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Église Saint-Laurent de Paris

église située à Paris, en France
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Ne pas confondre avec la marque Saint Laurent Paris

Église Saint-Laurent
Image illustrative de l’article Église Saint-Laurent de Paris
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église paroissiale
Rattachement Archidiocèse de Paris
Début de la construction XVe siècle
Fin des travaux XIXe siècle
Style dominant Gothique
Protection Logo monument historique Classé MH (2016)
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Paris
Ville Paris
Coordonnées 48° 52′ 29″ nord, 2° 21′ 30″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Église Saint-Laurent

Géolocalisation sur la carte : 10e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 10e arrondissement de Paris)
Église Saint-Laurent

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
Église Saint-Laurent

L'église Saint-Laurent est une église du 10e arrondissement de Paris située dans l'ancien enclos Saint-Laurent, 119, rue du Faubourg-Saint-Martin, 68, boulevard de Strasbourg et 68, boulevard de Magenta.

L'église est construite sur l'axe nord-sud de Paris qui relie Senlis et Orléans tracé par les Romains au cours de la moitié du Ier siècle av. J.-C. (les actuelles rue du Faubourg-Saint-Martin, rue Saint-Martin, rue Saint-Jacques et rue du Faubourg-Saint-Jacques).

Après de premiers classements et inscriptions au titre des monuments historiques le , l'église est entièrement classée par arrêté du [1].

Sommaire

HistoireModifier

L'église Saint-Laurent a été fondée au VIe siècle, en même temps qu'un monastère. Grégoire de Tours a écrit dans le Livre VI, cap. IX, de l'Histoire des Francs : Domnole (évêque de 560 à 581)[2], évêque du Mans, tomba malade. Du temps du roi Clotaire, il avait gouverné à Paris des moines dans la basilique Saint-Laurent. Au chapitre XXV du Livre VI de l' Histoire des Francs, Grégoire de Tours mentionne qu'une crue de la Seine et de la Marne a entraîné une inondation de Paris jusqu'à Saint-Laurent en janvier 583. L'histoire anonyme de saint Lubin cite un incendie venant du côté de Saint-Laurent en 547. la basilique Saint-Laurent est encore citée dans une charte datée de 710 mentionnant le transfert du marché de Saint-Denis à un emplacement situé entre les basiliques Saint-Martin et Saint-Laurent à la suite d'un désastre. Les historiens ont discuté pour vérifier si l'emplacement de ce monastère était différent ou non de l'emplacement actuel de l'église Saint-Laurent. D'après Louis Brochard, les données géologiques et archéologiques semblent confirmer que le monastère Saint-Laurent se trouvait sur une butte au-dessus de l'ancien lit de la Seine, le long de la voie de Saint-Martin partant de l'ancien Grand-Pont avant son transfert au pont au Change au IXe siècle.

Située hors les murs, l'église et le monastère furent pillés et détruits par les Normands en 885. Une nouvelle église Saint-Laurent, érigée en paroisse, est attestée en 1180. Cette nouvelle église, devenue trop petite, fut démolie pour faire place à l'église actuelle au début du XVe siècle, elle fut reconstruite dans le style de l'époque : le style gothique flamboyant. Le chœur fut consacré le 14 juin 1429. La structure gothique, les voûtes à pénétration, les fenêtres hautes, le déambulatoire à clefs de voûtes sculptées sont encore visibles, malgré les transformations postérieures.

 
Plan de 1609 montrant l'église Saint-Laurent

Au XVIIe siècle, l'église n'était pas achevée : il restait la nef à couvrir et la façade à construire. Deux possibilités étaient envisageables pour finir le chantier : finir l'église dans le style d'origine (gothique flamboyant), ou dans le goût de l'époque (classique). Le choix du classicisme fut fait. Cependant, en 1655, on voûta la nef et le transept en croisées d'ogives, les clefs portent les dates 1657 et 1659. C'est la dernière construction parisienne de style gothique flamboyant, un siècle et demi après la fin du XVe siècle, qui s'explique par le sens de l'économie : on a couvert l'église de la façon la plus sensée pour ne pas avoir à démolir pour reconstruire ce qui existait déjà.
En 1621, la première pierre de la façade était posée. Cette façade était composée selon le schéma à l'italienne (façade de style classique, comme celle de l'église Sainte-Élisabeth-de-Hongrie, ou de la chapelle de la Sorbonne).

