Crédit suisse

banque suisse
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Crédit suisse
logo de Crédit suisse
illustration de Crédit suisse

Création 1856
Remplace Banque populaire suisse et Crédit suisse (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Alfred Escher[1]
Forme juridique Société anonyme
Action SIX : CSGN
NYSE : CS
Siège social Paradeplatz 8
ZurichVoir et modifier les données sur Wikidata
Drapeau de Suisse Suisse
Direction Urs Rohner, président
Thomas Gottstein, directeur général[2]
Activité finance
Produits Banque d'investissement, Banque privée, Banque de détail
Effectif 45 680 ETP[3] (2018)
Site web www.credit-suisse.com

Capitalisation 30 507 millions de CHF (octobre 2019)
Chiffre d'affaires 30 920 millions de CHF consolidé 2018
Résultat net 2 57 millions de CHF consolidé 2018

Le Crédit suisse, ou Credit Suisse Group AG[a], est un groupe bancaire dont le siège est à Zurich[4]. Sa clientèle englobe des particuliers, des petites et moyennes entreprises et des organismes gouvernementaux. Les actions nominatives de Credit Suisse Group AG (CSGN) sont cotées en Suisse, ainsi qu'à la bourse de New York. Le groupe emploie environ quarante-sept mille personnes dans le monde entier. En 2016, les actifs gérés s’élèvent à 1 251 milliards de francs suisses[5]. La banque est régulièrement listée parmi les Bulge Brackets, le groupe comprenant les banques d'investissement les plus rentables ainsi que les plus importantes pour le système financier mondial[6].

HistoireModifier

 
Siège du Crédit suisse à Zurich en 1895.
 
Action de la Schweizerische Kreditanstalt, datée du 31 mai 1898[7].

La Schweizerische Kreditanstalt (SKA) est créée à Zurich en 1856 par des industriels et des politiciens avec l’aide d’Alfred Escher[8]. Elle devient rapidement la première banque commerciale de Suisse, travaillant principalement dans le crédit (clients commerciaux), elle finance ainsi une part importante du chemin de fer. Une réorganisation est effectuée dans les années 1860, à la suite de pertes et de mauvaises spéculations. SKA participe en 1879 à la création de la Banque suisse des chemins de fer, en 1890 à celle de la Banque des chemins de fer orientaux et en 1895 à celle de la banque d’entreprises électriques. À partir de 1905, avec l’ouverture d’une succursale à Bâle, la banque commence à créer son réseau de succursale dans le pays. Le premier conflit mondial fait souffrir la banque en ce qui concerne ses opérations internationales. Les années 1930, puis la Seconde Guerre mondiale lui permettent de financer un contingent de 12 000 anciens nazis en Argentine via un compte estimé à 35 milliards d'€, spoliés à des familles juives[9].

La première succursale à l’extérieur de la Suisse est ouverte en 1940 à New York. S’ensuit une longue période de croissance et développement, pendant laquelle de nombreuses succursales voient le jour à travers le monde. En 1977, le scandale de Chiasso survient ; la banque y perd 1,4 milliard de francs suisses. En 1988, le Crédit suisse acquiert une participation de 44,5 % dans First Boston, par la fusion de First Boston et Credit Suisse-First Boston[10],[11], une coentreprise entre les deux groupes datant de 1978[12]. La nouvelle entité après cette opération, prend le nom de Credit Suisse First Boston[12]. En 1989, le Crédit suisse change de statut pour devenir une holding nommée Credit Suisse Holding AG. En 1990, le Crédit suisse monte sa participation dans First Boston, de 44,5 % à 60 %[13]. En 1990, il acquiert une participation majoritaire dans Bank Leu, la plus vieille banque de Suisse[14]. En 1993, le Crédit suisse acquiert la Banque populaire suisse (BPS), pour 1,6 milliard de francs suisses[15]. L'année suivante, il acquiert la nouvelle banque d'Argovie pour 900 millions de francs suisses[15].

En 1997, la CS Holding change de statut pour devenir le Credit Suisse Group[8]. La même année, le groupe fusionne ses activités avec Winterthur assurances, créant un ensemble ayant une capitalisation de 21 milliards de livres[8],[16],[17]. Toujours en 1997, il rachète les activités françaises de la banque Hottinguer à Paris. En 1998, il acquiert Banco Garantia, une banque brésilienne spécialisée dans la banque d'affaires, pour un milliard de francs suisses[18]. En 2000, le groupe emploie environ quatre-vingt mille personnes dans le monde, pour vingt-huit mille en Suisse.

