 000 francs ayant fait partie de la collection de l'impératrice Eugénie[11].
  • Le , Sotheby's vend à Genève, pour 3,5 et 5 millions de francs suisses (soit 2 et 3 millions d'euros), deux diamants jaunes dits Donnersmark lui ayant appartenu : l'un en forme de poire (pear shaped), pesant 82,48 carats ; l'autre en forme de coussin (cushion shaped), de 102,54 carats[12],[13].

Citations à son proposModifier

  • Son hôtel était surnommé qui paye y va (Païva)[14].
  • Sur son hôtel à peine achevé, Alexandre Dumas fils aurait dit : « C'est presque fini, il manque le trottoir »[15].
  • De même, les Frères Goncourt ont indiqué dans leur Journal, en date du vendredi , à la suite de leur venue à l'Hôtel de la Païva[16], que c'était « le Louvre du cul »[17].

Notes et référencesModifier

  1. À l'époque, la majeure partie de la Pologne fait partie de l'Empire russe.
  2. Parisis (Émile Blavet) : La vie parisienne ; la ville et le théâtre ; préface de François Coppée, Paris, L. Boulanger, 1885, p. 46-47.
  3. Historia, janvier 1984, n°446, p. 76.
  4. Odile Nouvel-Kammerer (dir.), L'Extraordinaire Hôtel Païva, Paris, Les Arts Décoratifs, , 192 p. (ISBN 9782916914572)
  5. Les heureux maitres de la Païva, sur le site lepoint.fr, consulté le 9 octobre 2014.
  6. Viel-Castel, Horace de : Mémoires sur le règne de Napoléon III (1851-1864). [4] ; préface par L. Léouzon Le Duc, éditeur : chez tous les libraires (Paris), édition : 1883-1884, p. 68.
  7. Historia, janvier 1984, n° 446, page 76.
  8. Alfred Colling, La Prodigieuse Histoire de la Bourse, Paris, Société d'éditions économiques et financières, , p. 286.
  9. Revue catholique des institutions et du droit Éditeur : [s.n.?], Paris, publication en série imprimée (Français), 1872, p. 266.
  10. une légende prétend que son mari, tout d'abord inconsolable, fit embaumer son corps dans un cercueil de verre, conservé dans les combles du château de Neudeck. Mais sa seconde épouse exigea que la dépouille fût inhumée.
  11. Gabrielle Houbre, Courtisanes sous surveillance in Dans les secrets de la police.
  12. L’ascension d’une courtisane au XIXe siècle : la marquise de la Païva, sur le site evous.fr, consulté le 9 octobre 2014.
  13. (en)The Donnersmarck Diamonds, sur le site royal-magazin.de, consulté le 25 janvier 2015.
  14. "La Païva, qui paye y va...", sur le site moniquetdany.typepad.fr, consulté le 9 octobre 2014.
  15. Émission La Marche de l'Histoire, 3 janvier 2013, Radio France.
  16. Les Frères Goncourt, « Journal des Frères Goncourt extrait », sur freres-goncourt.fr, (consulté le 9 octobre 2014).
  17. « La Païva, coûteuse mais endurante », sur leparisien.fr, (consulté le 9 octobre 2014).

BibliographieModifier

NoticesModifier

Liens externesModifier