En 1633 Vincent Depaul[3] sera à l'origine avec Louise de Marillac dont il était le confesseur, de la création des filles de la Charité « au service des enfants trouvés et des malade » qu'il installera à partir de 1641[4] ou 1642[5] sur la paroisse Saint-Laurent. En 1660 le corps de Louise de Marillac est inhumé en l’église Saint-Laurent et y reste jusqu'en 1755, avant d'être transféré en la chapelle de l’actuelle maison-mère des filles de la Charité.

En 1654, sans doute sous la direction d'Antoine Le Pautre, le chœur est redécoré. Les arcades de l'abside sont dissimulées par un décor de pierre à colonnes corinthiennes, frontons et cartouches. Derrière l'autel, un retable monumental en forme d'arc de triomphe encadrait un bas-relief de Gilles Guérin (ce bas-relief est aujourd'hui disparu). Selon certains auteurs, cette intervention est du fait de François Blondel. François Blondel a décoré la chapelle des Trois Marie, détruite en 1712 et remplacée par l'actuelle chapelle de la Vierge.

Sous la Révolution, l'église est retirée du culte catholique. En 1793, elle est le temple de la Raison. Selon les frères Lazare et Jacques Hillairet, l'église Saint-Laurent de Paris est rebaptisée temple de l'Hymen et de la Fidélité pendant la Révolution[6],[7],[8]. L'église est rendue au culte catholique en 1795, puis des théophilanthropes en 1797. Elle devient temple de la Vieillesse l'année suivante. En 1800, l'église redevient catholique[9].

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Sous le second Empire, les boulevards de Magenta et de Strasbourg furent percés respectivement en 1855 et en 1852. L'église Saint-Laurent était en retrait de l'alignement du boulevard de Strasbourg. Pour y remédier, la façade du XVIIe siècle fut détruite, et entre 1863 et 1867 l'architecte Simon-Claude Constant-Dufeux allongea l'église d'une travée, et reconstruisit une façade de style néogothique (néo-XIIIe siècle) ornée de sculptures. Il construisit également une flèche en plomb. Un fronton en lave émaillée signé Paul Balze est rajouté en 1870.

Les trois premiers Sanson, bourreaux de Paris, y reposent avec certains autres membres de leur famille[10].

DescriptionModifier

ArchitectureModifier

ExtérieurModifier

IntérieurModifier

La chapelle du Sacré-Cœur à gauche est ornée de peintures de Jean-François Brémond[11]:

  • La descente de Jésus aux enfers (1845)
  • Adoration du Sacré-Cœur (1846)
  • Jésus adoré par la Sainte Vierge et Saint Joseph (1846)

Mobilier et objets d'artModifier

VitrauxModifier

 
Vitrail de Saint Domnole
Ernest Lami de Nozan sur un carton d'Auguste Galimard
 
Vitrail de la Visitation
Antoine Lusson et Léon Lefèvre.

Huit vitraux pour le chœur de l'église ont été réalisés en 1846-1847 par Ernest Lami de Nozan sur des cartons d'Auguste Galimard. Ils sont cités dans L'Illustration, en 1847[12]. Trois de ces verrières sont encore visibles[13]. Les autres vitraux ont été remplacés en 1939 par des verrières conçues par le peintre polonais Elesckiewiej et mises en vitrail dans l'atelier parisien de Jean Gaudin.

Antoine Lusson et de son ancien employé, Léon Lefèvre, ont réalisés les quatre grandes verrières de la chapelle Notre-Dame-des-malades en 1874 représentant la Visitation (baie no 1), Notre-Dame des sept douleurs (baie no 2), la Dormition (baie no 3) et l' Assomption (baie no 4). Ces verrières sont complétées par quatre vitraux plus petits : Saint Joseph portant l'Enfant Jésus, Sainte Anne apprend à lire à la Vierge, Saint Vincent de Paul recueille un enfant, L'Ange gardien protège un enfant.