En 2000, le Crédit suisse reprend pour 12,8 milliards de dollars Donaldson, Lufkin & Jenrette (DLJ), une banque américaine d'investissement détenue à 70 % par Axa[19],[20]. En 2003, il vend Pershing, une filiale de Credit Suisse First Boston, pour 2 milliards de dollars à Bank of New York[21]. La même année, il cède les sociétés de la Winterthur Republic aux États-Unis, pour 127 millions d'euros[22] ; il cède également Winterthur Italie pour 1,47 milliard d'euros à Unipol Assicurazioni, ainsi que Churchill Insurance Group, filiale spécialisée dans l'assurance au Royaume-Uni[23]. En 2006, il cède Winterthur à Axa pour 6,2 milliards de livres[24]. En , le Crédit suisse est touché par la crise des subprimes du marché hypothécaire américain.

En 2006, le Crédit suisse annonce la fusion de ses activités dans la banque privée en fusionnant Credit Suisse Fides, Clariden Bank, BGP Banca di Gestione Patrimoniale, Bank Hofman et Bank Leu regroupées dans une nouvelle entité nommée Clariden Leu[25]. À la fin de 2006, la fusion des activités banque privée et Leasing et de l'intégration City Bank SA forme sa filiale Bank-now, spécialisée dans la banque privée et le leasing, qui dispose de vingt-quatre succursales réparties dans toute la Suisse et emploie plus de trois cents collaborateurs.

En mai 2014, le Crédit suisse paie une amende de 2,6 milliards de dollars aux États-Unis pour son aide à l'évasion fiscale de ressortissants américains[26]. En mars 2016, il annonce la réduction de la taille de ses activités dans la banque d'investissement avec la suppression de deux mille postes dans cette branche. Au total, six mille suppressions de postes sont prévues pour 2016[27]. En décembre de la même année, le Crédit suisse annonce avoir conclu un accord avec le ministère de la Justice américain sur la crise des subprimes contre le paiement de 5,28 milliards de dollars[28]. En , il doit payer une nouvelle amende de quatre cents millions de dollars pour mettre fin aux poursuites engagées par le régulateur américain des caisses d'épargnes dans le cadre de la crise des subprimes[29]. En avril 2019, le Crédit suisse annonce l'acquisition de 17 % dans sa filiale chinoise Credit Suisse Founder Securities pour faire monter sa participation dans cette dernière à 51 %[30].

ActionnairesModifier

Liste des principaux actionnaires au 18 octobre 2019[31].

Qatar Investment Authority 5,21%
Norges Bank Investment 4,98%
Harris Associates 4,97%
Olayan Europe 4,93%
Dodge & Cox 3,06%
Silchester International Investors 3,03%
William Blair Investment Management 0,14%
Credit Suisse Group (autocontrôle) 0,099%
Enseignants retraités du Texas 0,049%
Hardman Johnston Global Advisors 0,049%

Gouvernance d'entrepriseModifier

Board of Directos du Credit Suisse Group AG[32]
Nom Poste
Urs Rohner Chairman of the Board, Chairman of the Governance and Nominations Committee, Chairman of the Conduct and Financial Crime Control Committee
Iris Bohnet Member of the Compensation Committee
Andreas Gottschling Chairman of the Risk Committee, Member of the Governance and Nominations Committee, Member of the Audit Committee
Alexander Gut Member of the Audit Committee
Michael Klein Member of the Risk Committee
Andreas N. Koopmann Member of the Compensation Committee
Seraina Macia Member of the Risk Committees
Kai S. Nargolwala Chairman of the Compensation Committee, Member of the Governance and Nominations Committee, Member of the Conduct and Financial Crime Control Committee
Ana Paula Pessoa Member of the Audit Committee, Member of the Conduct and Financial Crime Control Committee
Joaquin J. Ribeiro Member of the Audit Committee
Severin Schwan Vice-Chair and Lead Independent Director, Member of the Governance and Nominations Committee, Member of the Risk Committee
John Tiner Chairman of the Audit Committee, Member of the Governance and Nominations Committees Member of the Risk Committee, Member of the Conduct and Financial Crime Control Committee
Shan Li Member of the Risk Committee
Executive Board du Credit Suisse Group AG[33]
Nom Fonction
Thomas Gottstein Chief Executive Officer
Business Divisions/Regions
James L. Amine CEO Investment Banking & Capital Markets
Brian Chin CEO Global Markets
André Helfenstein CEO Swiss Universal Bank und Credit Suisse (Switzerland) AG
Philipp Wehle CEO International Wealth Management
Helman Sitohang CEO Asia Pacific
Shared Services
Chief Operating Officer
Romeo Cerutti General Counsel
Peter Goerke Chief Human Resources Officer
David Mathers Chief Financial Officer
Joachim Oechslin Chief Risk Officer
Lara J. Warner Chief Compliance and Regulatory Affairs Officer

Affaire Lord EnergyModifier

L'unité de financement des matières premières du Crédit Suisse aurait subi de fortes pertes en 2019, du fait de prêts octroyés à une entreprise de négoce de petite taille implantée en Suisse.[34] L'entreprise de négoce aurait contracté des prêts d'une valeur importante auprès de la banque Crédit Suisse, qu'elle n'aurait pas remboursé[34].

L'entreprise de trading, réputée proche de la mouvance des Frères musulmans, a depuis été mise en cause dans un scandale de corruption au sein de la Sonatrach, une entreprise d'hydrocarbures algérienne au cœur de plusieurs affaires de corruption depuis 2010[35],[36]. Le Crédit Suisse aurait perdu un total de 30 millions de francs dans l'affaire Lord Energy et pourrait faire l'objet d'enquêtes des autorités américaines.[37]

Faits et chiffresModifier

Les actions nominatives de Credit Suisse Group sont cotées à la bourse suisse à Zurich, dans l'indice principal SMI, ainsi qu’au New York Stock Exchange, sous la forme d’American depositary receipts[38].

Au 31 mars 2005 :

  • au premier trimestre 2005, le groupe a réalisé un bénéfice net de 1 910 millions de francs suisses ;
  • le groupe a enregistré des actifs gérés de 1 271,6 milliards de francs suisses ;
  • le groupe a affiché un total de bilan de 1 159 711 millions de francs suisses ;
  • le ratio BRI cat. 1 du groupe s’est situé à 12,1 %.

En 2016 :

  • le groupe gère des actifs d'un montant de 1 251 milliards de francs suisses[39] ;
  • au 13 décembre 2016, les notations long terme de l'entité Credit Suisse AG sont A1 pour Moody's, A pour Standard & Poor's et A pour Fitch Ratings[40] ;
  • le groupe opère dans une cinquantaine de pays et emploie 47 170 personnes[39] originaires de plus de cent nations ;
  • au 31 décembre 2016, les actionnaires enregistrés sont au nombre de 118 019, dont 86 % d'investisseurs institutionnels, 10 % d'investisseurs privés et 4 % d'autres investisseurs[39].

OrganisationModifier

 
Agence du Crédit suisse à Zermatt en 2007.

La banque est légalement organisée en deux organismes nommés officiellement Credit Suisse Group AG et Credit Suisse AG, dont dépendent des filiales regroupées en quatre divisions intitulées[41] :

  • Global Markets and IB&CM Divisions (marchés mondiaux, banque d'investissement, marchés de capitaux) : 14 620 employés en 2016[39] ;
  • Asia Pacific Division (Asie et Pacifique) : 6 980 employés ;
  • International Wealth Management Division (gestion de patrimoine internationale) : 10 300 employés ;
  • Swiss Universal Bank Division (banque universelle en Suisse) : 13 140 employés.

Identité visuelleModifier

Le premier signe SKA de 1856 - le lettrage SKA - a été suivi en 1930 d'une pièce de monnaie de 20 étoiles pour les succursales et le siège social. La nouvelle marque de 1952 contenait pour la première fois une image ; elle montre une ancre comme symbole de confiance, entourée par Anchored in Trust au-dessus et Schweizerische Kreditanstalt au-dessous.

En 1967, la banque lance sa première campagne publicitaire systématique. En 1968, la croix de Wermelinger a été choisie comme nouveau logo à la suite d'un large concours.

En 1976, SKA a de nouveau introduit un nouveau logo en rouge, blanc et bleu. En 1997, le logo a été révisé et modernisé. En 2006, le Credit Suisse a lancé le logo d'aujourd'hui à l'occasion de son cent cinquantième anniversaire.

Produits financiersModifier

Le Crédit suisse soutient une stratégie appelée bancassurance qui consiste à essayer d'être une entreprise unique qui offre tous les produits de services financiers communs[42],[43]. La banque d'investissement s'adresse aux entreprises et aux particuliers fortunés de plus de cinquante mille euros[44][Information douteuse].

Le Crédit suisse a développé le modèle « CreditRisk+ » d'évaluation des risques dans les prêts, qui se concentre exclusivement sur la probabilité de défaut sur la base de la méthode exogène de Poisson[45]. En 2002, environ 20 % des revenus du Crédit suisse provenaient des activités d'assurance qu'il avait acquises lors de l'acquisition de l’assurance Winterthur en 1997[46]. Les produits d'assurance de la banque d'investissement sont principalement populaires sur le marché intérieur et comprennent, entre autres, des produits d'assurance automobile, incendie, habitation, vie, invalidité, retraite et retraite[47]. Historiquement, 20 à 40 % des revenus de la banque proviennent des services bancaires privés, l'une de ses divisions à marge bénéficiaire plus élevée[48].

Le Crédit suisse produit l'un des six hedge funds qui suivent les indices boursiers européens utilisés pour évaluer la performance des marchés[49],[50]. La banque d'investissement détient également une participation de 30 % dans la société d'investissement de fonds de couverture York Capital Management. York vend des hedge funds de manière indépendante à ses propres clients, tandis que le Crédit suisse les offre également à des clients de sa banque privée[51]. Le Credit Suisse gère les instruments financiers de l'indice Dow Jones Credit Suisse long/short equity (initialement appelé Credit Suisse/Tremont Hedge Fund Indexes)[52].

Selon un article paru en 2011 dans SeekingAlpha, les gestionnaires de placement du Crédit suisse privilégient les valeurs financières, technologiques et énergétiques[53]. Le responsable des investissements en actions de la banque en Europe a déclaré que l'équipe se concentre sur « la valeur avec un accent sur les flux de trésorerie disponibles ». Elle s'intéresse également aux sociétés qui subissent des changements de gestion susceptibles d'influencer le cours des actions. Selon un article paru dans le Wall Street Journal, le responsable du International Focus Fund du Crédit suisse ne conserve qu'un portefeuille de 40 à 50 actions au lieu de la norme sectorielle de plus de 100[54]. Le Crédit suisse publie ses conseils en placement dans quatre publications : Compass, Viewpoints, Research et le Credit Suisse Investment Committee Report[55].

Controverses, polémiques et condamnationsModifier

Controverses et critiquesModifier

Investissements dans les énergies fossilesModifier

 
Le Crédit suisse investi dans les énergies fossiles, y compris des centrales à charbon.

En novembre 2018, des militants pour le climat ont joué au tennis dans les agences du Crédit suisse (de Lausanne, Genève et Bâle simultanément) pour protester contre les investissements de la banque dans les énergies fossiles. Le thème du tennis a été choisi pour inciter Roger Federer à rompre son lien avec ce sponsor qui alimente la crise climatique (notamment en multipliant par 16 ses financements pour le charbon de 2016 à 2017)[56],[57].

Suite à une plainte du Crédit suisse, les militants lausannois ont été poursuivis puis acquittés en janvier 2020[58],[59]. Concernant ses investissements, le Crédit Suisse a rejeté le désinvestissement complet des combustibles fossiles mais a déclaré qu'il « cherche à aligner ses portefeuilles de prêts sur les objectifs de l'accord de Paris » et « n'investira plus dans de nouvelles centrales à charbon »[57],[60].

Le 11 janvier 2020, Roger Federer a publié une déclaration disant « [...] J'ai beaucoup de respect et d'admiration pour le mouvement des jeunes pour le climat, et je suis reconnaissant aux jeunes militants pour le climat de nous pousser tous à examiner nos comportements et à agir [...] J'apprécie les rappels à ma responsabilité [...] et je m'engage à utiliser cette position privilégiée pour dialoguer sur des questions importantes avec mes sponsors »[61],[62].

Condamnations et amendesModifier

Violation des sanctions américainesModifier

En décembre 2009, le Crédit suisse a accepté de payer 536 millions de dollars aux autorités américaines pour mettre fin aux poursuites pour violation des sanctions économiques américaines visant plusieurs pays, dont l’Iran et le Soudan[63],[64].

Évasion fiscaleModifier

En mai 2014, le Crédit suisse a été condamné à payer 2,6 milliards de dollars (en amendes et remboursements) à différentes autorités américaines pour avoir aidé des citoyens américains à dissimuler à l’étranger des comptes bancaires[65],[66].

CorruptionModifier

En juillet 2018, la filiale hong-kongaise du Crédit suisse a payé près de 77 millions de dollars d'amende au Département de la Justice américain et à la Securities and Exchange Commission pour des faits de corruption en Chine[67],[68]. Elle était accusée d'avoir embauché, de 2007 à 2013, des proches de responsables politiques chinois afin de gagner les faveurs de ces derniers et générer ainsi davantage de revenus.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Selon la dénomination et la typographie employées par le groupe basé à Zurich en Suisse alémanique.

RéférencesModifier

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AnnexesModifier

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BibliographieModifier

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Articles connexesModifier

Lien externeModifier