Deux chapelles de la nef ont des vitraux commandés par les paroissiens à la maison Champigneulle fondée en 1868 par Charles-François Champigneulle. Emmanuel Champigneulle a réalisé des vitraux en 1887 sur des cartons de Pierre Fritel. Dans la chapelle dédiée à saint François de Sales a été posé la verrière La douceur de saint François (baie no 19). Dans la chapelle voisine a été mise en place la verrière Saint Vincent de Paul bénissant les premières Sœurs de la Charité (baie no 21).

Entre 1953 et 1955, sont posés des vitraux réalisés par Pierre Gaudin sur des cartons du peintre polonais Elesckiewiej.

L'orgueModifier

L'orgue fut achevé en 1685 par le facteur François Ducastel et son fils Hippolyte, il fut repris par Nicolas Collar entre 1725 et 1732, agrandi et transformé en 1767 par François-Henri Clicquot, reconstruit par Joseph Merklin de 1864 à 1867, puis restauré en 1942 par Jacquot-Lavergne et enfin par Jean Renaud en 1993. L'orgue comporte 42 jeux disposés sur 3 claviers. L'orgue de tribune a été classé au titre immeuble en 1945[14].

PersonnalitésModifier

Animation religieuse de la paroisseModifier

Depuis , l'animation de la paroisse a été confiée à la Communauté de l'Emmanuel par l'évêque de Paris, Monseigneur André Vingt-Trois.

Église Saint-Laurent de Paris et les ArtsModifier

AccèsModifier

Ce site est desservi par la station de métro Gare de l'Est.

Notes et référencesModifier

  1. Notice no PA00086488, base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Louis Duchesne, Fastes épiscopaux de l'ancienne Gaule, A. Fontemoing éditeur, Paris, 1899, tome 2, L'Aquitaine et les Lyonnaises, p. 333 (lire en ligne)
  3. Selon Hœfer (Nouvelle Biographie générale, T42, 1866), les signatures authentiques du saint portent le nom « Depaul » écrit en un seul mot. C'est cette orthographe qui est utilisée en Amérique du Nord.
  4. [PDF]Saint Vincent de Paul et Sainte Louise de Marillac Leurs Relations - Louis Deplanque - 1936 (p. 22)
  5. Histoire de la ville et de tout le diocèse de Paris, Volume 3 - Lebeuf (Abbé) (p. 354)
  6. Jacques Hillairet : Dictionnaire historique des rues de Paris
  7. name="Lazare"
  8. Nomenclature des voies publiques et privée de Paris
  9. « Église Saint-Laurent », patrimoine-religieux.fr.
  10. Sept générations d'exécuteurs, 1688-1847 : mémoires des Sanson., Henri-Clément Sanson, ed. Dupray de La Mahérie, Paris, 1862-1863, tome 6, p. 151.
  11. Source : Paroisse Saint-Laurent
  12. « Peintures exécutées à Saint-Germain-l'Auxerrois, et à Saint-Leu, et verrière de Saint-Laurent », L'Illustraton, no 239, p. 215-216 et complément dans L'illustration, bas de la page 272
  13. Paris, église Saint-Laurent (10e arr.)
  14. « orgue de tribune », notice no PM75004202, base Palissy, ministère français de la Culture
  15. Registre des baptêmes de la paroisse Saint-Laurent de Paris, années 1802-1806, cité dans Anne Girollet, Victor Schœlcher, abolitionniste et républicain : approche juridique et politique de l'œuvre, Paris, Karthala, coll. « Hommes et sociétés », , 409 p. (ISBN 2-84586-004-8 et 978-2-84586-004-9, OCLC 406477634, notice BnF no FRBNF37094080), p. 24.
  16. Acte de mariage - Archives de Paris - 5 Mi 1/2206

AnnexesModifier

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BibliographieModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier